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1er Forum Mondial Du Rugby


Xv-31

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Concentré sur la nécessité de faire contre mauvaise fortune, bon coeur, « le premier supporteur du BO » n'a jamais quitté son sourire, samedi après-midi, au sortir de la défaite des siens face à Toulouse. Mais très vite, Serge Blanco a sorti sa tenue de président de la Ligue Nationale de Rugby. Et même son traditionnel habit de bretteur pour décrire dans quel état d'esprit il part aujourd'hui vers Londres et ce « forum » qu'il a tant appelé de ses voeux. Assis sur un banc du vestiaire biarrot, il sort un papier pour ne rien oublier de son argumentation à l'heure de parler du rugby de demain.

« Sud-Ouest ». Quel est votre état d'esprit avant ce forum ?

Serge Blanco. Je suis heureux que cette réunion existe. Mais à 80, pour discuter et s'entendre, c'est difficile, non ? Il aurait été plus simple de se voir à cinq ou six, mais c'est un bon début. Le but, c'est de se réunir pour que les uns et les autres amènent leurs idées. Mais rien ne sera tranché au bout de trois jours, il ne faut pas rêver.

Sans la menace de boycott des clubs français et anglais au printemps dernier, pensez-vous que ce forum aurait eu lieu ?

(il sourit) Non, sûrement pas.

Ne craignez-vous pas de voir la LNR marginalisée, de devoir parler plus fort pour être entendu ?

Non, il va simplement falloir marquer son territoire. Mais on n'est pas marginalisés, puisqu'on est là. Après, on peut toujours nous montrer du doigt, nous sommes une force de proposition dont il faut tenir compte.

Quel est le message que vous voulez délivrer ?

(décidé) Il faut se rendre compte que si le rugby mondial ne s'ouvre pas, il va mourir étouffé. Ce n'est pas en multipliant à l'infini les rencontres entre grosses nations que le rugby progressera. Il n'y aura pas de croissance sans nouveaux acteurs. Les dates internationales restent prioritaires, mais le calendrier doit être simplifié.

Comment ?

(emballé) Il faut mettre en face et aligner le Tournoi des 6 Nations au Nord et le Tri Nations au Sud. Lequel devrait, selon nous, devenir un Tournoi des 5 Nations en intégrant l'Argentine et même le Japon, pour la puissance d'avenir qu'il représente. Après, la période idéale pourrait être mars-avril, peu importe, du moment que ces deux Tournois ont lieu en parallèle. Pendant ce temps, les compétitions domestiques seraient suspendues et tout cela permettrait un autre type d'échanges internationaux, créerait une dynamique où l'on pourrait beaucoup plus facilement réguler les mouvements des joueurs et le libre-échange. Concrètement, il n'y aurait plus d'obstacle à ce qu'un joueur français parte jouer à l'étranger, il reviendrait jouer pour sa sélection en temps voulu. Et réciproquement. Pourquoi pas également imaginer des Tournois B qui se dérouleraient en même temps, pour les nations dites « mineures » ?

Et quid du reste du calendrier international ?

Même chose pour les tournées internationales, à dates données, sur deux périodes dans l'année.

Novembre et juin comme aujourd'hui ?

Je ne sais pas, ce n'est pas essentiel. Ce que l'on préconise, c'est de les fixer une bonne fois pour toutes. Et de rester sur 11 dates maximum, parce qu'il ne faut pas abuser non plus ! Qu'on ne voit plus des matchs « pirates » hors des fenêtres internationales, comme le pays de Galles-Afrique du Sud de samedi. Ça, c'est inadmissible. En revanche, nous préconisons que les tournées partent avec un effectif plus nombreux.

Avec une équipe B et le retour des matchs qu'on appelait autrefois « de semaine », cela créerait une énergie nouvelle en terme de recettes?

Mais le risque n'est-il pas, au niveau du calendrier, de vouloir toujours faire entrer deux litres dans un litre ?

Pas du tout ! S'il y a de la clarté, on sera capable de s'adapter. Aujourd'hui, notre Top 14 monopolise 28 dates et la coupe d'Europe, 9, mais ce n'est pas immuable? Pourquoi ne pas imaginer une compétition mondiale entre clubs et franchises ?

Vos idées dépassent largement le cadre des clubs?

Pour la prochaine Coupe du monde, il serait ainsi dangereux de descendre de 20 à 16. La synergie permanente entre les grosses nations, ça va, ok, mais ça ne peut plus durer. Il faut en finir avec la consanguinité entre « gros », il y a là aussi une harmonie à trouver. Aujourd'hui, il faut considérer tout le monde.

Qu'avez-vous d'autres en magasin ?

On veut demander à ce que les articles 4, 8 et 9 de l'IRB soient modifiés. Le 4 pour que la question des indemnités de formation soit rajoutée ; le 8 pour que l'on supprime la règle des trois ans, qui autorise un joueur à évoluer pour le pays dans lequel il réside depuis cette période ; le 9 sur la question de la libération des joueurs internationaux. Après, il y a d'autres questions à se poser. Peut-on par exemple avoir une loi sportive au dessus des lois européennes de libre-circulation, sans être pour autant taxé de racisme ou de discrimination, c'est un problème?

Ne craignez-vous pas de vous heurter aux nations du Sud sur ces sujets ?

Non, je crois qu'eux aussi sont conscients des problèmes. Entre Fidjiens, Samoans et autres Tongiens d'origine, il y a tout de même de moins en moins de Néo-Zélandais qui jouent sous le maillot des Blacks. Aujourd'hui, économiquement, les forces sont au Nord, pas au Sud. Même si c'est autour de la France et de l'Angleterre que ça se joue : les deux Ligues (française et anglaise) réunies ont un plus gros budget que celui de l'IRB, ça compte.

Et Bernard Lapasset, est-il d'accord avec vous ?

Je l'ai vu jeudi dernier. Il n'a pas le moindre problème par rapport aux propositions que nous allons formuler. Sur tout ce qu'on avance, il est d'accord.

Votre discours n'est-il pas trop ambitieux ?

La grande question, c'est : est-ce que la solidarité peut fonctionner à l'échelle planétaire ou pas ? Je pense, je crois que le fruit est mûr et que le moment est venu. Comment ne pas y croire après ce qui s'est passé en France pendant la Coupe du monde. Cet engouement inégalé, il faut en profiter. Pour que le rugby continue d'avancer, pour que certains petits pays ne meurent pas, que d'autres mieux portants continuent à vivre, on doit trouver autre chose.

Jean-Pierre Dorian

http://www.sudouest.com

:blink:

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« Un championnat du monde des clubs dans cinq ans »

L’Ovalie mondiale discute jusqu’à demain de son avenir. Joe Roff, champion du monde 1999 et premier Australien à avoir joué en Europe, estime inéluctable la globalisation de ce sport.

Joe Roff n’a jamais mis les pieds à Woking. Pourtant, il personnifie parfaitement ce qui est en train de se discuter dans cette bourgade du sud de l’Angleterre. En 86 sélections et 244 points inscrits sous le maillot des Wallabies comme arrière ou ailier, Joe Roff a gagné une Coupe du monde en 1999 et échoué en finale en 2003. Mais il est surtout l’un des premiers internationaux australiens à avoir tenté l’aventure en Europe. Il fut même couronné champion de France 2002 avec Biarritz. De quoi faire de lui un précurseur de la mondialisation du rugby.

Or, depuis hier et jusqu’à demain, tous les acteurs de l’Ovalie mondiale sont réunis à Woking dans un Grenelle sur l’évolution de la discipline. Avec quatre enjeux majeurs. Globalisation de ce sport ou pas, par l’intermédiaire d’une harmonisation des calendriers des matchs en hémisphère Nord comme dans le Sud ? Libéralisation des transferts de joueurs ou non, avec la crainte exprimée par la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud et l’Australie de voir leurs meilleurs - éléments achetés à coups de gros salaires par les clubs du Nord ? Rééquilibrage du nombre de matchs au profit des clubs et au détriment des sélections nationales ? Et quid des nations émergentes surprises de la dernière Coupe du monde, qui veulent leur place à la table des grands ?

À trente-deux ans, le solide Australien qu’est Joe Roff a déjà vécu personnellement tous ces bouleversements.

Avez-vous l’impression d’être un précurseur ?

Joe Roff. J’ai été le seul à partir en plein milieu de ma carrière pour découvrir d’autres cultures du rugby. Puis je suis revenu en Australie pour finir ma carrière en faisant profiter mon club de mes expériences. Dans ce sens, je me sens un peu un précurseur de ce qui se passe actuellement. Mais moi, à l’époque, j’étais amateur. Je ne suis pas parti pour avoir un meilleur salaire. Il y avait tellement d’opportunités que j’étais content de tout expérimenter. Je suis allé au Japon pendant un an. J’ai joué au Biarritz Olympique. J’ai été très chanceux de voyager à travers le monde.

Le rugby est-il contraint de se globaliser pour se développer ?

Joe Roff. C’est la question. Ce qui arrive au rugby, le football l’a connu il y a vingt ans. Il est aujourd’hui admis que des footballeurs jouent dans un championnat étranger et reviennent au pays pour figurer en sélection. Je crois que c’est ce qui va se produire pour le rugby. Le prochain pas est la globalisation de ce sport. Cela prendra les cinq prochaines années. Le rugby mondial ne peut pas garder son fonctionnement actuel. Les Néo-Zélandais et les Sud-Africains voient déjà leurs meilleurs joueurs partir en Europe. Ils auront de plus en plus de mal à bâtir leurs sélections s’ils n’abandonnent pas l’obligation faite aux - internationaux de jouer au pays pour porter le maillot national. Cela implique aussi une harmonisation des calendriers de matchs entre Nord et Sud pour récupérer leurs internationaux. Le rugby néo-zélandais perd déjà de l’argent car son championnat a vu partir ses vedettes. Or le grand public veut voir les meilleurs joueurs. Si l’on voit plus loin, je pense qu’un championnat du monde des clubs va voir le jour. Personnellement, j’aimerais voir un match opposant le Stade Français aux Brumbies de Canberra, ou les Anglais de Leicester face aux Crusaders néo-zélandais. Ça arrivera.

Cette globalisation ne signifie-t-elle pas la mort des différentes cultures locales du rugby ?

Joe Roff. Voilà bien longtemps que les équipes nationales jouent un peu de la même façon, avec une défense resserrée et la discipline pour socle commun. Et pourtant, les particularismes nationaux demeurent. Les Anglais ne jouent pas comme les All Blacks. Il faut certes conserver ces identités, mais le rugby ne survivra pas s’il ne devient pas global.

Entretien réalisé par Stéphane Guérard

http://www.humanite.fr/

:crying:

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