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Xv De France : Supporteurs,ou Militants ?


Xv-31

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L’intrusion du pouvoir politique dans l’environnement des Bleus perturbe les amateurs de rugby.

En anticipant la nomination de Bernard Laporte au poste de secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux Sports, Nicolas Sarkozy a sans doute flatté l’ego de tous les gros pardessus de la fédération, mais il n’a sûrement pas rendu service à l’ensemble du rugby français. Car désormais, de la lecture de la lettre de Guy Môquet, aux déclarations d’après-match de ce même Laporte, vendredi, devant la presse internationale interloquée («Ce soir nous avons été grands, comme le président de la République»), en passant par l’omniprésence gouvernementale dans les vestiaires du Stade de France comme au centre d’entraînement de Marcoussis (Essonne), la confusion des genres est à son comble.

Schizophrène. Et l’amateur de rugby se retrouve aujourd’hui tiraillé entre le désir de soutenir inconditionnellement son équipe qui, contre l’Irlande, a superbement construit son succès, et la tentation de rejeter celle-ci, car trop étiquetée sarkozyste.

Le rugby français est donc devenu schizophrène. Ce qui explique peut-être, à la fois ses résultats en dents de scie et ce culte spontanément voué par le grand public à Sébastien Chabal, seul membre du fameux groupe des trente censés «gagner ensemble» (qu’en pense à propos Sébastien Bruno, condamné depuis trois semaines au port du costume-cravate ?) à avoir critiqué publiquement, jadis, son entraîneur. La ministre Roselyne Bachelot, elle-même, présidente honorifique du fan-club du bouchonneur hirsute, s’en amuse quotidiennement, qui avoue volontiers dans l’intimité : «Chabal, vous allez rire, mais Bernard Laporte le hait.»

«Fière chandelle». On peut donc supposer qu’à chaque fois que l’ami Sébastien marque un essai, son coach a envie de manger son béret. Contre l’Irlande pourtant, Chabal n’a pas marqué. Mais comme ses partenaires du cinq de devant il a livré un furieux combat sans lequel les pur-sang des lignes arrière n’auraient guère pu s’exprimer avec une telle impunité. «Nous leur devons une fière chandelle», a d’ailleurs reconnu l’ailier toulousain Vincent Clerc, héros du match et auteur de deux beaux essais, dont le premier consécutif à un petit extérieur du pied de son ouvreur Frédéric Michalak. «Ce n’est pas quelque chose que nous avions travaillé à l’entraînement, avoue pourtant Clerc, ni en équipe de France ni même au Stade toulousain.»

C’est donc le résultat d’une pure inspiration. Un reliquat d’intelligence situationnelle. L’illustration aussi du retour des joueurs aux affaires. Et peut-être même un ultime sursaut du French flair.

S.L.

lundi 24 septembre 2007

http://www.liberation.fr/actualite/sports/...7/280362.FR.php

© Libération

:original:

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J'ai du mal à comprendre ce genre d'arguments...

En 1998, il y avait un défilé de politiques des 2 bords auprès de l'équipe de France et personne ne s'en souciait ou ne s'est plaint...

Quant à la fin de l'article, à part faire de la plus pure démagogie française ou de comptoir de bistrot, c'est selon (Ah!!! heureusement que nous avons les joueurs sur le terrain parce que avec cette buse d'entraineur...), cela n'apporte rien au débat.

Enfin, bref, si on gagne contre les Blacks, les médias français feront comme d'hab leur retournement de chemise habituel et tout le monde sera encensé : on sera les maitres du monde, de la galaxie voire de l'univers et on n'entendra plus parler les vautours :original: :original:

Edited by jeep
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Cette année c'est tout de même beaucoup plus politisé qu' auparavant ! Disons que en 1998 cela passé un peu plus innaperçu !

La politique s'est "légèrement imposée" dans le milieu rugbystique ces derniers temps.Personne ne peut nier les affinités de certains dirigeants avec certains partis. Je suis désolé mais la politique doit rester à sa place et le sport aussi....

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J'ai du mal à comprendre ce genre d'arguments...

En 1998, il y avait un défilé de politiques des 2 bords auprès de l'équipe de France et personne ne s'en souciait ou ne s'est plaint...

Quant à la fin de l'article, à part faire de la plus pure démagogie française ou de comptoir de bistrot, c'est selon (Ah!!! heureusement que nous avons les joueurs sur le terrain parce que avec cette buse d'entraineur...), cela n'apporte rien au débat.

Enfin, bref, si on gagne contre les Blacks, les médias français feront comme d'hab leur retournement de chemise habituel et tout le monde sera encensé : on sera les maitres du monde, de la galaxie voire de l'univers et on n'entendra plus parler les vautours :original: :original:

Si personne ne s'en ait plaint en 1998, on ne peut que se féliciter qu'on le fasse maintenant.

Ensuite Aimé Jacquet n'avait aps prévu de devenir secrétaire d'états aux sports après le 12 juillet 1998 et ne faisait pas de déclarations encensant Chirac dans ses conférences de presses, si je me rapelle bien. La situation n'est donc pas tout à fait la même.

L'ambiguité sportif-politique est plus forte qu'en 1998 à mon sens.

Ensuite, la fin de l'article est quand même une critique Laporte par une allusion à peine voilée à Pierre villepreux, le chantre de l'intelligence situationnelle.

Ce qui me fait rire, c'est de croire que le phénomène Chabal a un relent d'anti-sarkozysme. Je crois qu'il s'agit d'un culte du chevelu, barbu hirsute qui dézingue les machoires des néozékandais. Mais vraiment rien de plus.

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En 1998 on était en cohabitation, les deux têtes de l'éxécutif avaient accès aux vestiaires. Là c'est un défilé de ministres UMP avec un futur sous-ministre comme entraîneur...

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Sarkozeur a ouvertement déclaré que les victoires de l'EDF en CDM le serviraient politiquement.

On ajoute Laporte, militant UMP, le lettre à Guy Moquet, etc, si ce n' est pas de la récupération politique, alors c'est quoi?

Faut assumer :rolleyes:

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On peut tout de même penser que c'est aux corps défendants des joueurs qui subissent les penchants politiques de leur entraîneur. Par conséquent ceux qui se détournent de l'edf pour des raisons politiques ont la vue un peu courte.

Je n'en suis pas à souhaiter la défaite des bleus pour déstabiliser Sarkozy et j'espère que peu de gens s'y égareront.

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En même temps est ce que ça vaut vraiment le coup de dépenser de l'influ nerveux la dedans? D'autant que vu les penchants de l'entraineur c'est peine perdue

En revanche s'ils lèvent la coupe fin octobre j'en connais un dont la tête risque d'avoir un peu de mal à dépasser derrière les joueurs dans la tribune présidentielle... Ca sera plus dur de faire une photo façon Chirac au milieu de l'edf de foot en 98 levant la coupe du monde.

Edited by Roms
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  • 3 weeks later...

Quand la victoire sur les all blacks se transforme en épopée

La nouvelle vague bleue

Humiliés, écoeurés d'être transformés en petits lutins sarkozystes, les joueurs français ont décidé après la défaite contre l'Argentine de reprendre leur destin en main. Et de ne plus laisser Bernard Laporte, le pote du président, les instrumentaliser

Un choc de titans. Et une bataille de chiffonniers. Un match historique. Et un combat de rue. D'une intensité inouïe. Violent, tendu, crispé. Un de ces matchs dont on sort les épaules en miettes. Et le coeur en marmelade. France/Nouvelle-Zélande. Le grand classique du rugby mondial. Anthologique et fou. Comme toujours quand les Bleus se mettent à jouer hors du cadre. Dans cet espace magique qui transforme une rencontre sportive en épopée. Les Français l'ont senti très vite. Ils vivaient eux aussi la saga du XV de France en direct. Après la victoire, un peu partout dans le pays, les supporters ont cru revivre la fièvre des Bleus de Zidane en 1998. TF1 pointait son Audimat autour de 18 millions de téléspectateurs. Les maillots frappés du coq s'arrachaient à nouveau. Les Champs-Elysées étaient noirs de monde. Les joueurs, eux, sont restés humbles et discrets. Pas d'effervescence. Pas d'euphorie. Pas de triomphalisme. Pas question de singer le président de la République, auto-intronisé seizième homme avec un joli toupet ( voir encadré dans topic "Figth Club" :smile: ).

Les Bleus, eux, savent que, pour atteindre de telles hauteurs, il faut d'abord beaucoup se baisser. Et offrir son corps en rempart face aux bulldozers All Blacks. C'est ce qu'ont fait les joueurs de l'équipe de France. Ils se sont «livrés». Sacrifiés. Pour ne pas mourir. Jamais ils n'ont autant défendu de leur vie. Ils ont plaqué quatre fois plus que leurs adversaires, déboussolés par la hargne des Français : 197 plaquages contre 47. Le seul chiffre vraiment important de ce match. Sur quel score ont-ils battu la meilleure équipe du monde, l'archifavori de ce Mondial ? 20 à 18. Quelle importance ? Les chroniqueurs sportifs n'en finissent pas de disséquer la performance, d'analyser les actions les plus folles, de revoir l'essai de Jauzion à la suite d'une cavalcade haletante et lumineuse de Michalak, de revenir sur les interminables diagonales deTraille. Ils doivent se rendre à l'évidence : pour comprendre la victoire des Bleus, il faut regarder au ras du sol, dans les recoins, au fin fond de la mêlée, dans les combats de près, là où les impacts usent les carcasses, où la souffrance est totale, sans limites, au-delà des mots.

Seuls ceux qui ont pratiqué ce sport de gladiateurs peuvent vraiment comprendre. Tout s'est joué sur une idée simple, presque barbare : pour gagner, il faut repousser l'adversaire le plus loin possible de son camp. Elémentaire ? Yes, sir. C'est le message brut de décoffrage qu'a fait passer Bernard Laporte à ses joueurs avant le match. Mot d'ordre basique : le rugby est d'abord un affrontement. Donc pas de fioritures, pas d'arabesques, pas de pas de danse. Pas d'états d'âme et pas de discussion. Tous à la mine ! Les Français ont obéi. Ils ont passé l'essentiel de la partie le nez dans la pelouse du Millenium de Cardiff. Ils n'avaient pas le choix. Il fallait laver l'affront du 7 octobre, jour funeste de l'ouverture de la Coupe du Monde. La France entière s'était moquée d'eux. Depuis des années, Bernard Laporte, «Bernie le Dingue», avec son débit de sergent recruteur, se vantait de préparer la meilleure équipe de tous les temps, qu'on allait enfin voir les Français aux sommets. A la première escarmouche, face à des Argentins roublards et solides, les Bleus s'effondraient. Et les espoirs de millions de supporters aussi.

Terrible loi du sport. Il fallait expliquer cette défaite. Comment les superhéros ont- ils pu se laisser berner par des danseurs de tango ? La faute à Bernard Laporte, à son arrogance, à ses amitiés particulières avec Nicolas Sarkozy, qui avait eu l'idée saugrenue d'annoncer qu'il en ferait son ministre des Sports avant la compétition, à son affairisme un peu trop voyant, à ses 17 contrats publicitaires. L'entraîneur- sandwich avait alors tous les péchés. Et surtout celui d'avoir enfermé l'équipe de France dans la nasse de la politique. Les Bleus étaient devenus les garçons de course de l'Elysée. Des faire-valoir du président et de son «pote de Gaillac», devenu son «meilleur ami» pour l'avoir soutenu dans un moment difficile de sa vie, quand son couple battait de l'aile. Les deux hommes sont liés au-delà du raisonnable. Ils le disent, le revendiquent. A tel point que Bernard Laporte, atteint de sentimentalisme aigu, impose aux joueurs la lecture de la lettre de Guy Môquet avant le match France- Argentine. Erreur fatale. Moment tragique. Malsain. Indécent. Jamais la politique n'avait autant pénétré dans les vestiaires d'une équipe.

Les joueurs effarés, humiliés, écoeurés d'être transformés en petits lutins sarkozys- tes, réagissent violemment. Loin des médias. Ils décident de prendre leur destin en main et de ne plus laisser Bernie le Dingue les instrumentaliser. Bernard Lapasset, le grand sphinx de la Fédération française de Rugby, agacé par le tour politique que prend ce Mondial et par l'omniprésence de l'hyper- président, approuve tacitement ce putsch de velours. Officiellement, Laporte est toujours le big boss. En coulisses, les choses sont plus compliquées. Cette défaite inattendue a fragilisé le futur ministre. Des rumeurs fuitent de l'Elysée. Le président ne serait plus aussi sûr de le nommer. Laporte est déjà un ex- futur ministre. Ses investissements dans les casinos du Sud-Ouest intéressent le fisc. Une affaire immobilière pointe le bout de son nez à Arcachon. On murmure que «le Canard enchaîné» prépare un dossier assassin sur lui. Laporte, un homme en sursis ? Il devient lentement et sûrement un boulet pour Sarkozy, mais aussi pour l'équipe de France. Pendant que la presse cherche déjà des successeurs à l'entraîneur des Bleus, un Grenelle est signé dans les chambrées des joueurs. Le pacte ? On oublie tout. On ne se laisse pas déstabiliser par la campagne anti- Laporte. Ce sont les Toulousains qui organisent cette reprise en main. Leur message ? Revenons au sport, SVP. Le coach sous la mitraille ne peut qu'acquiescer. Il doit impérativement se mettre en retrait, se faire oublier. Pour son équipe, mais aussi pour sa propre survie. «Laporte a une intelligence instinctive, dit un de ses proches. Il sait que la situation lui échappe. Redonner le pouvoir aux joueurs, c'est aussi les éloigner de la pression qui pèse sur lui-même.» Et si la victoire revient, tous les petits malheurs du début finiront dans les oubliettes de l'Histoire. Si les Français sont champions du monde, qui voudra savoir que les Bleus ont été à deux doigts d'une révolution en pleine Coupe du Monde, que des mots très rudes ont été échangés et que l'intrusion intempestive du politique dans le monde des crampons et de l'huile de camphre aurait pu très mal finir.

Ce sont les joueurs qui ont ramené le calme, sous la houlette de Raphaël Ibanez, le talonneur-combattant-capitaine, et de Jean- Baptiste Elissalde, le demi de mêlée-stratège. Ils avaient refusé de lire la lettre de Guy Môquet avant France-Argentine. Premier acte d'insubordination. Premier geste qui a sans doute psychologiquement sauvé les Bleus du désastre. «C'était un moment terri ble, car on avait l'impression de revenir à la campagne présidentielle, dit l'un des joueurs. On nous imposait un camp politique. Ceux qui avaient voté Ségolène Royal, comment pouvaient-ils réagir ? Il fallait nous sortir de ce piège en quatrième vitesse.»

La suite ? Des joueurs de plus en plus concentrés sur la compétition. Sur ce qu'ils appellent les «fondamentaux». La semaine précédant l'affrontement contre les Ail Blacks, ils ont répété leurs gammes et travaillé férocement leur défense. Avec l'Anglais David Ellis, grand spécialiste du plaquage : «Les AU Blacks ont une technique exceptionnelle pour passer le ballon dans le mouvement lorsqu'ils sont plaqués, explique-t- il. Pour les contrarier, il faut impérativement les empêcher de transmettre la balle, donc les plaquer à la hauteur du torse.» Résultat : les Bleus ont plaqué, plaqué, plaqué. Durant des heures et des heures. Comme des forcenés. Quand ils ne plaquaient pas, ils rêvaient qu'ils plaquaient. A l'heure du match, ils ont poursuivi leur tâche d'OS du rugby. Ils ont enrayé la machine AU Blacks, multipliant les impacts. Les plaquages suicides. Les Bleus n'étaient plus qu'un commando de kamikazes cherchant à broyer du muscle et à «concasser» l'adversaire, pour reprendre le mot fétiche de Bernie le Dingue. Paradoxe : les Bleus se sont révoltés contre leur coach tout en appliquant a la lettre ses préceptes. Le french flair, cet esprit gaulois qui porte l'inventivité et l'imagination aux nues ? Une vieille lune qui n'intéresse plus qu'une poignée de nostalgiques. «Au-delà de ce débat entre les partisans d'un jeu musclé et ceux qui croient encore à la magie de l'offensive, il y a la formidable communion qu'ont vécue les joueurs entre eux, souligne François Trillo, ancien joueur de Bègles et du Stade français, spécialiste du rugby sur Canal+. La scène du haka en début de match contre les Blacks restera gravée dans nos mémoires.»

Quelques jours avant le match contre les Néo-Zélandais, les Bleus s'interrogent. Que faire pendant que les Blacks hurlent leur cri de guerre en début de match ? Rester les bras croisés ? Leur tourner le dos ? Serge Betsen et Raphaël Ibanez ont une idée. Et si, au moment du haka, les Bleus portaient des maillots bleus, blancs et rouges, histoire de prouver qu'ils ont eux aussi l'âme patriote ? Ce serait une formidable réponse à l'opération de la lettre de Guy Môquet qui a fait tant de mal. Le défi est aussi un coup médiatique. Une manière de créer l'événement et de fixer les Blacks dans le blanc des yeux. Ibanez en parle à Bernard Laporte, puis à Bernard Lapasset. On craint l'incident diplomatique. Les AU Blacks n'ont jamais été dérangés pendant leur cérémonial. Le président Lapasset sonde les Néo-Zélandais. Réponse : l'affaire ne provoquera pas de drame. Le feu vert est donné. Résultat : vingt-deux joueurs français vêtus de trois jeux de maillots bleus, blancs, rouges, se retrouvent face aux guerriers du pays du Long Nuage blanc, les toisent fièrement pendant leur chant guerrier, à quelques centimètres d'eux. Ils semblent leur dire : nous aussi, nous avons une Histoire et une âme. Et un drapeau. Que diront-ils aux Anglais, en demi-finale ?

Serge Raffy

Le Nouvel Observateur

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Au fait, y a-t-il eu une réaction de Nike après ce haka?

Parce que si les joueurs ont porté ces t-shirts qu'ils ont acheté dans une boutique de Cardiff c'est bien que le maillot qu'ils portent actuellement ne représentent pas les couleurs de la France à leurs yeux, autrement ils n'auraient pas eu besoin de le faire.

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