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1999 - Lamaison


Guest Xv-31

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L'histoire du XV de France en Coupe du monde racontée par un de ses acteurs... En 1999, les Français débutent la compétition sans beaucoup de repères, inquiètent au premier tour, terrassent les Blacks en demies et perdent la finale contre l'Australie. Christophe Lamaison raconte.

«On ne sait pas où on va»

«La plupart des gens ne se souviennent que de la demi-finale contre les Blacks. Pour moi, cette histoire est plus large. Elle avait démarré en juin 1999 par une tournée dans le Sud dont nous étions sortis avec beaucoup de doutes (16-20 contre les Tonga et 7-54 contre la Nouvelle-Zélande). Pendant le stage de préparation, il y a un manque évident de sérénité. On ne sait pas où on va. Le staff est critiqué, il n'y a pas de fonds de jeu, on subit le tapage médiatique. On joue contre le pays de Galles en préparation (23-34), et on sent bien qu'on ne fait pas l'unanimité. On vit tout cela dans une bulle et c'est ce qui fera notre force. Au premier tour, nous jouons en France, dans ce climat pas très serein. On ne sent pas trop l'effet Coupe du monde. On a l'impression d'inviter les nations du monde à jouer chez nous, comme en tournée. C'est après avoir traversé la Manche, pour le quart de finale contre l'Argentine (47-26), que nous parvenons à nous libérer, dans un contexte où nous ne pouvons que compter sur nous-mêmes. Nous avions besoin d'un match référence. Le Canada (33-20), la Namibie (47-13) et les Fidji (28-19), au premier tour, ne pouvaient pas nous l'offrir. Ce fut l'Argentine, et ce fut aussi un élément de notre victoire à venir contre les Blacks. Nous étions rentrés dans le vif du sujet, pas eux.

«A aucun moment on ne réalise ce qu'on est en train de faire»

«Au moment de cette demi-finale, ce n'est même pas que les Blacks sont favoris, ils ''sont'' champions du monde. Ils sont déterminés et destinés à ramener cette Coupe du monde en Nouvelle-Zélande. Au pays, c'est la campagne présidentielle, et le président sortant axe sa communication sur les Blacks. Il y aura chez eux un manque d'humilité, à un moment... Nous, après le quart contre l'Argentine, nous nous sommes libérés de quelque chose. Nous sommes en demi-finales, certains de terminer à la quatrième place au moins. Le travail a payé et le reste ne peut être que du bonus. Nous nous sommes dit nos quatre vérités, nous y allons en groupe. Avant le coup d'envoi, on chante La Marseillaise en cercle. C'est notre haka à nous, nous sommes comme en transe. Pendant le match, nous ne sommes pas vraiment surpris par les Blacks. Il y a 10-24 à la 45e minute, mais nous ne sommes pas laminés devant et nous avons vu quelques brèches. Ce n'est pas la moulinette prévue. On se sent bien, tous les signes nous montrent qu'on peut compter sur les copains. Ibanez se révèle en capitaine exceptionnel, indispensable. Jusqu'à la fin, nous sommes très concentrés, très appliqués sur ce qu'on doit faire en défense. A aucun moment on ne réalise ce qu'on est en train de faire, et tant mieux. L'émotion vient seulement après. Ce match avait un degré de folie qui ne serait peut-être pas accessible aujourd'hui. Il y avait plus de place pour le hasard à l'époque. La vidéo n'était pas si poussée.

«L'issue est jolie»

«Avant la finale contre l'Australie, nous sommes confrontés au fait que le monde n'a pas compris. Jusqu'au jeudi, il faut se justifier, expliquer ce qui n'est pas logique, autant de temps qui n'est pas consacré à la préparation de la finale. J'ai énormément de regrets sur cette finale perdue (12-35). Il y a un gros engagement physique, peu de jeu, et ça se décante seulement au bout d'une heure (NDLR, il y a 18-12 à la 65e minute). L'Australie était préparée à jouer les Blacks. Mentalement, elle a abordé la finale comme si elle avait en face d'elle une équipe encore meilleure que la Nouvelle-Zélande. Elle ne commet pas le pêché d'orgueil.

Comment expliquer que notre visage ait changé en si peu de temps ? La philosophie de jeu de Skrela et Villepreux, le contournement, l'évitement, le plaisir, avait fait ses preuves avec les Grands Chelems de 1997 et 1998, il ne faut pas l'oublier. Il fallait y ajouter un peu de rigueur. Et l'équipe a fini par se trouver au fil de la compétition. Moi qui n'étais même pas sûr de figurer dans les 30, je suis propulsé à l'ouverture à cause de la blessure de Castaignède. N'Tamack était ailier, il termine centre. Galthié est rappelé en cours de compétition. Tout le monde disait que Bernat-Salles était trop juste, et il finit par manger Lomu tout cru. Quand nous étions mal en point, chacun a su prendre conscience que nous étions dans le même bateau. Et voilà, l'issue est jolie.»

1999, PAR CHRISTOPHE LAMAISON

Par Cédric ROUQUETTE

http://www.lequipe.fr/

:devil:

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