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Itw William Servat


Xv-31

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Opéré d'une hernie discale à l'automne 2005, le talonneur toulousain se croyait perdu pour le rugby.

William Servat, le «re-nouveau»

Après le Mondial 2003, Bernard Laporte avait fait de William Servat le successeur de Raphaël Ibanez et il avait sacré le talonneur toulousain meilleur Français sur les tests de l'automne 2004. Or, après le premier match du Tournoi 2005, Servat devenait le remplaçant de Sébastien Bruno : « J'ai participé à la tournée de juin en Afrique du Sud, précise-t-il, mais je crois que, même si je ne m'étais pas blessé ensuite, je n'aurais pas été repris ».

LE MARTYRE

Le vendredi 23 septembre 2005, il joue contre Perpignan et c'est la tuile. La gêne aux cervicales ressentie après le match se transforme rapidement en douleur insupportable. Le lendemain, elle est si forte que Servat se rend au domicile du kiné du Stade Ch. Foucaud. Ne parvenant pas à tenir une position, il attend la semaine suivante pour passer l'IRM et consulter le professeur Lagarrigue : « Il y avait une chance sur deux qu'après six mois de repos, les souffrances disparaissent, voire la hernie discale elle-même, explique William Servat. J'ai préféré me faire opérer au plus tôt. C'est déjà dur de revenir après une saison blanche : deux saisons blanches auraient signifié la fin de ma carrière. Après un mois passé au lit, la douleur ne se calmait pas. J'avais perdu 10 kg et, après avoir marché sur 200 mètres à l'hôpital, j'avais des crampes ».

Le talonneur stadiste est opéré le 25 octobre. Le martyre est terminé mais le sport de haut niveau l'est peut-être aussi : « Effectivement, je croyais que le rugby était fini pour moi mais je conservais un espoir, si vague soit-il, au fond de moi ».

Début janvier 2006, il commence la rééducation avec le préparateur Thierry Savio qui l'accompagnera pendant une année de galère, à raison de 4 à 6 heures de travail quotidien : « Les muscles du bras gauche avaient fondu, je ne pouvais pas lever un poids de 2 kg. J'ai fait beaucoup de musculation cervicale en contre-résistance manuelle, beaucoup de machine à mêlée. Je n'ai jamais effectué une séance seul : Thierry était toujours là, même sur ses jours de repos ».

LE GRAND RETOUR

À l'automne, Servat tente la reprise mais une déchirure du mollet et une entorse du genou démontrent qu'elle est prématurée. Au printemps, il tire un trait sur la saison et se consacre entièrement à la suivante, avec une préparation appropriée. Le grand retour sera pour février 2007. Pour le ménager, les entraîneurs stadistes l'ont utilisé dans un premier temps au centre de la troisième ligne, un poste qu'il affectionne aussi.

Avec un physique transformé - son poids de forme, à 100 kg avant sa blessure, est passé à 109 l'an passé et 104 aujourd'hui - le talonneur du dernier grand chelem (16 sélections en 2004-2005) a démarré la saison tambour battant et ce retour en équipe de France constitue la plus belle revanche sur le mauvais sort : « J'y suis un peu pour quelque chose mais je sais ce que je dois au chirurgien Lagarrigue, à Thierry Savio et à Guy Novès qui, la saison dernière, m'a exprimé sa confiance en m'affirmant qu'il ne recruterait pas un autre talonneur ».

Dans cette équipe de France qui fait la part belle aux nouveaux, William Servat peut être considéré, après une éclipse de trois ans, comme le re-nouveau.

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33 ans au Mondial…

Yannick Bru blessé, William Servat avait effectué une fin de saison dernière très convaincante et il aurait postulé à la Coupe du Monde s'il ne s'était pas déchiré le mollet avant les demi-finales : « J'y ai pensé sans y croire vraiment, admet-il. Maintenant, je me dis que j'aurai 33 ans à la prochaine et que je serai encore, en 2011, rugbyman professionnel sous contrat… » En attendant, William Servat fêtera son 30e anniversaire le jour de France-Irlande.

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http://www.ladepeche.fr

:smile:

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[...]mais je sais ce que je dois au chirurgien Lagarrigue, à Thierry Savio et à Guy Novès qui, la saison dernière, m'a exprimé sa confiance en m'affirmant qu'il ne recruterait pas un autre talonneur ».

lol Novès a quand même recruté Basualdo, mais bon effectivement y'avait pire comme concurrent pour William, qui est énorme depuis le début de la saison.

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Passer du statut d'un des meilleurs talons français à l'impossibilité de soulever un poids de 2 kg, ca doit être terrible, terrible !!!

Putain, quel mental !!! :original:

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Passer du statut d'un des meilleurs talons français à l'impossibilité de soulever un poids de 2 kg, ca doit être terrible, terrible !!!

Putain, quel mental !!! :original:

Je dirais même plus : Putain, quel joueur ! :crying:

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Sûr qu'il faut saluer son mental et son énorme envie de revenir au meilleur niveau ! Surtout que depuis le début de la saison il a été plus que convaincant !

Bravo William ! :original:

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Talonneur, «un travail assez ingrat»

William Servat

Un numéro 2 dans le dos, le talonneur en impose. Le talonneur est un gros de devant qui éructe sur le terrain sur d’autres gros qui l’encerclent dans la mêlée. Description du poste avec le spécialiste William Servat, titulaire dans le XV de France et au Stade toulousain.

«Mon métier est assez simple : je lance le ballon en touche, et, sur les regroupements et les mêlées, je dois mener mes avants. J’interviens donc sur les phases fondamentales qui font une partie de rugby. C’est à ce titre qu’on dit souvent que le "talon" est un poste qui fait partie de l’épine dorsale d’une équipe de rugby, comme le demi de mêlée, l’ouvreur et l’arrière, même si nous n’avons pas les mêmes gabarits.

«C’est un poste qui demande beaucoup d’explosivité et une certaine intelligence de jeu. Je fais partie des gros, mais ce n’est pas pour autant que je dois travailler comme une brute. Sans finesse. Il est vrai que le talonneur est réputé être un dur, car il est là pour amener du combat dans le jeu et le relancer. Alors que les arrières sont plutôt là pour donner du mouvement.

«J’ai conscience de faire un travail obscur qui n’est pas forcément visible des novices. Mon travail est donc assez ingrat, mais malgré tout ce sont des tâches qui me tiennent à cœur car elles font avancer le jeu. Un talonneur n’a pas de qualités physiques spéciales. On m’a orienté à ce poste parce que j’étais trop petit pour être deuxième ligne et sauter en touche ! Je me suis aussi vite rendu compte que je courais moins vite que Cédric Heymans [ailier au Stade toulousain, ndlr]. Aussi ai-je préféré ne pas postuler pour faire ailier ou arrière. Disons qu’un "talon" doit savoir bien jouer de son physique.

«Au poste de talonneur, il n’y a pas d’improvisation possible. C’est un métier qui nécessite de l’expérience. Je ne dirai pas que nous sommes des cadors dans une équipe, juste des joueurs expérimentés. J’ai 28 ans, mon âge me permet de sentir des choses qu’on ne sent pas trop quand on est jeune joueur. Le pendant de cette expérience est que justement, pour moi, ce temps passé en équipe de France risque d’être plus court que celui des autres, plus légers.»

STÉPHANIE PLATAT

samedi 2 février 2008

http://www.liberation.fr/actualite/sports/307575.FR.php

© Libération

:blink:

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