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TOURNOI VI NATIONS U20 2026


Godfather

Messages recommandés

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Il y a 1 heure, romtonik a dit :


Lohan Gil est un bon sanglier pour moi 🤒

Il doit être a 120kg Ou plus il peut assurer à droite à mon avis

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Le dernier poids officiel que j'avais eu de lui c'était 105kg en U18

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Il y a 12 heures, Godfather a dit :

Le dernier poids officiel que j'avais eu de lui c'était 105kg en U18

 

Je parie sur 120kg. je le vois comme un pilier de puissance, compact bien ancré.

As tu vu les piliers anglais Opoku ou Sella qui font d enormes saisons a 20 ans en Premiership ? A notre tour de proposer de la force.

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2ÈME LIGNE (4-5)

 

Ici on va parler des purs 2ème ligne pas des polyvalent capable de jouer en 3ème ligne. Ces derniers auront droit à leurs postes à part. Parmi les joueurs issus du précédent cycle France U20, un seul profil ressort clairement : le Clermontois Rémy Lanen (2006), qui avait connu les honneurs de l’équipe de France lors de la Coupe du monde U20. Lanen est avant tout un énorme travailleur et un véritable moteur. Sans être le plus massif du poste (1,98 m, 104 kg), il compense par son engagement et son intensité, incarnant pleinement le profil du “chien de la casse”. Il n’est pas sans rappeler Joshua Brennan à son époque U20, avant que ce dernier ne se densifie physiquement. Il s’inscrit dans le même moule que ces frères, avec peut-être une agressivité encore plus marquée. C’est également un excellent joueur de touche, au point d’être le capitaine de l’alignement clermontois ce qui renforce encore sa valeur collective.

 

Non retenus avec France U20 mais appelés avec France U20 Développement la saison passée, Enzo Jean (2006 – RC Toulon – 2,01 m, 130 kg) et Nils Punti (2006 – Montpellier Hérault Rugby – 1,97 m, 106 kg) constituent deux profils très différents. À ce stade, le Montpelliérain Nils Punti semble disposer d’un léger avantage hiérarchique sur Enzo Jean, comme en témoigne sa sélection aux côtés de Rémy Lanen pour la rencontre face à l’Afrique du Sud U20 en novembre. Profil identifié de longue date dans le parcours fédéral, Punti n’a toutefois jamais occupé un rôle de premier plan au sein de sa génération. Son profil se rapproche de celui de Lanen : un joueur dont les principales qualités résident dans l’engagement, l’investissement défensif et la maîtrise de la touche, secteur dans lequel il est également le capitaine de l’alignement montpelliérain. Il est polyvalent 4-5.

 

À l’inverse, Enzo Jean présente un profil diamétralement opposé de pur 5. Longtemps surclassé chez les jeunes, il a traversé deux saisons compliquées du côté du Stade Rochelais, largement perturbées par des pépins physiques. Son arrivée au RC Toulon l’été dernier lui a permis de retrouver de la continuité (6 matchs toutes compétitions, 2 essais) dans un environnement particulièrement compétitif, aux côtés de Davit Baramia (U20 géorgien), Fabio Zingone (U20 italien) et Antonio Gamez (U20 espagnol). Chez lui, le potentiel repose avant tout sur un gabarit hors normes, avec l’ensemble des interrogations que ce type de profil implique : mobilité, rayon d’action, capacité à enchaîner les tâches, agressivité, impact réel dans l’avancée et technique individuelle. Sur les observations réalisées, son profil évoque davantage un Jimi Maximin qu’un Meafou ou un Tuilagi, tant par son registre que par son degré d’explosivité actuel. Toutefois, il a récemment perdu du poids afin de gagner en mobilité. Faute d’une observation suffisante, je ne me prononcerai sur sa qualité de manipulation ou sa technique individuelle. En l’état, son profil se rapproche de Giorgi Javakhia ou Jimi Maximin comme évoqué plus. Dans un contexte de disponibilité, il pourrait prétendre à une sélection. 

 

Passés par les rassemblements Générations Bleues, Nolhan Cassez (Castres Olympique – 2006) et Giani Callegari (USA Perpignan – 2006) semblent aujourd’hui partir d’un cran plus bas que les trois profils précédemment évoqués. Le Castrais Nolhan Cassez évolue actuellement en double licence et peine à franchir le cap du niveau Espoirs ce qui freine sa projection vers le très haut niveau. De son côté, Giani Callegari poursuit son développement à l’USAP sans faire de bruit, mais avec une cote interne appréciable. Ancien joueur de Carcassonne, il présente un profil longiligne, très bon sauteur et actif dans le jeu courant. Il incarne l’archétype du deuxième ligne souvent formé en France chez les jeunes : gros volume d’activité, qualité technique, bon QI rugby, mais avec un développement physique parfois insuffisant pour franchir pleinement le palier supérieur. Formé à Saverdun puis Auterive, il est passé relativement sous les radars des grandes structures régionales (Stade Toulousain, Castres, Colomiers) avant de rejoindre l’USC puis l’USAP où il évolue aujourd’hui.

 

Le dernier profil à mentionner chez les 2006 en tant que pur deuxième ligne est sans doute la surprise du stage de préparation : Mathis Dehauteur (Saracens). Grand deuxième ligne approchant les deux mètres, il illustre la qualité du travail de scouting de la FFR à l’international. Anciennement l’un des joueurs les plus performants de la Premiership U18 (Academy League), il a intégré l’académie senior des Saracens la saison dernière, tout en évoluant en parallèle dans le cadre universitaire de Loughborough (Londres), un environnement reconnu pour l’exigence de son encadrement sportif. Profil de 4, il doit encore se densifier physiquement, mais se distingue déjà par une mobilité supérieure à la moyenne et une base technique solide. Il est régulièrement cité par les observateurs des rugby schools anglaises, au sein d’une génération très relevée des Saracens comprenant notamment Noah Callulori, Ryan Jones, Jack Marshall ou Alan Poku. Sa situation rappelle celle de Tuifua deux saisons plus tôt. Son développement outre-Manche n’ayant logiquement pas échappé aux instances anglaises, il était courtisé par le XV de la Rose. Dehauteur a d’ailleurs déjà pris part à un camp de développement avec les U18 anglais. Conformément au règlement de World Rugby, sa situation lui laisse la possibilité d’opter, à ce stade, pour la France ou l’Angleterre, un choix qui ne deviendra définitif qu’en cas de sélection en équipe nationale senior.

 

Chez les joueurs de la génération 2007, un profil s’impose comme une évidence. Plus jeune joueur de l’histoire du Top 14, surclassé à l’ensemble des étages de la formation (Top 100, France U18, Espoirs, France U20 Développement) et déjà titulaire en Champions Cup à seulement 18 ans, Léo Michaux Vargas s’affirme comme l’un des plus grands prospects français de ces dernières années à son poste. Les raisons sont multiples. D’abord, son gabarit constitue un profil rare en France, d’autant plus à cet âge, avec une marge de progression physique encore significative. Comme le soulignait son ancien entraîneur chez les Espoirs, Elvis Vermeulen, il est encore loin d’un physique totalement abouti. Au-delà de l’aspect morphologique, il s’agit d’un joueur particulièrement complet : intelligence de jeu, technique individuelle, capacité à enchaîner les tâches, apport en touche, maturité sur les fondamentaux et investissement défensif. Mais ce qui le distingue réellement, ce sont des qualités rarement réunies chez des profils de ce gabarit. Sur le plan athlétique, il présente une coordination très aboutie, avec un cycle de course fluide et efficient. Cet élément, parfois sous-estimé, conditionne pourtant la capacité d’un joueur de ce gabarit à se déplacer avec aisance et à développer un réel potentiel dans le jeu de course. C’est notamment ce qui caractérise des profils comme Thibaut Flament, Brodie Rettalick ou Eben Etzebeth et ce qui a pu, à l’inverse, limiter l’expression de joueurs comme Paul Jedrasiak. Sa technique de plaquage est également de très haut niveau. À l’image de Flament, il est capable d’attaquer bas, d’adopter une posture juste et de s’abaisser efficacement, ce qui lui permet d’éviter les plaquages hauts et de rester discipliné. La discipline constitue d’ailleurs un autre marqueur fort de son jeu. Joueur intelligent, il comprend les situations et sait éviter les écueils ce qui sécurise son rendement sur le terrain. Enfin, sa personnalité complète le tableau. Travailleur, doté de caractère et d’une maturité certaine, il affiche une mentalité exemplaire. À titre d’exemple, à peine le titre de champion de France Crabos digéré, Michaux n’est pas parti en vacances et a choisi de poursuivre sa préparation afin d’être prêt dès la reprise avec le groupe professionnel. Pour conclure et illustrer le niveau d’estime dont il bénéficie, il suffit de rappeler cette déclaration de Christophe Urios, rarement prompt à lancer des jeunes, a fortiori dans des contextes compétitifs exigeants : « On aurait voulu le lancer avant, mais on ne pouvait pas. Il n’avait pas encore 18 ans. » Une phrase qui résume à elle seule l’engouement autour du fils de Ludovic Michaux, ancien joueur professionnel passé notamment par l’ASM, le RCN et le CO. On attend désormais son frère cadet Mahé.

 

Au sein de la génération 2007, un autre profil bien identifié mérite l’attention : Mathis Locatelli. Habitué des dispositifs TOP 100 et passé par France U18 puis France U20 Développement, le joueur d’Oyonnax présente un profil que j’apprécie particulièrement. Deuxième ligne de type numéro 5, excellent sauteur, il évoque par certains aspects des profils à la Guillaume Ducat ou Dafydd Jenkins. À mes yeux, il possède le potentiel pour être complémentaire dans une association avec un 4 plus puissant. Comme beaucoup de deuxièmes lignes de ce gabarit, il dispose encore d’une marge de progression sur le plan physique, mais sa morphologie laisse entrevoir une capacité à se densifier sans altérer ses qualités de mobilité. J’avais été particulièrement convaincu par ses prestations en France U18, où son volume d’activité, sa coordination athlétique et la qualité de ses mains s’étaient révélés très intéressantes. Ces éléments en font un profil à suivre sur les prochaines saisons. Indiscutable avec les Espoirs oyonnaxiens, avec dix titularisations en autant de rencontres, il reste toutefois confronté à une concurrence élevée au poste, ce qui ne garantit pas une apparition lors du Tournoi à court terme.

 

Enfin, je conclurai par un pick maison avec Alban Portat (Stade Toulousain – 2007 – 1,98 m, 100 kg). Il s’agit, à bien des égards, d’un clone de son grand frère. Deuxième ligne sauteur, capable d’évoluer indifféremment en poste 4 ou en poste 5, il se distingue par une activité très élevée et une grande efficacité dans les tâches de l’ombre. Excellent sauteur, aussi bien offensivement que défensivement, il apporte une vraie plus-value dans le jeu aérien. Son physique est encore en construction, mais si sa trajectoire suit celle de son frère, il sera en capacité de se densifier progressivement et de mettre de la masse sur son gabarit sans perdre ses qualités de mobilité. Il est également identifié pour son tempérament et ses qualités humaines, comme en témoigne sa convocation au stage “Former des leaders pour les équipes de France jeunes”. Frère cadet de Raphaël Portat, passé par les équipes de France jeunes et retenu dans le groupe élargi pour le stage de préparation au Tournoi des Six Nations U20 dans une génération 2006–2007 extrêmement dense, Alban Portat pourrait disposer d’une carte intéressante à jouer, notamment en complément d’un profil plus puissant à ses côtés

 

Mention honorables : 

  • Adam Zapedowski (2006 - UBB - 1m98, 115kg) - Profil 4-5 - Appelé en stage mais non-sélectionnable. 
  • Taimana Ah-Scha (2006 - SP - 1m98, 105kg) - Profil de 4 - Ralenti par les blessures cette saison. Ex-TOP 100 
  • Thomas Sezerat (2007 - USAP) 
  • Loic Revol (2007 - SP) - Blessé
  • Anthony Rico (2007 - LOU) - Cycle N+1
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POLYVALENT 2ÈME LIGNE & 3ÈME LIGNE 

 

Dans un rugby moderne faisant la part belle à la polyvalence, on retrouve un très grand nombre de 2ème ligne capable de jouer 3ème ligne et inversement. Ici on parlera donc de ces profils. 

 

Chez les joueurs de la génération 2006, trois profils se détachent nettement, dont un plus encore que les autres : Roméo Martin Bonnard. Utilisé principalement en troisième ligne aile au Stade Toulousain depuis deux saisons, il a toutefois été formé au poste de deuxième ligne durant ses années Crabos et continue d’y effectuer ponctuellement des apparitions avec les Espoirs. Cette polyvalence est suffisante pour que le staff Laborde le considère crédiblement sur les deux postes, dans une logique déjà observée avec d’autres profils (Njocke à droite, Cowie à l’aile, etc.). À titre personnel, son avenir semble davantage s’inscrire en troisième ligne, sur des postes de 6 ou 7. Il réunit en effet l’ensemble des attributs requis pour évoluer au plus haut niveau, tant sur le plan mental que rugbystique. Sa capacité à intégrer des feuilles de match professionnelles cette saison, au détriment de joueurs comme Jouanny, Marzullo, Tolofua ou Raynaud, illustre pleinement la confiance dont il bénéficie en interne. Sur le plan physique, il se situe dans des temps de passage idéaux. Son profil est particulièrement intéressant, avec de bonnes qualités génétiques, un gros volume de jeu et une capacité avérée à soutenir l’intensité dans la durée. Techniquement, il correspond parfaitement au standard du troisième ligne “made in Stade Toulousain” : très grosses qualités défensives, rayonnement athlétique élevé, excellente capacité à enchaîner les tâches, ainsi que de très bonnes qualités de mains et une réelle aisance à jouer debout. Il se montre par ailleurs très solide sur les fondamentaux, aussi bien en mêlée qu’en touche, où il s’affirme comme un bon sauteur. Il s’agit d’un joueur complet, présentant peu de zones de fragilité dans son jeu. Il l’a encore démontré récemment face au Leinster, en répondant présent sur le plan de l’impact et de l’intensité physique. Enfin, au-delà des aspects purement techniques et athlétiques, sa mentalité constitue sans doute son marqueur le plus fort. Engagement total, tempérament de “chien de la casse”, caractère affirmé : des traits qui rappellent naturellement ceux de son père, Rémi. Il reste bien entendu des axes de progression, mais la base apparaît d’ores et déjà extrêmement solide et structurée.

 

Derrière Roméo Martin Bonnard, deux profils issus des dispositifs TOP 100, France U18 et France U20 Développement méritent une attention particulière. Le premier est l’Agenais, futur Perpignanais, Dany Kevin Lamataki (2006 – SU Agen). Capable de couvrir un spectre très large de postes – deuxième ligne (4, 5) comme troisième ligne (6, 7, 8) – il s’agit d’un joueur complet, dont la progression s’inscrit dans une trajectoire régulière, ayant suivi l’intégralité du parcours fédéral classique jusqu’au niveau U20. Actuellement encore assez longiligne, il doit poursuivre son développement physique pour stabiliser son rendement au plus haut niveau. Il s’inscrit dans la belle génération 2006 du SU Agen, aux côtés de profils comme Cazemajou, Boulan ou Lavie. Les principales interrogations autour de son potentiel concernent toutefois son positionnement définitif. Très sollicité à différents postes, il n’a pas encore trouvé un ancrage clair, ce qui constitue sans doute l’un des freins à son accès au niveau professionnel cette saison. Sa situation contractuelle, combinée à cette absence de spécialisation, peut également expliquer qu’il n’ait pas encore connu ses premières minutes en pro, malgré un contexte marqué par une forte pénurie en troisième ligne au SUA.

 

L’autre profil intéressant de cette génération est Sacha Joncart (2006 – Montpellier Hérault Rugby). Son registre est plus lisible : un profil longiligne (1,99 m, 98 kg), positionnable en 2ème ligne (4) ou en 3ème ligne aile (6), très proche dans son expression de celui de Bartholomé Sanson.

Spécialiste de la touche, il se distingue par un volume d’activité élevé, une base technique propre et un engagement défensif constant. Il incarne un archétype très répandu dans la formation française chez les jeunes : joueur mobile, bon sauteur, intelligent dans le jeu, mais encore limité sur le plan de la puissance et de l’impact, avec une capacité de port de balle perfectible. Joncart est moins reconnu dans le parcours fédéral que Lamataki ou Martin-Bonnard. Il a été convoqué à plusieurs reprises dans les dispositifs TOP 100 sans toutefois connaître de sélection avec France U18. Sa capacité à décrocher une sélection U20 est loin d’être garantie dans un contexte de concurrence très dense, aussi bien chez les 2ème lignes que chez les 3ème lignes (générations 2006 et 2007 confondues).

 

Passons à la très dense génération 2007, au sein de laquelle trois profils semblent, à ce stade, légèrement se détacher. Le premier est Régis Omby (CA Brive). Pour les observateurs assidus des catégories jeunes, sa présence dans cette analyse n’a rien de surprenant. Profil hybride (4–6–7), Omby présente un parcours fédéral particulièrement complet, aussi bien à XV (TOP 100, France U18, stage France U20 Développement) qu’à VII (France 7 U18, Barbarians Supersevens, stage France 7 Développement). Il a d’ailleurs été sacré champion d’Europe U18 à VII en tant que seul pur avant du groupe (Hugo Avogadro occupant un rôle plus polyvalent de troisième ligne aile / ailier). Il s’inscrit également dans la génération dorée 2006–2007 du CA Brive, championne de France Crabos face au Stade Toulousain, aux côtés de joueurs tels que L. Keletaona, T. Keletaona, Mendy, Rayeur, Laurent, Massé, Algay, Lacoste ou Tafili. Formé initialement à l’arrière puis à l’ouverture dans son club formateur de La Couronne, il a conservé une base technique rare pour un avant, qui contribue fortement à son caractère intrigant. Il s’agit d’un profil très porté sur la course, doté d’un sens du jeu particulièrement développé, comme en témoignent les six essais inscrits cette saison avec les Espoirs.Il se distingue également par une forte capacité à répéter les tâches et à maintenir un haut niveau d’intensité dans la durée, ainsi que par de très bonnes qualités en touche. Athlétiquement, il est l’un des meilleurs athlètes de sa génération. Son évolution au niveau de sa musculature conditionnera sa capacité ou non à maintenir sa polyvalence et ou une spécialisation. Dans son style de jeu, il se situe à mi-chemin entre Esteban Capilla, Andy Timo et Cameron Woki avec un véritable potentiel de facteur X. Il  m’évoque également Capilla à ses débuts dans certaines de ces limites notamment au niveau de la capacité à être constant sur 80 minutes et surtout de rigueur. Un aspect qu’il a lui-même reconnu, déclarant : « Avant d’être avec l’équipe Espoirs cette saison, je prenais les choses comme elles venaient. Maintenant, je suis plus focus, plus concentré, parce que je ne veux pas avoir de regrets. Je sais qu’une carrière peut basculer très vite. » Depuis, sa trajectoire s’est nettement accélérée, avec une convocation chez les Barbarians pour le SuperSevens, où il a été l’une des révélations, ainsi que des stages avec France 7 Développement. Régis Omby présente aujourd’hui un potentiel de progression très élevé – un véritable “upside”, pour reprendre le vocabulaire des scouts – à condition de poursuivre sur cette dynamique et de confirmer dans la durée. J’aimerais vraiment le voir durant le tournoi mais son profil atypique pourrait le compromettre au près du staff Laborde qui a du mal avec les profils différents.

 

L’autre profil disposant, à mes yeux, d’une cote très élevée est Baptiste Verschambre (ASM Clermont). Joueur polyvalent, capable d’évoluer sur les deux postes de la deuxième ligne (4 et 5) ainsi qu’en troisième ligne aile côté fermé (6), il est principalement utilisé en poste 4 aux côtés de Léo Michaux Vargas, ou ponctuellement en 6. Habitué des dispositifs TOP 100, surclassé avec France U18 et régulièrement intégré aux Espoirs en club, il s’inscrit clairement comme l’un des éléments d’avenir du paquet d’avants auvergnat. Passé par le Stade Aurillacois avant de rejoindre l’ASM, il a récemment connu ses premières minutes au niveau professionnel, notamment face aux Sharks de Durban. Excellent joueur de touche, il se distingue également par un volume d’activité et une qualité de déplacement très intéressants pour un joueur de ce gabarit. Son travail défensif constitue l’un de ses principaux points forts, avec une agressivité marquée dans le combat. S’il ne présente pas encore la densité physique de son coéquipier Michaux Vargas, il partage avec lui un gabarit rare dans le rugby français à cet âge. Son corps demeure en phase de construction, mais sa morphologie laisse envisager une montée en puissance progressive vers une fourchette de 115 à 125 kg, avec une composition corporelle plus dense et fonctionnelle. À un poste où les équipes de France ont régulièrement souffert ces dernières saisons d’un déficit de puissance et de gabarit, les deux profils clermontois pourraient, à terme, apporter des réponses structurelles aux besoins de France U20.

 

Enfin, pour compléter ce trio, il convient d’évoquer Mathys Argenton (Union Bordeaux-Bègles), qui semble, à ce stade, disposer d’un léger avantage sur Régis Omby dans l’esprit du staff français. Profil davantage orienté 3ème ligne que 2ème ligne, il peut néanmoins évoluer ponctuellement en poste 4. Il couvre l’ensemble des positions de la 3ème ligne, avec une appétence marquée pour les rôles de 6 et de 7. Argenton a connu une importante poussée de croissance, qui a nécessité un temps d’adaptation physique. Cette phase de transition s’était ressentie lors de son passage en France U18, où il m’avait paru moins fluide peinant à exprimer le profil de 3ème ligne très mobile et coureur observé précédemment en Crabos. Les observations réalisées cette saison en Espoirs confirment toutefois un net rééquilibrage. Il a retrouvé ce registre élégant et fluide, qui faisait sa force. Véritable tour de contrôle en touche, il est l’un des capitaine de touche de l’UBB et lors de ces passages en équipe de France jeune. Il se démarque également par un QI rugby au-dessus de la moyenne. Toujours très bien placé, il propose régulièrement d’excellente ligne de course ou soutien dans le jeu courant. Toujours bien placé, il propose régulièrement des lignes de course pertinentes et des soutiens efficaces dans le jeu courant. Joueur élégant et agréable à observer, il a été titulaire en 3ème ligne avec France U20 Développement face au Pays de Galles, où il a fait l’étalage de ses qualités malgré des conditions météorologiques particulièrement difficiles. Ses principaux axes de progression concernent l’impact physique, la capacité à marquer davantage ses adversaires dans le jeu et le travail au sol. Dans ce contexte, et au regard de son profil polyvalent, il apparaît, aux côtés de Baptiste Verschambre, comme le joueur de la génération 2007 disposant du plus fort potentiel de convocation lors du Tournoi sur ces rôles polyvalent. Il a d’ailleurs été convoqués pour le stage "Former des leaders pour les équipes de France jeunes » . 

 

Derrière les trois profils précédemment évoqués, un autre trio apparaît très proche dans la hiérarchie et susceptible de tirer son épingle du jeu en fonction des besoins spécifiques du staff.

 

Parmi eux, deux joueurs évoluent du côté du Stade Rochelais.

Le premier est Oscar Bouttez (2007 – Stade Rochelais). Un nom malheureusement associé, jusqu’ici, au drame lié au décès de Medhi Narjissi, et que l’on espère voir rapidement ramené à ses seules prestations sportives. Cette saison, il évolue quasi exclusivement en 3ème ligne, aussi bien côté aile que centre, tout en continuant à dépanner ponctuellement en 2ème ligne, poste qu’il occupait principalement en Crabos. Ce repositionnement s’explique par un physique encore en phase de développement. Bouttez est un joueur de ballon très intelligent, doté de qualités de vitesse remarquables pour son gabarit. Il se montre également précieux en touche et dispose de bonnes mains, ce qui renforce son intérêt dans le jeu de continuité. Son potentiel est très apprécié en interne, comme en témoignent ses intégrations régulières dans des groupes élargis, notamment celui retenu pour affronter les Stormers cette saison.

Bien identifié dans le giron fédéral et intéressant lors du Tournoi U18, il présente, à mes yeux, des qualités suffisantes pour constituer un candidat crédible dès cette saison. À noter également le travail d’accompagnement psychologique mis en place par le Stade Rochelais, unanimement salué par le joueur et son entourage, et qui semble avoir joué un rôle déterminant dans sa progression récente.

 

Son coéquipier Igor Gatteau (2007 – Stade Rochelais) a, quant à lui, suivi une trajectoire inverse. Passé de la 3ème ligne en Crabos à la 2ème ligne depuis son accession aux Espoirs, il est issu du dispositif Générations Bleues et a été un élément important de France U18 la saison dernière. Il a également été convoqué avec France U20 Développement pour affronter le Pays de Galles, entrant en jeu depuis le banc. Très performant cette saison avec les Espoirs (8 matchs, 3 essais), le joueur formé à l’Amicale Rugby de Marans présente un profil très aérien, solide défensivement, et engagé dans un travail de progression sur son apport offensif. Il se distingue particulièrement en touche, par son abattage défensif et son efficacité dans le jeu au sol. Sans être le joueur le plus spectaculaire à observer, il incarne un profil de devoir, précieux par son engagement et son investissement dans les tâches de l’ombre, facilitant le jeu collectif.

 

Enfin, le dernier membre issu de France U18 à mentionner est le Grenoblois Roman Barthalay (2007). Capable d’évoluer en poste 4 de la 2ème ligne, mais également en 3ème ligne aile ou centre, il présente un gabarit encore peu développé mais compensé par une grande taille et de très bonnes qualités en touche. S’il n’avait pas franchi le cut France U18 la saison passée, en raison d’une concurrence particulièrement dense (Gatteau, Mendes Tani, Locatelli, Bouttez, Keletaona, Omby, Argenton, Baret), il a néanmoins été convoqué en novembre avec France U20 Développement, preuve de l’intérêt persistant du staff pour son profil et sa trajectoire de progression.

 

Mention honorables :

  • Christian Mendes Tani (2008 - RCT) - Immense potentiel mais un double surclassement me paraît compliqué au vue de la profondeur du groupe de 2ème ligne et de 3ème ligne centre. 
  • Camille Vallée (2006 - ASBH) - Propulsé en PRO D2 dès ses 18 ans, il n’a pour l’instant pas confirmé. 
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3ÈME LIGNE 

 

Le groupe de 3ème ligne est une nouvelle fois extrêmement dense. Si la France a longtemps produis des 9 de qualités en série, il semble que la nouvelle tendance se trouve en 3ème ligne avec potentiellement peu d’élus par rapport aux nombres de candidats potentiels. Au vue de nombres de joueurs les descriptions seront parfois moins détaillés. Il se peut aussi que des joueurs passent au travers. 

 

3ème ligne aile

(profils majoritairement positionnés en 6/7, sans bascule régulière en n°8)

 

Commençons par les pures 3ème ligne aile. Ce qui ne joue pas 8 par intermittence. Une catégorie qui devient assez rare aujourd’hui tant la polyvalence est travaillé jusqu’au passage en senior. 

 

On commence avec un joueur qui a déjà connu ses premières minutes au niveau professionnel du côté de Provence Rugby (1 match toutes compétitions – 10 minutes). Impressionnant avec France U18, c’est un joueur qui me faisait penser, à l’époque, à François Cros : excellent profil plaqueur / gratteur, très intelligent dans le jeu, avec une très bonne technique individuelle. Son activité m’avait également marqué, avec une vraie faculté à répéter les efforts et à maintenir un niveau d’intensité élevé.

Il a toutefois contre lui un gabarit un peu sous-dimensionné, ainsi qu’une concurrence très importante à son poste. Malgré cela, il reste bien présent dans le circuit : après avoir été de tous les TOP 100 et de France U18, il a été appelé l’an dernier avec France U20 Développement pour la tournée des Îles Britanniques (1 titularisation et 2 entrées en jeu). Un des profils que j’apprécie le plus dans cette génération pour son apport sur le jeu au sol qui est assez dure à trouver. Personnellement, c’est un joueur que j’aime également pour l’avoir vu jouer avant qu’il ne rejoigne Provence.

 

Autre joueur ayant connu le monde professionnel cette saison, Jovan Sreckovic constitue un profil à suivre. Ancien capitaine des Crabos du Racing 92, il a rejoint le RCT où il est tenu en haute estime par le staff varois, qui l’a titularisé à La Rochelle (66 minutes). Pour un 2006, il présente un profil très orienté porteur de balle : gabarit solide, joueur rugueux, fiable défensivement, avec une vraie capacité à générer de l’avancée. Absent des TOP 100 U18 et de France U18 après des passages en U16 et U17, il a été rappelé avec France U20 Développement la saison passée.

 

Toujours en TOP 14, on retrouve également Djibril Sissako. Arrivé en provenance du Stade Français en 2024, il avait fait très bonne impression lors du TOP 100 U18, notamment par sa capacité à faire jouer autour et derrière lui, ainsi que par ses prédispositions athlétiques. Le 3ème ligne aile montpelliérain n’avait finalement pas passé le cut France U18. L’an dernier, il a été rappelé en stage avec France U20 Développement sans prendre part à une rencontre. Il a connu ses premières minutes professionnelles cette saison avec le MHR en Challenge Cup face au Black Lion (14 minutes).

 

Enfin, on peut également évoquer Simon Taty. Seul joueur du TOP 100 U18 évoluant en dehors d’un club de TOP 14 ou de PRO D2, l’ex-joueur de l’ABCD XV a rejoint l’USAP cette saison. Passé par tous les TOP 100, il n’a cependant pas réussi à accrocher une sélection avec France U18. Cette saison, il a connu sa première apparition en professionnel face à Trévise en Challenge Cup, en remplaçant Max Hicks (14 minutes). C’est un joueur aux qualités physiques impressionnantes, déjà flashé à 32 km/h. Il possède également un excellent jump en touche.

 

Pour le reste les joueurs que je vais présenter n’ont pas encore connu de minutes pros. On commence par l’un des profils les plus identifiés de la génération 2006, aussi bien à XV qu’à VII : Eliott Duthill. Joueur susceptible d’apporter sa pierre à l’édifice durant le Tournoi, il avait impressionné contre l’Italie avec France U20 Développement en amenant des qualités athlétiques, techniques et un QI rugby très au-dessus de la moyenne. Son double parcours à VII lui a notamment permis de remporter le Championnat d’Europe U18 à VII.

 

Du côté du Stade Toulousain, on retrouve Guillaume Raynaud. Je ne le mets pas dans les polyvalents, car il joue majoritairement n°8 en club et que son avenir en EDF jeunes semble davantage se situer à l’aile de la 3ème ligne au regard de son gabarit (1m88, 95 kg). Double champion de France Crabos (2022, 2023), c’est un joueur qui vit dans l’ombre de Marzullo et Martin-Bonnard, voire de Kouassi (2007), mais qui progresse d’année en année sans être ralenti par les blessures. Il a d’ailleurs disputé la totalité des matchs du championnat Espoirs cette saison, avec 2 essais et plusieurs capitanats à la clé. C’est un joueur très intelligent dans ses déplacements, avec une belle technique individuelle et des qualités athlétiques intéressantes. C’est un peu le “nouveau Sentubéry” de l’effectif Espoirs. Guillaume Raynaud s’inscrit typiquement dans la lignée de profils comme Clément Sentubéry, Paul Ausset, Arthur Vignolles, Kévin Lebreton, Lomig Jouanny ou Thomas Hébert : des joueurs que le Stade forme très bien et qui ont toutes les qualités pour faire une belle carrière en TOP 14 ou en PRO D2. La question est plutôt de savoir quel est son véritable plafond, et, à l’instant T, quelle est sa marge de progression. Il n’avait jamais été appelé avec les équipes de France jeunes mais a récemment été convoqué avec France U20 pour le stage de début d’année, preuve d’une cote ascendante.

 

Nom un peu moins connu : Valentin Chamberaud. Le longiligne Oyonnaxien (1m93) présente un profil à la Noah Traversier : gros rayonnement, qualités athlétiques de coureur et de sauteur. Il a connu France U18 dans le cadre d’un stage de préparation au Festival des Six Nations, et a disputé une rencontre face à l’Italie. Il n’a depuis pas été rappelé. On notera toutefois sa présence au sein du groupe professionnel pour la préparation estivale actuelle. Le capitaine oyonnaxien a néanmoins connu une blessure fin novembre, dont je ne connais pas la gravité.

 

Dans les garçons qui partent de plus loin mais dont les noms reviennent comme de beau potentiel, on retrouve Louis Fristch (2006 - RCT) qui a fait toute la préparation avec le groupe pro toulonnais en début de saison et qui est apprécié par Mignonni. Malheureusement il est fortement ralenti par les blessures cette saison ce qui l’a empêché de connaître sa première en pro. 

 

On peut également évoqué quelques garçons issues de la génération 2007 qui auront peut-être plus de chance l’année prochaine. Parmi eux on retrouve la paire Racingmen Noam  Noam Zébus-Delage (2007 - R92) et Yanis Nama (2007 - R92)  tous deux transfuges en provenance du Stade Français et de Massy. Nama aurait pu être mis dans les polyvalents car il évoluait principalement en N°8 du côté de Massy. C’est un 3ème ligne aile très athlétique dans la ligne d’Andy Timo. Si il n’a pas été appelé sur les 

TOP 100 à XV, il a été à VII l’an dernier. Noam Zébus-Delage est lui  un grand 3ème ligne aile au physique typé “basketteur” (muscles longs, physique sec). Passé par le TOP 100 U16, il est indiscutable cette saison dans la rotation du Racing 92 en tant que 1ère année. Il fait partie des joueurs arrivés au Racing 92 dans le cadre de la “guerre des transferts” que se mènent les clubs parisiens depuis deux ans. C’est dans ce cadre qu’est arrivée Méric Chiffrin (2006) au Stade Français. Là aussi un garçon à surveiller passé par les TOP 100 U17 et U16 avec le Racing 92 avant de rejoindre le Stade Français cette saison. 

 

Mention également pour un nom qui revient énormément du côté d’Armande : Johan Bougrer Cinqval Mazet (2007). Le jeune agenais s’entraîne régulièrement avec le groupe pro et est très apprécier des suiveurs du club ainsi que du staff. C’est un profil qui est suivis à XV et à VII. 

 

On peut aussi mentionner deux joueurs passé par les TOP 100 de manière régulière. Membre du TOP 100 U17 et U18, l’ex montpelliérain Tom Vinel (2007 - RCT) qui évolue désormais du côté de la Rade semble encore en adaptation dans son nouvel environnement varois et se trouve derrière des joueurs comme Srekovic, Moreau voir Fritsch pour le moment. Il reste un garçon à avoir sur son radar. 

 

Du côté de l’Auvergne on peut citer Raphaël Payrastre (2007 -ASM). Il est l’ancien cocapitaine des Crabos et considéré comme l’un des joueurs à suivre à son  poste chez les 2007. Il est le petit frère d’Antoine. Son départ a fait grincer des dents à Béziers où il était vu comme le meilleur 2007 après être passé par tout les TOP 100. Pas encore titulaire indiscutable du côté des Gravanches, il a plus de chance d’être considéré pour le cycle 2026-2027. 

 

Enfin, on conclut avec un joueur qui a une vraie chance de double surclassement : Auguste Albuisson. Passé par le TOP 100 et France U18 lors des International Summer Series, où il a impressionné, le jeune Francilien est également le premier joueur français de la génération 2008 à évoluer en professionnel à seulement 17 ans. Entré à trois reprises en Challenge Cup, il a même été titularisé lors de la dernière journée face aux Cheetahs (93 minutes), inscrivant à cette occasion son premier essai professionnel. Ultra-mobile pour sa taille, il est doté d’une très grande qualité technique, dans la lignée de joueurs comme Magne, Cabanne ou Ollivon. Comme son coéquipier Maxime Baudonne, c’est un joueur avec un vrai QI rugby et un sens du jeu marqué, ce qui l’amène à être régulièrement décisif dans les zones de marque. On est sur l’un des plus gros potentiel de la génération 2008. 

 

Mentions honorables : 

  • Jules Bousquet (2006 - USM) - Il est un cas un peu à part, mais qui mérite d’être mentionné car ayant déjà goûté au monde professionnel. Formé au Stado Tarbes Pyrénées après avoir débuté le rugby à Castelnau-Magnoac (comme un certain Antoine Dupont) il a connu une trajectoire atypique. À seulement 18 ans, il a disputé cinq rencontres de Nationale, dont quatre comme titulaire, avant de rejoindre l’US Montauban cette saison. Avec l’USM, il a connu sa première apparition au niveau professionnel face au Black Lion, avec un temps de jeu conséquent (52 minutes). C’est un garçon qui est dans le moule amateur. Sur le plan physique, un travail important reste à effectuer, notamment parce qu’il n’a pas évolué jusqu’ici dans des structures où la préparation physique constituait un axe central du projet de formation. Toutefois, comme beaucoup de joueur issue du STPR, on est sur un garçon qui est un vrai joueur de rugby. À titre personnel, je reste réservé quant à sa capacité à évoluer avec France U20 mais j’estime intéressant de mettre en avant des profils différents, qui sortent parfois des standards habituels de la filière.
  • Cléo Bard (2008 - LOU - 1m90, 90kg) - Bien que déjà surclassé en Espoirs, il semble partir de trop loin à ce stade pour prétendre à un double surclassement, notamment au regard des profils de référence de sa génération comme Baret ou Albuisson. Son parcours reste néanmoins à suivre sur le moyen terme.

 

Polyvalent 3ème ligne aile & centre

 

On commence logiquement par le patron… et l’inconnu à la fois, puisqu’il n’a pas encore joué cette saison : Elyijah Ibsaiene. Entre blessures et suspensions, il est difficile d’avoir une lecture totalement claire de son état actuel. Aux dernières nouvelles, il devait toutefois être disponible pour le Tournoi. Il n’est sans doute plus nécessaire de présenter longuement ce joueur, tant son nom est désormais bien identifié. Les seuls freins potentiels à sa trajectoire résident dans son historique de blessures, qui devraient néanmoins se stabiliser à mesure qu’il termine sa croissance et son processus d’athlétisation. À mes yeux, il s’agit tout simplement du plus gros potentiel de la génération 2006. Nous sommes face à un joueur hors norme, au style très singulier ballon en main. Il se distingue par une aptitude exceptionnelle à faire avancer son équipe, faisant de lui un porteur de balle d’élite pour sa catégorie d’âge. Ses qualités athlétiques sont très largement au-dessus de la moyenne, auxquelles s’ajoute une excellente technique individuelle. Il n’est évidemment pas en reste sur le plan défensif. Au-delà d’un très gros volume d’activité, il s’est affirmé comme un excellent gratteur, comme il l’a démontré lors du Tournoi et de la Coupe du monde U20 la saison passée. L’émergence de Bobby Bissu l’a d’ailleurs conduit à développer une polyvalence accrue au poste de n°7, afin de pouvoir cohabiter avec ce dernier, qui présente davantage un profil de pur n°8. Cette évolution renforce encore, dans le style de jeu – toutes proportions gardées – la comparaison avec des profils comme Ardie Savea ou Pete Samu. Hors blessure ou indisponibilité, il apparaît comme un titulaire indiscutable au sein de cette équipe. Sa première apparition au niveau professionnel est désormais attendue avec impatience.

 

Quelques déclarations de personne très qualifiés à son sujet : 

 

« Il va vite, il est explosif, il dispose d'une grosse accélération, il est très puissant au contact. Mais il sait également éviter ses adversaires avec ses appuis et a cette faculté à faire joueur les autres. En numéro 8, il est très intéressant car il démarre très vite derrière sa mêlée. Idem pour remonter les ballons. Défensivement, il sait tout faire aussi : plaquer, gratter, contre-rucker. Il a tous les outils d'un joueur de très haut niveau. ». Cédric Laborde 

 

« Il y a un jeune que je trouve vraiment fort et qui va très vite arriver avec nous, c'est Elyjah Ibsaiene qui a des aptitudes et qualités assez exceptionnelles. J'ai hâte de le voir évoluer, il peut vraiment nous apporter une plus-value » Mathieu Jalibert

 

Autre joueur extrêmement talentueux de la génération 2006, Lucas Andjiserramatchi s’impose désormais comme un élément à part entière de la rotation rochelaise depuis le début de l’année 2025. Il figure aujourd’hui parmi les joueurs les plus expérimentés au niveau professionnel de sa génération, avec 14 rencontres disputées, dont 5 titularisations, pour un total de 406 minutes. Formé à Massy avant de rejoindre le Stade Rochelais, il est un n°8 de formation capable de couvrir également les postes de n°6 et de n°7. Il a suivi un parcours fédéral complet, prenant part à l’ensemble des dispositifs TOP 100 et a été sélectionné successivement avec l’équipe de France U18, France U20 Développement puis France U20. S’il possède des qualités physiques évidentes, c’est avant tout par son intelligence de jeu et la qualité de ses mains qu’il se distingue. Il lit extrêmement bien les situations, se positionne avec justesse et apporte une vraie fluidité au jeu collectif. Défensivement, il se montre également très fiable, avec une grosse activité dans le jeu au sol et une capacité constante à peser dans les zones de combat. Sur le plan humain et mental, son profil est tout aussi remarquable. Il s’agit d’un joueur doté d’un leadership naturel très affirmé, comme en témoignent ses rôles de capitaine à Massy puis au Stade Rochelais. Symbole fort de cette reconnaissance interne, il a notamment porté le brassard lors d’un match de Champions Cup face aux Stormers à seulement 19 ans. Décrit comme un garçon très respectueux, bien élevé et parfaitement cadré, il dégage une maturité rare pour son âge. Coup de cœur assumé de Ronan O’Gara, toujours souriant et très apprécié dans le vestiaire, Lucas Andjiserramatchi coche aujourd’hui de nombreuses cases pour s’installer durablement au plus haut niveau.

 

Chez les joueurs de la génération 2006, on peut poursuivre avec Marceau Marzullo. Déjà présent dans le groupe lors du Tournoi la saison passée, il fait partie des profils identifiés de longue date au sein du Stade Toulousain et de la FFR. Anciennement utilisé en 2ème ligne puis en 3ème ligne lors de sa première année Crabos, le jeune Toulousain semble s’être définitivement installé en 3ème ligne depuis sa deuxième saison Crabos, avec une orientation de plus en plus marquée vers le poste de n°8 depuis son passage en Espoirs. À l’image de Lucas Andjiserramatchi et Elyijah Ibsaiene , il a suivi l’intégralité du parcours équipes de France jeunes, ce qui témoigne de la confiance durable placée en son potentiel. Il s’inscrit dans un registre de 3ème ligne moderne coureur plaqueur et sauteur avec une vraie polyvalence dans le jeu. Afin de répondre davantage aux exigences du poste de n°8 et au monde professionnel, il a engagé une phase significative de développement physique, avec une prise de masse d’environ dix kilos, destinée à renforcer son impact et sa densité dans les zones de combat. À titre personnel, il s’agit d’un profil pour lequel il m’est encore difficile de poser une lecture définitive, tant sur son potentiel réel que sur son positionnement optimal à long terme. Cette phase de transition entre plusieurs rôles et plusieurs registres rend son évaluation plus complexe. Très apprécié dans le giron fédéral, Marzullo est considéré comme l’un des potentiels leaders des équipes de France jeunes, comme en atteste sa convocation au stage “Leader”.

 

On peut désormais passer à la très dense génération 2007. À ce stade, Tana Keletaona apparaît comme le joueur le plus proche du groupe France U20. Sa présence lors des différents stages U20 n’a rien de surprenant, tant le potentiel physique et athlétique du joueur est évident.

Sur un terrain, il passe rarement inaperçu – et ce n’est pas uniquement en raison du bandeau qu’il arbore. Tana Keletaona est un joueur qui marque les esprits, en même temps qu’il marque les corps de ses adversaires. Nous sommes face à un profil extrêmement physique, capable d’imposer un véritable impact dans les zones de contact. Ce 3ème ligne puissant, parfois presque bestial par séquences, a rapidement trouvé ses repères avec les Espoirs cette saison, s’intégrant sans difficulté à l’exigence du niveau. Au-delà de sa puissance, Keletaona est également un joueur actif dans le jeu, doté de bonnes mains et d’une explosivité intéressante dans les jambes. Des axes de progression subsistent néanmoins, notamment en termes de constance sur 80 minutes, de discipline et de compréhension globale du jeu. En dehors du terrain, le joueur a clairement mis les moyens pour progresser sur ces aspects. Il s’est engagé dans une préparation physique plus rigoureuse et a gagné en sérieux dans le travail en salle de musculation. Il a également fait appel à un préparateur mental afin de mieux se canaliser et de maîtriser ses émotions sur le terrain. Des choix qui portent leurs fruits, puisqu’il a disputé neuf des dix rencontres Espoirs cette saison, inscrit deux essais, et intégré à plusieurs reprises des groupes élargis du groupe professionnel.

 

Autre joueur considéré comme l’un des plus gros talents de la génération 2007 : Clément Paul. Il est sans doute, à ce stade, le profil le plus unanimement reconnu comme le plus fort potentiel à son poste dans cette classe d’âge. Nous sommes face à un 3ème ligne extrêmement complet, disposant de l’ensemble des attributs nécessaires pour réussir au plus haut niveau. Fils de Sébastien Paul et petit-fils de Christian Paul – ancien président du Stado TPR et champion de France en 1973 – il entame sa deuxième saison à la Section Paloise, après une première année plus heurtée, freinée par une blessure au genou. Cet incident de parcours a été transformé en véritable opportunité de développement. Accompagné de près par le staff, notamment Piqueronnies, il a poursuivi un travail physique approfondi pendant et après sa blessure. En parallèle, il a validé son baccalauréat, s’est orienté de manière cohérente vers un cursus post-bac et est resté pleinement impliqué dans la vie du groupe. Il a continué à participer aux réunions de leaders de touche, à évoluer au contact des professionnels et a bénéficié d’un suivi individualisé, avec un renforcement physique spécifique visant à optimiser sa préparation en vue d’une intégration progressive au groupe pro. Ce travail de fond l’a conduit à connaître ses premières minutes au niveau professionnel cette saison, notamment face à Bristol. Sur le plan purement rugbystique, Clément Paul présente un potentiel athlétique remarquable et un profil singulier. Il se projette naturellement comme un futur n°6 ou n°7, tout en étant capable de couvrir le poste de n°8 dans les catégories jeunes. Dans son registre, il évoque des profils comme Cian Prendergast, Cameron Woki ou Josh van der Flier. Sa taille lui permet de jouer haut et vite, avec un rayonnement athlétique impressionnant. Il dispose d’une capacité rare à répéter les efforts sur la durée, à couvrir énormément de terrain et à percevoir les espaces et le jeu avec justesse. À cela s’ajoute un “jump” particulièrement élevé, qui renforce encore son impact en touche. Fort physiquement, Clément Paul l’est également mentalement. Il évolue dans un environnement structuré et favorable et affiche une grande maturité. C’est un garçon stable, très bien accompagné, mais également profondément déterminé dans son projet.

 

On enchaîne avec un joueur qui ne devrait pas s’éterniser du côté du Stade Aurillacois : Rémi Couty. Le jeune 3ème ligne présente un profil très athlétique, qui se rapproche de celui d’un Killian Tixeront dans son expression. Excellent sauteur, il dispose d’un énorme volume d’activité, associé à de très bonnes qualités d’accélération et de vitesse. Il possède également de bonnes mains et un QI rugby au-dessus de la moyenne, ce qui lui permet d’être pertinent aussi bien dans le jeu courant que dans les phases de continuité. À ce stade, il peut encore sembler légèrement en retrait en termes de puissance pure, un élément directement lié à un physique encore en construction. Il convient toutefois de préciser qu’il ne s’agit pas d’un retard de développement, mais bien d’un processus normal : Rémi Couty se situe dans des temps de passage tout à fait classiques pour son âge et son gabarit. À l’image de Clément Paul, ou d’un autre profil qui sera évoqué plus tard, Raphaël Audebert, il s’inscrit dans un double parcours fédéral à XV et à VII, ce qui renforce encore son profil athlétique et sa capacité à évoluer dans des contextes de jeu à haute intensité. Au regard de sa trajectoire actuelle et de son potentiel, il apparaît comme un candidat très crédible à une sélection lors du Tournoi.

 

Évoqué plus haut, Raphaël Audebert est un joueur qui fait du bruit, sur le terrain comme en dehors. D’abord en dehors, puisque le fils d’Alexandre Audebert a quitté l’ASM Clermont pour rejoindre le Montpellier Hérault Rugby à l’issue de l’été. Un départ qui a surpris, après deux saisons pleines en Crabos, tant par son niveau de performance que par son potentiel et son profil polyvalent, capable d’évoluer aussi bien en 3ème ligne aile qu’à l’aile. Son repositionnement à l’aile en cours de saison semble également avoir été source de tensions avec le staff, le joueur se projetant clairement dans la continuité de sa carrière en 3ème ligne aile, comme cela a pu être relayé sur les réseaux sociaux et différents espaces d’échange spécialisés. Dans ce contexte, il ne fait guère de doute que l’arrivée de Julien Floch, responsable adjoint du centre de formation et référent technique du MHR, a pesé dans la balance et permis à Montpellier de saisir l’opportunité. Quoi qu’il en soit, l’ASM a perdu un joueur bien identifié dans le projet fédéral, présent à plusieurs reprises dans les dispositifs Générations Bleues (saisons 2022–2023, 2023–2024, 2024–2025) ainsi qu’en Elite VII (2023–2024, 2024–2025). À XV, il se situait toutefois légèrement derrière certains profils de sa génération dans la hiérarchie fédérale, comme Couty, Barthalay, Keletaona, Baret, Argenton ou Kouassi. Sur le plan du jeu, Raphaël Audebert est avant tout un athlète protéiforme et un joueur très complet, au profil assez unique. Il s’agit d’un garçon capable de buter en Gaudermen, puis d’évoluer aussi bien à l’aile qu’en 3ème ligne lors de son passage en Crabos, où il a inscrit dix essais. Le choix de le repositionner à l’aile s’expliquait, selon moi, en partie par son gabarit, légèrement en dessous des standards actuels du poste de 3ème ligne aile, souvent au-delà d’1m90. Le très prometteur 3ème ligne n’a pas encore connu sa première apparition au niveau professionnel, mais a déjà figuré comme 24e homme en Challenge Cup cette saison. Il a également été convoqué avec France U20 Développement en début de saison, preuve que son profil reste suivi et apprécié dans le giron fédéral.

 

Autre garçon convoqué avec France U20 Développement, on va parler de Mathis Julien (2007 - RR92). L’ex-Nivernais porte un nom bien connu des suiveurs des équipes de France, puisqu’il est le petit frère du pilier gauche Lino Julien. Binationale franco-néerlandais, il privilégie pour l’instant la France aux Pays-Bas, à l’image de son aîné. Profil identifié aussi bien à XV qu’à VII, il est appelé régulièrement dans les dispositifs TOP 100 depuis les U17. Issu d’une génération intéressante passée par Nevers en Gaudermen, aux côtés de Maniaa Lape et Antonio Ratavo, il a rejoint le Racing 92 à l’issue de la saison 2023–2024. S’il n’a pas été retenu avec France U18, il a en revanche été titularisé lors de la rencontre face au Pays de Galles avec France U20 Développement, ce qui traduit une montée en considération récente. Sur le plan du jeu, il s’agit d’un grand 3ème ligne, capable de couvrir les postes de n°7 et de n°8. Il n’a pas encore la densité physique de son frère au même âge, bien qu’il en ait récupéré tous les centimètres. Il se distingue par de bonnes mains, une très belle capacité d’accélération sur les premiers mètres et une réelle efficacité dans les phases de contact, aussi bien offensives que défensives. Sa cote semble clairement progresser ces derniers mois. 

 

À l’image du départ surprenant de Raphaël Audebert vers Montpellier, le MHR a connu une situation inverse avec l’arrivée de Noam Moreau (2007 - RCT) au RC Toulon durant l’intersaison, en provenance d’Occitanie. Nous sommes ici sur un profil au format plus cubique. Noam Moreau a connu ses premières minutes au niveau professionnel cette saison, lors de la défaite à La Rochelle. Quasi indiscutable avec les Espoirs toulonnais, il s’impose comme l’un des profils en progression constante au club. Sur le plan athlétique, son profil est souvent associé à celui de Joe Kere Qaraba, puisqu’il affiche les meilleurs résultats internes du club en termes de vitesse, de sprint et d’accélération juste derrière ce dernier. En revanche, sur le terrain, les registres diffèrent. Là où Qaraba présente un profil très marqué “septiste”, avec une palette technique plus large, le jeu de Noam Moreau apparaît plus classique, mais dans le bon sens du terme. Il s’agit d’un joueur au style plus besogneux, doté d’une grosse activité et d’une capacité à répéter les efforts, notamment dans les tâches de l’ombre. Puissant, volontaire, il ne se cache jamais et aime le combat. Ses qualités athlétiques se retrouvent également en touche, où il possède un excellent jump. À l’image de son coéquipier Jovan Sreckovic, c’est aussi un très gros plaqueur. Sa trajectoire est clairement ascendante et mérite un suivi attentif.

 

On conclut avec un joueur du Stade Toulousain. Originaire de Figeac, Martin Labarthe (2007 - ST - 1m90, 105kg) a évolué au Stade Marivalois jusqu’en 2022, année de son arrivée au Stade Toulousain. Sélectionné avec France U18, il a intégré cette saison l’effectif des Espoirs. Passé par l’ensemble des dispositifs TOP 100, le petit frère de Léo Labarthe est clairement construit dans le même moule. Avant toute chose, c’est un “chien de la casse”. Il présente des qualités physiques solides et un tempérament de combattant de très haut niveau, prêt à mettre la tête là où d’autres hésitent à mettre les mains. À ce stade, la saison actuelle semble sans doute arriver un peu tôt pour lui en termes de projection immédiate, mais son profil laisse envisager des perspectives plus crédibles dès la saison prochaine.

 

Mentions honorables : 

  • Owen Nouvion (2006 - RCV). J’en parle car c’était ma surprise du TOP 100 U17 23-24 alors qu’il évoluait au Stade Français. J’avais adoré son dynamisme dans le jeu. Il a depuis rejoint la Bretagne où il évolue en N°8 avec les Espoirs vannerais. Il a malheureusement pour lui un peu disparu des radars fédéraux. 
  • Sohan Dealle Facquez (2006 - AB) - Ex-TOP 100. Formé à l’US Tyrosse et évolue actuellement avec l’Aviron Bayonnais. 
  • Anicet Batbedat (2007 - R92) - Ex-TOP 100. Plutôt 3ème ligne aile mais qui est baladé un peu partout en ce début de saison du côté du Racing 92 (2ème ligne, 3ème ligne aile, 3ème ligne centre). Joueur puissant avec un gabarit intéressant; 
  • Maniaa Lape (2007 - USON) - Ex Top 100 passé par le MHR qui l’a laissé partir à l’USON Nevers suite aux recrutements de joueurs sur son poste. Capable de couvrir tout les postes de la 3ème ligne. Profil rappelant un peu Siale Tolofua. 
  • Marc-Elie Kouassi (2007 - ST) - Très gros potentiel avec un capitale athlétique au-dessus de la moyenne qui lui a permis d’évoluer à l’aile en Crabos. Il est l’un des leaders de la génération 2007 du Stade Toulousain et l’un de ses tout meilleurs éléments sur le passage en Crabos. Il est capable de couvrir tout les postes de la 3ème ligne. Il fait partie de cette catégorie de 3ème ligne coureur dans la lignée des Woki, Macalou, Timo ou Matiu. Sélectionné avec France U18, il avait manqué le Festival du 6 Nations d’un rien au profit de Gatteau. Il n’est pas mentionné dans les candidats car blessé depuis le début de saison. 

 

3ème ligne centre

 

On trouve assez peu de pure 3ème ligne centre en France. Une preuve de l’importance donné ces dernière années à la polyvalence. Toutefois on voit que les pures spécialistes sont encore très recherchés à l’image des déclarations de Fabien Galthié sur sa recherche d’alternative au poste de N°8. Toutefois si le nombre est réduit, le talent ne manque pas. 

 

Bobby Bissu (2006 - UBB - 1m89 - 110kg (hors taxe)) c’est la grosse cote depuis maintenant 1 an. Il est un des "ovnis" de la dernière saison espoir et un profil ultra physique comme on a finalement assez peu en France en 8. Il a intégré le cycle précédent de France U20, au cours duquel il a marqué les esprits par une entrée fracassante lors de la tournée de France U20 Développement dans les Îles Britanniques, trajectoire qui s’est conclue par une Coupe du monde U20 très prometteuse. Dans la continuité, il a connu cette saison sa première apparition au niveau professionnel, du côté de Montpellier (19 minutes). Initialement formé au rugby à XIII à Toulouse, puis passé au XV à Balma, Bobby Bissu est loin d’être un produit fini. Il n’en demeure pas moins un joueur réputé travailleur, qui met beaucoup d’énergie à progresser. Les retours internes convergent : c’est un garçon toujours à l’écoute, très respectueux, sérieux, et particulièrement appliqué dans l’exécution de ce qui lui est demandé. Sur le plan des qualités, le registre est impressionnant : vitesse, percussion, puissance. Il dispose d’une capacité hors norme à avancer ballon en main et à gagner ses duels. Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer d’un profil aussi dominant physiquement, il ne se résume pas à un simple porteur “tout droit”.

Je le trouve au contraire intéressant dans sa volonté et sa capacité à faire jouer autour de lui, notamment par l’utilisation de l’offload. S’il est capable de mettre le ballon sous le bras et d’attaquer frontalement la ligne d’avantage, j’ai à plusieurs reprises observé chez lui un réel travail préparatoire d’appuis, visant à cibler l’épaule faible ou à déséquilibrer ses adversaires avant l’impact. Certains ont pu rapprocher son profil de celui de Joseph, mais cette comparaison me semble réductrice et ne rend pas pleinement justice aux qualités propres de Bissu. À mes yeux, son registre se rapproche davantage – toutes proportions gardées – de profils comme Wallace Sititi ou Juarno Augustus. Promis à un avenir très intéressant, il devra néanmoins franchir le cap, souvent délicat, du passage durable au niveau professionnel. Pour les joueurs ultra dominants physiquement chez les jeunes, cette transition constitue un véritable enjeu. Sa progression pourrait ainsi ne pas être aussi fulgurante que celle observée sur les deux dernières saisons, un élément à intégrer dans la lecture de sa trajectoire.

 

Derrière Bobby Bissu, le plus fort potentiel identifié chez les « pures N°8 » (et encore dans son cas c’est presque un polyvalent) n’est ni un autre 2006, ni même un 2007, mais bien un joueur de la génération 2008. Passé professionnel dès l’âge de 17 ans, à l’image de son compatriote Auguste Albuisson, Lilian Baret (2008 - LOU) s’impose aujourd’hui comme le plus gros potentiel de sa génération à l’instant T. Son parcours est tout simplement unique. Il a été systématiquement surclassé, voire doublement surclassé, depuis les U15 : double surclassement dans les dispositifs TOP 100, surclassé avec France U18, en Espoirs, et doublement surclassé au niveau professionnel avec le LOU. Sa trajectoire est singulière et son ascension particulièrement rapide. Sur le plan du jeu, on est face à un véritable phénomène athlétique,  une véritable machine de guerre. Un athlète protée qui évoque par certains aspects Elyjah Ibsaiene avec peut-être un registre légèrement moins explosif mais tout aussi impressionnant. Lilian Baret est le fils de Philippe “Max” Baret, ancien 3ème ligne rugueux du LOU dans les années 2000, champion de France de Nationale 1 en 2002 avant d’évoluer en Pro D2. Ses deux fils ont hérité de ce même ADN rugbystique. L’aîné, Mathis (20 ans), s’épanouit aujourd’hui à Grenoble. Profil de n°8 coureur, doté de très grosses qualités athlétiques, notamment de vitesse, il est considéré comme l’un des grands potentiels de la génération 2005 à son poste, dans un registre proche de celui d’un Théo Ntamack. Lilian partage ces qualités athlétiques, mais dispose en plus d’une dimension physique que son frère n’avait pas au même âge. Comme le résumait son entraîneur en Crabos : « C’est un grand joueur en devenir, une force brute capable de jouer tous les coups. » Doté d’une puissance de pénétration redoutable et d’une étonnante qualité de passe pour son gabarit, Baret s’impose également par son leadership. Il a été capitaine dans toutes les équipes et catégories par lesquelles il est passé. Lors du Tournoi U18 la saison dernière, il s’était montré omniprésent, aussi bien en attaque qu’en défense, affichant une domination physique impressionnante pour un joueur d’un an plus jeune que la majorité de ses adversaires. Défensivement, il est redoutable, aussi bien dans le jeu au sol que dans le contact direct, où il réalise très régulièrement des plaquages offensifs. Il est également identifié à VII, ses capacités aérobies très au-dessus de la moyenne lui valant une réputation de véritable “marathonien”. Pour compléter le tableau, il s’agit aussi d’un joueur très solide en touche. Au regard de l’ensemble de ces éléments, il serait une énorme surprise de ne pas le voir figurer au moins sur une feuille de match durant le Tournoi.

 

Derrière ces deux profils majeurs, on peut évoquer plusieurs cas qui semblent partir d’un peu plus loin dans la hiérarchie actuelle.

 

On peut commencer par Louis Galleni (2007 – Montpellier Hérault Rugby). Membre de l’équipe de France U18 la saison passée, le Montpelliérain avait bien entamé son exercice avant d’être freiné par une blessure. Il s’agit d’un grand n°8 au profil plutôt longiligne. À titre personnel, je connais encore assez peu le joueur et je dispose de peu d’éléments factuels à partager à ce stade. Néanmoins, son passage par France U18, ses multiples apparitions au sein des dispositifs Générations Bleues, ainsi que sa convocation récente avec France U20 Développement en font un candidat crédible, au moins en embuscade, pour le Tournoi.

 

Du côté de l’Auvergne, il convient également de mentionner Louis Vermeulen (2007 – ASM Clermont). Champion de France et capitaine des Crabos clermontois, il appartient à la génération dorée des Jaunards qui a largement dominé la catégorie la saison dernière, portée par un pack très nettement supérieur à la concurrence. Une domination à laquelle le fils d’Elvis Vermeulen a largement contribué. Il s’agit d’un joueur qui construit son parcours de manière progressive, dans les pas de son père. Bien identifié dans le giron fédéral, il n’a pas encore connu de sélections en équipes nationales, malgré plusieurs passages dans les rassemblements Générations Bleues. S’il n’a pas encore effectué ses débuts professionnels avec Clermont, son début de saison est particulièrement probant, avec sept essais inscrits en huit rencontres, ce qui pourrait naturellement l’amener à obtenir une opportunité à court terme. Sur le terrain, son profil n’est pas sans rappeler celui du “King”, tant dans son impact que dans sa capacité à incarner le leadership au cœur du jeu.

 

Mention honorables : 

  • Fasia Taalo (2006 - USON)
  • Merci 6
  • Upvote 1
Posté(e)

Bonjour et merci beaucoup pour cette revue d effectif complète des deuxième et troisième ligne u20

 

les grand potentiels de cette génération Ibsaine Michaux Baret

Martin Veschambre Paul

 

 

PS  Petit oubli le jeune joueur d Aix en 3eme ligne aile le nom a été oublié 🤒

il doit s agir de Alessio Contigliani 

 

 

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  • Merci 1
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A noter que nous aussi on a les frères Baret en stock 

 

 

Modifié par romtonik
Posté(e) (modifié)

DEMI-DE-MÊLÉE

 

Là encore le groupe est extrêmement dense. On va commencer par le garçon qui a généré le plus de bruit autour de lui : Valentin Hutteau (2007 - UBB - 1m69 - 75kg). Souvent présenté – à tort selon moi si l’on parle strictement de profil – comme le “nouveau Antoine Dupont”, Hutteau est néanmoins l’un des joueurs les plus attendus à son poste depuis plusieurs saisons. Sauf surprise, il ne devrait toutefois pas participer au Tournoi. Entre sa blessure et les potentielles indisponibilités de Luca et de MPR, sa mise à disposition apparaît très compliquée, même s’il venait à être rétabli pendant la compétition. Les probabilités sont aujourd’hui plus fortes de le voir lors de la Coupe du monde U20, ou éventuellement dans un premier temps avec France U20 Développement au printemps. Natif de Pithiviers (Loiret), il avait effectué ses premiers pas dans le monde professionnel avec le club de l’Essonne quelques mois plus tôt, face à Langon en Nationale, à seulement 17 ans, en impressionnant déjà par sa maturité. Arrivé en Gironde à l’été, il s’est immédiatement installé dans la rotation bordelaise, avec huit rencontres disputées (dont deux titularisations pour 219 minutes), inscrivant même son premier essai. Malheureusement, il a dû passer par la case opération du ménisque début décembre. La durée exacte de son indisponibilité reste à ce stade incertaine. Sur le plan fédéral, Hutteau a suivi le parcours classique d’excellence : participation à l’ensemble des TOP 100 à XV et à VII, présence au Festival des Six Nations U18 la saison passée, et titre de champion d’Europe U18 à VII. Formé à l’ouverture et au centre, il s’agit d’un demi de mêlée au profil très physique, capable de créer aussi bien pour les autres que pour lui-même. C’est un animateur naturel, doté d’une très grande qualité de passe, mais également d’un goût prononcé pour le duel. Il dispose d’un très bon jeu au pied et possède même le potentiel pour buter, rôle qu’il a toutefois délaissé cette saison. Il est capable de changer le cours d’un match sur un exploit individuel. Plaqueur, gratteur, franchisseur, il va vite et se montre dominant dans les impacts malgré son gabarit. Son bagage technique est déjà très riche : jeu au pied, initiatives balle en main, offloads, intelligence de jeu, gestion du tempo. À son âge, il parvient déjà à contrôler le jeu et à diriger le rythme de l’attaque. C’est un joueur de caractère, qui n’hésite pas à prendre la parole face à des joueurs bien plus âgés que lui. Il affiche une maturité de jeu particulièrement impressionnante. Ses bases sont déjà très solides, notamment la qualité de sa passe et son jeu au pied. Pendant longtemps, du côté de Massy, il était capable de faire basculer un match à lui seul en traversant le terrain. Ce registre est naturellement plus difficile à reproduire à mesure que le niveau s’élève, mais il demeure un véritable facteur X. Son début de saison a marqué les esprits, à tel point que Jefferson Poirot, capitaine de l’UBB, déclarait : « C’est surprenant quand tu vois son âge, mais quand tu vis avec lui depuis deux mois, ce n’est pas si surprenant. C’est un jeune qui est arrivé avec beaucoup de maturité. Les derniers jeunes que j’ai vus arriver comme ça en 9 ou en 10, c’était Baptiste Serin et Matthieu Jalibert. Serin, à 18 ans, parlait aux premières lignes de 40 ans comme si c’étaient ses potes de Crabos. J’espère que la suite sera la même pour Valentin. »

 

Mais la génération 2006 n’est pas en reste puisque tout les candidats ont déjà connu les professionnelles soit en championnat soit en coupe d’Europe exception faite de Gabriel Elissalde (2006 - SP). 

 

Parmi ces joueurs, Baptiste Tilloles apparaît clairement comme l’un des favoris pour endosser le rôle de numéro un au poste. Il occupait déjà cette position lors du cycle précédent, devançant alors la majorité des demis de mêlée de sa génération (Blum, Llaveria, Dupuy), mais également certains profils de la génération antérieure (Daroque, Motassi, Gonzalez). Il avait ainsi pris part au Tournoi puis à la Coupe du monde U20. Le demi de mêlée bayonnais a franchi un cap supplémentaire cette saison en s’imposant au sein de la rotation de l’Aviron Bayonnais. Il a su profiter des différentes indisponibilités de Machenaud, Germain ou encore Janjties pour engranger du temps de jeu au niveau professionnel, avec dix apparitions cette saison, portant son total à douze matchs disputés chez les pros. Baptiste Tilloles s’inscrit également dans une lignée familiale très marquée par le rugby. Son père, Julien Tilloles, est un ancien demi de mêlée professionnel ayant mené une belle carrière, de Toulouse à Mont-de-Marsan, en passant par Perpignan, Agen et Bayonne. Son grand-père évoluait quant à lui au poste d’ailier à la grande époque de Mérignac. Sur le plan du jeu, Tilloles est un joueur extrêmement prometteur. De tempérament plutôt réservé et introverti, il a toutefois besoin de confiance pour s’exprimer pleinement, et commence à se libérer à mesure qu’il accumule de l’expérience. Il possède, à mes yeux, l’une des plus belles qualités de passe observées chez les jeunes depuis longtemps. Sa gestuelle est très pure : la passe part du sol, avec une bascule complète du corps, sans se reposer uniquement sur la force des bras. C’est le geste authentique du demi de mêlée, celui qui permet de donner du rythme et de la précision au jeu. Une qualité qui a tendance à se perdre un peu au profit de la vitesse de balle seulement chez beaucoup de demi-de-mêlée. Baptiste Tilloles est également excellent dans l’animation offensive et la gestion des tempos. Il sait accélérer ou temporiser le jeu en fonction des situations, et dispose en complément d’un jeu au pied solide, qui renforce encore son registre. Il sera dure à bouger. 

 

On poursuit avec les joueurs de la génération 2006 ayant déjà connu le niveau professionnel, à commencer par Léon Blum (2006 - SF- 1m75 - 78kg). Le demi de mêlée du Stade Français est un joueur plein de talent, au profil sensiblement différent de celui de Baptiste Tilloles. On est sur un physique parfait du neuf moderne : haut du corps solide, bas du corps très développé tout sa dans un gabarit contenu. Plus dense physiquement, il est capable d’imprimer beaucoup de vitesse derrière son pack et de dynamiser le jeu par son explosivité. Il dispose d’une bonne qualité de passe ainsi que d’une vision du jeu intéressante, lui permettant de bien lire les situations et de placer ses partenaires dans des conditions favorables. S’il évolue actuellement dans l’ombre de Thibault Motassi au Stade Français, Léon Blum demeure néanmoins un profil à suivre attentivement, tant ses qualités laissent entrevoir une marge de progression encore significative.

 

Derrière le Parisien, on retrouve l’une des cotes montantes du moment avec le Rochelais Nolhann Couillaud (2006 - SR). Appelé à cinq reprises en Top 14 cette saison, il avait été convoqué pour le stage de préparation de France U20 en vue du Tournoi des Six Nations, avant d’être rappelé en club à la suite des blessures de Berton et de Le Garrec. Couillaud présente un profil de véritable dynamiteur, doté de jambes très explosives. Il possède une bonne qualité de passe, sans toutefois atteindre le niveau de pureté gestuelle de Tilloles. Initialement formé au poste de centre, il a été repositionné en demi de mêlée afin de compenser un gabarit plus léger. Il est identifié depuis longtemps comme un excellent joueur de rugby, disposant d’une palette technique riche, d’un QI rugby élevé et d’un culot certain dans ses prises d’initiative.

 

Du côté du Tarn, on retrouve également un profil très prometteur avec Colin Dupuy. Formé à Gaillac, ouvreur de formation, il a baigné très jeune dans l’univers du rugby, ce qui n’a rien de surprenant lorsque l’on sait que son père, Sylvain Dupuy, est un ancien demi de mêlée professionnel passé notamment par Toulouse, Perpignan et Agen. Colin Dupuy se distingue par un leadership marqué, une grande intelligence de jeu et une vitesse très élevée. C’est un demi de mêlée extrêmement rapide, capable de buter, et qui aurait pu signer au Stade Toulousain en juniors, avant que Castres ne se montre plus insistant au moment de son départ de Gaillac. L’ensemble de ses entraîneurs – de Jean-Pierre Escaffit à Valentin Caillau, Frédéric Séguier, Cédric Jalabert, Renaud Gely ou encore Marcel Garvey – ont rapidement identifié ses qualités. En premier lieu, sa vitesse et son explosivité, qui font la différence dès la prise d’appui notamment sur les démarrages et les petits espaces. Colin Dupuy est un joueur “électrique”, à l’image de son père, même si ce dernier souligne qu’il est déjà plus complet que lui au même âge : « Il a du pied, il bute. Il sait aussi qu’il doit encore progresser et travailler au poste. ». S’il a débuté à l’ouverture, les différents staffs du Castres Olympique ont choisi de le repositionner à la mêlée. Sa vision du jeu, sa capacité à passer des deux côtés, ainsi que sa rapidité d’éjection lui ont permis de franchir un cap significatif à ce poste. Il a connu cette saison sa première apparition au niveau professionnel, ponctuée par un essai, confirmant sa capacité à s’adapter rapidement à l’exigence du haut niveau. Identifié relativement tard dans le cycle Générations Bleues, avec une seule sélection au TOP 100 U18, il a véritablement explosé la saison passée avec France U20 Développement lors de la tournée des Îles Britanniques, échouant de peu à une sélection pour la Coupe du monde U20. Il a ensuite été convoqué pour le premier stage France U20 en novembre, puis rappelé pour le stage de préparation au Tournoi en remplacement de Nolhann Couillaud, retenu en club. À ce stade, il apparaît clairement comme l’un des premiers choix pour une sélection durant le Tournoi.

 

Autre joueur issu du cycle précédent, le Toulousain Nathan Llaveria mérite également une attention particulière. Formé initialement au Racing 92, le demi de mêlée quitte les Ciel et Blanc en 2017 pour rejoindre le Stade Toulousain, où il poursuit sa formation. Gêné par des blessures depuis le début de la saison, Llaveria reste un profil de demi de mêlée très “électrique”, instinctif, parfaitement dans le registre des joueurs que le Stade Toulousain sait former à ce poste. En concurrence directe en club avec l’ancien U20 Simon Daroque, il présente un style différent : davantage de personnalité, plus d’initiatives balle en main, là où Daroque apparaît peut-être plus discret et plus cadré dans son jeu. Llaveria propose un registre très moderne, proche de ce que peut offrir un joueur comme Cam Roigard, avec une forte tendance à porter le ballon et une capacité à peser directement sur les défenses. Il dispose d’une très belle qualité de passe, même si celle-ci est légèrement moins rapide que celle de Baptiste Tilloles, et présente une aisance technique largement au-dessus de la moyenne. Dans son expression, son style rappelle fortement celui de Baptiste Couilloud. Son potentiel est clairement identifié, aussi bien au Stade Toulousain qu’au niveau fédéral. Il a notamment été surclassé en Espoirs dès l’âge de 17 ans et intégré à plusieurs stages avec France U18. Passé par France U18 puis directement par France U20, il a toutefois manqué la Coupe du monde U20 sur blessure, laissant sa place à son coéquipier Simon Daroque. Enfin, son profil est également suivi à VII, discipline dans laquelle il a été sacré champion d’Europe U18 en 2024, confirmant la richesse et la polyvalence de son registre.

 

« Du côté du Pays basque, Anoa Laurent constitue lui aussi un profil très prometteur, mais fortement freiné par les blessures cette saison. À seulement 19 ans, le demi de mêlée, aujourd’hui sous contrat avec le MHR et prêté au Biarritz Olympique, n’a disputé que deux matchs toutes compétitions confondues. Travailleur et sérieux, Anoa Laurent fait pourtant partie des joueurs les plus intéressants de sa génération au poste. Il avait effectué ses premières apparitions chez les professionnels avec le maillot du Biarritz Olympique, dans un contexte déjà délicat. La saison est en effet très compliquée pour celui qui a été recruté par Montpellier à l’intersaison, puis prêté dans la foulée à Biarritz, club dans lequel il évoluait déjà la saison précédente après son transfert “surprise” en provenance de Brive. À la suite du titre de champion de France Crabos décroché avec le CAB face au Stade Toulousain, Anoa Laurent avait logiquement attiré l’attention de plusieurs clubs. Brive, Mont-de-Marsan et Biarritz s’étaient positionnés, et il avait finalement opté pour le BO, notamment pour se rapprocher de son père, alors entraîneur à Nafarroa, tout en tenant compte de son projet académique. La saison suivante en PRO D2 avait confirmé son potentiel : à seulement 18 ans, il s’était montré très à son avantage en sept apparitions (232 minutes, un essai), malgré une blessure venue freiner sa progression. Ces performances avaient néanmoins suscité l’intérêt de plusieurs formations de Top 14 – Montpellier, Lyon et le Racing 92 – et ce sont finalement les Cistes qui ont remporté le dossier. Revenu à la compétition en septembre, il a malheureusement connu une nouvelle série de pépins physiques, avec un retour en novembre suivi d’une rechute, ce qui a fortement perturbé sa continuité. Issu de la génération dorée 2006–2007 de Brive, il s’était déjà distingué lors de la finale Crabos en inscrivant un doublé décisif. Sur le plan du jeu, Anoa Laurent se distingue par un mélange rare de lucidité et de sang-froid. Petit gabarit au tempérament explosif, il excelle dans l’animation autour des rucks et affiche une vraie appétence pour l’initiative. Compétiteur dans l’âme, il a un caractère affirmé et parvient à se faire suivre et respecter par ses avants malgré son jeune âge. Joueur d’instinct, porté sur le rugby de mouvement, il possède une lecture du jeu au-dessus de la moyenne et une capacité naturelle à identifier et exploiter les espaces. Là où il se démarque particulièrement, c’est dans son aptitude à diriger le pack, à encadrer ses avants et à les emmener, une qualité aujourd’hui peu répandue chez les jeunes demis de mêlée. Travailleur, sérieux et doté d’un leadership naturel, il incarne pleinement le profil du meneur capable de donner du sens au jeu collectif. Pour l’un de ses anciens entraîneurs, Anoa Laurent est sans équivoque « un joueur à part » : « Il représente le rugby profond. Il a le rugby chevillé au corps. On n’a pas besoin de lui apprendre, il l’a dans le sang. ». Ses axes de progression sont clairement identifiés : un renforcement physique encore nécessaire, des progrès attendus sur le plan du cardio et en vitesse, ainsi qu’un travail technique à poursuivre pour affiner la qualité de sa passe et de son jeu au pied, encore légèrement en retrait. Dans son tempérament, il n’est d’ailleurs pas sans rappeler un certain Baptiste Serin. Enfin, la présence de Régis Lespinas au sein du staff, son ancien entraîneur en Crabos, pourrait constituer un atout supplémentaire s’il parvient à revenir dans des temps de passage compatibles avec les exigences du très haut niveau.

 

Pour conclure la génération 2006 au poste de demi de mêlée, il convient d’évoquer Gabriel Elissalde. Demi de mêlée de petit gabarit, il a été formé à l’US Tyrosse puis au Biarritz Olympique, avant de rejoindre la Section Paloise cette saison. S’il n’a pas encore connu d’apparition au niveau professionnel, il s’entraîne régulièrement avec le groupe pro de la Section, signe de la considération portée à son profil en interne. Il est par ailleurs bien identifié par la filière fédérale, avec des passages répétés dans les dispositifs TOP 100 U17 et U18, ainsi que des sélections avec France U18 puis France U20 Développement. Il s’était notamment montré intéressant lors des rencontres face à l’Angleterre et à l’Italie, où il formait une paire complémentaire avec Nathan Llaveria. Sur le plan du jeu, Elissalde est un demi de mêlée très explosif, capable d’imprimer un rythme élevé derrière ses avants et de dynamiser l’animation offensive. Son énergie et sa vivacité constituent ses principaux atouts. Apprécié par le staff palois, il semble toutefois aujourd’hui clairement positionné derrière Souverbie dans la hiérarchie. Pour franchir un cap et se rapprocher durablement du plus haut niveau, il devra encore progresser sur les fondamentaux du poste, en particulier sur le jeu au pied. Cet aspect est d’autant plus déterminant face à la concurrence directe de Souverbie, désormais doté d’un jeu au pied très complet et d’une longueur particulièrement marquée. Moins en vue en club que ces concurrents, il paraît toutefois jouir d’une belle côte auprès de la fédération. 

 

Chez les joueurs de la génération 2007, 3 profils ont déjà connu des minutes au niveau professionnel, notamment du côté de Montpellier, du Racing 92 et de Provence Rugby. Le premier est Tom Baraer (Montpellier Hérault Rugby). Formé à l’Union Montilienne Sportive Rugby entre 2013 et 2022, il a rejoint le MHR en 2022, où il a effectué l’ensemble de son parcours au sein des équipes jeunes de l’association avant d’intégrer le centre de formation. Il a connu ses premières minutes avec les professionnels lors de la saison 2025–2026, avec une titularisation face aux Black Lion en Challenge Cup, puis une entrée en jeu face aux Ospreys. Au total, il a disputé 56 minutes sous le maillot des Cistes. Sur le plan du jeu, on est sur un profil de demi de mêlée très porté sur l’éjection rapide, capable de mettre du rythme derrière son pack. Il présente des qualités intéressantes dans l’animation, même s’il a pu être mis en difficulté lors de sa titularisation en Challenge Cup, ce qui reste logique compte tenu de son âge et du contexte. À titre personnel, je connais encore assez peu son profil en dehors de ces apparitions européennes. Sur le plan fédéral, il est passé par les dispositifs TOP 100 U16 et U17, ainsi que par le TOP 100 à VII, sans toutefois être retenu par la suite en équipes de France jeunes, à l’exception d’une convocation pour un stage dans le cadre des International Summer Series.

 

Du côté de Provence Rugby, Tom Noble est l’autre demi de mêlée de la génération 2007 à avoir déjà connu des feuilles de match en PRO D2. Formé au CO Sisteronnais, où il a débuté le rugby, il a ensuite rejoint Provence Rugby et intégré le centre de formation. Demi de mêlée de formation, il s’est rapidement imposé comme un élément incontournable de l’équipe Crabos, tant par son niveau de jeu que par son leadership. À ce jour, il compte trois matchs officiels avec l’équipe première, une marque de confiance significative pour un joueur de son âge dans un contexte aussi exigeant que la PRO D2. Sur le plan fédéral, Tom Noble a suivi un parcours particulièrement complet. Il a été retenu pour l’ensemble des rassemblements Générations Bleues depuis les U16, aussi bien à XV qu’à VII, ce qui témoigne d’une reconnaissance durable de son potentiel par la filière fédérale. Sur le terrain, il se distingue avant tout par une vision globale du jeu remarquable. Talentueux, doté d’un leadership naturel, il possède une très belle qualité de passe et une réelle capacité à organiser le jeu. Malgré son jeune âge, il affiche déjà des qualités de gestionnaire et une aptitude intéressante à diriger et “cornaquer” son pack. Il s’agit d’un profil à suivre attentivement. À titre personnel, je le projette davantage sur le cycle suivant, mais son évolution rapide et son exposition précoce au monde professionnel en font un joueur à surveiller de près.

 

Enfin, on conclut avec le troisième profil majeur de la génération 2007 au poste de demi de mêlée. Antoine Latrasse 2007 - R92 - 1m77, 80kg) fait clairement partie, avec Valentin Hutteau et Guillaume Laffont, du Top 3 des plus gros potentiels identifiés à ce poste dans sa classe d’âge. Enfant du club, Latrasse a rejoint le Racing 92 dès 2015, en catégorie U8, et s’inscrit depuis dans une trajectoire de fidélité et de continuité rare, totalisant aujourd’hui onze années d’engagement sous les couleurs franciliennes. Il a ensuite intégré successivement la structure de préformation puis le centre de formation, avec l’ambition affirmée de poursuivre son développement au plus haut niveau. Joueur régulier, travailleur et très investi dans le collectif, ses efforts ont été récompensés par une sélection en équipe de France U18 ainsi que par trois convocations avec France U20 Développement, groupe au sein duquel il a été nommé capitaine. Un signal fort qui confirme sa place parmi les profils étroitement suivis par la filière fédérale. La saison actuelle marque une étape importante dans son parcours. Antoine Latrasse a participé cet été à plusieurs étapes du Supersevens avant de connaître sa première apparition avec l’équipe professionnelle du Racing 92 en Challenge Cup, face à Exeter, le 14 février 2025. Il y a d’ailleurs inscrit l’essai de l’égalisation, le premier de sa jeune carrière au niveau professionnel. Sur le plan du jeu, Latrasse se distingue par un leadership affirmé et un tempérament marqué. Il dispose de très grosses qualités athlétiques, avec des appuis particulièrement efficaces, de gros “steps” et une réelle efficacité dans le duel. Il possède également une très bonne qualité de passe, une capacité à gérer le jeu et à donner du rythme. Passé par l’ensemble des rassemblements Générations Bleues, il n’avait pas pu être sélectionné avec France U18 en raison d’une blessure, avant d’être finalement doublement surclassé avec France U20 Développement la même année, ce qui illustre la confiance placée en son potentiel. À ce stade, Antoine Latrasse s’impose comme l’un des profils les plus complets et les plus structurés de la génération 2007 au poste de demi de mêlée.

 

Évoqué plus haut, le troisième très gros potentiel de la génération 2007 au poste de demi de mêlée n’a pas encore connu le monde professionnel, mais s’en rapproche de plus en plus : Guillaume Laffont (2007 – Colomiers Rugby – 1m71, 72 kg). Son parcours a été marqué par une succession de rendez-vous manqués avec les équipes de France jeunes, principalement en raison de blessures (France U18, rassemblements Générations Bleues, etc.), ce qui a jusqu’ici freiné sa pleine exposition au niveau international. Malgré un petit gabarit, Laffont présente un profil très athlétique, avec une base particulièrement solide sur le bas du corps. C’est un véritable stepper, extrêmement explosif et électrique, sans doute le joueur dont le style se rapproche le plus de celui d’Antoine Dupont – toutes proportions gardées, et avec un gabarit inférieur. Il possède une réelle capacité à peser sur les défenses adverses et s’impose comme un facteur X capable de faire basculer le cours d’un match à lui seul. À chaque niveau qu’il a traversé, il a souvent été cet élément différenciant, capable de créer un déséquilibre là où peu de choses existaient. Défensivement, c’est un joueur très engagé, doté d’un tempérament de leader affirmé, qui ne fuit jamais le combat. Son impact ne se limite pas à l’animation offensive : il assume pleinement ses responsabilités dans les zones de duel et de confrontation. Guillaume Laffont fait partie des joueurs les plus suivis de sa génération. Malgré l’intérêt appuyé de plusieurs clubs de Top 14, dont l’UBB et le Stade Toulousain la saison passée, il a fait le choix de poursuivre son développement à Colomiers, prolongeant son engagement jusqu’en 2027, un choix révélateur d’une certaine maturité dans la gestion de sa trajectoire. Ses axes de progression sont clairement identifiés. Il doit encore gagner en maîtrise sur certains fondamentaux du poste, notamment dans la gestion du jeu et l’utilisation du box-kick, même si des progrès notables ont déjà été observés, en particulier lors des oppositions face au Stade Toulousain. Il dispose en revanche d’une très grosse longueur au pied, qui constitue un atout important pour la suite de son développement. Désormais revenu à 100 % de ses capacités physiques après sa blessure en Crabos, Guillaume Laffont apparaît comme un candidat crédible dès ce cycle, et comme un favori pour le suivant.

 

Au final je voudrais conclure avec Paul Nava (2007 - USO). Pur produit de la formation oyonnaxienne, Il a débuté le rugby à l’école de rugby d’Oyonnax avant de gravir l’ensemble des échelons au sein du club, s’inscrivant dans une trajectoire de formation complète et cohérente. Demi de mêlée de petit gabarit, Paul Nava a été retenu dans l’ensemble des dispositifs TOP 100, aussi bien à XV qu’à VII. Il a su profiter des absences cumulées de Guillaume Laffont, Antoine Latrasse et, indirectement, de Capus pour être convoqué avec l’équipe de France U18 lors du Festival des Six Nations, où il occupait le rôle de doublure de Valentin Hutteau. Un rôle qu’il a assumé avec sérieux et des prestations jugées intéressantes.Sur le terrain, l’Oyonnaxien est une véritable pile électrique. Tout va très vite chez lui : la course, les appuis, l’éjection, la transmission. Si il réussit à donner beaucoup d’allant au jeu et il a parfois tendance à surjouer et à tomber dans le travers du demi-de-mêlée « chien fou ». Son profil, très orienté rugby à VII, demeure néanmoins particulièrement intéressant. Il se distingue par une qualité technique élevée, notamment dans la passe, mais également par sa capacité à gagner des duels et par sa vitesse, qui constituent de vrais leviers de déséquilibre. Il devrait avoir plus de chance sur le cycle suivant. 

 

Mentions honorables :

  • Te Manatua Boichot (2006 - SR) : Considérait pendant un temps comme l’un des très gros potentiel de la génération 2006, il a été jusque là très handicapé par les blessures. Des blessures qui font qu’aujourd’hui il n’est même plus le n°3 du côté du Stade Rochelais. Il a d’ailleurs été victime d’une rupture d’un ligament croisé plus ménisque touché alors qu’il revenait depuis quelque mois d’une blessure similaire, mais à l’autre genou. Une trajectoire qui n’est pas sans rappeler celle d’un certains Ruben Maka chez nous. Sa chance est passé pour les U20 mais j’espère qu’il arrivera à revenir et à faire carrière. On parle d’un garçon qui était quand même vice-capitaine des Espoirs rochelais en début de saison preuve d’un certains standing. 
  • Enzo Gourg (2006 - UBB) : Ex-TOP 100
  • Germain Roques de Borda (2006 - FCG :  Ex-joueur du RC Suresnes. Il a déjà pris à 8 rencontres (2 TT - 240’) de Nationale l’an passé à seulement 18 ans au côté de son coéquipiers Anthime Gobeaux. Il a signé cette saison au FCG où il assure le poste en Espoirs. 
  • Anthime Gobeaux (2006 - RCS) : Joueur de Suresnes, il fait partie des 2006 évoluant en Nationale depuis la saison dernière. Il compte un total de 8 rencontres pour 200 minutes. 
  • Charles Villedey (2007 - USBPA) : Joueur jamais appelé au niveau fédérale. Un des rares 2007 à avoir pris part à des rencontres de Nationale cette saison. 

PS : Mayron Fahy sera évoqué dans le cadre des utility backs. 

Modifié par Godfather
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Merci pour cette revue des demi de mêlée 

En effet Hutteau risque de passer à côté du tournoi… peut être il sera appelé pour France Angleterre quand même ! comme motassi l année dernière qui n a joué que ce match là et qui carbure cette année en top 14

hutteau annonce comme le Dupont nouveau c est quand même physiquement en dessous de Toto. 

 

Blum a un profil moderne très costaud 

mais avec motassi il risque d être coincé en top 14 car motassi est bon voir très bon ! Penses tu qu il devrait quitter le stade français ?

 

j ai vu jouer couillaud et tilloles je trouve qu ils sont assez scolaires 

j aimerais voir LATRASSE du Racing 

 

sur ce poste de 9 on cherche la relève à Dupont et chaque année il manque un truc au meilleur pour être au top niveau 

 

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Chistera_Rugby
Posté(e)
il y a 26 minutes, delacaravelle a dit :

Les changements entre cette liste et la première :

 

Out : Ethan Tia, Alexandre Langlois, Mathis Dehauteur, Hugo Avogadro, Dany Lamataki, Matis Julien, Joseph Laharrague, Merlin Leflamand, Colin Dupuy
In : Auguste Albuisson, Léo Michaux, Antoine Latrasse

Posté(e) (modifié)
Il y a 2 heures, Chistera_Rugby a dit :

Les changements entre cette liste et la première :

 

Out : Ethan Tia, Alexandre Langlois, Mathis Dehauteur, Hugo Avogadro, Dany Lamataki, Matis Julien, Joseph Laharrague, Merlin Leflamand, Colin Dupuy
In : Auguste Albuisson, Léo Michaux, Antoine Latrasse

 

Second stage visiblement. C'est pas le vrai groupe pour l irlande

Toujours pas de Ibsaine. 

Albuisson premier surclassement

Modifié par romtonik
Posté(e)
il y a une heure, romtonik a dit :

 

Second stage visiblement. C'est pas le vrai groupe pour l irlande

Toujours pas de Ibsaine. 

Albuisson premier surclassement

C’est le groupe pour le match à première vue 

Posté(e) (modifié)

J attends de voir une sélection plus resserrée !

Modifié par romtonik
Posté(e)
Le 25/01/2026 à 00:51, Godfather a dit :

DEMI-DE-MÊLÉE

 

Là encore le groupe est extrêmement dense. On va commencer par le garçon qui a généré le plus de bruit autour de lui : Valentin Hutteau (2007 - UBB - 1m69 - 75kg). Souvent présenté – à tort selon moi si l’on parle strictement de profil – comme le “nouveau Antoine Dupont”, Hutteau est néanmoins l’un des joueurs les plus attendus à son poste depuis plusieurs saisons. Sauf surprise, il ne devrait toutefois pas participer au Tournoi. Entre sa blessure et les potentielles indisponibilités de Luca et de MPR, sa mise à disposition apparaît très compliquée, même s’il venait à être rétabli pendant la compétition. Les probabilités sont aujourd’hui plus fortes de le voir lors de la Coupe du monde U20, ou éventuellement dans un premier temps avec France U20 Développement au printemps. Natif de Pithiviers (Loiret), il avait effectué ses premiers pas dans le monde professionnel avec le club de l’Essonne quelques mois plus tôt, face à Langon en Nationale, à seulement 17 ans, en impressionnant déjà par sa maturité. Arrivé en Gironde à l’été, il s’est immédiatement installé dans la rotation bordelaise, avec huit rencontres disputées (dont deux titularisations pour 219 minutes), inscrivant même son premier essai. Malheureusement, il a dû passer par la case opération du ménisque début décembre. La durée exacte de son indisponibilité reste à ce stade incertaine. Sur le plan fédéral, Hutteau a suivi le parcours classique d’excellence : participation à l’ensemble des TOP 100 à XV et à VII, présence au Festival des Six Nations U18 la saison passée, et titre de champion d’Europe U18 à VII. Formé à l’ouverture et au centre, il s’agit d’un demi de mêlée au profil très physique, capable de créer aussi bien pour les autres que pour lui-même. C’est un animateur naturel, doté d’une très grande qualité de passe, mais également d’un goût prononcé pour le duel. Il dispose d’un très bon jeu au pied et possède même le potentiel pour buter, rôle qu’il a toutefois délaissé cette saison. Il est capable de changer le cours d’un match sur un exploit individuel. Plaqueur, gratteur, franchisseur, il va vite et se montre dominant dans les impacts malgré son gabarit. Son bagage technique est déjà très riche : jeu au pied, initiatives balle en main, offloads, intelligence de jeu, gestion du tempo. À son âge, il parvient déjà à contrôler le jeu et à diriger le rythme de l’attaque. C’est un joueur de caractère, qui n’hésite pas à prendre la parole face à des joueurs bien plus âgés que lui. Il affiche une maturité de jeu particulièrement impressionnante. Ses bases sont déjà très solides, notamment la qualité de sa passe et son jeu au pied. Pendant longtemps, du côté de Massy, il était capable de faire basculer un match à lui seul en traversant le terrain. Ce registre est naturellement plus difficile à reproduire à mesure que le niveau s’élève, mais il demeure un véritable facteur X. Son début de saison a marqué les esprits, à tel point que Jefferson Poirot, capitaine de l’UBB, déclarait : « C’est surprenant quand tu vois son âge, mais quand tu vis avec lui depuis deux mois, ce n’est pas si surprenant. C’est un jeune qui est arrivé avec beaucoup de maturité. Les derniers jeunes que j’ai vus arriver comme ça en 9 ou en 10, c’était Baptiste Serin et Matthieu Jalibert. Serin, à 18 ans, parlait aux premières lignes de 40 ans comme si c’étaient ses potes de Crabos. J’espère que la suite sera la même pour Valentin. »

 

Mais la génération 2006 n’est pas en reste puisque tout les candidats ont déjà connu les professionnelles soit en championnat soit en coupe d’Europe exception faite de Gabriel Elissalde (2006 - SP). 

 

Parmi ces joueurs, Baptiste Tilloles apparaît clairement comme l’un des favoris pour endosser le rôle de numéro un au poste. Il occupait déjà cette position lors du cycle précédent, devançant alors la majorité des demis de mêlée de sa génération (Blum, Llaveria, Dupuy), mais également certains profils de la génération antérieure (Daroque, Motassi, Gonzalez). Il avait ainsi pris part au Tournoi puis à la Coupe du monde U20. Le demi de mêlée bayonnais a franchi un cap supplémentaire cette saison en s’imposant au sein de la rotation de l’Aviron Bayonnais. Il a su profiter des différentes indisponibilités de Machenaud, Germain ou encore Janjties pour engranger du temps de jeu au niveau professionnel, avec dix apparitions cette saison, portant son total à douze matchs disputés chez les pros. Baptiste Tilloles s’inscrit également dans une lignée familiale très marquée par le rugby. Son père, Julien Tilloles, est un ancien demi de mêlée professionnel ayant mené une belle carrière, de Toulouse à Mont-de-Marsan, en passant par Perpignan, Agen et Bayonne. Son grand-père évoluait quant à lui au poste d’ailier à la grande époque de Mérignac. Sur le plan du jeu, Tilloles est un joueur extrêmement prometteur. De tempérament plutôt réservé et introverti, il a toutefois besoin de confiance pour s’exprimer pleinement, et commence à se libérer à mesure qu’il accumule de l’expérience. Il possède, à mes yeux, l’une des plus belles qualités de passe observées chez les jeunes depuis longtemps. Sa gestuelle est très pure : la passe part du sol, avec une bascule complète du corps, sans se reposer uniquement sur la force des bras. C’est le geste authentique du demi de mêlée, celui qui permet de donner du rythme et de la précision au jeu. Une qualité qui a tendance à se perdre un peu au profit de la vitesse de balle seulement chez beaucoup de demi-de-mêlée. Baptiste Tilloles est également excellent dans l’animation offensive et la gestion des tempos. Il sait accélérer ou temporiser le jeu en fonction des situations, et dispose en complément d’un jeu au pied solide, qui renforce encore son registre. Il sera dure à bouger. 

 

On poursuit avec les joueurs de la génération 2006 ayant déjà connu le niveau professionnel, à commencer par Léon Blum (2006 - SF- 1m75 - 78kg). Le demi de mêlée du Stade Français est un joueur plein de talent, au profil sensiblement différent de celui de Baptiste Tilloles. On est sur un physique parfait du neuf moderne : haut du corps solide, bas du corps très développé tout sa dans un gabarit contenu. Plus dense physiquement, il est capable d’imprimer beaucoup de vitesse derrière son pack et de dynamiser le jeu par son explosivité. Il dispose d’une bonne qualité de passe ainsi que d’une vision du jeu intéressante, lui permettant de bien lire les situations et de placer ses partenaires dans des conditions favorables. S’il évolue actuellement dans l’ombre de Thibault Motassi au Stade Français, Léon Blum demeure néanmoins un profil à suivre attentivement, tant ses qualités laissent entrevoir une marge de progression encore significative.

 

Derrière le Parisien, on retrouve l’une des cotes montantes du moment avec le Rochelais Nolhann Couillaud (2006 - SR). Appelé à cinq reprises en Top 14 cette saison, il avait été convoqué pour le stage de préparation de France U20 en vue du Tournoi des Six Nations, avant d’être rappelé en club à la suite des blessures de Berton et de Le Garrec. Couillaud présente un profil de véritable dynamiteur, doté de jambes très explosives. Il possède une bonne qualité de passe, sans toutefois atteindre le niveau de pureté gestuelle de Tilloles. Initialement formé au poste de centre, il a été repositionné en demi de mêlée afin de compenser un gabarit plus léger. Il est identifié depuis longtemps comme un excellent joueur de rugby, disposant d’une palette technique riche, d’un QI rugby élevé et d’un culot certain dans ses prises d’initiative.

 

Du côté du Tarn, on retrouve également un profil très prometteur avec Colin Dupuy. Formé à Gaillac, ouvreur de formation, il a baigné très jeune dans l’univers du rugby, ce qui n’a rien de surprenant lorsque l’on sait que son père, Sylvain Dupuy, est un ancien demi de mêlée professionnel passé notamment par Toulouse, Perpignan et Agen. Colin Dupuy se distingue par un leadership marqué, une grande intelligence de jeu et une vitesse très élevée. C’est un demi de mêlée extrêmement rapide, capable de buter, et qui aurait pu signer au Stade Toulousain en juniors, avant que Castres ne se montre plus insistant au moment de son départ de Gaillac. L’ensemble de ses entraîneurs – de Jean-Pierre Escaffit à Valentin Caillau, Frédéric Séguier, Cédric Jalabert, Renaud Gely ou encore Marcel Garvey – ont rapidement identifié ses qualités. En premier lieu, sa vitesse et son explosivité, qui font la différence dès la prise d’appui notamment sur les démarrages et les petits espaces. Colin Dupuy est un joueur “électrique”, à l’image de son père, même si ce dernier souligne qu’il est déjà plus complet que lui au même âge : « Il a du pied, il bute. Il sait aussi qu’il doit encore progresser et travailler au poste. ». S’il a débuté à l’ouverture, les différents staffs du Castres Olympique ont choisi de le repositionner à la mêlée. Sa vision du jeu, sa capacité à passer des deux côtés, ainsi que sa rapidité d’éjection lui ont permis de franchir un cap significatif à ce poste. Il a connu cette saison sa première apparition au niveau professionnel, ponctuée par un essai, confirmant sa capacité à s’adapter rapidement à l’exigence du haut niveau. Identifié relativement tard dans le cycle Générations Bleues, avec une seule sélection au TOP 100 U18, il a véritablement explosé la saison passée avec France U20 Développement lors de la tournée des Îles Britanniques, échouant de peu à une sélection pour la Coupe du monde U20. Il a ensuite été convoqué pour le premier stage France U20 en novembre, puis rappelé pour le stage de préparation au Tournoi en remplacement de Nolhann Couillaud, retenu en club. À ce stade, il apparaît clairement comme l’un des premiers choix pour une sélection durant le Tournoi.

 

Autre joueur issu du cycle précédent, le Toulousain Nathan Llaveria mérite également une attention particulière. Formé initialement au Racing 92, le demi de mêlée quitte les Ciel et Blanc en 2017 pour rejoindre le Stade Toulousain, où il poursuit sa formation. Gêné par des blessures depuis le début de la saison, Llaveria reste un profil de demi de mêlée très “électrique”, instinctif, parfaitement dans le registre des joueurs que le Stade Toulousain sait former à ce poste. En concurrence directe en club avec l’ancien U20 Simon Daroque, il présente un style différent : davantage de personnalité, plus d’initiatives balle en main, là où Daroque apparaît peut-être plus discret et plus cadré dans son jeu. Llaveria propose un registre très moderne, proche de ce que peut offrir un joueur comme Cam Roigard, avec une forte tendance à porter le ballon et une capacité à peser directement sur les défenses. Il dispose d’une très belle qualité de passe, même si celle-ci est légèrement moins rapide que celle de Baptiste Tilloles, et présente une aisance technique largement au-dessus de la moyenne. Dans son expression, son style rappelle fortement celui de Baptiste Couilloud. Son potentiel est clairement identifié, aussi bien au Stade Toulousain qu’au niveau fédéral. Il a notamment été surclassé en Espoirs dès l’âge de 17 ans et intégré à plusieurs stages avec France U18. Passé par France U18 puis directement par France U20, il a toutefois manqué la Coupe du monde U20 sur blessure, laissant sa place à son coéquipier Simon Daroque. Enfin, son profil est également suivi à VII, discipline dans laquelle il a été sacré champion d’Europe U18 en 2024, confirmant la richesse et la polyvalence de son registre.

 

« Du côté du Pays basque, Anoa Laurent constitue lui aussi un profil très prometteur, mais fortement freiné par les blessures cette saison. À seulement 19 ans, le demi de mêlée, aujourd’hui sous contrat avec le MHR et prêté au Biarritz Olympique, n’a disputé que deux matchs toutes compétitions confondues. Travailleur et sérieux, Anoa Laurent fait pourtant partie des joueurs les plus intéressants de sa génération au poste. Il avait effectué ses premières apparitions chez les professionnels avec le maillot du Biarritz Olympique, dans un contexte déjà délicat. La saison est en effet très compliquée pour celui qui a été recruté par Montpellier à l’intersaison, puis prêté dans la foulée à Biarritz, club dans lequel il évoluait déjà la saison précédente après son transfert “surprise” en provenance de Brive. À la suite du titre de champion de France Crabos décroché avec le CAB face au Stade Toulousain, Anoa Laurent avait logiquement attiré l’attention de plusieurs clubs. Brive, Mont-de-Marsan et Biarritz s’étaient positionnés, et il avait finalement opté pour le BO, notamment pour se rapprocher de son père, alors entraîneur à Nafarroa, tout en tenant compte de son projet académique. La saison suivante en PRO D2 avait confirmé son potentiel : à seulement 18 ans, il s’était montré très à son avantage en sept apparitions (232 minutes, un essai), malgré une blessure venue freiner sa progression. Ces performances avaient néanmoins suscité l’intérêt de plusieurs formations de Top 14 – Montpellier, Lyon et le Racing 92 – et ce sont finalement les Cistes qui ont remporté le dossier. Revenu à la compétition en septembre, il a malheureusement connu une nouvelle série de pépins physiques, avec un retour en novembre suivi d’une rechute, ce qui a fortement perturbé sa continuité. Issu de la génération dorée 2006–2007 de Brive, il s’était déjà distingué lors de la finale Crabos en inscrivant un doublé décisif. Sur le plan du jeu, Anoa Laurent se distingue par un mélange rare de lucidité et de sang-froid. Petit gabarit au tempérament explosif, il excelle dans l’animation autour des rucks et affiche une vraie appétence pour l’initiative. Compétiteur dans l’âme, il a un caractère affirmé et parvient à se faire suivre et respecter par ses avants malgré son jeune âge. Joueur d’instinct, porté sur le rugby de mouvement, il possède une lecture du jeu au-dessus de la moyenne et une capacité naturelle à identifier et exploiter les espaces. Là où il se démarque particulièrement, c’est dans son aptitude à diriger le pack, à encadrer ses avants et à les emmener, une qualité aujourd’hui peu répandue chez les jeunes demis de mêlée. Travailleur, sérieux et doté d’un leadership naturel, il incarne pleinement le profil du meneur capable de donner du sens au jeu collectif. Pour l’un de ses anciens entraîneurs, Anoa Laurent est sans équivoque « un joueur à part » : « Il représente le rugby profond. Il a le rugby chevillé au corps. On n’a pas besoin de lui apprendre, il l’a dans le sang. ». Ses axes de progression sont clairement identifiés : un renforcement physique encore nécessaire, des progrès attendus sur le plan du cardio et en vitesse, ainsi qu’un travail technique à poursuivre pour affiner la qualité de sa passe et de son jeu au pied, encore légèrement en retrait. Dans son tempérament, il n’est d’ailleurs pas sans rappeler un certain Baptiste Serin. Enfin, la présence de Régis Lespinas au sein du staff, son ancien entraîneur en Crabos, pourrait constituer un atout supplémentaire s’il parvient à revenir dans des temps de passage compatibles avec les exigences du très haut niveau.

 

Pour conclure la génération 2006 au poste de demi de mêlée, il convient d’évoquer Gabriel Elissalde. Demi de mêlée de petit gabarit, il a été formé à l’US Tyrosse puis au Biarritz Olympique, avant de rejoindre la Section Paloise cette saison. S’il n’a pas encore connu d’apparition au niveau professionnel, il s’entraîne régulièrement avec le groupe pro de la Section, signe de la considération portée à son profil en interne. Il est par ailleurs bien identifié par la filière fédérale, avec des passages répétés dans les dispositifs TOP 100 U17 et U18, ainsi que des sélections avec France U18 puis France U20 Développement. Il s’était notamment montré intéressant lors des rencontres face à l’Angleterre et à l’Italie, où il formait une paire complémentaire avec Nathan Llaveria. Sur le plan du jeu, Elissalde est un demi de mêlée très explosif, capable d’imprimer un rythme élevé derrière ses avants et de dynamiser l’animation offensive. Son énergie et sa vivacité constituent ses principaux atouts. Apprécié par le staff palois, il semble toutefois aujourd’hui clairement positionné derrière Souverbie dans la hiérarchie. Pour franchir un cap et se rapprocher durablement du plus haut niveau, il devra encore progresser sur les fondamentaux du poste, en particulier sur le jeu au pied. Cet aspect est d’autant plus déterminant face à la concurrence directe de Souverbie, désormais doté d’un jeu au pied très complet et d’une longueur particulièrement marquée. Moins en vue en club que ces concurrents, il paraît toutefois jouir d’une belle côte auprès de la fédération. 

 

Chez les joueurs de la génération 2007, 3 profils ont déjà connu des minutes au niveau professionnel, notamment du côté de Montpellier, du Racing 92 et de Provence Rugby. Le premier est Tom Baraer (Montpellier Hérault Rugby). Formé à l’Union Montilienne Sportive Rugby entre 2013 et 2022, il a rejoint le MHR en 2022, où il a effectué l’ensemble de son parcours au sein des équipes jeunes de l’association avant d’intégrer le centre de formation. Il a connu ses premières minutes avec les professionnels lors de la saison 2025–2026, avec une titularisation face aux Black Lion en Challenge Cup, puis une entrée en jeu face aux Ospreys. Au total, il a disputé 56 minutes sous le maillot des Cistes. Sur le plan du jeu, on est sur un profil de demi de mêlée très porté sur l’éjection rapide, capable de mettre du rythme derrière son pack. Il présente des qualités intéressantes dans l’animation, même s’il a pu être mis en difficulté lors de sa titularisation en Challenge Cup, ce qui reste logique compte tenu de son âge et du contexte. À titre personnel, je connais encore assez peu son profil en dehors de ces apparitions européennes. Sur le plan fédéral, il est passé par les dispositifs TOP 100 U16 et U17, ainsi que par le TOP 100 à VII, sans toutefois être retenu par la suite en équipes de France jeunes, à l’exception d’une convocation pour un stage dans le cadre des International Summer Series.

 

Du côté de Provence Rugby, Tom Noble est l’autre demi de mêlée de la génération 2007 à avoir déjà connu des feuilles de match en PRO D2. Formé au CO Sisteronnais, où il a débuté le rugby, il a ensuite rejoint Provence Rugby et intégré le centre de formation. Demi de mêlée de formation, il s’est rapidement imposé comme un élément incontournable de l’équipe Crabos, tant par son niveau de jeu que par son leadership. À ce jour, il compte trois matchs officiels avec l’équipe première, une marque de confiance significative pour un joueur de son âge dans un contexte aussi exigeant que la PRO D2. Sur le plan fédéral, Tom Noble a suivi un parcours particulièrement complet. Il a été retenu pour l’ensemble des rassemblements Générations Bleues depuis les U16, aussi bien à XV qu’à VII, ce qui témoigne d’une reconnaissance durable de son potentiel par la filière fédérale. Sur le terrain, il se distingue avant tout par une vision globale du jeu remarquable. Talentueux, doté d’un leadership naturel, il possède une très belle qualité de passe et une réelle capacité à organiser le jeu. Malgré son jeune âge, il affiche déjà des qualités de gestionnaire et une aptitude intéressante à diriger et “cornaquer” son pack. Il s’agit d’un profil à suivre attentivement. À titre personnel, je le projette davantage sur le cycle suivant, mais son évolution rapide et son exposition précoce au monde professionnel en font un joueur à surveiller de près.

 

Enfin, on conclut avec le troisième profil majeur de la génération 2007 au poste de demi de mêlée. Antoine Latrasse 2007 - R92 - 1m77, 80kg) fait clairement partie, avec Valentin Hutteau et Guillaume Laffont, du Top 3 des plus gros potentiels identifiés à ce poste dans sa classe d’âge. Enfant du club, Latrasse a rejoint le Racing 92 dès 2015, en catégorie U8, et s’inscrit depuis dans une trajectoire de fidélité et de continuité rare, totalisant aujourd’hui onze années d’engagement sous les couleurs franciliennes. Il a ensuite intégré successivement la structure de préformation puis le centre de formation, avec l’ambition affirmée de poursuivre son développement au plus haut niveau. Joueur régulier, travailleur et très investi dans le collectif, ses efforts ont été récompensés par une sélection en équipe de France U18 ainsi que par trois convocations avec France U20 Développement, groupe au sein duquel il a été nommé capitaine. Un signal fort qui confirme sa place parmi les profils étroitement suivis par la filière fédérale. La saison actuelle marque une étape importante dans son parcours. Antoine Latrasse a participé cet été à plusieurs étapes du Supersevens avant de connaître sa première apparition avec l’équipe professionnelle du Racing 92 en Challenge Cup, face à Exeter, le 14 février 2025. Il y a d’ailleurs inscrit l’essai de l’égalisation, le premier de sa jeune carrière au niveau professionnel. Sur le plan du jeu, Latrasse se distingue par un leadership affirmé et un tempérament marqué. Il dispose de très grosses qualités athlétiques, avec des appuis particulièrement efficaces, de gros “steps” et une réelle efficacité dans le duel. Il possède également une très bonne qualité de passe, une capacité à gérer le jeu et à donner du rythme. Passé par l’ensemble des rassemblements Générations Bleues, il n’avait pas pu être sélectionné avec France U18 en raison d’une blessure, avant d’être finalement doublement surclassé avec France U20 Développement la même année, ce qui illustre la confiance placée en son potentiel. À ce stade, Antoine Latrasse s’impose comme l’un des profils les plus complets et les plus structurés de la génération 2007 au poste de demi de mêlée.

 

Évoqué plus haut, le troisième très gros potentiel de la génération 2007 au poste de demi de mêlée n’a pas encore connu le monde professionnel, mais s’en rapproche de plus en plus : Guillaume Laffont (2007 – Colomiers Rugby – 1m71, 72 kg). Son parcours a été marqué par une succession de rendez-vous manqués avec les équipes de France jeunes, principalement en raison de blessures (France U18, rassemblements Générations Bleues, etc.), ce qui a jusqu’ici freiné sa pleine exposition au niveau international. Malgré un petit gabarit, Laffont présente un profil très athlétique, avec une base particulièrement solide sur le bas du corps. C’est un véritable stepper, extrêmement explosif et électrique, sans doute le joueur dont le style se rapproche le plus de celui d’Antoine Dupont – toutes proportions gardées, et avec un gabarit inférieur. Il possède une réelle capacité à peser sur les défenses adverses et s’impose comme un facteur X capable de faire basculer le cours d’un match à lui seul. À chaque niveau qu’il a traversé, il a souvent été cet élément différenciant, capable de créer un déséquilibre là où peu de choses existaient. Défensivement, c’est un joueur très engagé, doté d’un tempérament de leader affirmé, qui ne fuit jamais le combat. Son impact ne se limite pas à l’animation offensive : il assume pleinement ses responsabilités dans les zones de duel et de confrontation. Guillaume Laffont fait partie des joueurs les plus suivis de sa génération. Malgré l’intérêt appuyé de plusieurs clubs de Top 14, dont l’UBB et le Stade Toulousain la saison passée, il a fait le choix de poursuivre son développement à Colomiers, prolongeant son engagement jusqu’en 2027, un choix révélateur d’une certaine maturité dans la gestion de sa trajectoire. Ses axes de progression sont clairement identifiés. Il doit encore gagner en maîtrise sur certains fondamentaux du poste, notamment dans la gestion du jeu et l’utilisation du box-kick, même si des progrès notables ont déjà été observés, en particulier lors des oppositions face au Stade Toulousain. Il dispose en revanche d’une très grosse longueur au pied, qui constitue un atout important pour la suite de son développement. Désormais revenu à 100 % de ses capacités physiques après sa blessure en Crabos, Guillaume Laffont apparaît comme un candidat crédible dès ce cycle, et comme un favori pour le suivant.

 

Au final je voudrais conclure avec Paul Nava (2007 - USO). Pur produit de la formation oyonnaxienne, Il a débuté le rugby à l’école de rugby d’Oyonnax avant de gravir l’ensemble des échelons au sein du club, s’inscrivant dans une trajectoire de formation complète et cohérente. Demi de mêlée de petit gabarit, Paul Nava a été retenu dans l’ensemble des dispositifs TOP 100, aussi bien à XV qu’à VII. Il a su profiter des absences cumulées de Guillaume Laffont, Antoine Latrasse et, indirectement, de Capus pour être convoqué avec l’équipe de France U18 lors du Festival des Six Nations, où il occupait le rôle de doublure de Valentin Hutteau. Un rôle qu’il a assumé avec sérieux et des prestations jugées intéressantes.Sur le terrain, l’Oyonnaxien est une véritable pile électrique. Tout va très vite chez lui : la course, les appuis, l’éjection, la transmission. Si il réussit à donner beaucoup d’allant au jeu et il a parfois tendance à surjouer et à tomber dans le travers du demi-de-mêlée « chien fou ». Son profil, très orienté rugby à VII, demeure néanmoins particulièrement intéressant. Il se distingue par une qualité technique élevée, notamment dans la passe, mais également par sa capacité à gagner des duels et par sa vitesse, qui constituent de vrais leviers de déséquilibre. Il devrait avoir plus de chance sur le cycle suivant. 

 

Mentions honorables :

  • Te Manatua Boichot (2006 - SR) : Considérait pendant un temps comme l’un des très gros potentiel de la génération 2006, il a été jusque là très handicapé par les blessures. Des blessures qui font qu’aujourd’hui il n’est même plus le n°3 du côté du Stade Rochelais. Il a d’ailleurs été victime d’une rupture d’un ligament croisé plus ménisque touché alors qu’il revenait depuis quelque mois d’une blessure similaire, mais à l’autre genou. Une trajectoire qui n’est pas sans rappeler celle d’un certains Ruben Maka chez nous. Sa chance est passé pour les U20 mais j’espère qu’il arrivera à revenir et à faire carrière. On parle d’un garçon qui était quand même vice-capitaine des Espoirs rochelais en début de saison preuve d’un certains standing. 
  • Enzo Gourg (2006 - UBB) : Ex-TOP 100
  • Germain Roques de Borda (2006 - FCG :  Ex-joueur du RC Suresnes. Il a déjà pris à 8 rencontres (2 TT - 240’) de Nationale l’an passé à seulement 18 ans au côté de son coéquipiers Anthime Gobeaux. Il a signé cette saison au FCG où il assure le poste en Espoirs. 
  • Anthime Gobeaux (2006 - RCS) : Joueur de Suresnes, il fait partie des 2006 évoluant en Nationale depuis la saison dernière. Il compte un total de 8 rencontres pour 200 minutes. 
  • Charles Villedey (2007 - USBPA) : Joueur jamais appelé au niveau fédérale. Un des rares 2007 à avoir pris part à des rencontres de Nationale cette saison. 

PS : Mayron Fahy sera évoqué dans le cadre des utility backs. 

Merci @Godfather effectivement on entend beaucoup de bien sur Blum au SFP.

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Je suis en retard pour le reste des postes mais j'ai plus développer que d'habitude. Promis tout les postes seront couvert avant le premier match. Je devrais envoyer Ouvreur et Utility Back (2 joueurs) d'ici ce soir. 

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il y a 49 minutes, rebop75 a dit :

Merci @Godfather effectivement on entend beaucoup de bien sur Blum au SFP.

 

Et grâce au choix de prénom de ses parents, il est assuré d'avoir son nom dans les livres d'histoire 😄

 

Petite question sur ce jeune joueur : a-t-il un lien de parenté avec Denis Blum, joueur de Périgueux fin des années 90 début 2000 ?

Posté(e)
il y a 17 minutes, brayaud's a dit :

 

Et grâce au choix de prénom de ses parents, il est assuré d'avoir son nom dans les livres d'histoire 😄

 

Petite question sur ce jeune joueur : a-t-il un lien de parenté avec Denis Blum, joueur de Périgueux fin des années 90 début 2000 ?

Je ne sais pas mais au SF ils ont quelques pépites niveau nom de famille.

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OUVREUR

 

Ouvreurs

 

Ici on parle des purs 10. Les joueurs qui n’évoluent que cette position. J’évoquerais les ouvreur polyvalents dans une seconde partie. Il y a peu de doutes sur les deux joueurs qui s’avancent comme les grandissimes favoris pour les places de titulaires lors du Tournoi. Présent lors du cycle précédent Diego Jurd (2006 - SR - 1m84, 87kg) et Luka Keletaona (2006 - CAB - 1m85, 82kg) devraient se partager le poste d’ouvreur sauf blessures ou blocage par leurs clubs malgré la concurrence de garçon qui serait titulaire indiscutable sur une autre génération (Guilhot, Laharrague, Kretchmann, Leflammand). Une situation qui rappelle celle de la génération 1998-1999 avec Ntamack, Carbonnel, Jalibert, Berdeu, 

 

Actuellement blessé, le Rochelais devrait néanmoins être apte pour le premier match du Tournoi face à l’Irlande. À titre personnel, je le considère comme le meilleur potentiel des deux profils évoqués. Né à La Rochelle, il est l’un des véritables diamants de la formation du Stade Rochelais. Fils d’une ancienne joueuse du club, aujourd’hui directrice de la communication, il a grandi dans l’environnement maritime et en maîtrise parfaitement les codes. En dehors du rugby, il est également passionné de tennis, discipline dans laquelle il était classé 15/1, ainsi que de golf. Deux pratiques qui nourrissent directement sa coordination, sa précision gestuelle et sa capacité de concentration. Véritable ouvreur « triple menace », capable de faire la différence par la course, la passe ou le pied, c’est toutefois la qualité de son jeu au pied qui frappe en premier lieu. Presque ambidextre, il se distingue par une précision et une technicité quasi chirurgicales, aussi bien dans le jeu courant que face aux perches. Sur le plan purement technique, il évolue clairement au-dessus de la moyenne. Son jeu se caractérise par beaucoup de pragmatisme, une grande justesse dans les choix et de très bonnes qualités de mains. Il dispose également d’une longueur de jeu au pied importante, qui lui permet de peser durablement sur le rapport de force territorial. Son QI rugby et son instinct de jeu sont particulièrement élevés. Il fournit par ailleurs un énorme travail d’analyse en dehors du terrain, ce qui se ressent directement dans sa lecture des situations et sa capacité à anticiper le jeu. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un profil de pur duelliste, c’est un joueur qui n’hésite pas à prendre des initiatives individuelles et à jouer ses duels lorsque la situation l’exige. Défensivement, il ne se dérobe pas, mais doit encore poursuivre son renforcement physique afin d’éviter d’être ciblé à ce niveau. En tant que meneur de jeu, il est également dans une phase de progression sur le plan du leadership. Il continue à travailler sa connexion avec ses partenaires, y compris en dehors du terrain, un domaine dans lequel il a déjà réalisé des progrès significatifs. La prise de leadership constitue aujourd’hui l’un des axes majeurs de son développement. Bien intégré dans la rotation rochelaise cette saison, avec huit matchs disputés (316 minutes, 25 points inscrits), il a impressionné par sa maturité et son niveau de performance, y compris dans des contextes difficiles, notamment lors de rencontres très fermées comme face aux Stormers.

 

Formé au Saint-Céré Rugby, Luka Keletaona a rejoint le CA Brive dès l’âge de 12 ans. Il appartient à la génération 2006–2007 briviste sacrée championne de France Crabos, au sein de laquelle il s’est rapidement imposé comme l’un des profils les plus singuliers. Keletaona bénéficie d’une réputation d’énorme potentiel. Par rapport à Diego Jurd, son registre apparaît plus électrique et moins orienté vers la gestion et l’organisation collective. Il possède un côté très joueur, avec une vraie créativité balle en main, tout en affichant une maturité et une intelligence de jeu notables pour son âge, associées à une certaine sérénité dans l’animation offensive. Son jeu au pied dans le jeu courant est de très haut niveau : il est capable de varier, de renverser le jeu et de mettre sous pression les défenses adverses avec beaucoup de justesse. En revanche, il se montre légèrement moins fiable face aux perches. Il présente également une appétence réelle pour les phases défensives, n’hésitant pas à s’engager. Cet engagement peut toutefois parfois se retourner contre lui : certaines difficultés ont été observées dans ses lectures défensives, avec des choix parfois approximatifs. J’ai également relevé plusieurs travers lors de ses passages en France U18 puis en France U20, notamment dans l’engagement sur les ballons hauts, sur les ballons traînants au sol, ou encore dans un usage parfois excessif du jeu au pied dans des situations qui appelaient davantage de continuité. Ces limites sont apparues de manière plus marquée lors de la demi-finale de la Coupe du monde U20, où il a connu de réelles difficultés face à la Nouvelle-Zélande, dans un contexte d’intensité extrême. Passé professionnel depuis la saison dernière, Luka Keletaona n’a pas encore réussi à s’imposer pleinement dans la rotation briviste, avec seulement trois titularisations. Un constat à relativiser toutefois, dans un contexte où seuls Shillock et Olding occupent réellement le poste d’ouvreur, ce qui aurait pu laisser entrevoir davantage de temps de jeu, notamment avec le repositionnement de Bosh à l’arrière. Ce manque de continuité s’inscrit également dans une saison en dents de scie du CA Brive, peu propice à l’épanouissement des jeunes profils. La prise de fonction de Broncan, en remplacement de Darricarrère, pourrait néanmoins changer la donne et offrir un cadre plus favorable à son développement.

 

Un cran en dessous des deux profils précédemment évoqués, on retrouve trois joueurs ayant déjà connu des minutes au niveau professionnel cette saison : Joseph Laharrague (UBB), Louka Guilhot (Castres Olympique) et Gautier Lavie (SU Agen). On commence par le Bordelais Joseph Laharrague (2006 -UBB - 1m83, 80kg). Fils de Julien et neveu de Nicolas Laharrague, Joseph Laharrague s’inscrit pleinement dans une lignée familiale fortement ancrée dans le rugby. Formé au Stado Tarbais, il a perpétué cet héritage à l’image de son frère Gaspard et de son cousin Simon. Sur le terrain, Laharrague se distingue par une excellente lecture du jeu associée à une technique solide, aussi bien au pied qu’à la main. Il se montre très propre dans l’animation offensive, porte bien le ballon et délivre des passes avec un tempo juste, permettant soit de créer des intervalles, soit d’attaquer directement la ligne. Il dispose également d’un jeu au pied long qui constitue un véritable atout dans la gestion territoriale. C’est un joueur dynamique qui joue beaucoup à l’instinct tout en conservant une vraie maîtrise collective. Formé initialement aux postes de 10 et de 15, son avenir semble toutefois clairement s’inscrire au poste d’ouvreur, son gabarit et son registre correspondant davantage aux exigences du poste de numéro 10. Sur le plan fédéral, le Bordelais a été convoqué dans les dispositifs TOP 100 U16 et U18, sans toutefois obtenir de sélection avec France U18. En revanche, la saison passée, il a pleinement intégré le cycle France U20 Développement, avec des convocations en stage et en rencontres officielles, notamment aux côtés de Louka Guilhot (2006 - CO). En concurrence directe avec le Castrais cette saison, Joseph Laharrague a été retenu en début d’exercice pour le stage France U20 de novembre, contrairement à son homologue tarnais. Il a figuré sur six feuilles de match avec l’UBB cette saison, cumulant 79 minutes de jeu et 10 points inscrits.À ce stade, il semble se positionner comme le numéro 3 dans la hiérarchie des purs ouvreurs aux yeux du staff Laborde.

 

Comme évoqué avec lors du profil de Joseph Laharrague, Louka Guilhot (2006 - CO - 1m83 - 85kg) fait également partie des hauts potentiels de la génération 2006 au poste d’ouvreur. Jamais convoqué par Christophe Urios malgré l’avenir prometteur qui lui était annoncé, le jeune ouvreur de 19 ans a fait le choix de quitter son club formateur à l’issue de la saison dernière pour rejoindre le Castres Olympique. Un choix fort, rapidement suivi d’effets, puisqu’il a déjà pris part à six rencontres cette saison, dont trois en tant que titulaire, pour un total de 163 minutes disputées et huit points inscrits. Formé à Romans, Louka Guilhot avait rejoint l’ASM Clermont en catégorie Alamercery. Surclassé en Espoirs alors qu’il évoluait encore en Crabos, il était identifié de longue date comme un très gros potentiel du club. Sa progression avait toutefois été fortement ralentie par une blessure au genou lors de sa première saison Espoirs. Proche de Xavier Sadourny, qui était son entraîneur en Crabos et désormais coach au Castres Olympique, Guilhot a rejoint ce dernier, qui n’a pas hésité à le qualifier « d’un des meilleurs joueurs de sa génération ». Sur le plan du jeu, Louka Guilhot est un ouvreur très prometteur, pétri de qualités. Il affiche une maturité tactique précoce et une vraie maîtrise du jeu au pied, aussi bien dans l’occupation que face aux perches. Gaucher, ce qui constitue toujours un atout supplémentaire, il se montre très précis dans l’animation et dans l’exécution. Sa qualité de passe est solide, sa lecture du jeu pertinente et il présente un profil complet à son poste. Il sait prendre des initiatives, attaquer la ligne et jouer avec audace. En revanche, il n’est pas encore dans un registre de pur gestionnaire, préférant souvent jouer vers l’avant et provoquer le jeu. Sur le plan humain, Guilhot ne se pose pas de questions. Il a rapidement impressionné ses coéquipiers par son leadership naturel et sa capacité à fédérer autour de lui. Son énorme caractère est régulièrement mis en avant par son entourage, et notamment par son père, ancien demi d’ouverture des Damiers. Le parcours de Louka Guilhot est toutefois marqué par une succession de rendez-vous manqués avec le projet fédéral. Souvent blessé ou indisponibles aux moments clés, il n’est pas parvenu à décrocher de sélection lors de ses années U18. Il a néanmoins retrouvé une place dans le dispositif fédéral en étant convoqué pour la tournée France U20 Développement dans les Îles Britanniques la saison passée. De nouveau blessé avec Castres lors d’une rencontre face à Clermont, il n’a pas pu prétendre à prendre part au stage U20 de début d’année, une absence qui a profité à Joseph Laharrague. Enfin, élément plus atypique mais révélateur de sa personnalité, Louka Guilhot est également un excellent joueur de pétanque. Il a remporté sa catégorie à La Marseillaise en 2018, décroché à deux reprises le titre de champion de France à 12 et 13 ans, et a été finaliste du Mondial de Romans. L’ouvreur – également capable d’évoluer à l’arrière – retrouve dans la pétanque des exigences proches de celles de son sport principal : le calme, l’adresse et la gestion du temps. Personnellement c’est un garçon que j’aimerais voir avec les U20 cette saison. 

 

Toujours chez les 2006, on va passer au garçon que je mettrais dans un tier 3.  On y retrouve notamment le jeune agenais Gautier Lavie. Fer de lance de la génération Lamataki - Cazemajou - Boulan du côté d’Agen, le jeune ouvreur a connu sa première feuille de match pro cette saison dans un contexte très difficile du côté du VRDR. N°10 longiligne, il possède un excellent jeu au pied notamment face à aux perches et montrer de réelle qualité dans l’orientation du jeu. Joueur talentueux, il n’est pas considéré comme totalement prêt pour la PRO D2 puisque Mauricio Reggiardo souhaite le prêter l’an prochain en Nationale tout en récupérant dans le même temps Lucien Richardis (2005 - ST) en prêt. Si il jouit d’une belle côté du côté des suiveurs du SUA, une sélection parait très compliqué. 

 

Je me permets de mentionner Benât Sarraude (2006 - AB - 1m81, 82kg). Originaire de Soule, il a grandi dans un environnement où le rugby dépasse largement le cadre sportif pour s’inscrire comme une véritable tradition culturelle. Dès l’âge de six ans, il rejoint l’école de rugby de Mauléon, club dans lequel il se distingue rapidement par son sérieux et sa polyvalence. De tempérament réservé et travailleur, il s’est construit à la croisée des valeurs du Pays basque intérieur et d’une ambition assumée. À Mauléon, il évoluait à plusieurs postes dont ouvreur, centre, arrière avant que son arrivée à Bayonne ne l’oriente plus clairement vers le poste d’ouvreur.  Le rôle de buteur occupe une place centrale dans son jeu, une responsabilité qu’il assume depuis son plus jeune âge et qu’il revendique pleinement : « Je bute depuis petit. Ça me plaît énormément, l’adrénaline, la responsabilité. J’ai toujours aimé ça. ». Sarraude avait constitué l’une des surprises de la saison passée, avec deux sélections face à l’Italie puis lors de la tournée des Îles Britanniques, qui avaient confirmé un certain potentiel. Cette saison, il n’a toutefois pas été rappelé et se retrouve aujourd’hui positionné derrière un autre profil dans la hiérarchie du groupe professionnel de l’Aviron Bayonnais, joueur qui sera évoqué plus loin. Une situation qui n’efface en rien son parcours, mais qui illustre la forte concurrence actuelle au poste d’ouvreur aussi bien en sélection qu’en club. 

 

Enfin j’aimerais conclure sur cette génération par un petit mots sur Antonin Vidalenc (2006 - RCME). Véritable ambassadeur de la formation Massicoise depuis les plus petites catégories de l’Ecole de Rugby, l’ouvreur massicois est un très bon joueur de rugby comme le RCME forme si bien. Titulaire à 4 reprises en Nationale à seulement 18 ans l’an passé pour un total de 8 match et près de 300 minutes, il a d’ores et déjà pris part à autant de rencontre cette saison pour 3 titularisations (16 MTC - 7 TT - 513’). Doublure d’Anselme Cellier ou titulaire en 1er centre, il est l’un des meilleurs espoirs de Nationale dans un rôle de super sub où ses qualités d’attaquant font souvent des différences en fin de matchs. Il est l’un des portes bonheurs Essonniens puisqu’en sa présence Massy c’est imposé 7 fois en 8 matchs. On est sur un profil d’ouvreur attaquant qui aime le duel et le 1c1. Il possède une bonne passe et un jeu au pied intéressant. Jamais appelé au niveau fédérale, il ne devrait pas être l’OVNI de ce tournoi. 

 

Chez les joueurs de la génération 2007, un profil se détache nettement : Maël Navizet (2007 - FCG). Le Grenoblois est identifié de longue date et suivi de très près depuis plusieurs années au sein de la structure de Lesdiguières. Il est, à ce jour, le seul ouvreur de sa génération à avoir déjà disputé des rencontres au niveau professionnel, avec un total de 85 minutes jouées. Appelé à trois reprises avec l’équipe première, il a même connu une titularisation face à Dax, ce qui constitue un marqueur fort de la confiance placée en lui. À titre personnel, j’ai découvert Navizet lors de la finale Gaudermen d’il y a 4 ans face au Stade Toulousain, où il avait été, de très loin, le joueur le plus impressionnant sur le terrain, aux côtés de Kouassi. À un poste pourtant particulièrement exigeant, il avait fait preuve d’une maîtrise remarquable dans la gestion et la direction du jeu. Il avait notamment disséqué le fond de terrain toulousain grâce à un jeu au pied d’une précision et d’une longueur remarquables. Originaire de Proveysieux, le jeune ouvreur confirme également tout son potentiel avec l’équipe Reichel Espoirs du FCG, au sein de laquelle il a été surclassé dès la fin de son année Crabos, à l’image de ce qu’a pu connaître Diego Jurd. Il partage d’ailleurs avec ce dernier un style de jeu assez proche, même s’il se montre plus agressif dans l’attaque de la ligne que son aîné rochelais. Passé par l’ensemble des dispositifs TOP 100, Navizet s’est imposé avec France U18 la saison passée, réalisant une très bonne année dans l’ensemble. Seul bémol notable : la rencontre face à l’Angleterre, où il avait été en difficulté face aux perches (3/7), une contre-performance qui avait coûté la victoire à l’équipe de France. Sur le plan du jeu, il s’agit d’un ouvreur complet, doté d’un véritable flair, d’une très bonne qualité de passe et d’une lecture fine des situations. Il est également identifié par la FFR comme l’un des potentiels leaders de demain, tant par son comportement que par sa capacité à assumer des responsabilités. À date, il semble disposer d’une longueur d’avance sur la concurrence à son poste au sein de sa génération. Pour l’anecdote, son frère est passé par Provence Rugby et évolue aujourd’hui à Suresnes, et il est également le fils de Denis Navizet, ancien joueur passé notamment par le MHR. Appelé cette saison avec les U20 Développement, il pourrait être une des surprises du tournoi en fonction des blessures à l’ouverture. 

 

Derrière lui le meilleur potentiel est aujourd’hui le parisien Gaspard De Villeneuve Bargemon. Ce dernier est considéré comme le nouveau Plission avec les défauts en moins. Formé au RC Versailles, on est sur un ouvreur qui a connu le parcours fédéral parfait avec une intégration à tout les TOP 100 depuis U16, sélection avec France U18. Toutefois il n’a pas été appelé pour le premier stage U20 Développement au détriment de 3 joueurs polyvalent : Mayron Fahy (2007 - USAP), Mathis Capus (2007 - ST) et Andrea Azzolin (2007 - RCT). On est sur un ouvreur assez grand avec une frame intéressante qui devrait lui permettre de mettre facilement de la masse. C’est un très joueur très offensif, fin techniquement, qui adore créer et provoquer les défenses. Il doit progresser dans la gestion des matchs et dans sa capacité à gérer les situations et le tempo d’une rencontre. Vrai joueur plaisir, il m’avait fortement intrigué lors du Génération Bleue d’il y a 2 ans où j’avais énormément aimé son allant et sa volonté de jouer de partout et par tous les moyens : duels, offloads, pieds, passes, duels, etc. Je l’ai revue cette saison où il a montré des progrès dans la bonne direction avec une meilleur capacité à réguler son jeu. Il sera un concurrent pour la saison prochaine car il semble partir de trop loin pour cette saison. 

 

Mentions honorables : 

  • Louis Bothorel (2006 - CO) : Passé par tous les TOP 100, il est la doublure de Guilhot à Castres. C’est un garçon à maturation plus lente mais qu’il faudra suivre à l’avenir. Une convocation avec les U20 semble extrêmement compliqué. 
  • Antoine Worczynski (2007 - CR) : Ex-Top 100

 

Ouvreurs polyvalents

 

Chez les ouvreurs polyvalents, les 3 principaux candidats ont tous déjà évolué en pro.  Le nom le plus connu est évidemment Gabin Kretchmann (2006 - USAP - 1m78, 87kg). C’est un des 3/4 les plus attendus de sa génération. Joueur régulièrement surclassé tout au long de son parcours, il a franchi l’ensemble des catégories avec une précocité qui le distinguait déjà très tôt. Capable d’évoluer aussi bien à l’ouverture qu’à l’arrière, Kretchmann présente un profil de véritable chef d’orchestre et de patron de ligne arrière. Très bon gestionnaire et animateur, il s’agit d’un joueur pétri de talent, disposant encore d’une marge de progression importante. Ses points forts résident dans la qualité de sa passe, la précision et la variété de son jeu au pied, sa compréhension fine du jeu, ainsi que sa capacité à mettre du rythme et à identifier les bons espaces. C’est un joueur complet, doté d’une vraie personnalité dans son jeu, qui ne se cache jamais dans les moments clés. L’USAP n’a d’ailleurs pas tardé à identifier le potentiel du jeune Illibérien. Arrivé au club à l’âge de 13 ans, il a gravi les échelons sans difficulté avant de véritablement exploser en catégorie Crabos. Sous la houlette de Florian Cazenave, il avait été promu capitaine de l’équipe, un choix naturel tant sa maturité et son leadership semblaient en avance pour son âge, en particulier à un poste aussi structurant. Profitant des blessures au sein de l’effectif, il était devenu la saison dernière le premier joueur né en 2006 à évoluer en Top 14, apparaissant sur quatre feuilles de match. La trajectoire, qui semblait alors toute tracée, s’est toutefois révélée beaucoup plus sinueuse.

Le 15 décembre 2024, lors d’un match Espoirs face à Narbonne à Aimé-Giral, une blessure vient brutalement interrompre sa progression. Diagnostiquée comme une pubalgie, la lésion devait initialement nécessiter seulement quelques semaines de repos. Les tentatives de reprise se soldent cependant par des échecs répétés, malgré plusieurs infiltrations, compromettant notamment sa participation au Tournoi des Six Nations U20. Après plusieurs mois d’incertitude médicale, une opération est finalement décidée fin mai à Bordeaux. La convalescence s’avère bien plus longue que prévu, ponctuée de rechutes musculaires. Cette période met en lumière la difficulté de la transition entre le rugby de formation et l’environnement professionnel. Le passage d’un calendrier allégé en Crabos à une succession de semaines à haute intensité, tant sur le plan physique que mental, soumet son corps à une charge nouvelle qu’il peine, dans un premier temps, à absorber. Éloigné des terrains pendant près de neuf mois, Kretchmann traverse une saison quasi entière dédiée à la réathlétisation, contraint d’observer le jeu à distance avant d’envisager un retour progressif. Il doit alors revoir l’ensemble de ses repères, jonglant entre rééducation, renforcement musculaire, frustration liée à l’inactivité et attente d’un véritable retour à la compétition. Malgré cette blessure longue et éprouvante, il demeure considéré comme un talent majeur pour l’avenir de l’USAP, qui a d’ailleurs choisi de le prolonger jusqu’en 2028. Reparti sur de nouvelles bases avec le staff dirigé par Laurent Labit, le Catalan a retrouvé progressivement le groupe professionnel et a figuré sur six feuilles de match cette saison, pour un total de 136 minutes disputées.

 

Derrière Gabin Kretchmann, on retrouve deux profils aux trajectoires plus atypiques. Le premier est l’international français à VII Merlin Leflamand (2006 - USM - 1m84, 91kg). Son ascension a été particulièrement rapide et son profil s’avère très intrigant. Formé du côté de Rouen, l’ouvreur/arrière est passé en peu de temps des Espoirs évoluant en Nationale au très haut niveau, découvrant successivement le Top 14, la Challenge Cup, tout en s’installant dans le giron des équipes de France à VII (France 7, France 7 Développement), avant d’être convoqué avec France U20 depuis le mois de novembre. Arrivé à l’US Montauban dans un relatif anonymat, il a véritablement explosé à l’occasion du Supersevens, où ses performances ont été particulièrement remarquées et ont servi de révélateur à son potentiel. Sur le plan du jeu, Merlin Leflamand est un ouvreur doté d’un très bon jeu au pied dans le jeu courant. Il se distingue par un caractère très joueur, une grande fluidité dans ses enchaînements et une réelle liberté d’expression. Il possède également des qualités athlétiques très intéressantes, ainsi qu’une véritable appétence pour le duel. Techniquement, il présente de bons appuis, une qualité de passe solide et une capacité à créer des déséquilibres balle en main, ce qui renforce son profil hybride XV / VII. Afin d’anticiper cette potentiel question, je ne sais pas si il a un éventuel lien de parenté avec Olivier Leflamand, l’ancien international du XV de France passé notamment par le CS Bourgoin-Jallieu.

 

L’autre profil atypique derrière Gabin Kretchmann est Pyrénées Boyle-Tiatia (2006 - AB - 1m86, 87kg). Né à Pau en 2006, il a rejoint cet été les Espoirs de l’Aviron Bayonnais, malgré des propositions en provenance des Moana Pasifika et de Waikato. Son prénom rend hommage à sa région de naissance, à l’époque où son père, Ace Tiatia, évoluait en France, notamment sous les couleurs de l’Aviron. Formé en Nouvelle-Zélande, Pyrénées Boyle-Tiatia a intégré l’Académie des Chiefs, où il a affiné son jeu et développé une vraie polyvalence, capable d’évoluer aussi bien à l’ouverture qu’au centre. Ses performances lui ont valu d’être appelé avec la sélection néo-zélandaise U18 (NZ Barbarians U18), signe d’une reconnaissance précoce de son potentiel. À l’issue de cette formation, il a fait le choix de revenir en France et de suivre les traces de son père en rejoignant Bayonne, privilégiant un projet de développement à moyen terme dans un environnement qu’il connaît bien. Sur le plan du jeu, Boyle-Tiatia présente un profil complet, avec une bonne vision et une grande sérénité. Décrit comme un joueur calme et posé, il se distingue par son élégance ballon en main. Bon animateur, il a souvent évolué en numéro 10 ou numéro 12 dans un registre 5/8e. On est davantage sur un profil de distributeur que finisseur, tout en affichant des qualités intéressantes face aux perches. Il possède une dextérité technique élevée et une vraie qualité de manipulation. Comme beaucoup de jeunes joueurs, il lui reste toutefois des axes de progression sur les aspects plus structurels du poste : jeu au pied d’occupation, régularité au tir au but, coups d’envoi et gestion de la pénaltouche. Des éléments sur lesquels il dispose d’une marge de progression réelle. C’est un joueur très posé, désireux d’apprendre et de progresser, avec une attitude très appréciée par le staff bayonnais. Pyrénées Boyle-Tiatia pourrait constituer l’une des belles surprises de la saison.

 

On finira cette revue d’effectif avec deux garçons intéressants chez les 2007. Mathis Capus (2007 - ST - 1m81, 82kg) a évolué à Narbonne durant 12 saisons en catégories jeunes. En 2024, le jeune ouvreur/arrière rejoint le Stade Toulousain en Crabos avant d’accéder dès cette saison aux Espoirs et au Centre de Formation du club. Sur le plan fédéral, Capus est un joueur bien identifié. Il a notamment pris part à une tournée en Afrique du Sud avec l’équipe de France U18 et a été sacré champion d’Europe à VII la saison passée, compétition qu’il a marquée de son empreinte en terminant meilleur joueur du tournoi avec 45 points inscrits. Il devait initialement participer au Festival des Six Nations U18, mais une blessure contractée lors de la dernière opposition du stage Générations Bleues l’a contraint à déclarer forfait pour l’intégralité de la compétition.Sur le terrain, Mathis Capus présente un profil très complet, avec un physique encore en construction. Il s’agit d’une véritable “triple menace” : mains, duel et jeu au pied. Capable d’évoluer aussi bien à l’ouverture qu’à l’arrière, il se distingue par un potentiel athlétique, une explosivité, des appuis et des crochets de très haut niveau. Il possède une belle vision du jeu et un QI rugby élevé. Il a également un très beau pied gauche, lui permettant d’impacter le jeu dans plusieurs registres, et se montre fiable face aux perches à un excellent niveau chez les jeunes. Défensivement, c’est un joueur intéressant au regard de son gabarit : il ne s’échappe pas, affiche une vraie volonté dans le contact et présente une technique de plaquage particulièrement propre. Mathis Capus figure parmi les plus gros potentiels de la génération 2007 au Stade Toulousain, aux côtés de profils comme Marc-Élie Kouassi, Lukas Amati, Alban Portat, Noa Tinirello ou Axel Mirande. Malheureusement blessé début décembre, je n’ai pas d’infos sur la durée de cette dernière. S’il ne participe pas au Tournoi, il devrait a minima poursuivre au sein de France U20 Développement avec qu’il a été sélectionner en novembre dernier. Il s’impose d’ores et déjà comme un candidat sérieux pour le cycle suivant.

 

Enfin, on peut évoquer Mathis Galeazzi (2007 - LOU), ouvreur de la génération vice-championne de France du LOU. Principalement utilisé au poste de n°10, il évolue également ponctuellement à l’arrière en cours de match depuis son passage en Espoirs, ce qui témoigne d’une certaine polyvalence dans son registre. Formé à Cazères, il est ensuite passé par Lannemezan, Tarbes puis Castres avant de rejoindre le LOU. Il s’agit d’un profil à fort potentiel, qui a connu une blessure sérieuse la saison passée, mais qui est revenu très fort sur la fin d’exercice, contribuant de manière significative à la très bonne dynamique du LOU lors de la dernière partie du championnat. Sur le plan fédéral, Galeazzi a été sélectionné dans le dispositif TOP 100 U17 et a également participé avec l’équipe de France U18 aux International Summer Series. Cette saison, il a effectué la préparation avec le groupe professionnel et figurait dans le groupe élargi du LOU pour la rencontre face au Racing 92, signe d’une considération réelle de son profil en interne. Avec les Espoirs, il se partage le poste d’ouvreur avec Paco Mazoyer et réalise un début de saison remarqué, notamment sur le plan offensif, avec cinq essais inscrits. Il apparaît toutefois davantage comme un candidat pour le cycle à N+1 plus que pour une intégration immédiate. Son profil se distingue par une dimension plus physique que la moyenne, associée à une très grosse longueur au pied. Attaquant racé, il est un garçon à suivre de près. 

 

Mentions honorables :

  • Paco Mazoyer (2006 - LOU - 1m84, 91kg) : Ex-Top 100 U16 à U18. Jamais appelé en EDF jeunes. Capable d’évoluer en N°10 et en N°12. 
  • Ellande Manchot (2006 - STPR) : Dans le marasme tarbais, il est la révélation de la saison. Ouvreur de formation, il s’impose du côté du National à l’arrière. Il a pris part à 12 rencontres cette saison pour 34 points et un peu plus de 700 minutes de temps de jeu. Ex-Aviron Bayonnais (2021 - 2024).

 

 

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UTILITY BACK

 

Ici, on regroupe les joueurs capables d’évoluer régulièrement sur au moins trois postes de la ligne de 3/4, et non pas de manière ponctuelle au gré des expérimentations du staff (clin d’œil assumé au staff Laborde). Ils sont peu nombreux dans cette catégorie.

 

Formé au RC Salanque XV, Mayron Fahy (2007 – USAP) a rejoint l’USAP en 2022 et, depuis, il ne cesse de démontrer l’étendue de ses qualités sous les couleurs sang et or. Issu de la génération 2007, il a systématiquement fréquenté les équipes de France jeunes et figure parmi les profils identifiés aussi bien à XV qu’à VII. À seulement 18 ans, il est devenu le plus jeune joueur à débuter avec l’USAP depuis le début de l’ère professionnelle, un marqueur fort de la confiance placée en lui. Nous sommes ici face à un véritable utility back, au sens plein du terme. Depuis son passage en Crabos, il a évolué à l’ensemble des postes de la ligne de 3/4. Désormais intégré aux Espoirs et déjà exposé au niveau senior cette saison, il évolue principalement à l’arrière et au poste de demi de mêlée, tout en restant capable de couvrir l’ouverture et, au besoin, l’aile. S’il a déjà été utilisé au centre par le passé, son petit gabarit rend aujourd’hui cette option plus difficilement envisageable à l’échelon actuel. Sur le plan du profil, Fahy est ultra électrique. Il fait clairement partie des joueurs les plus rapides que j’ai pu observer chez les jeunes, aux côtés de profils comme Louis Bielle-Biarrey ou Wasserman. Il possède des attitudes de sprint de très haut niveau et une capacité rare à changer de direction sans perte de vélocité. C’est un joueur encore raw, comme diraient les Américains, notamment sur le poste de n°9 mais les attitudes observées et la qualité technique affichée à seulement 18 ans peuvent rapidement en faire une véritable attraction. Il n’a pas peur de défendre malgré un physique frêle, son jeu au pied est correct, il est capable de trouver de l’avancée dans des espaces très réduits, colle au ballon et affiche une qualité de passe qui me semble excellente. Ses axes de progression sont identifiés : amélioration de la vision du jeu, gestion du tempo et maîtrise de ses initiatives individuelles afin de franchir un nouveau cap. Avec déjà trois feuilles de match cette saison (92 minutes disputées) et un essai inscrit, il s’impose comme l’un des talents les plus précoces de sa génération. À ce stade, il possède de vraies chances d’être appelé pour le Tournoi.

 

L’autre joueur pouvant clairement être qualifié d’utility back est Axel Mirande (2007 – ST). Il débute le rugby dès l’âge de cinq ans, en 2012, à Hers Lauragais, avant de rejoindre Villefranche-de-Lauragais quelques années plus tard. Arrivé au Stade Toulousain en Cadets A, il fait aujourd’hui partie de la solide génération 2007 du club. Son profil est particulièrement intéressant : capable d’évoluer au poste de second centre, à l’aile ou à l’arrière, il se distingue par une vraie qualité dans le duel et une certaine élégance ballon en main. Ses capacités athlétiques sont intéressantes et, bien que différent dans son registre, son profil me rappelle celui de Gil chez les Espoirs toulousains. C’est un joueur qui ne possède pas forcément une qualité élite immédiatement identifiable à l’instant T, mais qui fait tout bien, avec une vraie intelligence de jeu et une grande fiabilité dans l’exécution. À noter qu’il n’a aucun lien de parenté avec Sylvain Mirande. Au niveau fédéral, Axel Mirande a connu l’ensemble des rassemblements TOP 100 et est identifié, à l’image de Mayron Fahy, aussi bien à XV qu’à VII. Il n’a toutefois pas été appelé avec France U18 à XV la saison passée, ni avec France U20 Développement cette saison, ce qui rend une sélection immédiate plus compliquée à court terme.

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Le 28/01/2026 à 12:20, Godfather a dit :

OUVREUR

 

Ouvreurs

 

Ici on parle des purs 10. Les joueurs qui n’évoluent que cette position. J’évoquerais les ouvreur polyvalents dans une seconde partie. Il y a peu de doutes sur les deux joueurs qui s’avancent comme les grandissimes favoris pour les places de titulaires lors du Tournoi. Présent lors du cycle précédent Diego Jurd (2006 - SR - 1m84, 87kg) et Luka Keletaona (2006 - CAB - 1m85, 82kg) devraient se partager le poste d’ouvreur sauf blessures ou blocage par leurs clubs malgré la concurrence de garçon qui serait titulaire indiscutable sur une autre génération (Guilhot, Laharrague, Kretchmann, Leflammand). Une situation qui rappelle celle de la génération 1998-1999 avec Ntamack, Carbonnel, Jalibert, Berdeu, 

 

Actuellement blessé, le Rochelais devrait néanmoins être apte pour le premier match du Tournoi face à l’Irlande. À titre personnel, je le considère comme le meilleur potentiel des deux profils évoqués. Né à La Rochelle, il est l’un des véritables diamants de la formation du Stade Rochelais. Fils d’une ancienne joueuse du club, aujourd’hui directrice de la communication, il a grandi dans l’environnement maritime et en maîtrise parfaitement les codes. En dehors du rugby, il est également passionné de tennis, discipline dans laquelle il était classé 15/1, ainsi que de golf. Deux pratiques qui nourrissent directement sa coordination, sa précision gestuelle et sa capacité de concentration. Véritable ouvreur « triple menace », capable de faire la différence par la course, la passe ou le pied, c’est toutefois la qualité de son jeu au pied qui frappe en premier lieu. Presque ambidextre, il se distingue par une précision et une technicité quasi chirurgicales, aussi bien dans le jeu courant que face aux perches. Sur le plan purement technique, il évolue clairement au-dessus de la moyenne. Son jeu se caractérise par beaucoup de pragmatisme, une grande justesse dans les choix et de très bonnes qualités de mains. Il dispose également d’une longueur de jeu au pied importante, qui lui permet de peser durablement sur le rapport de force territorial. Son QI rugby et son instinct de jeu sont particulièrement élevés. Il fournit par ailleurs un énorme travail d’analyse en dehors du terrain, ce qui se ressent directement dans sa lecture des situations et sa capacité à anticiper le jeu. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un profil de pur duelliste, c’est un joueur qui n’hésite pas à prendre des initiatives individuelles et à jouer ses duels lorsque la situation l’exige. Défensivement, il ne se dérobe pas, mais doit encore poursuivre son renforcement physique afin d’éviter d’être ciblé à ce niveau. En tant que meneur de jeu, il est également dans une phase de progression sur le plan du leadership. Il continue à travailler sa connexion avec ses partenaires, y compris en dehors du terrain, un domaine dans lequel il a déjà réalisé des progrès significatifs. La prise de leadership constitue aujourd’hui l’un des axes majeurs de son développement. Bien intégré dans la rotation rochelaise cette saison, avec huit matchs disputés (316 minutes, 25 points inscrits), il a impressionné par sa maturité et son niveau de performance, y compris dans des contextes difficiles, notamment lors de rencontres très fermées comme face aux Stormers.

 

Formé au Saint-Céré Rugby, Luka Keletaona a rejoint le CA Brive dès l’âge de 12 ans. Il appartient à la génération 2006–2007 briviste sacrée championne de France Crabos, au sein de laquelle il s’est rapidement imposé comme l’un des profils les plus singuliers. Keletaona bénéficie d’une réputation d’énorme potentiel. Par rapport à Diego Jurd, son registre apparaît plus électrique et moins orienté vers la gestion et l’organisation collective. Il possède un côté très joueur, avec une vraie créativité balle en main, tout en affichant une maturité et une intelligence de jeu notables pour son âge, associées à une certaine sérénité dans l’animation offensive. Son jeu au pied dans le jeu courant est de très haut niveau : il est capable de varier, de renverser le jeu et de mettre sous pression les défenses adverses avec beaucoup de justesse. En revanche, il se montre légèrement moins fiable face aux perches. Il présente également une appétence réelle pour les phases défensives, n’hésitant pas à s’engager. Cet engagement peut toutefois parfois se retourner contre lui : certaines difficultés ont été observées dans ses lectures défensives, avec des choix parfois approximatifs. J’ai également relevé plusieurs travers lors de ses passages en France U18 puis en France U20, notamment dans l’engagement sur les ballons hauts, sur les ballons traînants au sol, ou encore dans un usage parfois excessif du jeu au pied dans des situations qui appelaient davantage de continuité. Ces limites sont apparues de manière plus marquée lors de la demi-finale de la Coupe du monde U20, où il a connu de réelles difficultés face à la Nouvelle-Zélande, dans un contexte d’intensité extrême. Passé professionnel depuis la saison dernière, Luka Keletaona n’a pas encore réussi à s’imposer pleinement dans la rotation briviste, avec seulement trois titularisations. Un constat à relativiser toutefois, dans un contexte où seuls Shillock et Olding occupent réellement le poste d’ouvreur, ce qui aurait pu laisser entrevoir davantage de temps de jeu, notamment avec le repositionnement de Bosh à l’arrière. Ce manque de continuité s’inscrit également dans une saison en dents de scie du CA Brive, peu propice à l’épanouissement des jeunes profils. La prise de fonction de Broncan, en remplacement de Darricarrère, pourrait néanmoins changer la donne et offrir un cadre plus favorable à son développement.

 

Un cran en dessous des deux profils précédemment évoqués, on retrouve trois joueurs ayant déjà connu des minutes au niveau professionnel cette saison : Joseph Laharrague (UBB), Louka Guilhot (Castres Olympique) et Gautier Lavie (SU Agen). On commence par le Bordelais Joseph Laharrague (2006 -UBB - 1m83, 80kg). Fils de Julien et neveu de Nicolas Laharrague, Joseph Laharrague s’inscrit pleinement dans une lignée familiale fortement ancrée dans le rugby. Formé au Stado Tarbais, il a perpétué cet héritage à l’image de son frère Gaspard et de son cousin Simon. Sur le terrain, Laharrague se distingue par une excellente lecture du jeu associée à une technique solide, aussi bien au pied qu’à la main. Il se montre très propre dans l’animation offensive, porte bien le ballon et délivre des passes avec un tempo juste, permettant soit de créer des intervalles, soit d’attaquer directement la ligne. Il dispose également d’un jeu au pied long qui constitue un véritable atout dans la gestion territoriale. C’est un joueur dynamique qui joue beaucoup à l’instinct tout en conservant une vraie maîtrise collective. Formé initialement aux postes de 10 et de 15, son avenir semble toutefois clairement s’inscrire au poste d’ouvreur, son gabarit et son registre correspondant davantage aux exigences du poste de numéro 10. Sur le plan fédéral, le Bordelais a été convoqué dans les dispositifs TOP 100 U16 et U18, sans toutefois obtenir de sélection avec France U18. En revanche, la saison passée, il a pleinement intégré le cycle France U20 Développement, avec des convocations en stage et en rencontres officielles, notamment aux côtés de Louka Guilhot (2006 - CO). En concurrence directe avec le Castrais cette saison, Joseph Laharrague a été retenu en début d’exercice pour le stage France U20 de novembre, contrairement à son homologue tarnais. Il a figuré sur six feuilles de match avec l’UBB cette saison, cumulant 79 minutes de jeu et 10 points inscrits.À ce stade, il semble se positionner comme le numéro 3 dans la hiérarchie des purs ouvreurs aux yeux du staff Laborde.

 

Comme évoqué avec lors du profil de Joseph Laharrague, Louka Guilhot (2006 - CO - 1m83 - 85kg) fait également partie des hauts potentiels de la génération 2006 au poste d’ouvreur. Jamais convoqué par Christophe Urios malgré l’avenir prometteur qui lui était annoncé, le jeune ouvreur de 19 ans a fait le choix de quitter son club formateur à l’issue de la saison dernière pour rejoindre le Castres Olympique. Un choix fort, rapidement suivi d’effets, puisqu’il a déjà pris part à six rencontres cette saison, dont trois en tant que titulaire, pour un total de 163 minutes disputées et huit points inscrits. Formé à Romans, Louka Guilhot avait rejoint l’ASM Clermont en catégorie Alamercery. Surclassé en Espoirs alors qu’il évoluait encore en Crabos, il était identifié de longue date comme un très gros potentiel du club. Sa progression avait toutefois été fortement ralentie par une blessure au genou lors de sa première saison Espoirs. Proche de Xavier Sadourny, qui était son entraîneur en Crabos et désormais coach au Castres Olympique, Guilhot a rejoint ce dernier, qui n’a pas hésité à le qualifier « d’un des meilleurs joueurs de sa génération ». Sur le plan du jeu, Louka Guilhot est un ouvreur très prometteur, pétri de qualités. Il affiche une maturité tactique précoce et une vraie maîtrise du jeu au pied, aussi bien dans l’occupation que face aux perches. Gaucher, ce qui constitue toujours un atout supplémentaire, il se montre très précis dans l’animation et dans l’exécution. Sa qualité de passe est solide, sa lecture du jeu pertinente et il présente un profil complet à son poste. Il sait prendre des initiatives, attaquer la ligne et jouer avec audace. En revanche, il n’est pas encore dans un registre de pur gestionnaire, préférant souvent jouer vers l’avant et provoquer le jeu. Sur le plan humain, Guilhot ne se pose pas de questions. Il a rapidement impressionné ses coéquipiers par son leadership naturel et sa capacité à fédérer autour de lui. Son énorme caractère est régulièrement mis en avant par son entourage, et notamment par son père, ancien demi d’ouverture des Damiers. Le parcours de Louka Guilhot est toutefois marqué par une succession de rendez-vous manqués avec le projet fédéral. Souvent blessé ou indisponibles aux moments clés, il n’est pas parvenu à décrocher de sélection lors de ses années U18. Il a néanmoins retrouvé une place dans le dispositif fédéral en étant convoqué pour la tournée France U20 Développement dans les Îles Britanniques la saison passée. De nouveau blessé avec Castres lors d’une rencontre face à Clermont, il n’a pas pu prétendre à prendre part au stage U20 de début d’année, une absence qui a profité à Joseph Laharrague. Enfin, élément plus atypique mais révélateur de sa personnalité, Louka Guilhot est également un excellent joueur de pétanque. Il a remporté sa catégorie à La Marseillaise en 2018, décroché à deux reprises le titre de champion de France à 12 et 13 ans, et a été finaliste du Mondial de Romans. L’ouvreur – également capable d’évoluer à l’arrière – retrouve dans la pétanque des exigences proches de celles de son sport principal : le calme, l’adresse et la gestion du temps. Personnellement c’est un garçon que j’aimerais voir avec les U20 cette saison. 

 

Toujours chez les 2006, on va passer au garçon que je mettrais dans un tier 3.  On y retrouve notamment le jeune agenais Gautier Lavie. Fer de lance de la génération Lamataki - Cazemajou - Boulan du côté d’Agen, le jeune ouvreur a connu sa première feuille de match pro cette saison dans un contexte très difficile du côté du VRDR. N°10 longiligne, il possède un excellent jeu au pied notamment face à aux perches et montrer de réelle qualité dans l’orientation du jeu. Joueur talentueux, il n’est pas considéré comme totalement prêt pour la PRO D2 puisque Mauricio Reggiardo souhaite le prêter l’an prochain en Nationale tout en récupérant dans le même temps Lucien Richardis (2005 - ST) en prêt. Si il jouit d’une belle côté du côté des suiveurs du SUA, une sélection parait très compliqué. 

 

Je me permets de mentionner Benât Sarraude (2006 - AB - 1m81, 82kg). Originaire de Soule, il a grandi dans un environnement où le rugby dépasse largement le cadre sportif pour s’inscrire comme une véritable tradition culturelle. Dès l’âge de six ans, il rejoint l’école de rugby de Mauléon, club dans lequel il se distingue rapidement par son sérieux et sa polyvalence. De tempérament réservé et travailleur, il s’est construit à la croisée des valeurs du Pays basque intérieur et d’une ambition assumée. À Mauléon, il évoluait à plusieurs postes dont ouvreur, centre, arrière avant que son arrivée à Bayonne ne l’oriente plus clairement vers le poste d’ouvreur.  Le rôle de buteur occupe une place centrale dans son jeu, une responsabilité qu’il assume depuis son plus jeune âge et qu’il revendique pleinement : « Je bute depuis petit. Ça me plaît énormément, l’adrénaline, la responsabilité. J’ai toujours aimé ça. ». Sarraude avait constitué l’une des surprises de la saison passée, avec deux sélections face à l’Italie puis lors de la tournée des Îles Britanniques, qui avaient confirmé un certain potentiel. Cette saison, il n’a toutefois pas été rappelé et se retrouve aujourd’hui positionné derrière un autre profil dans la hiérarchie du groupe professionnel de l’Aviron Bayonnais, joueur qui sera évoqué plus loin. Une situation qui n’efface en rien son parcours, mais qui illustre la forte concurrence actuelle au poste d’ouvreur aussi bien en sélection qu’en club. 

 

Enfin j’aimerais conclure sur cette génération par un petit mots sur Antonin Vidalenc (2006 - RCME). Véritable ambassadeur de la formation Massicoise depuis les plus petites catégories de l’Ecole de Rugby, l’ouvreur massicois est un très bon joueur de rugby comme le RCME forme si bien. Titulaire à 4 reprises en Nationale à seulement 18 ans l’an passé pour un total de 8 match et près de 300 minutes, il a d’ores et déjà pris part à autant de rencontre cette saison pour 3 titularisations (16 MTC - 7 TT - 513’). Doublure d’Anselme Cellier ou titulaire en 1er centre, il est l’un des meilleurs espoirs de Nationale dans un rôle de super sub où ses qualités d’attaquant font souvent des différences en fin de matchs. Il est l’un des portes bonheurs Essonniens puisqu’en sa présence Massy c’est imposé 7 fois en 8 matchs. On est sur un profil d’ouvreur attaquant qui aime le duel et le 1c1. Il possède une bonne passe et un jeu au pied intéressant. Jamais appelé au niveau fédérale, il ne devrait pas être l’OVNI de ce tournoi. 

 

Chez les joueurs de la génération 2007, un profil se détache nettement : Maël Navizet (2007 - FCG). Le Grenoblois est identifié de longue date et suivi de très près depuis plusieurs années au sein de la structure de Lesdiguières. Il est, à ce jour, le seul ouvreur de sa génération à avoir déjà disputé des rencontres au niveau professionnel, avec un total de 85 minutes jouées. Appelé à trois reprises avec l’équipe première, il a même connu une titularisation face à Dax, ce qui constitue un marqueur fort de la confiance placée en lui. À titre personnel, j’ai découvert Navizet lors de la finale Gaudermen d’il y a 4 ans face au Stade Toulousain, où il avait été, de très loin, le joueur le plus impressionnant sur le terrain, aux côtés de Kouassi. À un poste pourtant particulièrement exigeant, il avait fait preuve d’une maîtrise remarquable dans la gestion et la direction du jeu. Il avait notamment disséqué le fond de terrain toulousain grâce à un jeu au pied d’une précision et d’une longueur remarquables. Originaire de Proveysieux, le jeune ouvreur confirme également tout son potentiel avec l’équipe Reichel Espoirs du FCG, au sein de laquelle il a été surclassé dès la fin de son année Crabos, à l’image de ce qu’a pu connaître Diego Jurd. Il partage d’ailleurs avec ce dernier un style de jeu assez proche, même s’il se montre plus agressif dans l’attaque de la ligne que son aîné rochelais. Passé par l’ensemble des dispositifs TOP 100, Navizet s’est imposé avec France U18 la saison passée, réalisant une très bonne année dans l’ensemble. Seul bémol notable : la rencontre face à l’Angleterre, où il avait été en difficulté face aux perches (3/7), une contre-performance qui avait coûté la victoire à l’équipe de France. Sur le plan du jeu, il s’agit d’un ouvreur complet, doté d’un véritable flair, d’une très bonne qualité de passe et d’une lecture fine des situations. Il est également identifié par la FFR comme l’un des potentiels leaders de demain, tant par son comportement que par sa capacité à assumer des responsabilités. À date, il semble disposer d’une longueur d’avance sur la concurrence à son poste au sein de sa génération. Pour l’anecdote, son frère est passé par Provence Rugby et évolue aujourd’hui à Suresnes, et il est également le fils de Denis Navizet, ancien joueur passé notamment par le MHR. Appelé cette saison avec les U20 Développement, il pourrait être une des surprises du tournoi en fonction des blessures à l’ouverture. 

 

Derrière lui le meilleur potentiel est aujourd’hui le parisien Gaspard De Villeneuve Bargemon. Ce dernier est considéré comme le nouveau Plission avec les défauts en moins. Formé au RC Versailles, on est sur un ouvreur qui a connu le parcours fédéral parfait avec une intégration à tout les TOP 100 depuis U16, sélection avec France U18. Toutefois il n’a pas été appelé pour le premier stage U20 Développement au détriment de 3 joueurs polyvalent : Mayron Fahy (2007 - USAP), Mathis Capus (2007 - ST) et Andrea Azzolin (2007 - RCT). On est sur un ouvreur assez grand avec une frame intéressante qui devrait lui permettre de mettre facilement de la masse. C’est un très joueur très offensif, fin techniquement, qui adore créer et provoquer les défenses. Il doit progresser dans la gestion des matchs et dans sa capacité à gérer les situations et le tempo d’une rencontre. Vrai joueur plaisir, il m’avait fortement intrigué lors du Génération Bleue d’il y a 2 ans où j’avais énormément aimé son allant et sa volonté de jouer de partout et par tous les moyens : duels, offloads, pieds, passes, duels, etc. Je l’ai revue cette saison où il a montré des progrès dans la bonne direction avec une meilleur capacité à réguler son jeu. Il sera un concurrent pour la saison prochaine car il semble partir de trop loin pour cette saison. 

 

Mentions honorables : 

  • Louis Bothorel (2006 - CO) : Passé par tous les TOP 100, il est la doublure de Guilhot à Castres. C’est un garçon à maturation plus lente mais qu’il faudra suivre à l’avenir. Une convocation avec les U20 semble extrêmement compliqué. 
  • Antoine Worczynski (2007 - CR) : Ex-Top 100

 

Ouvreurs polyvalents

 

Chez les ouvreurs polyvalents, les 3 principaux candidats ont tous déjà évolué en pro.  Le nom le plus connu est évidemment Gabin Kretchmann (2006 - USAP - 1m78, 87kg). C’est un des 3/4 les plus attendus de sa génération. Joueur régulièrement surclassé tout au long de son parcours, il a franchi l’ensemble des catégories avec une précocité qui le distinguait déjà très tôt. Capable d’évoluer aussi bien à l’ouverture qu’à l’arrière, Kretchmann présente un profil de véritable chef d’orchestre et de patron de ligne arrière. Très bon gestionnaire et animateur, il s’agit d’un joueur pétri de talent, disposant encore d’une marge de progression importante. Ses points forts résident dans la qualité de sa passe, la précision et la variété de son jeu au pied, sa compréhension fine du jeu, ainsi que sa capacité à mettre du rythme et à identifier les bons espaces. C’est un joueur complet, doté d’une vraie personnalité dans son jeu, qui ne se cache jamais dans les moments clés. L’USAP n’a d’ailleurs pas tardé à identifier le potentiel du jeune Illibérien. Arrivé au club à l’âge de 13 ans, il a gravi les échelons sans difficulté avant de véritablement exploser en catégorie Crabos. Sous la houlette de Florian Cazenave, il avait été promu capitaine de l’équipe, un choix naturel tant sa maturité et son leadership semblaient en avance pour son âge, en particulier à un poste aussi structurant. Profitant des blessures au sein de l’effectif, il était devenu la saison dernière le premier joueur né en 2006 à évoluer en Top 14, apparaissant sur quatre feuilles de match. La trajectoire, qui semblait alors toute tracée, s’est toutefois révélée beaucoup plus sinueuse.

Le 15 décembre 2024, lors d’un match Espoirs face à Narbonne à Aimé-Giral, une blessure vient brutalement interrompre sa progression. Diagnostiquée comme une pubalgie, la lésion devait initialement nécessiter seulement quelques semaines de repos. Les tentatives de reprise se soldent cependant par des échecs répétés, malgré plusieurs infiltrations, compromettant notamment sa participation au Tournoi des Six Nations U20. Après plusieurs mois d’incertitude médicale, une opération est finalement décidée fin mai à Bordeaux. La convalescence s’avère bien plus longue que prévu, ponctuée de rechutes musculaires. Cette période met en lumière la difficulté de la transition entre le rugby de formation et l’environnement professionnel. Le passage d’un calendrier allégé en Crabos à une succession de semaines à haute intensité, tant sur le plan physique que mental, soumet son corps à une charge nouvelle qu’il peine, dans un premier temps, à absorber. Éloigné des terrains pendant près de neuf mois, Kretchmann traverse une saison quasi entière dédiée à la réathlétisation, contraint d’observer le jeu à distance avant d’envisager un retour progressif. Il doit alors revoir l’ensemble de ses repères, jonglant entre rééducation, renforcement musculaire, frustration liée à l’inactivité et attente d’un véritable retour à la compétition. Malgré cette blessure longue et éprouvante, il demeure considéré comme un talent majeur pour l’avenir de l’USAP, qui a d’ailleurs choisi de le prolonger jusqu’en 2028. Reparti sur de nouvelles bases avec le staff dirigé par Laurent Labit, le Catalan a retrouvé progressivement le groupe professionnel et a figuré sur six feuilles de match cette saison, pour un total de 136 minutes disputées.

 

Derrière Gabin Kretchmann, on retrouve deux profils aux trajectoires plus atypiques. Le premier est l’international français à VII Merlin Leflamand (2006 - USM - 1m84, 91kg). Son ascension a été particulièrement rapide et son profil s’avère très intrigant. Formé du côté de Rouen, l’ouvreur/arrière est passé en peu de temps des Espoirs évoluant en Nationale au très haut niveau, découvrant successivement le Top 14, la Challenge Cup, tout en s’installant dans le giron des équipes de France à VII (France 7, France 7 Développement), avant d’être convoqué avec France U20 depuis le mois de novembre. Arrivé à l’US Montauban dans un relatif anonymat, il a véritablement explosé à l’occasion du Supersevens, où ses performances ont été particulièrement remarquées et ont servi de révélateur à son potentiel. Sur le plan du jeu, Merlin Leflamand est un ouvreur doté d’un très bon jeu au pied dans le jeu courant. Il se distingue par un caractère très joueur, une grande fluidité dans ses enchaînements et une réelle liberté d’expression. Il possède également des qualités athlétiques très intéressantes, ainsi qu’une véritable appétence pour le duel. Techniquement, il présente de bons appuis, une qualité de passe solide et une capacité à créer des déséquilibres balle en main, ce qui renforce son profil hybride XV / VII. Afin d’anticiper cette potentiel question, je ne sais pas si il a un éventuel lien de parenté avec Olivier Leflamand, l’ancien international du XV de France passé notamment par le CS Bourgoin-Jallieu.

 

L’autre profil atypique derrière Gabin Kretchmann est Pyrénées Boyle-Tiatia (2006 - AB - 1m86, 87kg). Né à Pau en 2006, il a rejoint cet été les Espoirs de l’Aviron Bayonnais, malgré des propositions en provenance des Moana Pasifika et de Waikato. Son prénom rend hommage à sa région de naissance, à l’époque où son père, Ace Tiatia, évoluait en France, notamment sous les couleurs de l’Aviron. Formé en Nouvelle-Zélande, Pyrénées Boyle-Tiatia a intégré l’Académie des Chiefs, où il a affiné son jeu et développé une vraie polyvalence, capable d’évoluer aussi bien à l’ouverture qu’au centre. Ses performances lui ont valu d’être appelé avec la sélection néo-zélandaise U18 (NZ Barbarians U18), signe d’une reconnaissance précoce de son potentiel. À l’issue de cette formation, il a fait le choix de revenir en France et de suivre les traces de son père en rejoignant Bayonne, privilégiant un projet de développement à moyen terme dans un environnement qu’il connaît bien. Sur le plan du jeu, Boyle-Tiatia présente un profil complet, avec une bonne vision et une grande sérénité. Décrit comme un joueur calme et posé, il se distingue par son élégance ballon en main. Bon animateur, il a souvent évolué en numéro 10 ou numéro 12 dans un registre 5/8e. On est davantage sur un profil de distributeur que finisseur, tout en affichant des qualités intéressantes face aux perches. Il possède une dextérité technique élevée et une vraie qualité de manipulation. Comme beaucoup de jeunes joueurs, il lui reste toutefois des axes de progression sur les aspects plus structurels du poste : jeu au pied d’occupation, régularité au tir au but, coups d’envoi et gestion de la pénaltouche. Des éléments sur lesquels il dispose d’une marge de progression réelle. C’est un joueur très posé, désireux d’apprendre et de progresser, avec une attitude très appréciée par le staff bayonnais. Pyrénées Boyle-Tiatia pourrait constituer l’une des belles surprises de la saison.

 

On finira cette revue d’effectif avec deux garçons intéressants chez les 2007. Mathis Capus (2007 - ST - 1m81, 82kg) a évolué à Narbonne durant 12 saisons en catégories jeunes. En 2024, le jeune ouvreur/arrière rejoint le Stade Toulousain en Crabos avant d’accéder dès cette saison aux Espoirs et au Centre de Formation du club. Sur le plan fédéral, Capus est un joueur bien identifié. Il a notamment pris part à une tournée en Afrique du Sud avec l’équipe de France U18 et a été sacré champion d’Europe à VII la saison passée, compétition qu’il a marquée de son empreinte en terminant meilleur joueur du tournoi avec 45 points inscrits. Il devait initialement participer au Festival des Six Nations U18, mais une blessure contractée lors de la dernière opposition du stage Générations Bleues l’a contraint à déclarer forfait pour l’intégralité de la compétition.Sur le terrain, Mathis Capus présente un profil très complet, avec un physique encore en construction. Il s’agit d’une véritable “triple menace” : mains, duel et jeu au pied. Capable d’évoluer aussi bien à l’ouverture qu’à l’arrière, il se distingue par un potentiel athlétique, une explosivité, des appuis et des crochets de très haut niveau. Il possède une belle vision du jeu et un QI rugby élevé. Il a également un très beau pied gauche, lui permettant d’impacter le jeu dans plusieurs registres, et se montre fiable face aux perches à un excellent niveau chez les jeunes. Défensivement, c’est un joueur intéressant au regard de son gabarit : il ne s’échappe pas, affiche une vraie volonté dans le contact et présente une technique de plaquage particulièrement propre. Mathis Capus figure parmi les plus gros potentiels de la génération 2007 au Stade Toulousain, aux côtés de profils comme Marc-Élie Kouassi, Lukas Amati, Alban Portat, Noa Tinirello ou Axel Mirande. Malheureusement blessé début décembre, je n’ai pas d’infos sur la durée de cette dernière. S’il ne participe pas au Tournoi, il devrait a minima poursuivre au sein de France U20 Développement avec qu’il a été sélectionner en novembre dernier. Il s’impose d’ores et déjà comme un candidat sérieux pour le cycle suivant.

 

Enfin, on peut évoquer Mathis Galeazzi (2007 - LOU), ouvreur de la génération vice-championne de France du LOU. Principalement utilisé au poste de n°10, il évolue également ponctuellement à l’arrière en cours de match depuis son passage en Espoirs, ce qui témoigne d’une certaine polyvalence dans son registre. Formé à Cazères, il est ensuite passé par Lannemezan, Tarbes puis Castres avant de rejoindre le LOU. Il s’agit d’un profil à fort potentiel, qui a connu une blessure sérieuse la saison passée, mais qui est revenu très fort sur la fin d’exercice, contribuant de manière significative à la très bonne dynamique du LOU lors de la dernière partie du championnat. Sur le plan fédéral, Galeazzi a été sélectionné dans le dispositif TOP 100 U17 et a également participé avec l’équipe de France U18 aux International Summer Series. Cette saison, il a effectué la préparation avec le groupe professionnel et figurait dans le groupe élargi du LOU pour la rencontre face au Racing 92, signe d’une considération réelle de son profil en interne. Avec les Espoirs, il se partage le poste d’ouvreur avec Paco Mazoyer et réalise un début de saison remarqué, notamment sur le plan offensif, avec cinq essais inscrits. Il apparaît toutefois davantage comme un candidat pour le cycle à N+1 plus que pour une intégration immédiate. Son profil se distingue par une dimension plus physique que la moyenne, associée à une très grosse longueur au pied. Attaquant racé, il est un garçon à suivre de près. 

 

Mentions honorables :

  • Paco Mazoyer (2006 - LOU - 1m84, 91kg) : Ex-Top 100 U16 à U18. Jamais appelé en EDF jeunes. Capable d’évoluer en N°10 et en N°12. 
  • Ellande Manchot (2006 - STPR) : Dans le marasme tarbais, il est la révélation de la saison. Ouvreur de formation, il s’impose du côté du National à l’arrière. Il a pris part à 12 rencontres cette saison pour 34 points et un peu plus de 700 minutes de temps de jeu. Ex-Aviron Bayonnais (2021 - 2024).

 

 


 

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Le 28/01/2026 à 15:00, Godfather a dit :

UTILITY BACK

 

Ici, on regroupe les joueurs capables d’évoluer régulièrement sur au moins trois postes de la ligne de 3/4, et non pas de manière ponctuelle au gré des expérimentations du staff (clin d’œil assumé au staff Laborde). Ils sont peu nombreux dans cette catégorie.

 

Formé au RC Salanque XV, Mayron Fahy (2007 – USAP) a rejoint l’USAP en 2022 et, depuis, il ne cesse de démontrer l’étendue de ses qualités sous les couleurs sang et or. Issu de la génération 2007, il a systématiquement fréquenté les équipes de France jeunes et figure parmi les profils identifiés aussi bien à XV qu’à VII. À seulement 18 ans, il est devenu le plus jeune joueur à débuter avec l’USAP depuis le début de l’ère professionnelle, un marqueur fort de la confiance placée en lui. Nous sommes ici face à un véritable utility back, au sens plein du terme. Depuis son passage en Crabos, il a évolué à l’ensemble des postes de la ligne de 3/4. Désormais intégré aux Espoirs et déjà exposé au niveau senior cette saison, il évolue principalement à l’arrière et au poste de demi de mêlée, tout en restant capable de couvrir l’ouverture et, au besoin, l’aile. S’il a déjà été utilisé au centre par le passé, son petit gabarit rend aujourd’hui cette option plus difficilement envisageable à l’échelon actuel. Sur le plan du profil, Fahy est ultra électrique. Il fait clairement partie des joueurs les plus rapides que j’ai pu observer chez les jeunes, aux côtés de profils comme Louis Bielle-Biarrey ou Wasserman. Il possède des attitudes de sprint de très haut niveau et une capacité rare à changer de direction sans perte de vélocité. C’est un joueur encore raw, comme diraient les Américains, notamment sur le poste de n°9 mais les attitudes observées et la qualité technique affichée à seulement 18 ans peuvent rapidement en faire une véritable attraction. Il n’a pas peur de défendre malgré un physique frêle, son jeu au pied est correct, il est capable de trouver de l’avancée dans des espaces très réduits, colle au ballon et affiche une qualité de passe qui me semble excellente. Ses axes de progression sont identifiés : amélioration de la vision du jeu, gestion du tempo et maîtrise de ses initiatives individuelles afin de franchir un nouveau cap. Avec déjà trois feuilles de match cette saison (92 minutes disputées) et un essai inscrit, il s’impose comme l’un des talents les plus précoces de sa génération. À ce stade, il possède de vraies chances d’être appelé pour le Tournoi.

 

L’autre joueur pouvant clairement être qualifié d’utility back est Axel Mirande (2007 – ST). Il débute le rugby dès l’âge de cinq ans, en 2012, à Hers Lauragais, avant de rejoindre Villefranche-de-Lauragais quelques années plus tard. Arrivé au Stade Toulousain en Cadets A, il fait aujourd’hui partie de la solide génération 2007 du club. Son profil est particulièrement intéressant : capable d’évoluer au poste de second centre, à l’aile ou à l’arrière, il se distingue par une vraie qualité dans le duel et une certaine élégance ballon en main. Ses capacités athlétiques sont intéressantes et, bien que différent dans son registre, son profil me rappelle celui de Gil chez les Espoirs toulousains. C’est un joueur qui ne possède pas forcément une qualité élite immédiatement identifiable à l’instant T, mais qui fait tout bien, avec une vraie intelligence de jeu et une grande fiabilité dans l’exécution. À noter qu’il n’a aucun lien de parenté avec Sylvain Mirande. Au niveau fédéral, Axel Mirande a connu l’ensemble des rassemblements TOP 100 et est identifié, à l’image de Mayron Fahy, aussi bien à XV qu’à VII. Il n’a toutefois pas été appelé avec France U18 à XV la saison passée, ni avec France U20 Développement cette saison, ce qui rend une sélection immédiate plus compliquée à court terme.


 

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Je corrige et repost le post sur les centres

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CENTRES

 

Sur la génération 2006, deux profils se détachent assez nettement, même si les potentiels apparaissent globalement inférieurs à ceux des meilleures cuvées 2003 et 2005. Cette observation vaut également pour la densité globale de la génération. Le plus gros potentiel annoncé reste celui de Quentin Valentino (2006 – Section Paloise – 1m90, 91 kg). Quentin Valentino débute le rugby à l’âge de cinq ans sur les terrains du Rugby Olympique de Grasse. Après dix années de pratique, il rejoint le Stade Niçois, où il réalise ses premières performances marquantes. Sélectionné avec l’équipe de France U18 en 2023, il porte le maillot tricolore lors de la tournée d’été en Afrique du Sud, où il est élu MVP des Summer Series, puis lors du Festival des Six Nations U18 en 2024. Cette même année, il quitte la Côte d’Azur pour rejoindre le Béarn, intégrant le Centre de Formation de la Section Paloise. Dès son arrivée à Pau, il est intégré au groupe professionnel et dispute ses deux premiers matchs au niveau pro en Challenge Cup en 2024 (36 minutes). Cette saison, il a de nouveau profité de la Champions Cup pour engranger du temps de jeu et de l’expérience, avec quatre titularisations et a également connu ses premières minutes en Top 14 lors de la rencontre à Lyon. Sur le terrain, Valentino évolue principalement au poste de premier centre, dans un rôle de 5/8, où ses qualités techniques et athlétiques sont pleinement mises en valeur. Techniquement, il évolue à un niveau très élevé. Véritable triple menace – à la passe, au pied et ballon en main – il dispose d’un QI rugby et d’une vision du jeu largement au-dessus de la moyenne, prenant très rarement de mauvaises décisions. C’est un profil intéressant au centre du jeu, grand et costaud, capable d’absorber les contacts, de gagner la ligne d’avantage et d’agir comme un véritable régulateur du milieu de terrain. Dans son style, Quentin Valentino évoque Fabien Brau-Boirie : tête haute, regard porté loin, lignes de course très tranchantes. Il possède un peu moins de puissance brute que ce dernier, mais compense par une justesse tactique supérieure. C’est un décideur très fin. Très à l’aise balle en main, déjà mûr et sûr techniquement, il est capable de soulager et de relayer le n°10. De cette maturité découle un leadership naturel, lui permettant de dicter le jeu et le tempo. Malgré un profil défensif solide dans le plaquage, il peut encore progresser sur les tâches de l’ombre indispensables à la performance collective. Il reconnait de lui même un certain côté dilettante à ses débuts avec les professionnels de la Section. « Il faut le mettre sous pression. Quand c’est le cas, il est très bon », glisse Brandon Fajardo, qui avait repéré l’espoir lorsqu’il évoluait dans le staff de France U18, le qualifiant alors comme « l’un des meilleurs d’Europe de sa génération ». Ses axes de progression sont clairement identifiés, notamment sur la dimension physique et athlétique. Il souhaite développer sa masse tout en conservant mobilité et endurance : « J’essaie de m’améliorer en termes de rudesse physique, mais aussi sur la dimension athlétique, le fait de répéter les efforts et les tâches que demande le haut niveau, y compris à l’entraînement. ». Un travail qu’il mène avec en ligne de mire le modèle de Jordie Barrett, qu’il admire. 

 

Le second profil qui se détache dans cette génération 2006 est Adrien Drault (2006 – UBB – 1m82, 85–93 kg). Formé au RC Pimpine, il rejoint l’Union Bordeaux-Bègles en catégorie Cadets Gaudermen. Habitué des dispositifs fédéraux, il a pris part à l’ensemble des TOP 100, avant d’être sélectionné avec France U18 puis France U20 Développement. Cette saison marque un cap supplémentaire, puisqu’il a découvert à la fois France U20 et le Top 14, avec quatre feuilles de match au plus haut niveau. Capable d’évoluer aussi bien en premier qu’en second centre, Drault présente un gabarit compact et dense, associé à de réelles qualités athlétiques et à de bonnes aptitudes ballon en main. Il s’agit d’un joueur très complet, avec peu de points faibles clairement identifiables. À titre personnel, il m’est encore difficile de lui attribuer un véritable “facteur X” ou un “super-pouvoir”, mais sa grande force réside précisément dans sa justesse globale. Il joue juste en attaque, excelle dans le lien entre les cellules offensives et se montre particulièrement pertinent dans la continuité du jeu. C’est un joueur dynamique, qui anime très bien la ligne, avec une part d’instinct assumée dans ses prises de décision. Autre élément intéressant dans son profil : il dispose d’un jeu au pied de bon niveau pour un centre, et il est gaucher, un atout toujours appréciable dans les sorties de camp, les variations de jeu et les options tactiques. Défensivement, Drault est très solide. Il affiche une bonne lecture, de la rigueur dans le placement et une fiabilité dans le contact. Son potentiel de progression se situe davantage sur le plan du leadership, un domaine qu’il commence à investir mais qui peut encore être développé. Doté d’un tempérament posé et très travailleur, il évolue dans un environnement structurant. Couvé par des cadres comme Nicolas Depoortere et Yoram Moefana, il incarne clairement l’avenir de l’UBB au poste de centre. À moyen terme, il s’avance comme un candidat crédible à un rôle majeur au sein de la ligne de trois-quarts française pour le tournoi. Sa complémentarité potentielle avec Quentin Valentino constitue d’ailleurs l’un des sujets les plus intéressants à suivre pour la suite de ce cycle.

 

Derrière ces deux profils majeurs de la génération 2006, on retrouve le Bayonnais Bastien Rasal (2006 – Aviron Bayonnais – 1m83, 83 kg). Disclaimer nécessaire ici : c’est un joueur que je connais encore assez peu et sur lequel je n’ai pas, à ce stade, un a priori particulièrement positif au regard des quelques observations que j’ai pu faire, notamment face au Stade Toulousain. Cela reste néanmoins une lecture partielle, qui demande à être complétée dans le temps. Bastien Rasal est formé au FC Oloron entre 2011 et 2018. Il rejoint ensuite l’Entente Aramits–Asasp dès la catégorie U14, avant d’intégrer la Section Paloise en Gaudermen, puis l’Aviron Bayonnais en Crabos. Son parcours témoigne d’une progression régulière au sein des structures du Sud-Ouest. Sur le plan fédéral, il s’agit d’un profil identifié à la fois à XV et à VII. Il a notamment été sélectionné avec France U20 Développement en fin d’année, preuve qu’il reste suivi par les staffs nationaux. À noter également qu’il est capable de dépanner à l’aile si nécessaire. Sur le terrain, Rasal évolue principalement au poste de second centre, avec la capacité de dépanner en premier centre. Je le définirais comme un joueur assez complet, doté d’une palette technique intéressante et d’un sens du jeu qui lui permet d’être régulièrement bien placé. Il dispose d’un bon raffut, d’appuis intéressants et d’une certaine capacité à se sortir des situations de duel. Son gabarit reste toutefois relativement léger pour le poste, ce qui peut poser question à plus haut niveau. À ce stade, je ne suis pas encore totalement convaincu mais je reste ouvert à l’idée d’être surpris à l’avenir de par la côté qu’il a auprès de la fédération. 

 

Derrière ce premier groupe, la hiérarchie apparaît moins établie et se heurte surtout à une concurrence extrêmement dense chez les 2007, ce qui complique mécaniquement les perspectives à court terme pour certains profils 2006. On peut néanmoins évoquer le cas de Pierre Ourtaud Cren (2006 – Castres Olympique). Ce second centre, capable d’évoluer ponctuellement en premier centre, est un habitué des rassemblements fédéraux. Il a en effet suivi l’intégralité du parcours classique des équipes de France jeunes, aussi bien à XV qu’à VII : rassemblements Générations Bleues, France U18, puis France U20 Développement. Malgré ce pedigree, il semble aujourd’hui en retrait dans la hiérarchie fédérale et club depuis désormais deux saisons. S’il n’a pas encore connu de minutes en professionnel, Ourtaud Cren fait pleinement partie du groupe pro du Castres Olympique et a notamment pris part aux matchs de préparation estivale dans le Tarn. En parallèle, il est un titulaire indiscutable de l’une des meilleures équipes Espoirs de la saison. Sur le plan statistique, il s’est montré productif avec 4 essais inscrits, soit le meilleur total de son équipe à égalité avec Colin Dupuy et Alfred Mouandjo, un autre profil que j’apprécie particulièrement. Sur le plan morphologique et athlétique, on est sur un gabarit compact, qui n’est pas sans rappeler celui de Gatien Massé. Il dispose déjà d’un bas du corps bien développé et d’un haut du corps plus avancé que certains profils de la même génération, notamment Rasal. Athlétiquement, c’est un joueur explosif, doté de bons appuis et capable de faire des différences sur les premiers mètres. Ses axes de progression sont néanmoins identifiés. Il doit encore franchir un cap sur le plan défensif, notamment dans la régularité et la qualité de ses lectures, ainsi que dans sa compréhension globale du jeu mais également d’enrichir sa palette de joueur.

 

On peut évoquer le lyonnais Dorian Diabou (2006 - LOU - 1m91, 109kg). C’est un garçon encore un peu sous les radars mais qui possède un profil intéressant. Au club depuis l'âge de 5 ans (2011), Dorian Diabou est un modèle de persévérance et d'ascension au LOU Rugby. Aussi bien centre qu'ailier, il impressionne par ses qualités athlétiques qui font de lui un joueur à part entière. Puissant et véloce, il est un des éléments majeurs des espoirs depuis la saison dernière. Malgré son poids annoncé, on est sur un garçon avec une grosse marge de progression sur la masse musculaire notamment sur le haut du corps. Je suis assez curieux de voir son développement dans les années à venir. Il a un profil qui peut rappeler celui de Noah Nene mais avec moins de qualité athlétique. Capable d’évoluer en N°12 et en N°13. 

 

Avec Gabriel Bon (2006 - UBB - 1m91, 90) on n’est sans doute pas face au plus gros potentiel brut du contingent français, mais c’est un joueur très sérieux, fiable et doté de vraies qualités rugbystiques. Formé à Soyaux-Angoulême, il rejoint le CABBG en première année Crabos. Il est également champion d’Europe U18 à VII avec l’équipe de France. Ce n’est pas un feu follet, mais un joueur pertinent, solide et constant dans son rendement. Il possède une bonne vitesse, se distingue par une défense très fiable, et affiche une excellente sécurité sur les ballons hauts, un vrai point fort dans son profil. Polyvalent, il est capable d’évoluer au poste de deuxième centre comme à l’aile, dans un registre qui peut rappeler par certains aspects Pablo Uberti. Dans le marasme collectif des Espoirs bordelais cette saison, il a clairement été le trois-quarts le plus performant derrière. Sur le plan physique, son gabarit et son rapport puissance/mobilité évoquent un profil assez proche de Nicolas Depoortere. Au niveau fédéral, son parcours est déjà bien rempli : France U18 à VII, France U20 Développement, rassemblement Génération Bleue U18 en 2024, ainsi qu’une participation au stage Académie Olympique à VII. Un joueur qui ne fait pas de bruit, mais très structuré, qui coche beaucoup de cases dans une projection moyen terme.

 

On peut aussi évoquer des garçons plus en retrait comme Bastien Massé qui est un profil intéressant de la génération 2006. Ancien joueur passé par les dispositifs TOP 100, il a été sacré champion de France Crabos avec le CA Brive. Évoluant principalement au poste de n°13, il se distingue par sa vitesse et son explosivité. Il s’est imposé comme un titulaire régulier avec les Espoirs et a, dans le même temps, intégré à plein temps les entraînements avec l’équipe première, signe d’une considération croissante en interne. Au centre du terrain, son registre est davantage celui d’un joueur de duel que d’un pur démolisseur malgré un gabarit solide. Il aime attaquer les espaces, provoquer les défenses et aller chercher le décalage plutôt que le choc frontal. Un profil porté sur le jeu et la rupture, à suivre dans sa transition vers le niveau professionnel. 

On peut aussi mentionner un joueur comme Téo Hirschler (2006 - BO). Téo Hirschler constitue le troisième élément du trio biarrot aux côtés d’Andrea Azzolin et de Lukas Amati. Joueur polyvalent, il est capable d’évoluer sur l’ensemble des postes allant du n°10 au n°13, ce qui lui confère une vraie valeur ajoutée dans la construction d’une ligne arrière. Son profil est avant tout créatif. Il dispose d’un très bon jeu au pied, aussi bien dans l’animation que face aux perches, et présente une vraie capacité à organiser le jeu et à faire jouer autour de lui. Après une première saison Espoirs jugée convaincante, il a toutefois été freiné cette année par des blessures, ce qui a limité sa continuité et son exposition. Sur le plan fédéral, il n’a pas été appelé avec France U18 en compétition, mais a en revanche été convoqué à l’ensemble des rassemblements Générations Bleues de U16 à U18, signe d’un profil identifié et suivi sur la durée. 

Enfin, Stefan Darricau (2006 - SM - 1m83, 77kg) est également un profil qui émerge du côté des Landes. Formé à l’Avenir Aturin, il a rejoint le Stade Montois en 2020 et évolue aujourd’hui principalement au poste de centre. Son parcours illustre bien le fait que l’engagement et le sérieux finissent par payer. On est ici sur un profil de 5/8e, davantage organisateur que finisseur. Il joue pour les autres, fait vivre le ballon et structure le jeu autour de lui. Son gabarit relativement léger l’oriente naturellement vers un registre d’évitement et de création, plutôt que vers un rôle d’attaquant de ligne capable de servir de point de fixation. Cette saison, il a disputé quatre rencontres professionnelles pour un total de 134 minutes, une exposition intéressante compte tenu de son statut. En revanche, il n’a pour l’instant jamais été appelé avec les équipes de France jeunes ni convié aux rassemblements Générations Bleues, ce qui le situe clairement en loins dans le ranking fédéral à court terme, malgré une trajectoire club intéressante. Enfin je doit nommer. 

 

Chez les 2007, on est face à une génération particulièrement intrigante, riche en profils et en potentiels à suivre de très près. Il s’agit d’un groupe qui a énormément évolué au cours des trois dernières saisons, depuis les premières sélections U18 lors des International Summer Series jusqu’aux stages France U20 et France U20 Développement de cette saison avec l’émergence de nouveaux joueurs. 

 

Le très gros candidat c’est le polyvalent second centre et ailier Timéo Frier (2007 - ASM). Je le positionne ici au centre même si le projet du côté de l’ASM Clermont est clairement d’en faire un ailier à moyen terme, poste auquel il a été essayé en club et avec France U20 Développement. Il évolué à l’ouverture et en premier centre en Crabos du côté du CSBJ. Timéo Frier est le fils de Julien Frier, capitaine emblématique et troisième ligne valeureux des grandes années du CSBJ passé également par le FC Grenoble et Beaurepaire. International avec France A, il a remporté le Challenge Européen et a été finaliste du Championnat de France en 1997. Timéo a été formé au CS Bourgoin-Jallieu au sein d’une génération dorée, avec laquelle il a notamment décroché un titre en U18 Nationaux aux côtés de son coéquipier Axel Guillaud. Il commence le rugby très jeune et supporte très tôt l’ASM Clermont. Jouer pour ce club constituait un véritable objectif personnel. Malgré l’intérêt de plusieurs clubs de Pro D2 et de Top 14, il n’a jamais hésité, comme l’expliquait son père dans une interview. Arrivé en Auvergne cette saison, il ne met pas longtemps à se faire remarquer. Après quelques apparitions avec les Espoirs, il intègre rapidement les rotations entre le centre de formation et le groupe professionnel. À seulement 18 ans, il connaît ses premiers pas en Top 14, avec une première apparition du côté de Bayonne. Depuis, il a figuré sur six feuilles de match, dont trois en Champions Cup, avec deux titularisations face aux Sharks et à Sale (195 minutes total). Il avait d’ailleurs livré une performance très remarquée face aux Anglais. Lorsqu’il n’est pas avec les pros, il domine avec les Espoirs clermontois où il surnage dans l’un des meilleurs effectifs de France avec six essais inscrits en sept matchs. Grand, longiligne et très rapide, Timéo Frier présente un profil qui rappelle fortement Nicolas Depoortere au même âge. C’est probablement celui qui s’en rapproche le plus d’ailleurs. Dans une projection à l’aile, son registre évoque également Grégoire Arfeuil. C’est un joueur qui met énormément d’envie, très actif dans le jeu. Défensivement, il affiche une vraie hargne et un état d’esprit irréprochable, sans doute hérité en partie de son père. Capable d’attaquer les intervalles, sa vitesse et sa dextérité constituent de véritables atouts. Il excelle également dans le jeu aérien. Associées à la qualité de son jeu au pied, ces caractéristiques expliquent pourquoi le staff clermontois réfléchit sérieusement à un repositionnement durable à l’aile, en phase avec l’évolution actuelle du jeu. Il devra continuer à progresser de manière globale et fournir un important travail physique — comparable à celui réalisé par Depoortere — s’il souhaite s’installer durablement au centre. Les prémices sont clairement très prometteuses. S’il n’a pas fréquenté les rassemblements Générations Bleues ni les équipes de France jeunes jusqu’ici, il a déjà été appelé avec France U20 Développement. S’il n’est pas retenu par l’ASM durant le Tournoi, il devrait a minima connaître une première sélection. 

 

Derrière Frier on commence par l’un de mes profils favoris qui ne disputera pas le Tournoi : Baptiste Lenoir (2007 – Provence Rugby). Véritable symbole et porte-drapeau de Provence Rugby, il est au club depuis les U7 et a naturellement porté de ce fait le maillot du PARC. Son parcours est exemplaire et profondément ancré dans le projet provençal. Passé par l’ensemble des rassemblements Générations Bleues de U16 à U18, il est également international U18 et fait partie des plus forts potentiels nationaux à son poste. Il avait manqué le Festival des Six Nations l’an dernier après s’être blessé face à la Géorgie en match de préparation, une absence qui avait alors profité à Noham Valeu (2007 – Racing 92). Il était toutefois du stage U20 Développement avec une titularisation face au Pays-de-Galles. Son enthousiasme, sa capacité de travail, ses jambes très explosives et son QI rugby ont séduit l’ensemble de ses entraîneurs du côté d’Aix. C’est un joueur très complet, doté d’une vraie capacité à jouer juste et à faire jouer ses partenaires. Capable d’évoluer indifféremment en n°12 ou en n°13, il présente un profil qui me plaît particulièrement par l’équilibre entre ses qualités techniques et physiques. Il dispose encore d’une marge de progression sur le plan physique, ce qui est parfaitement normal à son âge, même s’il a déjà réalisé un travail conséquent dans ce domaine afin de se préparer aux exigences du monde professionnel, notamment en s’affûtant pour intégrer la rotation de Provence Rugby. Le Provençal aurait dû être du Tournoi, mais s’est malheureusement blessé à l’entraînement juste avant le stage U20 pour lequel il avait été convoqué. Cette blessure devrait l’éloigner des terrains pendant environ deux mois. Malgré son jeune âge, il a déjà disputé cinq rencontres de PRO D2, dont quatre titularisations (304 minutes), au sein d’une rotation provençale particulièrement dense, comprenant notamment Inga Finau, George North, Pierre Lucas, Guillaume Galletier, ainsi que des profils polyvalents comme Mathias Colombet ou Setareki Bituniyata. S’imposer et exister dans un tel contexte constitue un marqueur très fort de son potentiel. S’il parvient à poursuivre sur la lancée de son excellent début de saison après son retour de blessure, Baptiste Lenoir apparaît comme un candidat très sérieux à la Coupe du monde U20, où son profil pourrait pleinement s’exprimer.

 

Derrière Lenoir, Tyrese Robin (2007 – FCG) est l’une des très belles promesses de la génération 2007 au poste de deuxième centre. Le Grenoblois s’apparente à une véritable petite bombe, tant ses qualités athlétiques et sa vitesse sont au-dessus de la moyenne. Très explosif, il correspond parfaitement au profil d’Outside Strike Runner : menace sur les extérieurs, finisseur, capacité à créer des breaks, vitesse de pointe élevée, appuis secs, offload, lignes de course agressives, soutien permanent et aptitude à exploiter les mismatches. Sur le plan du développement, des axes de progression demeurent. Il doit encore gagner en maîtrise technique, en compréhension globale du jeu et progresser défensivement, notamment dans ses lectures et dans le duel homme à homme. Ses qualités physiques naturelles devant lui permettre d’être plus efficient sur ces points. Capable d’évoluer à l’aile, il représente également un type de profil susceptible de glisser vers ce poste à mesure que sa carrière avance, s’il ne parvient pas à stabiliser certains aspects de son jeu au centre. En termes de comparaison, son registre présente des similitudes avec des profils à la Jordan Joseph, notamment dans sa capacité à faire des différences sur le premier pas et à attaquer les espaces. Sur le plan fédéral, Tyrese Robin a fréquenté l’ensemble des dispositifs TOP 100, aussi bien à XV qu’à VII. Cette saison, il a été convoqué pour le stage France U20 Développement, puis pour le stage U20 de préparation au Tournoi des Six Nations. En club, il aligne également de très grosses performances avec les Espoirs isérois avec 5 essais en 7 matchs. À ce stade, il apparaît comme un candidat crédible à une première sélection durant la compétition.

 

L’une des côtes à suivre c’est celle d’Andrea Azzolin (2007 - RCT). Appelé en début de saison, un peu à la surprise générale, au stage France U20 de novembre – où il était le seul trois-quarts né en 2007 – il avait également été retenu pour la rencontre face à l’Afrique du Sud, sans toutefois entrer en jeu. Formé au Biarritz Olympique, il constituait avec Lukas Amati une paire de centres particulièrement redoutable lors de leur première année Crabos. Orphelin de son partenaire, parti au Stade Toulousain, Azzolin a néanmoins réalisé une saison 2024–2025 de très grande qualité avant de rejoindre cette année les Espoirs du RC Toulon, où il se montre particulièrement performant. Sur le plan du jeu, on est sur un premier centre capable d’évoluer à l’ouverture, dans un registre de 5/8e / playmaker. Excellent organisateur et animateur de ligne, il se distingue par une très forte capacité de distribution. Il possède l’ensemble des qualités associées à ce rôle : excellente qualité de passe, jeu au pied complet, capacité à buter, vision du jeu au-dessus de la moyenne, ainsi qu’une vraie aptitude à communiquer et à assumer un leadership vocal dans la ligne de trois-quarts. Sa force réside également dans sa capacité à exister dans le duel. Malgré un gabarit encore en construction, il s’appuie sur un bas du corps solide, de bons appuis et une vraie détermination pour attaquer la ligne. Des axes de progression demeurent, notamment sur le plan défensif, mais son potentiel global est évident. Au niveau fédéral, Andrea Azzolin est identifié depuis plusieurs saisons, avec des sélections au TOP 100 U16 et U18, puis cette année avec France U20 Développement et France U20, et ce malgré l’absence de sélection avec France U18. Déjà appelé à deux reprises en stage cette saison et titulaire avec France U20 Développement en novembre, il semble particulièrement apprécié par le staff Laborde. Une opportunité durant le Tournoi apparaît donc crédible, en fonction des besoins et des choix stratégiques. Il semble par ailleurs avoir marqué des points cette saison face à une concurrence directe pourtant dense, composée de profils comme Virgile Draux, Noham Valeu, Joan Notholan, Lukas Amati, Diego Mascarenc ou encore Alizio Iglesias.

 

Dans les joueurs appelés pour le Stage U20 Développement on retrouve le perpignanais Diego Mascarenc (2007 - USAP - 1m84, 92kg) qui est considéré comme un des très gros potentiel du centre de formation catalane. Il est sans doute le nom qui revient le plus régulièrement au sein de la génération 2007, aux côtés de Mayron Fahy. Dans les faits, son profil avait tout pour attirer des structures comme le Stade Toulousain ou Colomiers. Natif de Carcassonne, il débute le rugby à Villefranche-de-Lauragais avant d’évoluer à l’UA Saverdun, deux clubs réputés pour alimenter ces centres de formation. Il rejoint finalement l’USAP à l’âge de 15 ans, où ses performances en Alamercery puis en Crabos se révèlent particulièrement remarquées, au point de lui permettre de signer son premier contrat espoir professionnel. À 18 ans, 7 mois et 21 jours, Diego Mascarenc connaît sa première feuille de match avec les professionnels de l’USAP, face aux Lions de Johannesburg. « Je l’ai eu en Cadets Alamercery (à 15 ans) et je me suis immédiatement aperçu qu’il avait les qualités pour aller plus loin. J’avais d’ailleurs dit qu’il fallait garder un œil sur lui », confie Jacques-Louis Potgieter, entraîneur du jeu au pied de l’USAP. Issu d’une lignée rugby, il est le fils de Lionel Mascarenc, ancien joueur de l’US Carcassonne aux côtés de Mathieu Cidre et Nicolas Nadau, et le filleul de Fabrice Estebanez. Cette saison, il a fait ses premières armes avec les Espoirs, inscrivant six essais en dix matchs et assumant ponctuellement la responsabilité du tir au but. Depuis son arrivée à l’USAP, il est régulièrement intégré aux équipes de France jeunes, dernièrement avec France U20 Développement. Déjà en Crabos, il s’était imposé comme capitaine et sortait nettement du lot, tant sur le plan physique, où il était plus dense que la majorité des joueurs de son âge, que par son potentiel au poste de premier centre. S’il évolue principalement en n°12, il peut également tenir le n°13, voire dépanner à l’ouverture ou à l’arrière, postes qu’il a occupés épisodiquement dans les catégories inférieures si ma mémoire ne me fait pas défauts. Déjà solide physiquement, il se distingue par de très bons timings, un jeu au pied de qualité et une capacité à buter à très haut niveau. Ce que j’apprécie particulièrement dans son profil, c’est ce mix entre solidité physique, aptitude à être un playmaker et sa capacité à animer la ligne. Dans son registre, il peut être rapproché de profils comme Fraser Dingwall ou Cameron Redpath, avec en plus la corde du buteur à son arc. Si ce n’est pas cette année, il devrait un membre important de la rotation à N+1. 

 

Lui aussi convoqué avec France U20 Développement, même s’il n’a pas pu honorer sa sélection en raison d’une blessure, Alizio Iglesias (2007 - CR) constituait l’une des principales surprises de cette liste. À titre personnel, je connais encore relativement peu son profil, mais les éléments observés sont intéressants. Il s’agit d’un premier centre solide dans l’affrontement, capable de gagner ses duels et surtout de faire jouer après contact. Son développement est cohérent. Physiquement, il était déjà en avance lors de son passage en Crabos et, depuis son arrivée en Espoirs, il continue d’imposer une forme de domination, tout en parvenant à déployer du jeu autour de lui, ce qui enrichit son registre. Il n’a, en revanche, jamais été appelé avec les équipes de France jeunes ni convié aux rassemblements Générations Bleues auparavant, ce qui rend sa convocation en U20 Développement d’autant plus notable. La suite de son parcours reste à observer. Blessé depuis le mois de novembre, son retour et sa capacité à enchaîner constitueront des éléments déterminants pour la suite de sa trajectoire.

 

Appelé en remplaçement d’Alizio Iglesias, Martin Meyer (2007 - ASM) a grillé la priorité à de nombreux joueurs issus de France U18 la saison passée. Un choix révélateur de la confiance accordée à son profil par le staff. Arrivé à l’US Issoire en 2019 en provenance de l’école de rugby du RC Montaigut-Besse, il a évolué durant toute cette période en double licence avec l’ASM Clermont, où il s’est imposé comme titulaire dans l’ensemble des catégories qu’il a traversées. Il rejoint définitivement le club auvergnat en 2024. La saison dernière marque un véritable tournant dans sa trajectoire. Il est sacré champion de France Crabos à XV et à VII avec la génération dorée 2007–2008 de l’ASM, confirmant sa progression constante et sa fiabilité dans les rendez-vous importants. Capable d’évoluer au poste de n°12 comme à l’ouverture, Martin Meyer est un joueur construit sur le travail et la qualité technique. Il partageait d’ailleurs les rôles de 10 et de 12 en Crabos avec Juan Martin Montilla, dans un registre de jeu assez similaire, notamment par leur polyvalence et leur manière d’animer la ligne. À ce stade, Montilla apparaît toutefois comme le profil disposant du potentiel le plus élevé, avec un registre plus complet et un éventail de qualités plus large à l’instant T. Ses principales qualités résident dans son intelligence de jeu, son QI rugby élevé et une base technique solide, qui lui permettent d’être juste dans ses choix et pertinent dans l’animation. À ce stade, il apparaît davantage comme un profil destiné au cycle N+1, mais sa progression linéaire, sa fiabilité et sa capacité à répondre présent lorsqu’il est sollicité en font un joueur clairement à suivre dans la hiérarchie des centres / ouvreurs de sa génération. 

 

J’en ai déjà parlé chez les 3èmes lignes, mais le véritable trésor de guerre issu de la bataille Racing 92 / Stade Français sur le marché des jeunes se situe peut-être finalement au centre avec Virgile Draux. International France U18, Draux est un joueur capable d’évoluer aux deux postes de centre, mais également de dépanner à l’ouverture ou à l’arrière. Doté d’un gabarit supérieur à 1m90, il présente un profil élégant, avec de très belles attitudes, jouant buste haut et tête levée. Sa morphologie est particulièrement intéressante : grand, mais avec une structure qui devrait lui permettre de se densifier physiquement dans les années à venir. Sur le plan athlétique, il possède de réelles qualités lui permettant de faire des différences, aussi bien par ses jambes que par sa puissance sur le haut du corps, notamment grâce à un raffut très efficace qui lui permet de casser des plaques mais aussi de se mettre en position de force pour réussir des offloads. Attention toutefois à un travers identifié : une tendance à parfois trop “croquer”, par facilité, là où une meilleure continuité serait possible. L’un des points forts majeurs de son profil reste son jeu au pied, aussi bien dans le jeu courant que face aux perches, ce qui renforce considérablement sa valeur ajoutée dans une ligne arrière. S’il a réalisé une très bonne préparation estivale avec le groupe professionnel du Stade Français, son début de saison avec les Espoirs a été perturbé par plusieurs pépins physiques. Revenu dans le groupe sur les quatre dernières journées, il ne s’est pas encore totalement imposé dans la ligne de trois-quarts, où il doit faire face à la concurrence de Nollet et Bikaï-Combe. Ce début de saison haché l’a desservi sur le plan fédéral, puisqu’il n’a pas été retenu lors des rassemblements France U20 et France U20 Développement, alors même qu’il était un cadre de France U18 sur ses deux années. Son potentiel reste toutefois très élevé, dans un registre qui peut rappeler celui d’Oliver Cowie parmi les joueurs récemment passés par les U20 : grand centre polyvalent, élégant, doté d’un vrai jeu au pied et capacité à jouer pour lui et autour de lui. 

 

Membre de France U18, Joan Notolan (2007 - MHR - 1m85, 87kg) est un joueur qui, à l’image de Virgile Draux, subit aujourd’hui une concurrence fédérale très forte face à des profils émergents comme Azzolin, Mascarenc, Meyer ou Iglesias. Sa situation a également été compliquée par une blessure qui l’a privé du début de saison. Revenu seulement sur la fin de la phase aller du championnat Espoirs, il n’a disputé que trois rencontres à ce stade. Formé au RO Védasien – Mosson Coulazou, il a rejoint le MHR dès 2017. Il présente un profil assez compact, qui m’avait particulièrement intrigué lors du Festival des Six Nations U18. Par certains aspects de son jeu, il me rappelait Arthur Vincent au même âge. Défensivement, je l’avais trouvé très solide, notamment dans le duel homme à homme face à l’Italie et à l’Angleterre. Il affiche une vraie dureté sur l’homme, avec de nombreux plaquages dominants. Il avait certes commis une erreur de lecture ayant conduit au premier essai anglais, mais cet épisode n’efface pas la qualité globale de sa prestation défensive. Offensivement, Notolan m’avait semblé très juste dans ses placements et ses choix. Évoluant principalement en n°12, il s’était montré intéressant dans l’animation, avec une capacité à varier le jeu et à délivrer des passes pertinentes. Il possède également une bonne aptitude à faire vivre le ballon après contact, ce qui enrichit son registre. À ce stade, il convient de lui laisser du temps pour retrouver du rythme et de la continuité. Son profil reste intéressant, mais il semble sans doute encore un peu court pour prétendre au Tournoi des Six Nations cette saison.

 

Toujours chez les anciens de France U18 on trouve Noham Valeu (2007 - Racing 92 – 1m87, 86 kg). Arrivé au Racing 92 dès la catégorie U10 après avoir débuté le rugby à l’école de rugby de Poissy, il a traversé l’ensemble des catégories de la maison Ciel et Blanc jusqu’à son intégration chez les Espoirs cette saison. Valeu présente un profil physique très marqué, proche de celui d’un sprinteur, qui n’est pas sans rappeler celui de Tyrese Robin. Pur centre de formation, il s’agit d’un profil typé n°13, avant tout dangereux par la course, avec une vraie capacité à créer des breaks et une vitesse de pointe élevée. Membre de l’équipe de France U18, son parcours international a toutefois été contrasté. Lors de la rencontre face à l’Espagne, sa prestation avait nettement tranché avec celle de Robin. Le Racingman avait vécu un match très compliqué, sans jamais trouver la solution face à la paire Marsyniac / Sanchez, commettant notamment quatre fautes de main en une seule mi-temps, générant autant de turnovers préjudiciables. En revanche, il s’était montré beaucoup plus convaincant lors du match face à l’Italie. À cette occasion, il avait livré une prestation solide, laissant pleinement entrevoir ses qualités athlétiques, avec plusieurs courses tranchantes et une capacité à mettre la défense adverse sous pression. Cette saison, il fait partie de la nouvelle vague de jeunes joueurs lancés en Challenge Cup par Patrice Collazo. Il a ainsi connu ses premières minutes au niveau professionnel face aux Cheetahs lors de la dernière journée (8 minutes), une première exposition qui confirme qu’il reste bien identifié en interne.  

 

On conclut cette revue d’effectif chez les 2007 avec selon moi le joueur sous-côté de cette génération Lukas Amati. Je suis peut-être biaisé sur son sujet puisqu’il évolue au Stade mais je ne comprends le manque de considération de la Fédération sur son cas. 

 

Mentions Honorables : 

  • Antoinin Bikaï-Combe (2006 - SF) : Ex TOP 100 U16 & U17.
  • Mahé Salvi (2006 - STPR - 1m74, 92kg) : Ce Gersois d'origine de 1, 74 m pour 92 kg a toutes les qualités pour gagner sa place à des étages supérieurs que la Nationale. Malgré son jeune âge (19 ans) car c'est un joueur de caractère, un combattant infatigable aussi efficace en attaque qu'en défense. Il a disputé ces premières minutes en Nationale cette saison avec 4 feuilles de matchs. 
  • Louan Courtié (2007 - SP - 1m83, 80kg) : Champion d’Europe avec France 7 U18. 
  • Paco Scheibel (2007 - SR) : Ex-Top 100 U17, U16 et à VII. Champion d’Europe avec France 7 U18. 
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Il y a 9 heures, Godfather a dit :

CENTRES

 

Sur la génération 2006, deux profils se détachent assez nettement, même si les potentiels apparaissent globalement inférieurs à ceux des meilleures cuvées 2003 et 2005. Cette observation vaut également pour la densité globale de la génération. Le plus gros potentiel annoncé reste celui de Quentin Valentino (2006 – Section Paloise – 1m90, 91 kg). Quentin Valentino débute le rugby à l’âge de cinq ans sur les terrains du Rugby Olympique de Grasse. Après dix années de pratique, il rejoint le Stade Niçois, où il réalise ses premières performances marquantes. Sélectionné avec l’équipe de France U18 en 2023, il porte le maillot tricolore lors de la tournée d’été en Afrique du Sud, où il est élu MVP des Summer Series, puis lors du Festival des Six Nations U18 en 2024. Cette même année, il quitte la Côte d’Azur pour rejoindre le Béarn, intégrant le Centre de Formation de la Section Paloise. Dès son arrivée à Pau, il est intégré au groupe professionnel et dispute ses deux premiers matchs au niveau pro en Challenge Cup en 2024 (36 minutes). Cette saison, il a de nouveau profité de la Champions Cup pour engranger du temps de jeu et de l’expérience, avec quatre titularisations et a également connu ses premières minutes en Top 14 lors de la rencontre à Lyon. Sur le terrain, Valentino évolue principalement au poste de premier centre, dans un rôle de 5/8, où ses qualités techniques et athlétiques sont pleinement mises en valeur. Techniquement, il évolue à un niveau très élevé. Véritable triple menace – à la passe, au pied et ballon en main – il dispose d’un QI rugby et d’une vision du jeu largement au-dessus de la moyenne, prenant très rarement de mauvaises décisions. C’est un profil intéressant au centre du jeu, grand et costaud, capable d’absorber les contacts, de gagner la ligne d’avantage et d’agir comme un véritable régulateur du milieu de terrain. Dans son style, Quentin Valentino évoque Fabien Brau-Boirie : tête haute, regard porté loin, lignes de course très tranchantes. Il possède un peu moins de puissance brute que ce dernier, mais compense par une justesse tactique supérieure. C’est un décideur très fin. Très à l’aise balle en main, déjà mûr et sûr techniquement, il est capable de soulager et de relayer le n°10. De cette maturité découle un leadership naturel, lui permettant de dicter le jeu et le tempo. Malgré un profil défensif solide dans le plaquage, il peut encore progresser sur les tâches de l’ombre indispensables à la performance collective. Il reconnait de lui même un certain côté dilettante à ses débuts avec les professionnels de la Section. « Il faut le mettre sous pression. Quand c’est le cas, il est très bon », glisse Brandon Fajardo, qui avait repéré l’espoir lorsqu’il évoluait dans le staff de France U18, le qualifiant alors comme « l’un des meilleurs d’Europe de sa génération ». Ses axes de progression sont clairement identifiés, notamment sur la dimension physique et athlétique. Il souhaite développer sa masse tout en conservant mobilité et endurance : « J’essaie de m’améliorer en termes de rudesse physique, mais aussi sur la dimension athlétique, le fait de répéter les efforts et les tâches que demande le haut niveau, y compris à l’entraînement. ». Un travail qu’il mène avec en ligne de mire le modèle de Jordie Barrett, qu’il admire. 

 

Le second profil qui se détache dans cette génération 2006 est Adrien Drault (2006 – UBB – 1m82, 85–93 kg). Formé au RC Pimpine, il rejoint l’Union Bordeaux-Bègles en catégorie Cadets Gaudermen. Habitué des dispositifs fédéraux, il a pris part à l’ensemble des TOP 100, avant d’être sélectionné avec France U18 puis France U20 Développement. Cette saison marque un cap supplémentaire, puisqu’il a découvert à la fois France U20 et le Top 14, avec quatre feuilles de match au plus haut niveau. Capable d’évoluer aussi bien en premier qu’en second centre, Drault présente un gabarit compact et dense, associé à de réelles qualités athlétiques et à de bonnes aptitudes ballon en main. Il s’agit d’un joueur très complet, avec peu de points faibles clairement identifiables. À titre personnel, il m’est encore difficile de lui attribuer un véritable “facteur X” ou un “super-pouvoir”, mais sa grande force réside précisément dans sa justesse globale. Il joue juste en attaque, excelle dans le lien entre les cellules offensives et se montre particulièrement pertinent dans la continuité du jeu. C’est un joueur dynamique, qui anime très bien la ligne, avec une part d’instinct assumée dans ses prises de décision. Autre élément intéressant dans son profil : il dispose d’un jeu au pied de bon niveau pour un centre, et il est gaucher, un atout toujours appréciable dans les sorties de camp, les variations de jeu et les options tactiques. Défensivement, Drault est très solide. Il affiche une bonne lecture, de la rigueur dans le placement et une fiabilité dans le contact. Son potentiel de progression se situe davantage sur le plan du leadership, un domaine qu’il commence à investir mais qui peut encore être développé. Doté d’un tempérament posé et très travailleur, il évolue dans un environnement structurant. Couvé par des cadres comme Nicolas Depoortere et Yoram Moefana, il incarne clairement l’avenir de l’UBB au poste de centre. À moyen terme, il s’avance comme un candidat crédible à un rôle majeur au sein de la ligne de trois-quarts française pour le tournoi. Sa complémentarité potentielle avec Quentin Valentino constitue d’ailleurs l’un des sujets les plus intéressants à suivre pour la suite de ce cycle.

 

Derrière ces deux profils majeurs de la génération 2006, on retrouve le Bayonnais Bastien Rasal (2006 – Aviron Bayonnais – 1m83, 83 kg). Disclaimer nécessaire ici : c’est un joueur que je connais encore assez peu et sur lequel je n’ai pas, à ce stade, un a priori particulièrement positif au regard des quelques observations que j’ai pu faire, notamment face au Stade Toulousain. Cela reste néanmoins une lecture partielle, qui demande à être complétée dans le temps. Bastien Rasal est formé au FC Oloron entre 2011 et 2018. Il rejoint ensuite l’Entente Aramits–Asasp dès la catégorie U14, avant d’intégrer la Section Paloise en Gaudermen, puis l’Aviron Bayonnais en Crabos. Son parcours témoigne d’une progression régulière au sein des structures du Sud-Ouest. Sur le plan fédéral, il s’agit d’un profil identifié à la fois à XV et à VII. Il a notamment été sélectionné avec France U20 Développement en fin d’année, preuve qu’il reste suivi par les staffs nationaux. À noter également qu’il est capable de dépanner à l’aile si nécessaire. Sur le terrain, Rasal évolue principalement au poste de second centre, avec la capacité de dépanner en premier centre. Je le définirais comme un joueur assez complet, doté d’une palette technique intéressante et d’un sens du jeu qui lui permet d’être régulièrement bien placé. Il dispose d’un bon raffut, d’appuis intéressants et d’une certaine capacité à se sortir des situations de duel. Son gabarit reste toutefois relativement léger pour le poste, ce qui peut poser question à plus haut niveau. À ce stade, je ne suis pas encore totalement convaincu mais je reste ouvert à l’idée d’être surpris à l’avenir de par la côté qu’il a auprès de la fédération. 

 

Derrière ce premier groupe, la hiérarchie apparaît moins établie et se heurte surtout à une concurrence extrêmement dense chez les 2007, ce qui complique mécaniquement les perspectives à court terme pour certains profils 2006. On peut néanmoins évoquer le cas de Pierre Ourtaud Cren (2006 – Castres Olympique). Ce second centre, capable d’évoluer ponctuellement en premier centre, est un habitué des rassemblements fédéraux. Il a en effet suivi l’intégralité du parcours classique des équipes de France jeunes, aussi bien à XV qu’à VII : rassemblements Générations Bleues, France U18, puis France U20 Développement. Malgré ce pedigree, il semble aujourd’hui en retrait dans la hiérarchie fédérale et club depuis désormais deux saisons. S’il n’a pas encore connu de minutes en professionnel, Ourtaud Cren fait pleinement partie du groupe pro du Castres Olympique et a notamment pris part aux matchs de préparation estivale dans le Tarn. En parallèle, il est un titulaire indiscutable de l’une des meilleures équipes Espoirs de la saison. Sur le plan statistique, il s’est montré productif avec 4 essais inscrits, soit le meilleur total de son équipe à égalité avec Colin Dupuy et Alfred Mouandjo, un autre profil que j’apprécie particulièrement. Sur le plan morphologique et athlétique, on est sur un gabarit compact, qui n’est pas sans rappeler celui de Gatien Massé. Il dispose déjà d’un bas du corps bien développé et d’un haut du corps plus avancé que certains profils de la même génération, notamment Rasal. Athlétiquement, c’est un joueur explosif, doté de bons appuis et capable de faire des différences sur les premiers mètres. Ses axes de progression sont néanmoins identifiés. Il doit encore franchir un cap sur le plan défensif, notamment dans la régularité et la qualité de ses lectures, ainsi que dans sa compréhension globale du jeu mais également d’enrichir sa palette de joueur.

 

On peut évoquer le lyonnais Dorian Diabou (2006 - LOU - 1m91, 109kg). C’est un garçon encore un peu sous les radars mais qui possède un profil intéressant. Au club depuis l'âge de 5 ans (2011), Dorian Diabou est un modèle de persévérance et d'ascension au LOU Rugby. Aussi bien centre qu'ailier, il impressionne par ses qualités athlétiques qui font de lui un joueur à part entière. Puissant et véloce, il est un des éléments majeurs des espoirs depuis la saison dernière. Malgré son poids annoncé, on est sur un garçon avec une grosse marge de progression sur la masse musculaire notamment sur le haut du corps. Je suis assez curieux de voir son développement dans les années à venir. Il a un profil qui peut rappeler celui de Noah Nene mais avec moins de qualité athlétique. Capable d’évoluer en N°12 et en N°13. 

 

Avec Gabriel Bon (2006 - UBB - 1m91, 90) on n’est sans doute pas face au plus gros potentiel brut du contingent français, mais c’est un joueur très sérieux, fiable et doté de vraies qualités rugbystiques. Formé à Soyaux-Angoulême, il rejoint le CABBG en première année Crabos. Il est également champion d’Europe U18 à VII avec l’équipe de France. Ce n’est pas un feu follet, mais un joueur pertinent, solide et constant dans son rendement. Il possède une bonne vitesse, se distingue par une défense très fiable, et affiche une excellente sécurité sur les ballons hauts, un vrai point fort dans son profil. Polyvalent, il est capable d’évoluer au poste de deuxième centre comme à l’aile, dans un registre qui peut rappeler par certains aspects Pablo Uberti. Dans le marasme collectif des Espoirs bordelais cette saison, il a clairement été le trois-quarts le plus performant derrière. Sur le plan physique, son gabarit et son rapport puissance/mobilité évoquent un profil assez proche de Nicolas Depoortere. Au niveau fédéral, son parcours est déjà bien rempli : France U18 à VII, France U20 Développement, rassemblement Génération Bleue U18 en 2024, ainsi qu’une participation au stage Académie Olympique à VII. Un joueur qui ne fait pas de bruit, mais très structuré, qui coche beaucoup de cases dans une projection moyen terme.

 

On peut aussi évoquer des garçons plus en retrait comme Bastien Massé qui est un profil intéressant de la génération 2006. Ancien joueur passé par les dispositifs TOP 100, il a été sacré champion de France Crabos avec le CA Brive. Évoluant principalement au poste de n°13, il se distingue par sa vitesse et son explosivité. Il s’est imposé comme un titulaire régulier avec les Espoirs et a, dans le même temps, intégré à plein temps les entraînements avec l’équipe première, signe d’une considération croissante en interne. Au centre du terrain, son registre est davantage celui d’un joueur de duel que d’un pur démolisseur malgré un gabarit solide. Il aime attaquer les espaces, provoquer les défenses et aller chercher le décalage plutôt que le choc frontal. Un profil porté sur le jeu et la rupture, à suivre dans sa transition vers le niveau professionnel. 

On peut aussi mentionner un joueur comme Téo Hirschler (2006 - BO). Téo Hirschler constitue le troisième élément du trio biarrot aux côtés d’Andrea Azzolin et de Lukas Amati. Joueur polyvalent, il est capable d’évoluer sur l’ensemble des postes allant du n°10 au n°13, ce qui lui confère une vraie valeur ajoutée dans la construction d’une ligne arrière. Son profil est avant tout créatif. Il dispose d’un très bon jeu au pied, aussi bien dans l’animation que face aux perches, et présente une vraie capacité à organiser le jeu et à faire jouer autour de lui. Après une première saison Espoirs jugée convaincante, il a toutefois été freiné cette année par des blessures, ce qui a limité sa continuité et son exposition. Sur le plan fédéral, il n’a pas été appelé avec France U18 en compétition, mais a en revanche été convoqué à l’ensemble des rassemblements Générations Bleues de U16 à U18, signe d’un profil identifié et suivi sur la durée. 

Enfin, Stefan Darricau (2006 - SM - 1m83, 77kg) est également un profil qui émerge du côté des Landes. Formé à l’Avenir Aturin, il a rejoint le Stade Montois en 2020 et évolue aujourd’hui principalement au poste de centre. Son parcours illustre bien le fait que l’engagement et le sérieux finissent par payer. On est ici sur un profil de 5/8e, davantage organisateur que finisseur. Il joue pour les autres, fait vivre le ballon et structure le jeu autour de lui. Son gabarit relativement léger l’oriente naturellement vers un registre d’évitement et de création, plutôt que vers un rôle d’attaquant de ligne capable de servir de point de fixation. Cette saison, il a disputé quatre rencontres professionnelles pour un total de 134 minutes, une exposition intéressante compte tenu de son statut. En revanche, il n’a pour l’instant jamais été appelé avec les équipes de France jeunes ni convié aux rassemblements Générations Bleues, ce qui le situe clairement en loins dans le ranking fédéral à court terme, malgré une trajectoire club intéressante. Enfin je doit nommer. 

 

Chez les 2007, on est face à une génération particulièrement intrigante, riche en profils et en potentiels à suivre de très près. Il s’agit d’un groupe qui a énormément évolué au cours des trois dernières saisons, depuis les premières sélections U18 lors des International Summer Series jusqu’aux stages France U20 et France U20 Développement de cette saison avec l’émergence de nouveaux joueurs. 

 

Le très gros candidat c’est le polyvalent second centre et ailier Timéo Frier (2007 - ASM). Je le positionne ici au centre même si le projet du côté de l’ASM Clermont est clairement d’en faire un ailier à moyen terme, poste auquel il a été essayé en club et avec France U20 Développement. Il évolué à l’ouverture et en premier centre en Crabos du côté du CSBJ. Timéo Frier est le fils de Julien Frier, capitaine emblématique et troisième ligne valeureux des grandes années du CSBJ passé également par le FC Grenoble et Beaurepaire. International avec France A, il a remporté le Challenge Européen et a été finaliste du Championnat de France en 1997. Timéo a été formé au CS Bourgoin-Jallieu au sein d’une génération dorée, avec laquelle il a notamment décroché un titre en U18 Nationaux aux côtés de son coéquipier Axel Guillaud. Il commence le rugby très jeune et supporte très tôt l’ASM Clermont. Jouer pour ce club constituait un véritable objectif personnel. Malgré l’intérêt de plusieurs clubs de Pro D2 et de Top 14, il n’a jamais hésité, comme l’expliquait son père dans une interview. Arrivé en Auvergne cette saison, il ne met pas longtemps à se faire remarquer. Après quelques apparitions avec les Espoirs, il intègre rapidement les rotations entre le centre de formation et le groupe professionnel. À seulement 18 ans, il connaît ses premiers pas en Top 14, avec une première apparition du côté de Bayonne. Depuis, il a figuré sur six feuilles de match, dont trois en Champions Cup, avec deux titularisations face aux Sharks et à Sale (195 minutes total). Il avait d’ailleurs livré une performance très remarquée face aux Anglais. Lorsqu’il n’est pas avec les pros, il domine avec les Espoirs clermontois où il surnage dans l’un des meilleurs effectifs de France avec six essais inscrits en sept matchs. Grand, longiligne et très rapide, Timéo Frier présente un profil qui rappelle fortement Nicolas Depoortere au même âge. C’est probablement celui qui s’en rapproche le plus d’ailleurs. Dans une projection à l’aile, son registre évoque également Grégoire Arfeuil. C’est un joueur qui met énormément d’envie, très actif dans le jeu. Défensivement, il affiche une vraie hargne et un état d’esprit irréprochable, sans doute hérité en partie de son père. Capable d’attaquer les intervalles, sa vitesse et sa dextérité constituent de véritables atouts. Il excelle également dans le jeu aérien. Associées à la qualité de son jeu au pied, ces caractéristiques expliquent pourquoi le staff clermontois réfléchit sérieusement à un repositionnement durable à l’aile, en phase avec l’évolution actuelle du jeu. Il devra continuer à progresser de manière globale et fournir un important travail physique — comparable à celui réalisé par Depoortere — s’il souhaite s’installer durablement au centre. Les prémices sont clairement très prometteuses. S’il n’a pas fréquenté les rassemblements Générations Bleues ni les équipes de France jeunes jusqu’ici, il a déjà été appelé avec France U20 Développement. S’il n’est pas retenu par l’ASM durant le Tournoi, il devrait a minima connaître une première sélection. 

 

Derrière Frier on commence par l’un de mes profils favoris qui ne disputera pas le Tournoi : Baptiste Lenoir (2007 – Provence Rugby). Véritable symbole et porte-drapeau de Provence Rugby, il est au club depuis les U7 et a naturellement porté de ce fait le maillot du PARC. Son parcours est exemplaire et profondément ancré dans le projet provençal. Passé par l’ensemble des rassemblements Générations Bleues de U16 à U18, il est également international U18 et fait partie des plus forts potentiels nationaux à son poste. Il avait manqué le Festival des Six Nations l’an dernier après s’être blessé face à la Géorgie en match de préparation, une absence qui avait alors profité à Noham Valeu (2007 – Racing 92). Il était toutefois du stage U20 Développement avec une titularisation face au Pays-de-Galles. Son enthousiasme, sa capacité de travail, ses jambes très explosives et son QI rugby ont séduit l’ensemble de ses entraîneurs du côté d’Aix. C’est un joueur très complet, doté d’une vraie capacité à jouer juste et à faire jouer ses partenaires. Capable d’évoluer indifféremment en n°12 ou en n°13, il présente un profil qui me plaît particulièrement par l’équilibre entre ses qualités techniques et physiques. Il dispose encore d’une marge de progression sur le plan physique, ce qui est parfaitement normal à son âge, même s’il a déjà réalisé un travail conséquent dans ce domaine afin de se préparer aux exigences du monde professionnel, notamment en s’affûtant pour intégrer la rotation de Provence Rugby. Le Provençal aurait dû être du Tournoi, mais s’est malheureusement blessé à l’entraînement juste avant le stage U20 pour lequel il avait été convoqué. Cette blessure devrait l’éloigner des terrains pendant environ deux mois. Malgré son jeune âge, il a déjà disputé cinq rencontres de PRO D2, dont quatre titularisations (304 minutes), au sein d’une rotation provençale particulièrement dense, comprenant notamment Inga Finau, George North, Pierre Lucas, Guillaume Galletier, ainsi que des profils polyvalents comme Mathias Colombet ou Setareki Bituniyata. S’imposer et exister dans un tel contexte constitue un marqueur très fort de son potentiel. S’il parvient à poursuivre sur la lancée de son excellent début de saison après son retour de blessure, Baptiste Lenoir apparaît comme un candidat très sérieux à la Coupe du monde U20, où son profil pourrait pleinement s’exprimer.

 

Derrière Lenoir, Tyrese Robin (2007 – FCG) est l’une des très belles promesses de la génération 2007 au poste de deuxième centre. Le Grenoblois s’apparente à une véritable petite bombe, tant ses qualités athlétiques et sa vitesse sont au-dessus de la moyenne. Très explosif, il correspond parfaitement au profil d’Outside Strike Runner : menace sur les extérieurs, finisseur, capacité à créer des breaks, vitesse de pointe élevée, appuis secs, offload, lignes de course agressives, soutien permanent et aptitude à exploiter les mismatches. Sur le plan du développement, des axes de progression demeurent. Il doit encore gagner en maîtrise technique, en compréhension globale du jeu et progresser défensivement, notamment dans ses lectures et dans le duel homme à homme. Ses qualités physiques naturelles devant lui permettre d’être plus efficient sur ces points. Capable d’évoluer à l’aile, il représente également un type de profil susceptible de glisser vers ce poste à mesure que sa carrière avance, s’il ne parvient pas à stabiliser certains aspects de son jeu au centre. En termes de comparaison, son registre présente des similitudes avec des profils à la Jordan Joseph, notamment dans sa capacité à faire des différences sur le premier pas et à attaquer les espaces. Sur le plan fédéral, Tyrese Robin a fréquenté l’ensemble des dispositifs TOP 100, aussi bien à XV qu’à VII. Cette saison, il a été convoqué pour le stage France U20 Développement, puis pour le stage U20 de préparation au Tournoi des Six Nations. En club, il aligne également de très grosses performances avec les Espoirs isérois avec 5 essais en 7 matchs. À ce stade, il apparaît comme un candidat crédible à une première sélection durant la compétition.

 

L’une des côtes à suivre c’est celle d’Andrea Azzolin (2007 - RCT). Appelé en début de saison, un peu à la surprise générale, au stage France U20 de novembre – où il était le seul trois-quarts né en 2007 – il avait également été retenu pour la rencontre face à l’Afrique du Sud, sans toutefois entrer en jeu. Formé au Biarritz Olympique, il constituait avec Lukas Amati une paire de centres particulièrement redoutable lors de leur première année Crabos. Orphelin de son partenaire, parti au Stade Toulousain, Azzolin a néanmoins réalisé une saison 2024–2025 de très grande qualité avant de rejoindre cette année les Espoirs du RC Toulon, où il se montre particulièrement performant. Sur le plan du jeu, on est sur un premier centre capable d’évoluer à l’ouverture, dans un registre de 5/8e / playmaker. Excellent organisateur et animateur de ligne, il se distingue par une très forte capacité de distribution. Il possède l’ensemble des qualités associées à ce rôle : excellente qualité de passe, jeu au pied complet, capacité à buter, vision du jeu au-dessus de la moyenne, ainsi qu’une vraie aptitude à communiquer et à assumer un leadership vocal dans la ligne de trois-quarts. Sa force réside également dans sa capacité à exister dans le duel. Malgré un gabarit encore en construction, il s’appuie sur un bas du corps solide, de bons appuis et une vraie détermination pour attaquer la ligne. Des axes de progression demeurent, notamment sur le plan défensif, mais son potentiel global est évident. Au niveau fédéral, Andrea Azzolin est identifié depuis plusieurs saisons, avec des sélections au TOP 100 U16 et U18, puis cette année avec France U20 Développement et France U20, et ce malgré l’absence de sélection avec France U18. Déjà appelé à deux reprises en stage cette saison et titulaire avec France U20 Développement en novembre, il semble particulièrement apprécié par le staff Laborde. Une opportunité durant le Tournoi apparaît donc crédible, en fonction des besoins et des choix stratégiques. Il semble par ailleurs avoir marqué des points cette saison face à une concurrence directe pourtant dense, composée de profils comme Virgile Draux, Noham Valeu, Joan Notholan, Lukas Amati, Diego Mascarenc ou encore Alizio Iglesias.

 

Dans les joueurs appelés pour le Stage U20 Développement on retrouve le perpignanais Diego Mascarenc (2007 - USAP - 1m84, 92kg) qui est considéré comme un des très gros potentiel du centre de formation catalane. Il est sans doute le nom qui revient le plus régulièrement au sein de la génération 2007, aux côtés de Mayron Fahy. Dans les faits, son profil avait tout pour attirer des structures comme le Stade Toulousain ou Colomiers. Natif de Carcassonne, il débute le rugby à Villefranche-de-Lauragais avant d’évoluer à l’UA Saverdun, deux clubs réputés pour alimenter ces centres de formation. Il rejoint finalement l’USAP à l’âge de 15 ans, où ses performances en Alamercery puis en Crabos se révèlent particulièrement remarquées, au point de lui permettre de signer son premier contrat espoir professionnel. À 18 ans, 7 mois et 21 jours, Diego Mascarenc connaît sa première feuille de match avec les professionnels de l’USAP, face aux Lions de Johannesburg. « Je l’ai eu en Cadets Alamercery (à 15 ans) et je me suis immédiatement aperçu qu’il avait les qualités pour aller plus loin. J’avais d’ailleurs dit qu’il fallait garder un œil sur lui », confie Jacques-Louis Potgieter, entraîneur du jeu au pied de l’USAP. Issu d’une lignée rugby, il est le fils de Lionel Mascarenc, ancien joueur de l’US Carcassonne aux côtés de Mathieu Cidre et Nicolas Nadau, et le filleul de Fabrice Estebanez. Cette saison, il a fait ses premières armes avec les Espoirs, inscrivant six essais en dix matchs et assumant ponctuellement la responsabilité du tir au but. Depuis son arrivée à l’USAP, il est régulièrement intégré aux équipes de France jeunes, dernièrement avec France U20 Développement. Déjà en Crabos, il s’était imposé comme capitaine et sortait nettement du lot, tant sur le plan physique, où il était plus dense que la majorité des joueurs de son âge, que par son potentiel au poste de premier centre. S’il évolue principalement en n°12, il peut également tenir le n°13, voire dépanner à l’ouverture ou à l’arrière, postes qu’il a occupés épisodiquement dans les catégories inférieures si ma mémoire ne me fait pas défauts. Déjà solide physiquement, il se distingue par de très bons timings, un jeu au pied de qualité et une capacité à buter à très haut niveau. Ce que j’apprécie particulièrement dans son profil, c’est ce mix entre solidité physique, aptitude à être un playmaker et sa capacité à animer la ligne. Dans son registre, il peut être rapproché de profils comme Fraser Dingwall ou Cameron Redpath, avec en plus la corde du buteur à son arc. Si ce n’est pas cette année, il devrait un membre important de la rotation à N+1. 

 

Lui aussi convoqué avec France U20 Développement, même s’il n’a pas pu honorer sa sélection en raison d’une blessure, Alizio Iglesias (2007 - CR) constituait l’une des principales surprises de cette liste. À titre personnel, je connais encore relativement peu son profil, mais les éléments observés sont intéressants. Il s’agit d’un premier centre solide dans l’affrontement, capable de gagner ses duels et surtout de faire jouer après contact. Son développement est cohérent. Physiquement, il était déjà en avance lors de son passage en Crabos et, depuis son arrivée en Espoirs, il continue d’imposer une forme de domination, tout en parvenant à déployer du jeu autour de lui, ce qui enrichit son registre. Il n’a, en revanche, jamais été appelé avec les équipes de France jeunes ni convié aux rassemblements Générations Bleues auparavant, ce qui rend sa convocation en U20 Développement d’autant plus notable. La suite de son parcours reste à observer. Blessé depuis le mois de novembre, son retour et sa capacité à enchaîner constitueront des éléments déterminants pour la suite de sa trajectoire.

 

Appelé en remplaçement d’Alizio Iglesias, Martin Meyer (2007 - ASM) a grillé la priorité à de nombreux joueurs issus de France U18 la saison passée. Un choix révélateur de la confiance accordée à son profil par le staff. Arrivé à l’US Issoire en 2019 en provenance de l’école de rugby du RC Montaigut-Besse, il a évolué durant toute cette période en double licence avec l’ASM Clermont, où il s’est imposé comme titulaire dans l’ensemble des catégories qu’il a traversées. Il rejoint définitivement le club auvergnat en 2024. La saison dernière marque un véritable tournant dans sa trajectoire. Il est sacré champion de France Crabos à XV et à VII avec la génération dorée 2007–2008 de l’ASM, confirmant sa progression constante et sa fiabilité dans les rendez-vous importants. Capable d’évoluer au poste de n°12 comme à l’ouverture, Martin Meyer est un joueur construit sur le travail et la qualité technique. Il partageait d’ailleurs les rôles de 10 et de 12 en Crabos avec Juan Martin Montilla, dans un registre de jeu assez similaire, notamment par leur polyvalence et leur manière d’animer la ligne. À ce stade, Montilla apparaît toutefois comme le profil disposant du potentiel le plus élevé, avec un registre plus complet et un éventail de qualités plus large à l’instant T. Ses principales qualités résident dans son intelligence de jeu, son QI rugby élevé et une base technique solide, qui lui permettent d’être juste dans ses choix et pertinent dans l’animation. À ce stade, il apparaît davantage comme un profil destiné au cycle N+1, mais sa progression linéaire, sa fiabilité et sa capacité à répondre présent lorsqu’il est sollicité en font un joueur clairement à suivre dans la hiérarchie des centres / ouvreurs de sa génération. 

 

J’en ai déjà parlé chez les 3èmes lignes, mais le véritable trésor de guerre issu de la bataille Racing 92 / Stade Français sur le marché des jeunes se situe peut-être finalement au centre avec Virgile Draux. International France U18, Draux est un joueur capable d’évoluer aux deux postes de centre, mais également de dépanner à l’ouverture ou à l’arrière. Doté d’un gabarit supérieur à 1m90, il présente un profil élégant, avec de très belles attitudes, jouant buste haut et tête levée. Sa morphologie est particulièrement intéressante : grand, mais avec une structure qui devrait lui permettre de se densifier physiquement dans les années à venir. Sur le plan athlétique, il possède de réelles qualités lui permettant de faire des différences, aussi bien par ses jambes que par sa puissance sur le haut du corps, notamment grâce à un raffut très efficace qui lui permet de casser des plaques mais aussi de se mettre en position de force pour réussir des offloads. Attention toutefois à un travers identifié : une tendance à parfois trop “croquer”, par facilité, là où une meilleure continuité serait possible. L’un des points forts majeurs de son profil reste son jeu au pied, aussi bien dans le jeu courant que face aux perches, ce qui renforce considérablement sa valeur ajoutée dans une ligne arrière. S’il a réalisé une très bonne préparation estivale avec le groupe professionnel du Stade Français, son début de saison avec les Espoirs a été perturbé par plusieurs pépins physiques. Revenu dans le groupe sur les quatre dernières journées, il ne s’est pas encore totalement imposé dans la ligne de trois-quarts, où il doit faire face à la concurrence de Nollet et Bikaï-Combe. Ce début de saison haché l’a desservi sur le plan fédéral, puisqu’il n’a pas été retenu lors des rassemblements France U20 et France U20 Développement, alors même qu’il était un cadre de France U18 sur ses deux années. Son potentiel reste toutefois très élevé, dans un registre qui peut rappeler celui d’Oliver Cowie parmi les joueurs récemment passés par les U20 : grand centre polyvalent, élégant, doté d’un vrai jeu au pied et capacité à jouer pour lui et autour de lui. 

 

Membre de France U18, Joan Notolan (2007 - MHR - 1m85, 87kg) est un joueur qui, à l’image de Virgile Draux, subit aujourd’hui une concurrence fédérale très forte face à des profils émergents comme Azzolin, Mascarenc, Meyer ou Iglesias. Sa situation a également été compliquée par une blessure qui l’a privé du début de saison. Revenu seulement sur la fin de la phase aller du championnat Espoirs, il n’a disputé que trois rencontres à ce stade. Formé au RO Védasien – Mosson Coulazou, il a rejoint le MHR dès 2017. Il présente un profil assez compact, qui m’avait particulièrement intrigué lors du Festival des Six Nations U18. Par certains aspects de son jeu, il me rappelait Arthur Vincent au même âge. Défensivement, je l’avais trouvé très solide, notamment dans le duel homme à homme face à l’Italie et à l’Angleterre. Il affiche une vraie dureté sur l’homme, avec de nombreux plaquages dominants. Il avait certes commis une erreur de lecture ayant conduit au premier essai anglais, mais cet épisode n’efface pas la qualité globale de sa prestation défensive. Offensivement, Notolan m’avait semblé très juste dans ses placements et ses choix. Évoluant principalement en n°12, il s’était montré intéressant dans l’animation, avec une capacité à varier le jeu et à délivrer des passes pertinentes. Il possède également une bonne aptitude à faire vivre le ballon après contact, ce qui enrichit son registre. À ce stade, il convient de lui laisser du temps pour retrouver du rythme et de la continuité. Son profil reste intéressant, mais il semble sans doute encore un peu court pour prétendre au Tournoi des Six Nations cette saison.

 

Toujours chez les anciens de France U18 on trouve Noham Valeu (2007 - Racing 92 – 1m87, 86 kg). Arrivé au Racing 92 dès la catégorie U10 après avoir débuté le rugby à l’école de rugby de Poissy, il a traversé l’ensemble des catégories de la maison Ciel et Blanc jusqu’à son intégration chez les Espoirs cette saison. Valeu présente un profil physique très marqué, proche de celui d’un sprinteur, qui n’est pas sans rappeler celui de Tyrese Robin. Pur centre de formation, il s’agit d’un profil typé n°13, avant tout dangereux par la course, avec une vraie capacité à créer des breaks et une vitesse de pointe élevée. Membre de l’équipe de France U18, son parcours international a toutefois été contrasté. Lors de la rencontre face à l’Espagne, sa prestation avait nettement tranché avec celle de Robin. Le Racingman avait vécu un match très compliqué, sans jamais trouver la solution face à la paire Marsyniac / Sanchez, commettant notamment quatre fautes de main en une seule mi-temps, générant autant de turnovers préjudiciables. En revanche, il s’était montré beaucoup plus convaincant lors du match face à l’Italie. À cette occasion, il avait livré une prestation solide, laissant pleinement entrevoir ses qualités athlétiques, avec plusieurs courses tranchantes et une capacité à mettre la défense adverse sous pression. Cette saison, il fait partie de la nouvelle vague de jeunes joueurs lancés en Challenge Cup par Patrice Collazo. Il a ainsi connu ses premières minutes au niveau professionnel face aux Cheetahs lors de la dernière journée (8 minutes), une première exposition qui confirme qu’il reste bien identifié en interne.  

 

On conclut cette revue d’effectif chez les 2007 avec selon moi le joueur sous-côté de cette génération Lukas Amati. Je suis peut-être biaisé sur son sujet puisqu’il évolue au Stade mais je ne comprends le manque de considération de la Fédération sur son cas. 

 

Mentions Honorables : 

  • Antoinin Bikaï-Combe (2006 - SF) : Ex TOP 100 U16 & U17.
  • Mahé Salvi (2006 - STPR - 1m74, 92kg) : Ce Gersois d'origine de 1, 74 m pour 92 kg a toutes les qualités pour gagner sa place à des étages supérieurs que la Nationale. Malgré son jeune âge (19 ans) car c'est un joueur de caractère, un combattant infatigable aussi efficace en attaque qu'en défense. Il a disputé ces premières minutes en Nationale cette saison avec 4 feuilles de matchs. 
  • Louan Courtié (2007 - SP - 1m83, 80kg) : Champion d’Europe avec France 7 U18. 
  • Paco Scheibel (2007 - SR) : Ex-Top 100 U17, U16 et à VII. Champion d’Europe avec France 7 U18. 

J'ai oublié aussi un garçon que j'aime bien mais qui est uniquement passé le VII avec qui il est champion d'Europe U18 c'est Nathan Pozin (2006 - FCG - 1M78, 90kg). Un profil que j'aime beaucoup de petite bombe avec un physique trapu. Il est très identifié dans le parcours à VII et pourrait à termes intégrer le squad France 7 après être déjà passé par la case Barbarians durant le Supersevens. Il effectue une très bonne saison du côté de l'Isère avec 5 essais en 8 matchs. Il fait également partie du groupe professionnel grenoblois depuis maintenant presque 1 an. 

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Et il fallait bien que ça arrive : à force de réécrire mon post, j’ai tout simplement oublié Lukas Amati (2007 – Stade Toulousain – 1m87*, 92kg*). Jeune trois-quarts centre né en 2007, Lukas Amati a été formé au Bidart Union Club entre 2012 et 2021 avant de rejoindre le Biarritz Olympique jusqu’en 2024. Il a quitté le Pays basque la saison passée pour intégrer le Stade Toulousain, où il évolue désormais en Espoirs tout en intégrant le Centre de Formation. La saison dernière, il a été l’un des joueurs les plus marquants du championnat Crabos, avec une production statistique rare pour un centre : 197 points inscrits, 11 essais, 16 pénalités et 47 transformations en 16 matchs. À noter que ses mensurations réelles me semblent légèrement inférieures aux valeurs communiquées.

 

C’est probablement le meilleur centre chez les Espoirs du Stade Toulousain cette saison. Il évolue principalement au poste de numéro 12, avec la capacité de dépanner à l’ouverture si nécessaire. Dans une ligne arrière, il agit comme une véritable tour de contrôle, un catalyseur du jeu qui donne du sens aux séquences, stabilise l’animation et permet aux autres profils de s’exprimer dans de bonnes conditions. Son registre se situe clairement entre celui d’un five-eighth et d’un 12 hybride moderne. C’est un joueur très complet, capable de porter le ballon dans le duel, de distribuer, de défendre, et d’apporter une vraie plus-value au pied. Sa grande force réside dans sa polyvalence fonctionnelle : il adapte son rôle en fonction des phases, du tempo et du plan tactique, sans désorganiser la structure collective. Sa prise de décision est globalement très juste, alternant course, passe ou jeu au pied sur lecture en temps réel. Il combine un équilibre intéressant entre solidité physique et qualités techniques, avec de bonnes mains, une vraie vision du jeu et une conscience tactique marquée. Son jeu au pied est particulièrement utile pour sanctionner une montée agressive ou activer des espaces par de petits coups par-dessus ou des rasants, même s’il utilise moins cette arme en Espoirs.

 

Au-delà de son rôle de centre, Amati peut également se comporter comme un vrai deuxième ouvreur, offrant un second point de décision dans la ligne et soulageant le numéro 10. Il comprend bien les organisations défensives, sait jouer avec la vitesse de montée et manipuler la ligne adverse. Il participe à l’orientation du jeu et possède une bonne conscience spatiale pour fixer, créer des intervalles et déclencher des déséquilibres. Cette dimension de “5/8” se retrouve aussi dans sa capacité à buter à très haut niveau. Il est également doté de vraies qualités athlétiques et de puissance. Il possède un bon raffut et un bas du corps solide, ce qui lui permet d’être explosif sur ses appuis. C’est ce qui en fait une véritable triple menace. Il reste encore perfectible, notamment en termes de confiance et de leadership. Il doit continuer à s’imposer, prendre davantage d’initiatives et ne pas toujours se cantonner à un rôle de facilitateur. J’aimerais le voir s’appuyer encore plus sur ses qualités physiques pour peser davantage par le duel et le défi, car il en a clairement les capacités. Les fondations sont là ; reste à voir jusqu’où il pourra monter le curseur.

 

Son développement physique pourrait l’amener à se rapprocher de profils physique comme Owen Farrell ou Jordie Barrett. Enfin, malgré un parcours fédéral existant avec des sélections en TOP 100 U16 et U17 ainsi qu’à VII, Lukas Amati reste étonnamment un peu boudé au niveau fédéral et n’a encore jamais été appelé en équipe de France jeunes. À mon sens, c’est un joueur qui mérite davantage de considération et dont la situation me rappelle un peu celle de Cowie l'an dernier.

 

*Je pense que les mensurations sont légèrement inférieures à la vérité.

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Tournoi des Six Nations moins 20 ans 2026 : Albuisson, l’âge n’est qu’un numéro

 
 
À 17 ans, Auguste Albuisson bouscule les cases. Talent précoce, déjà aperçu avec les pros et appelé pour le Tournoi des Six Nations, le Racingman file plus vite que son ombre. Surclassé, certes. Précipité, jamais. Car derrière l’ascension fulgurante, un projet pensé au millimètre, entre club et Fédération.

Dans le rugby français, on aime les trajectoires rectilignes, les étapes balisées, les parcours sages. Auguste Albuisson, lui, a décidé de couper à travers champs. Dix-sept printemps, pas encore le bac en poche, et déjà des matchs de Coupe d’Europe dans les jambes, une dotation tricolore sur les épaules et des entraînements au milieu des grands. De quoi faire tourner les têtes.

Lui garde les pieds au sol. « À l’école je suis dans ma classe, je ne suis pas surclassé donc ça va », sourit-il. La boutade dit tout : le garçon sépare les mondes sans les opposer. Sur le terrain, en revanche, il vit à une autre vitesse. « Ça va de plus en plus vite. Je me compare maintenant aux joueurs de cette classe d’âge alors qu’avant c’était avec ceux de ma génération. Donc c’est génial. » Génial, mais exigeant. Les corps sont plus denses, l’expérience plus lourde. « Il y a des moments où tu es là physiquement, mais les mecs sont encore plus gros, encore plus forts… ». Alors Auguste apprend, observe, engrange. Les séances avec les pros l’ont transformé. « Si je n’avais pas fait ces entraînements, ça n’aurait pas été pareil. J’ai pris de l’expérience, je me sens plus à l’aise. »

Un mois à peine a suffi pour faire basculer sa jeune carrière : premier match en professionnel, puis convocation avec les Bleuets pour préparer le Six Nations moins 20 ans. « Il y a six mois, je n’aurais jamais imaginé ça. Mais je n’ai pas beaucoup de pression. Je prends tout ce qu’on me donne. » Perfectionniste assumé, il avoue parfois se la mettre tout seul, « mais c’est grâce à ça que j’avance ».

Si Albuisson brûle les étapes, ce n’est pas par précipitation mais par construction. Au Racing 92 comme à la Fédération, on parle d’une seule voix : adapter le parcours au joueur, et non l’inverse. « Auguste est en avance sur le rugby, mais aussi très bon scolairement et autonome », explique Sylvain Bouthier, Directeur du Haut-Niveau au centre de formation du club. « Notre rôle, c’est de l’accompagner pour qu’il ait un double parcours harmonieux : des objectifs sportifs clairs, mais aussi des repères scolaires solides. »

Car le phénomène a beau enchaîner les temps de passage, le baccalauréat reste une ligne majeure sur sa feuille de route. « On attend de lui des performances au bac, une mention, une bonne orientation Parcoursup. Le rugby ne doit pas écraser l’école. » D’où une gestion fine des calendriers. Les entraînements avec les pros, les stages en équipe de France, les cours à rattraper : tout se discute, se coordonne, s’ajuste. « Le dialogue avec la Fédération est très intéressant. On veille à ne pas lui imposer une charge trop lourde. L’idée n’est pas d’aller trop vite, mais d’aller juste. »

C’est là toute la philosophie du surclassement : stimuler sans brûler. « Le talent n’a pas d’âge », rappelle Sylvain Bouthier. « Les joueurs s’entraînent de mieux en mieux de plus en plus jeunes. À nous d’être vigilants : quand tout va bien, c’est facile. Il y aura aussi des moments plus compliqués, et on sera là pour ça. » Au sein des Bleuets, le discours est le même. Pour le manager Cédric Laborde, la présence d’Albuisson n’a rien d’un coup de projecteur gratuit. « Il était avec les moins de 18 ans l’été dernier en Afrique du Sud. Aujourd’hui, il s’entraîne avec les pros, il a joué en Coupe d’Europe. L’idée, c’est de lui faire gagner du temps, à son rythme, parce qu’il est en avance par rapport à d’autres. »

Pas question de lui faire tout faire trop tôt. « On construit des programmes individuels. On lui donne ce dont il a besoin, pas plus. Ce stage avec les moins 20 ans, c’est pour l’évaluer, le stimuler, le confronter à un niveau supérieur. » La synergie entre club et Fédération apparaît comme une évidence. « C’est gagnant-gagnant », assure Bouthier. « Qu’Auguste évolue dans différents environnements, qu’il joue des matchs à enjeux, c’est fondamental pour sa progression. » À écouter les acteurs, une conviction se dégage : Auguste Albuisson n’est pas un pion qu’on déplace, mais le cœur du système. « On adapte vraiment le parcours aux besoins du joueur. Il n’y a pas de côté linéaire, pas de case obligatoire à cocher », résume l’intéressé lui-même, avec une maturité désarmante.

Le rugby moderne fabrique des athlètes de plus en plus tôt. Mais le cas Albuisson rappelle qu’un talent, pour éclore, a besoin d’un écosystème. De confiance, de patience, d’équilibre. Et d’un peu d’audace aussi. « J’adore changer de niveau, découvrir des mecs plus forts que moi. Ça me stimule », confie le troisième ligne. À l’évidence, la limite n’est pas pour demain. Et si le rugby français tenait là l’un de ses prochains grands noms ? L’avenir le dira. Lui, en attendant, avance. Sans se presser. Mais sans jamais se freiner.

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J'ai une question un peu chauvine @Godfather, sur la liste pour le premier match, aucun petit Toulousain chez les 3/4, ça s'explique comment, des raisons particulières, ou juste chez cette génération, il y a meilleur qu'eux pour le moment ? 

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Il y a 21 heures, romtonik a dit :

Tournoi des Six Nations moins 20 ans 2026 : Albuisson, l’âge n’est qu’un numéro

 
À 17 ans, Auguste Albuisson bouscule les cases. Talent précoce, déjà aperçu avec les pros et appelé pour le Tournoi des Six Nations, le Racingman file plus vite que son ombre. Surclassé, certes. Précipité, jamais. Car derrière l’ascension fulgurante, un projet pensé au millimètre, entre club et Fédération.

Dans le rugby français, on aime les trajectoires rectilignes, les étapes balisées, les parcours sages. Auguste Albuisson, lui, a décidé de couper à travers champs. Dix-sept printemps, pas encore le bac en poche, et déjà des matchs de Coupe d’Europe dans les jambes, une dotation tricolore sur les épaules et des entraînements au milieu des grands. De quoi faire tourner les têtes.

Lui garde les pieds au sol. « À l’école je suis dans ma classe, je ne suis pas surclassé donc ça va », sourit-il. La boutade dit tout : le garçon sépare les mondes sans les opposer. Sur le terrain, en revanche, il vit à une autre vitesse. « Ça va de plus en plus vite. Je me compare maintenant aux joueurs de cette classe d’âge alors qu’avant c’était avec ceux de ma génération. Donc c’est génial. » Génial, mais exigeant. Les corps sont plus denses, l’expérience plus lourde. « Il y a des moments où tu es là physiquement, mais les mecs sont encore plus gros, encore plus forts… ». Alors Auguste apprend, observe, engrange. Les séances avec les pros l’ont transformé. « Si je n’avais pas fait ces entraînements, ça n’aurait pas été pareil. J’ai pris de l’expérience, je me sens plus à l’aise. »

Un mois à peine a suffi pour faire basculer sa jeune carrière : premier match en professionnel, puis convocation avec les Bleuets pour préparer le Six Nations moins 20 ans. « Il y a six mois, je n’aurais jamais imaginé ça. Mais je n’ai pas beaucoup de pression. Je prends tout ce qu’on me donne. » Perfectionniste assumé, il avoue parfois se la mettre tout seul, « mais c’est grâce à ça que j’avance ».

Si Albuisson brûle les étapes, ce n’est pas par précipitation mais par construction. Au Racing 92 comme à la Fédération, on parle d’une seule voix : adapter le parcours au joueur, et non l’inverse. « Auguste est en avance sur le rugby, mais aussi très bon scolairement et autonome », explique Sylvain Bouthier, Directeur du Haut-Niveau au centre de formation du club. « Notre rôle, c’est de l’accompagner pour qu’il ait un double parcours harmonieux : des objectifs sportifs clairs, mais aussi des repères scolaires solides. »

Car le phénomène a beau enchaîner les temps de passage, le baccalauréat reste une ligne majeure sur sa feuille de route. « On attend de lui des performances au bac, une mention, une bonne orientation Parcoursup. Le rugby ne doit pas écraser l’école. » D’où une gestion fine des calendriers. Les entraînements avec les pros, les stages en équipe de France, les cours à rattraper : tout se discute, se coordonne, s’ajuste. « Le dialogue avec la Fédération est très intéressant. On veille à ne pas lui imposer une charge trop lourde. L’idée n’est pas d’aller trop vite, mais d’aller juste. »

C’est là toute la philosophie du surclassement : stimuler sans brûler. « Le talent n’a pas d’âge », rappelle Sylvain Bouthier. « Les joueurs s’entraînent de mieux en mieux de plus en plus jeunes. À nous d’être vigilants : quand tout va bien, c’est facile. Il y aura aussi des moments plus compliqués, et on sera là pour ça. » Au sein des Bleuets, le discours est le même. Pour le manager Cédric Laborde, la présence d’Albuisson n’a rien d’un coup de projecteur gratuit. « Il était avec les moins de 18 ans l’été dernier en Afrique du Sud. Aujourd’hui, il s’entraîne avec les pros, il a joué en Coupe d’Europe. L’idée, c’est de lui faire gagner du temps, à son rythme, parce qu’il est en avance par rapport à d’autres. »

Pas question de lui faire tout faire trop tôt. « On construit des programmes individuels. On lui donne ce dont il a besoin, pas plus. Ce stage avec les moins 20 ans, c’est pour l’évaluer, le stimuler, le confronter à un niveau supérieur. » La synergie entre club et Fédération apparaît comme une évidence. « C’est gagnant-gagnant », assure Bouthier. « Qu’Auguste évolue dans différents environnements, qu’il joue des matchs à enjeux, c’est fondamental pour sa progression. » À écouter les acteurs, une conviction se dégage : Auguste Albuisson n’est pas un pion qu’on déplace, mais le cœur du système. « On adapte vraiment le parcours aux besoins du joueur. Il n’y a pas de côté linéaire, pas de case obligatoire à cocher », résume l’intéressé lui-même, avec une maturité désarmante.

Le rugby moderne fabrique des athlètes de plus en plus tôt. Mais le cas Albuisson rappelle qu’un talent, pour éclore, a besoin d’un écosystème. De confiance, de patience, d’équilibre. Et d’un peu d’audace aussi. « J’adore changer de niveau, découvrir des mecs plus forts que moi. Ça me stimule », confie le troisième ligne. À l’évidence, la limite n’est pas pour demain. Et si le rugby français tenait là l’un de ses prochains grands noms ? L’avenir le dira. Lui, en attendant, avance. Sans se presser. Mais sans jamais se freiner.

 

Albuisson sera convocable en TOP 14 a partir du 10 Mars 2026

Baret A partir du 24 fevrier 2026

Mendes a partir de la saison prochaine 2026/2027

Modifié par romtonik
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il y a 46 minutes, romtonik a dit :

 

Albuisson sera convocable en TOP 14 a partir du 10 Mars 2026

Baret A partir du 24 fevrier 2026

Mendes a partir de la saison prochaine 2026/2027

Et de combien d'années on va avancer leur fin de carrière ? 

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il y a une heure, thorvic a dit :

Et de combien d'années on va avancer leur fin de carrière ? 

 

Je comprends, ton inquietude. Mais leur precocité est gage de qualité a mon échelle.  Cette génration 2008 promet

avec Albuisson Baret Mendes Tafili ou autres Manach Favreau Lagneau Brosset Tambo

Modifié par romtonik
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il y a 11 minutes, romtonik a dit :

 

Je comprends, ton inquietude. Mais leur precocité est gage de qualité a mon échelle.  Cette génration 2008 promet

avec Albuisson Baret Mendes Tafili ou autres Manach Favreau Lagneau Brosset Tambo

Haddad aussi promettait bcp au moment de son double surclassement en u20.

 

Tatafu prend un beau chemin aussi.

 

Parfois c'est bien de laisser le temps au jeunes pousses de pousser et se développer à leur rythme.

 

Les cadences infernales ça brisent les hommes et les corps, dans tout les domaines.

Alors une activité aussi traumatisante pour le corps que le rugby... C'est jouer à la roulette russe avec des ados/jeunes adultes ( je trouve ).

 

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le zèbre aux courges
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il y a 11 minutes, thorvic a dit :

Haddad aussi promettait bcp au moment de son double surclassement en u20.

 

Tatafu prend un beau chemin aussi.

 

Parfois c'est bien de laisser le temps au jeunes pousses de pousser et se développer à leur rythme.

 

Les cadences infernales ça brisent les hommes et les corps, dans tout les domaines.

Alors une activité aussi traumatisante pour le corps que le rugby... C'est jouer à la roulette russe avec des ados/jeunes adultes ( je trouve ).

 

Sauf que si tu ne les fais pas jouer dès 18 ans, ils vont voir ailleurs. Peut etre 5 joueurs au minimum vont quitter le centre de formation du cab rien que cette année. 

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il y a 12 minutes, le zèbre aux courges a dit :

Sauf que si tu ne les fais pas jouer dès 18 ans, ils vont voir ailleurs. Peut etre 5 joueurs au minimum vont quitter le centre de formation du cab rien que cette année. 

Y compris des joueurs ayant joué non ? 

le zèbre aux courges
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il y a 1 minute, thorvic a dit :

Y compris des joueurs ayant joué non ? 

Certains oui. Mais en prenant le temps. Trop à leur goût. 

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il y a 25 minutes, le zèbre aux courges a dit :

Certains oui. Mais en prenant le temps. Trop à leur goût. 

Je ne  connais pas les dossiers donc pas a l'abris que je sorte une saucisse, mais tu penses que c'est le.manque de temps de jeu qui les fait partir,

 

Ou 

 

-Le flou au niveau du plan de jeu, de l'organigramme, ( combien de coach en 3 ans au CAB ? ), celui les chapeautai part avec la Géorgie non ? 

-Le fait que le club ai montré la voie en vendant des contrat pour faire des sous?

 

le zèbre aux courges
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il y a 8 minutes, thorvic a dit :

Je ne  connais pas les dossiers donc pas a l'abris que je sorte une saucisse, mais tu penses que c'est le.manque de temps de jeu qui les fait partir,

 

Ou 

 

-Le flou au niveau du plan de jeu, de l'organigramme, ( combien de coach en 3 ans au CAB ? ), celui les chapeautai part avec la Géorgie non ? 

-Le fait que le club ai montré la voie en vendant des contrat pour faire des sous?

 

Un peu de tout. C'est sûr que l'absence de manager joue. Pour la vente des contrats, on a vendu 2 apres 3 ans chez les pros. Et carbo ne voulait pas resigner donc il fallait profiter de la vente du contrat vu que les indemnités de formation sont ridicules. Ferte, c'est plus un donnant donnant. Vu qu'on vend carbo, on le vent aussi pour services rendus. Mais de manière générale, les jeunes sont très impatients. 

Chez les jeunes, au contraire, très grande stabilité dans les staffs et bonnet qui chapeaute un peu tout le secteur du centre de formation.

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il y a 10 minutes, le zèbre aux courges a dit :

Un peu de tout. C'est sûr que l'absence de manager joue. Pour la vente des contrats, on a vendu 2 apres 3 ans chez les pros. Et carbo ne voulait pas resigner donc il fallait profiter de la vente du contrat vu que les indemnités de formation sont ridicules. Ferte, c'est plus un donnant donnant. Vu qu'on vend carbo, on le vent aussi pour services rendus. Mais de manière générale, les jeunes sont très impatients. 

Chez les jeunes, au contraire, très grande stabilité dans les staffs et bonnet qui chapeaute un peu tout le secteur du centre de formation.

Au temps pour moi alors . 

 

Je pensais que c'était broncan qui était chargé de faire la passerelle entre cdf et groupe pro, et que son départ vers la Géorgie avait provoqué des turbulences.

le zèbre aux courges
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à l’instant, thorvic a dit :

Au temps pour moi alors . 

 

Je pensais que c'était broncan qui était chargé de faire la passerelle entre cdf et groupe pro, et que son départ vers la Géorgie avait provoqué des turbulences.

Il a occupé un peu ce rôle pendant 6 mois lorsque darricarere était manager en début de saison. Faire le lien entre les jeunes et les pro mais trop court pour juger. Il n'est pas parti intégrante du cdf. 

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Il y a 11 heures, Fafou a dit :

J'ai une question un peu chauvine @Godfather, sur la liste pour le premier match, aucun petit Toulousain chez les 3/4, ça s'explique comment, des raisons particulières, ou juste chez cette génération, il y a meilleur qu'eux pour le moment ? 

Llaveria fait face à une très grosse concurrence et des blessures cette saison. Au centre, Lukas Amati est boudé au niveau fédéral et c'est un 2007. Gil, Nemor et Alary c'est comme Llaveria il y a du monde. Mirande ce sera sur le prochain cycle. 

Modifié par Godfather
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AILIER 

 

DISCLAIMER : Joachim Senga-Kouo est chez les arrières

 

On est, là encore, face à un groupe extrêmement dense, riche en profils et en potentiel. Parmi les joueurs de la génération 2006 envisageables pour le Tournoi, huit ont déjà connu des feuilles de match professionnelles, du Top 14 à la Nationale en passant par la Pro D2. 

 

Déjà présent lors du cycle précédent, Tom Levêque (2006 – Aviron Bayonnais – 1m84, 80 kg) s’impose comme un candidat évident pour le Tournoi. Le jeune ailier longiligne bayonnais avait intégré la rotation dès la 3e et la 4e journée de la compétition l’an dernier, inscrivant notamment un essai face à l’Irlande. Des performances qui ont visiblement convaincu le staff des Bleuets, puisqu’il est ensuite devenu le titulaire indiscutable du poste lors de la Coupe du monde U20. Il a pris part aux cinq rencontres, avec quatre titularisations consécutives de la première journée jusqu’à la demi-finale face aux All Blacks U20. Il a marqué – au sens propre comme au figuré – ce premier cycle par son efficacité, avec quatre essais inscrits en sept matchs disputés. Cette période a également mis en lumière ses qualités d’endurance, avec un profil de véritable marathonien, capable de maintenir un très haut niveau d’activité quel que soit le moment du match, mais aussi d’enchaîner les rencontres à haute intensité sans baisse notable de rendement. Il s’est rapidement distingué par son dynamisme, sa vitesse et sa capacité d’adaptation au niveau U20. Ses performances sous le maillot tricolore ont confirmé le potentiel identifié par les staffs bayonnais et fédéral. Sa progression constante en fait aujourd’hui l’un des joueurs les plus suivis de sa génération. Il a d’ailleurs participé à l’ensemble des rendez-vous du parcours équipe de France, aussi bien à XV qu’à VII. À mes yeux, c’est davantage un ailier de rupture qu’un ailier de pur duel. Il affiche un très bon QI rugby, une vraie science du placement et un sens du jeu qui lui permet de sentir les bons coups, de breaker régulièrement et d’être souvent à la finition. Il va vite, possède une accélération intéressante et des appuis efficaces. Il est globalement sûr sous les ballons hauts, même si, techniquement, il peut encore progresser dans ce secteur – un point qui concerne, au demeurant, une large majorité des ailiers français. Défensivement, c’est un joueur qui ne se cache pas et se montre plutôt efficace, même s’il dispose encore d’une marge de progression, notamment dans la régularité de ses interventions. Une fois tous ces éléments posés, je m’interroge personnellement sur son véritable plafond. Son niveau actuel est très intéressant en U20, mais j’ai encore du mal à projeter précisément jusqu’où il pourra aller sur le long terme. Je ne suis pas certain que son plafond soit extrêmement éloigné, mais il dispose encore d’une marge de progression sur la dimension physique, qui pourrait lui permettre de franchir un cap sur le plan athlétique, voire dans le jeu courant, en se donnant davantage de marge de manœuvre dans le un contre un. Aujourd’hui, son profil me rappelle énormément celui d’un Mathis Lebel avec les mêmes interrogations. 

 

Le profil le plus expérimenté est sans doute l’Agenais Dylan Cazemajou-Noudofinin (2006 – SU Agen – 1m83, 84 kg), également présenté comme l’un des plus gros potentiels de cette classe d’âge. Annoncé depuis longtemps comme l’un des joyaux de la formation du club d’Armandie, Dylan débute le rugby dès l’âge de quatre ans à l’Union Sportive Canton de Pouyastruc (2010–2018). Il passe ensuite deux saisons au RC Queyrannais (2018–2020), où ses performances lui ouvrent les portes des cadets Alamercery du SU Agen. À partir de là, sa progression vers le haut niveau s’accélère nettement. À 18 ans, il connaît ses deux premières titularisations en Pro D2 (79 minutes). Cette saison, il s’impose comme un élément fort de la rotation agenaise, avec 10 rencontres disputées, dont 8 titularisations, au cours desquelles il a montré de nombreuses qualités et de vraies promesses, malgré une certaine frustration liée à l’absence de statistiques offensives. Une frustration récemment levée lors de sa dernière titularisation, où il a enfin inscrit l’essai qui venait confirmer les impressions laissées jusque-là. Au total, il cumule désormais 812 minutes de jeu au niveau professionnel. Sur le plan du profil, Dylan Cazemajou-Noudofinin peut rappeler, par certains aspects, des joueurs comme Gaël Dréan, Rio Dyer ou Bautista Delguy. C’est un garçon discret, qui ne fait pas de bruit et parle peu, mais qui se distingue par un sérieux irréprochable et des qualités athlétiques de tout premier plan, notamment en termes de vitesse. Rapide, doté d’un bon jeu au pied, adroit sous les ballons hauts, solide en défense et imprévisible près de la ligne, Dylan est aussi un chasseur d’essais opportuniste, capable de sentir les coups et de conclure au bon moment. J’apprécie aussi sa volonté de dézoner régulièrement pour venir chercher des ballons en dehors de son aile. Sur le plan fédéral, il a franchi l’ensemble des paliers : présent dans tous les dispositifs TOP 100, international français U18 à XV et à VII, puis France U20 Développement. À ce stade, il s’avance comme l’un des candidats numéro 1 pour une titularisation à l’ouverture du Tournoi.

 

Toujours en Pro D2, le deuxième joueur le plus expérimenté de la génération 2006 à ce niveau est Paul Cellio-Zwiler (2006 - AIX). Formé au Pélirugby XV puis au Sporting Club Salonais, il rejoint la filière de formation de Provence Rugby en 2021. Sa trajectoire s’est nettement accélérée en fin de saison dernière, lorsqu’il a profité de l’hécatombe dans la ligne de trois-quarts provençale pour intégrer la rotation professionnelle. Il a ainsi pris part à huit rencontres, dont le barrage face à Soyaux-Angoulême, au cours duquel il a inscrit son premier essai chez les pros. Cette saison, il a été titularisé à trois reprises, dans un contexte de concurrence très dense à son poste avec des profils comme Lapègue, Drouet, Tui, Bituniyata ou Bouhedjeur. En parallèle, avec les Espoirs Accession, il a littéralement explosé, inscrivant neuf essais en cinq rencontres, ce qui témoigne d’un rendement offensif très élevé. Sur le plan du profil, Cellio-Zwiler est un ailier qui sent très bien le jeu. Il dispose d’une excellente lecture des situations, sait se placer au bon endroit au bon moment et se montre être un finisseur redoutable. Il ne s’agit pas d’un monstre physique, et il convient de le préciser. On est davantage sur un ailier longiligne, qui devra continuer à se densifier pour franchir un palier supplémentaire, d’autant plus qu’il ne possède pas les qualités de vitesse hors normes de profils comme Dréan, Ferté ou Louis Bielle-Biarrey. En revanche, il affiche une réelle capacité à casser les plaquages, avec une vraie volonté d’évitement et des appuis très intéressants. On note notamment très peu de déperdition de vitesse dans ses changements de direction, ce qui constitue un indicateur très positif à ce niveau. En termes de vitesse pure et d’accélération, il se situe pleinement dans les standards attendus pour un ailier candidat à France U20 sur le Tournoi des Six Nations : un joueur rapide, équilibré et solide sur ses appuis. Ses qualités n’ont pas échappé à la fédération, avec des passages répétés dans les dispositifs TOP 100, mais également un titre de champion d’Europe U18 à VII. Il a été convoqué aux deux stages France U20 de la saison, ce qui ancre clairement son profil parmi les candidats sérieux pour le Tournoi. À titre personnel, j’ai encore un peu de mal à situer précisément son plancher et son plafond de performance à moyen terme. Son rendement actuel est très intéressant, mais sa capacité à franchir durablement le cap du très haut niveau dépendra essentiellement de son évolution physique et de sa constance face à l’intensité internationale.

 

On revient en Top 14 avec un joueur que je suis de très près depuis un moment : Charly Mignot (2006 - LOU - 1m72, 82kg). Le Lyonnais s’inscrit dans une lignée rugby bien identifiée, puisqu’il est le cousin de Xavier et Pierre Mignot, mais aussi le neveu de Julien Bonnaire et de Laurent Mignot, ancien coach du CS Bourgoin-Jallieu. Formé au CSBJ et à Saint-Savin, il est repéré par le LOU dès 2020 et intègre progressivement le projet lyonnais. Sur le plan du profil, on est sur un ailier de petit format (1m72, 82 kg), mais particulièrement intéressant. C’est typiquement le genre de joueur qui “fait kiffer” par son intelligence de jeu. Il est notamment très performant sur les ballons hauts, avec un excellent sens du timing, malgré un gabarit a priori défavorable dans ce secteur. Très dynamique, véritable chasseur d’essais, il se montre également agressif en défense et très solide en un contre un. Ces qualités lui permettent même de dépanner au centre, en dépit de mensurations limitées pour le poste. Il possède de grosses qualités défensives sur l’homme, appuyées par un physique déjà bien développé pour son gabarit, notamment sur le bas du corps, avec une morphologie qui n’est pas sans rappeler celle de Shane Williams. Sur le plan fédéral, Charly Mignot a été sélectionné dans l’ensemble des dispositifs Générations Bleues. Il avait réalisé des performances très intéressantes lors des International Summer Series et du Festival des Six Nations U18 avec France U18. Freiné par quelques pépins physiques la saison passée, il n’avait pas réussi à afficher le rendement nécessaire pour intégrer France U20 Développement à ce moment-là. Désormais revenu à son meilleur niveau, il a été convoqué avec France U20 cette saison. Il a également connu sa première feuille de match en Challenge Cup, ponctuée par un essai, confirmant sa capacité à répondre présent dans un contexte de haut niveau. À ce stade, Charly Mignot apparaît clairement comme l’un des gros candidats pour le Tournoi, avec un profil différent mais très complémentaire au reste du groupe.

 

Toujours en Top 14, il est difficile de passer à côté de celui que beaucoup considèrent comme le plus gros potentiel de la génération 2006 : Melvyn Rates  (2006 - MHR - 1m80, 79kg). Ancien joueur du VRDR puis du FC Grenoble, Rates correspond parfaitement au profil de l’ailier “sur ressort”, dont le plafond dépendra largement de sa capacité à franchir un cap sur le plan physique ou à réussir à trouver son spot avec ce physique. S’il parvient à connaître une progression comparable à celle d’un Lebel, tout en conservant ses qualités naturelles, il pourra clairement prétendre au très, très haut niveau. Arraché par le MHR lors de l’intersaison 2025, alors qu’il avait pourtant prolongé jusqu’en 2026 avec Grenoble, il était déjà considéré comme l’un des joyaux du centre de formation isérois. Il avait d’ailleurs été surclassé en Espoirs dès sa deuxième année Crabos. À l’image de Charly Mignot, sa trajectoire avait été freinée par des blessures la saison passée, mais preuve de la cote très élevée dont il bénéficiait, il avait tout de même obtenu une sélection lors du dernier Tournoi face à l’Italie, ponctuée par un essai et une prestation très aboutie. Cette saison, il a découvert le monde professionnel avec quatre apparitions, dont trois titularisations, inscrivant un essai en Top 14 et en Challenge Cup, confirmant sa capacité à exister immédiatement à ce niveau. Capable d’évoluer aussi bien à l’aile qu’à l’arrière, Rates présente un profil qui rappelle fortement, sur le plan physique, celui de Hoani Bosmorin. Il est capable de casser les défenses, d’être très efficace dans les un-contre-un et possède des appuis capables de rendre fous n’importe quels adversaires. Athlétiquement, il est extrêmement impressionnant et, à la manière d’un Ferté, il affiche une vraie capacité à casser le premier plaquage. L’influence du rugby à VII est clairement perceptible dans son jeu. Il faut également souligner ses qualités de finisseur, comme en témoignent ses statistiques au FCG : +30 essais en à peine moins de 50 matchs sur trois saisons, un rendement particulièrement élevé. Sur le plan fédéral, Melvyn Rates est clairement fléché vers le très haut niveau, aussi bien à XV qu’à VII. Il s’est notamment installé sur les radars après ses performances de très haut niveau lors du Festival U18. Des axes de progression demeurent, en particulier sur la défense et la lecture du jeu, mais son plancher de performance est déjà très élevé. Il dispose en outre d’un jeu au pied intéressant, avec une longueur appréciable pour son poste. Sauf blessure, il apparaît aujourd’hui comme un candidat très sérieux pour occuper l’aile gauche ou le poste d’arrière lors du Tournoi.

 

On peut aussi évoquer notre paire toulousaine composé de Mathis Gil (2006 - ST - 1m82, 80kg) et Jérémy Nemor (2006 - ST). On peut également évoquer la paire toulousaine composée de Mathis Gil et Jérémy Nemor, deux profils 2006 aux trajectoires parallèles mais aux registres très différents.  Mathis Gil débute le rugby au Séméac Olympique avant de rejoindre le Stado Tarbes Pyrénées Rugby, puis le Stade Toulousain en 2020. Il est sacré champion de France Crabos en 2023, une saison qui lui permet d’intégrer le TOP 100 U18, tout en obtenant son BPJEPS APT. Sa progression régulière et cohérente en fait rapidement un élément fiable du groupe Espoirs, au point d’intégrer le Centre de Formation du Stade Toulousain. La saison 2025–2026 marque une étape importante dans son parcours : il s’entraîne désormais avec le groupe professionnel et effectue ses débuts en Top 14 lors de la 10ᵉ journée, à Sapiac, face à Montauban. Il a également été convoqué pour le stage France U20 du mois de novembre. Jérémy Nemor, de son côté, découvre le rugby à Villefranche-de-Lauragais puis à Balma avant de rejoindre le Stade Toulousain en 2020. Son explosivité et sa vitesse le propulsent rapidement parmi les profils les plus en vue de sa génération, avec des sélections dans les dispositifs TOP 100. Champion de France Crabos en 2023, il est retenu avec l’équipe de France U18 pour la tournée en Afrique du Sud, puis remporte le Championnat d’Europe à VII avec les Bleuets. Lors de la saison 2024–2025, il devient un élément important de l’effectif Espoirs, disputant 16 rencontres pour 1 046 minutes de jeu, et terminant deuxième meilleur marqueur de l’équipe avec 10 essais. Il participe également à la tournée des Îles Britanniques avec France U20 Développement. Intégré lui aussi au Centre de Formation, il franchit un nouveau cap en 2025–2026 en s’entraînant avec le groupe professionnel et en disputant ses premières minutes en Top 14 lors de la 14ᵉ journée, au stade Aimé-Giral, face à Perpignan.

Sur le plan du profil, Nemor correspond clairement à un registre Donguy / Ambadiang. Il dispose d’un gabarit intéressant, d’une explosivité et de qualités de vitesse au-dessus de la moyenne. Ce potentiel physique est inné et ne s’apprend pas ; en revanche, c’est dans les autres dimensions qu’il doit progresser. Contrairement à certaines lectures, je ne suis pas totalement d’accord avec l’idée qu’il serait faible défensivement : il y a du progrès dans le placement et l’engagement, même si l’inconstance demeure. En revanche, techniquement, il reste encore très perfectible. Nemor est encore brut, parfois irrégulier, capable d’être dévastateur en un contre un grâce à son « gaz », mais aussi de vendanger plusieurs prises de balle simples dans un même match. Avec un travail mental et de la répétition, ces défauts peuvent être gommés. Dans un scénario optimal, son plafond pourrait l’amener vers un profil à la Teddy Thomas, capable de faire basculer un match sur des éclairs. Mathis Gil, à l’inverse, est un meilleur joueur de rugby à l’instant T. Il présente un QI rugby supérieur, une meilleure maîtrise des bases du poste et une constance nettement plus élevée. Ses qualités athlétiques sont réelles, même si son physique reste plus léger (1m82, 80 kg) et constitue encore un axe de progression. Il n’a pas le facteur X physique de Nemor, mais il compense par une compréhension du jeu plus fine, une meilleure lecture des situations et une polyvalence intéressante, capable d’évoluer à l’arrière, à l’aile ou au centre. Si Gil disposait des aptitudes physiques de Nemor, la discussion serait tout autre. En résumé, Nemor présente le plafond le plus élevé grâce à ses qualités athlétiques hors normes, mais avec un plancher encore instable. Gil, lui, offre un profil plus fini, plus fiable et plus constant, avec un plafond peut-être inférieur mais une base beaucoup plus solide. Ils seront à suivre de très près dans le cadre des sélections U20 cette saison afin pour Mathis Gil d’évaluer sa place réelle dans la hiérarchie nationale chez les 2006 et pour Nemor de confirmer qu’il peut transformer son potentiel brut en impact régulier au plus haut niveau.

 

Pas très loin, du côté du voisin tarnais, on retrouve l’un des derniers diamants à polir issus de la formation massicoise avec Alfred Mouandjo (2006 – Castres Olympique). Le polyvalent ailier / deuxième centre a rejoint le CO cet été en provenance de Massy. Formé à l’Entente Goussainville-Gonesse, il a connu une trajectoire peu commune, débutant en Nationale à seulement 18 ans. Il y a disputé huit rencontres, dont trois comme titulaire, une première exposition au rugby senior conclue de manière très marquante par un triplé lors de la dernière journée face à Tarbes. Pur produit de la formation francilienne, également passé par Suresnes, il n’est apparu sur les radars fédéraux que relativement tard, décrochant toutefois un titre de champion d’Europe U18 à VII, preuve d’un potentiel athlétique déjà identifié. Sur le plan morphologique, on n’est pas sur un profil longiligne mais plutôt sur un joueur trapus, dense et extrêmement explosif. Typiquement le type de joueur ultra chiant à plaquer. Arrivé à Massy en 2019, il tape très rapidement dans l’œil de Djamel Houchène, qui ne tarit pas d’éloges à son sujet. « C’est un super joueur, avec des qualités physiques au-dessus de la moyenne. Il a le profil d’un vrai duelliste : dur à plaquer, avec de très bons appuis. Je n’aime pas trop utiliser le terme “facteur X”, mais c’est clairement le genre de joueur capable de débloquer une situation à tout moment. En Crabos déjà, c’était un garçon qui traversait le terrain. Au-delà du joueur, j’ai surtout adoré l’homme. C’est quelqu’un qui a toujours le sourire et qui nous a apporté une vraie fraîcheur, aussi bien physique que mentale. » Son profil évoque clairement celui d’un puncheur, capable de casser les lignes et de faire exploser les défenses par le duel et l’explosivité. Un style qui n’est pas sans rappeler David Smith, autre dynamiteur passé par Castres ou bien Setariki Tuicuvu. Bien entendu, tout cela reste encore au stade de la projection. S’il s’est déjà affirmé comme un très bon joueur de Nationale, l’écart avec le Top 14 demeure réel, une donnée à mettre en perspective avec son âge. « Je pense qu’il est dans le bon environnement à Castres. Alfred a une vraie envie de progresser et il signe dans un club adapté pour ça. Il a le potentiel pour réussir, c’est certain, mais il ne faut pas oublier qu’il n’a que 19 ans et qu’il quitte pour la première fois l’Île-de-France. S’il est bien accompagné, sur le terrain comme en dehors, il peut performer au plus haut niveau », confie encore son ancien encadrant. Ses statistiques chez les jeunes parlent d’ailleurs pour lui : huit essais lors de sa première saison Crabos, dix la suivante, puis quatre cette saison avec les Espoirs. Son explosion est un peu plus tardive que celle de certains profils très précoces, mais elle est réelle. À terme, Alfred Mouandjo pourrait bien constituer une très belle surprise, à condition de poursuivre son développement. Les axes de progression sont identifiés, notamment en défense, sur les ballons hauts et dans l’utilisation de son jeu au pied, autant de domaines clés pour réussir la transition vers le plus haut niveau.

 

Le dernier joueur que je souhaitais évoquer chez les 2006 est Rémi Boulan (2006 – SUA). Membre de la génération prometteuse du SU Agen, il a été formé au Royan Section Rugby de l’école de rugby jusqu’aux cadets avant de rejoindre Agen, où il évolue aujourd’hui en catégorie Espoirs. Petit ailier casqué au gabarit longiligne (1,76 m), capable d’évoluer à l’arrière, il s’était illustré avec France U18 il y a deux saisons en inscrivant un doublé face au XV de la Rose. La saison suivante, il avait été appelé avec France U20 Développement dans le cadre de la préparation de la tournée des Îles Britanniques. Depuis, il semble légèrement redescendu dans la hiérarchie nationale, mais aussi en club, où quelques pépins physiques ont freiné sa progression, malgré une sélection avec Pau pour le Supersevens.

 

On passe chez les 2007 où le talent ne manque pas. On va commencer par celui qui est peut-être le plus gros potentiel des deux générations à ce poste avec Thomas Delpeuch (2007 - SA - futur UBB - 1m82, 95kg*). Il a a commencé le rugby à l’Olympic Rugby Club Riom-ès-Montagnes en 2012 avant de rejoindre le club cantalien en 2022. Là-bas il marche sur l’eau et impressionne tous les observateurs. Des performances qui ne passent pas inaperçu du côté de la Fédération. Il participe ainsi à l’ensemble des rassemblements TOP 100 à XV et à VII et devient International U18 à XV et à VII.  Il inscrit notamment 3 essais en 4 sélections. Considéré comme l’un des plus grands espoirs du rugby français, il a déjà joué cinq matchs cette saison en Pro D2 et a inscrit deux essais. Au niveau du profil on est sur un garçon qui possède une pointe de vitesse et un sens de la finition qui en font un profil rare. Il est très très fort dans le duel notamment parce que physiquement c’est un garçon qui prêt avec une très bonne composition corporelle, un bas du corps déjà bien développé et un haut du corps solide. Il est en plus doté d’une vrai puissance naturel avec un très gros raffut. Il a des appuis très puissant et une grosse vélocité qui l’utilise très bien avec notamment une grosse fréquence. C’est un joueur qui apporte des solutions partout sur le terrain en dézonnant mais aussi sur son aile. Il possède également un QI rugby très intéressant avec beaucoup d’instinct pour le jeu. Si le port d’un casque rouge, son poste et ses qualités de vitesse ne sont pas sans rappeler un certains LBB j’aimerais clarifier qu’on est pas au même niveau de vitesse mais on est sur le haut du panier en Europe sur sa génération (Luisato, Senga-Kouo, Fahy, Denny).Mais là où il se distingue c’est pour deux de ses points forts qui sont le jeu aérien et la défense. Sur le jeu aérien, il profite de ses qualités athlétiques avec une grosse détente et un très bon jump. Il a démontré à plusieurs reprises sur plusieurs matchs que j’ai pu observé d’un bon sens du timing. Il est encore perfectible et son gabarit sera toujours un facteur limitant face à des joueurs plus grands mais c’est déjà un très bon point. L’autre point fort c’est sa défense. C’est un excellent défenseur sur l’homme mais aussi dans le jeu courant ou par certains il peut rappeler Gabin Villière notamment pour sa dureté sur l’homme et ses capacités de grattage. Là où il se distingue de son ainée toulonnais c’est qu’il est plus intelligent dans ses actions, moins impulsifs et obsédés par les zones combats. Il a aussi beaucoup de flair défensif et lit très bien les attaques adverses ce qui lui permet déjà de montrer des signes positifs pour un usage en rush defence mais aussi pour réaliser des interceptions un domaine où il est très bon. Son jeu au pied est également d’un bon niveau avec un niveau technique intéressant pour ce qui est du petit jeu et d’une belle longueur pour le jeu long. En termes de profil, c’est un garçon qui me fait penser à des ailiers complets comme Mattéo Carreras. Il lui reste maintenant à continuer à progresser et à réussir à franchir les paliers pour continuer à amener son jeu vers les plus hauts sommets mais les prémices sont très existantes et sauf erreur de parcours il a toutes les cartes en mains pour devenir un joueur très intéressant. 

 

Derrière lui on retrouve un joueur un peu OVNI : Hugo Avogadro (2007 - FCG - 1m85, 85kg). Hugo Avogadro débute le rugby à l’US Deux Ponts avant de poursuivre sa formation à Vizille. Il rejoint ensuite le FC Grenoble en 2018, en catégorie U14, et gravit progressivement tous les échelons jusqu’aux Espoirs. Son parcours est atypique, puisqu’il n’évolue à l’aile que depuis cette saison. Auparavant, il occupait principalement le poste de 3ème ligne aile, une polyvalence qu’il conserve encore aujourd’hui. Cette transition vers la ligne de 3/4 s’explique autant par ses qualités athlétiques largement au-dessus de la moyenne que par son gabarit mais aussi ses performances remarquées à ce poste à VII . Spécialiste du VII donc, Avogadro s’y est distingué aussi bien lors du championnat de France U18 que du championnat d’Europe. Il y a terminé deuxième meilleur joueur du tournoi et deuxième meilleur marqueur d’essais français, confirmant un profil parfaitement adapté à ce format exigeant. Identifié très tôt au niveau fédéral, il a été appelé au TOP 100 U17, au TOP 100 à VII ainsi qu’au stage de l’Académie Olympique. Sa progression s’est nettement accélérée ces derniers mois. Il a notamment pris part au Supersevens avec les Barbarians, mais aussi à un stage international à Malaga avec France 7, réunissant l’Espagne, l’Écosse et l’Allemagne. Lors de ce rassemblement, il a contribué aux très bonnes performances du groupe, ponctuées par une série de victoires solides face à des adversaires européens. Il continue d’ailleurs à être régulièrement intégré aux stages de la filière VII. Il a également été appelé avec France U20 pour préparer le Tournoi. Parallèlement, il découvre le monde professionnel à XV en disputant ses deux premières rencontres de Pro D2 à seulement 18 ans, toutes deux comme titulaire face au Biarritz Olympique, pour un total de 146 minutes. Et quand il n’est pas avec les Pros, il cartonne en Espoirs dont il est le meilleur marqueur d’essai du championnat Elite avec 7 essais. Sur le terrain, Avogadro est avant tout un pur duelliste. Il excelle dans les situations de un contre un, avec un cadrage-débordement très efficace, rendu possible par une explosivité marquée sur ses premiers appuis. Il dispose également d’un raffut solide qui renforce son impact dans le contact. Son profil athlétique se distingue aussi par des capacités anaérobies et aérobies très élevées, lui permettant d’enchaîner les courses, de dézoner et de maintenir des sprints à haute intensité tout au long d’un match. Sa polyvalence s’exprime également en défense, où il se montre très performant, notamment dans le duel homme à homme où il est dur sur l’homme. Joueur instinctif, il doit toutefois encore progresser dans la lecture du jeu et la gestion des situations, afin de faire des choix plus adaptés au contexte collectif. Étant encore en phase d’apprentissage à l’aile, il lui reste logiquement des axes de progression sur les fondamentaux du poste, en particulier le jeu au pied. Dans l’ensemble, Hugo Avogadro présente un profil singulier, à la croisée du VII et du XV, avec un potentiel athlétique et de duel rare pour son âge. Reste désormais à structurer davantage son jeu pour transformer ces qualités brutes en rendement durable au plus haut niveau.

 

Retour à Castres maintenant avec Gautier Sarraute (2007 – CO), un profil identifié aussi bien à XV qu’à VII. C’est un joueur que j’ai encore du mal à bien cadrer, non pas sur son registre, mais sur ses qualités réelles, son niveau actuel et surtout son potentiel à moyen terme. On est sur un ailier longiligne, rapide et nerveux, dont la progression au sein du Castres Olympique est suivie avec attention. Passé par l’ASV Lavaur, il a rejoint le club tarnais en 2022. Sarraute est avant tout un finisseur et un duelliste, un registre dans lequel il se sent pleinement à l’aise. Il apprécie clairement les face-à-face, que ce soit pour utiliser sa vitesse, un crochet ou aller au contact. Cette appétence pour le duel se retrouve dans toutes les situations : au sol, dans les airs et en défense. Le contact ne l’effraie pas, ce qui est notable chez des profils longilignes. Polyvalent, il est également capable d’évoluer à l’arrière. Rugbyman complet dans l’approche, il est en mesure d’exprimer ses qualités aussi bien à XV qu’à VII. Sélectionné avec l’équipe de France U18 à VII, il a décroché le titre de champion d’Europe, seulement quelques mois après avoir connu des sélections à XV lors du Festival des Nations U18. Sans être un premier rôle dans ces collectifs, il s’y est montré solide et fiable. Si il est intégré au groupe pro et au CDF, il n’a pas encore était retenu sur une feuille de match. En Espoirs, son début de saison est bien mais il peut mieux faire avec 6 matchs et 1 essai. Dans son style, il me rappelle par certains aspects des joueurs comme Forner, Hannoun ou De Nardi. Un profil intéressant, encore difficile à situer précisément, et dont l’évolution future permettra de mieux définir la place et l’ambition réelle à ce poste. 

 

Derrière lui, on retrouve également le néo-Lyonnais Alexandre Messire (2007 – LOU), arrivé la saison passée en provenance du Racing 92. Formé au RC Nanterre Rugby entre 2012 et 2019, il avait ensuite intégré le Racing en U14. On est sur un profil d’ailier moderne classique, doté d’une très bonne vitesse. Bien identifié au niveau fédéral, il a été sélectionné à tous les TOP 100 depuis les U16, ainsi qu’au TOP 100 à VII en 2023-2024. La saison dernière, il avait connu une sélection avec France U18 lors de la préparation du Festival des Six Nations face à la Géorgie. Malgré une prestation intéressante, il n’avait finalement pas été retenu dans le groupe final pour la compétition, notamment au profit de Nathan Coutin. Gêné physiquement cette saison, il n’a disputé que quatre rencontres avec les Espoirs pour un essai et n’a plus joué depuis la 6e journée, le 25 octobre dernier.

 

En conclusion, je voudrais évoquer Yanis Brosset (2008 – ASM), même s’il ne devrait pas participer au Tournoi, car un double surclassement à son poste paraît peu probable. Il s’agit probablement du plus gros joyau de la génération 2008 clermontoise, celle qui a roulé sur la catégorie Crabos la saison passée. Capable d’évoluer également au centre, il est surclassé et régulièrement titularisé en Espoirs depuis le début de saison. À ma connaissance, il fait partie des très rares trois-quarts évoluant à ce niveau en étant surclassés (Timéo Gillouin-Lemaire a également joué avec Castres), mais aucun n’a bénéficié d’autant de temps de jeu ni affiché un tel rendement. Il le confirme d’ailleurs avec cinq essais inscrits. Sur le plan fédéral, il est déjà bien identifié grâce à des sélections en rassemblements Générations Bleues U16 et U17, puis avec France U18 lors des International Summer Series, où il s’est imposé comme l’un des trois-quarts les plus marquants. Formé au RC Saint-Martin-du-Lac, ses éducateurs avaient très tôt repéré un potentiel rare mêlant vitesse, puissance et vision du jeu. Il se fait remarquer lors d’une détection à Villefranche, ce qui pousse rapidement l’ASM Clermont à le recruter en 2023. Depuis son arrivée, le jeune trois-quarts impressionne par un physique déjà très développé. Ses coéquipiers l’ont d’ailleurs surnommé « le coffre-fort », tant il est difficile de lui arracher le ballon. Explosif sur ses appuis, doté d’un énorme coup de rein et d’une vélocité impressionnante, il possède une capacité à générer de la vitesse en amont et en sortie de duel lui permettant non seulement de gagner ses un contre un, mais aussi de créer rapidement de la séparation après contact. Il casse régulièrement les plaquages grâce à une combinaison très intéressante entre explosivité du bas du corps, fréquence d’appuis et puissance du haut du corpsce qui lui permet de rester debout et de pouvoir enchainer. Dans les zones denses, il parvient souvent à franchir la ligne d’avantage en avançant sur le premier impact, ce qui en fait déjà un porteur de balle très difficile à contenir pour son âge. Son passage au poste de centre a fortement contribué à structurer sa dimension défensive. Il a développé de très bonnes attitudes dans le duel homme à homme, avec une technique de plaquage solide et une vraie volonté d’agresser la ligne d’avantage. C’est un plaqueur puissant capable de produire des plaquages dominants. Il se distingue également par sa capacité à intervenir dans les zones de contest, où il montre déjà un vrai instinct pour gratter des ballons ou perturber les sorties rapides. Son activité défensive, sa dureté dans les collisions et son goût pour le combat font de lui un profil particulièrement complet, capable d’impacter le jeu des deux côtés du ballon. Il sera à suivre de très près à l’avenir. 

 

Mentions honorables : 

  • Peni Torau Vuetimaiwai (2006 - SR) : Ex-TOP 100 à XV et à VII. Incertains de son éligibilité à la sélection. 
  • Katende Tumba (2006 - SA XV) : Jamais appelé en EDF ou sur les rassemblement GB. 2 rencontres de PRO D2 à son actif.
  • Lucas Rostaing (2007 - LOU) : Ex-TOP 100 à VII. Champion d’Europe à VII U18. 
  • Louis Ribaimont (2007 - SP) : Ex-TOP 100 U17 & U16 - TOP 100 à VII - Sélectionné au Supersevens avec la Section Paloise. 
  • Arthur Crépin Leblond (2006 - FCG) : Ex-TOP 100 U18 & U16

*Source LNR pour Delpeuch

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AILIER 

 

DISCLAIMER : Joachim Senga-Kouo est chez les arrières

 

On est, là encore, face à un groupe extrêmement dense, riche en profils et en potentiel. Parmi les joueurs de la génération 2006 envisageables pour le Tournoi, huit ont déjà connu des feuilles de match professionnelles, du Top 14 à la Nationale en passant par la Pro D2. 

 

Déjà présent lors du cycle précédent, Tom Levêque (2006 – Aviron Bayonnais – 1m84, 80 kg) s’impose comme un candidat évident pour le Tournoi. Le jeune ailier longiligne bayonnais avait intégré la rotation dès la 3e et la 4e journée de la compétition l’an dernier, inscrivant notamment un essai face à l’Irlande. Des performances qui ont visiblement convaincu le staff des Bleuets, puisqu’il est ensuite devenu le titulaire indiscutable du poste lors de la Coupe du monde U20. Il a pris part aux cinq rencontres, avec quatre titularisations consécutives de la première journée jusqu’à la demi-finale face aux All Blacks U20. Il a marqué – au sens propre comme au figuré – ce premier cycle par son efficacité, avec quatre essais inscrits en sept matchs disputés. Cette période a également mis en lumière ses qualités d’endurance, avec un profil de véritable marathonien, capable de maintenir un très haut niveau d’activité quel que soit le moment du match, mais aussi d’enchaîner les rencontres à haute intensité sans baisse notable de rendement. Il s’est rapidement distingué par son dynamisme, sa vitesse et sa capacité d’adaptation au niveau U20. Ses performances sous le maillot tricolore ont confirmé le potentiel identifié par les staffs bayonnais et fédéral. Sa progression constante en fait aujourd’hui l’un des joueurs les plus suivis de sa génération. Il a d’ailleurs participé à l’ensemble des rendez-vous du parcours équipe de France, aussi bien à XV qu’à VII. À mes yeux, c’est davantage un ailier de rupture qu’un ailier de pur duel. Il affiche un très bon QI rugby, une vraie science du placement et un sens du jeu qui lui permet de sentir les bons coups, de breaker régulièrement et d’être souvent à la finition. Il va vite, possède une accélération intéressante et des appuis efficaces. Il est globalement sûr sous les ballons hauts, même si, techniquement, il peut encore progresser dans ce secteur – un point qui concerne, au demeurant, une large majorité des ailiers français. Défensivement, c’est un joueur qui ne se cache pas et se montre plutôt efficace, même s’il dispose encore d’une marge de progression, notamment dans la régularité de ses interventions. Une fois tous ces éléments posés, je m’interroge personnellement sur son véritable plafond. Son niveau actuel est très intéressant en U20, mais j’ai encore du mal à projeter précisément jusqu’où il pourra aller sur le long terme. Je ne suis pas certain que son plafond soit extrêmement éloigné, mais il dispose encore d’une marge de progression sur la dimension physique, qui pourrait lui permettre de franchir un cap sur le plan athlétique, voire dans le jeu courant, en se donnant davantage de marge de manœuvre dans le un contre un. Aujourd’hui, son profil me rappelle énormément celui d’un Mathis Lebel avec les mêmes interrogations. 

 

Le profil le plus expérimenté est sans doute l’Agenais Dylan Cazemajou-Noudofinin (2006 – SU Agen – 1m83, 84 kg), également présenté comme l’un des plus gros potentiels de cette classe d’âge. Annoncé depuis longtemps comme l’un des joyaux de la formation du club d’Armandie, Dylan débute le rugby dès l’âge de quatre ans à l’Union Sportive Canton de Pouyastruc (2010–2018). Il passe ensuite deux saisons au RC Queyrannais (2018–2020), où ses performances lui ouvrent les portes des cadets Alamercery du SU Agen. À partir de là, sa progression vers le haut niveau s’accélère nettement. À 18 ans, il connaît ses deux premières titularisations en Pro D2 (79 minutes). Cette saison, il s’impose comme un élément fort de la rotation agenaise, avec 10 rencontres disputées, dont 8 titularisations, au cours desquelles il a montré de nombreuses qualités et de vraies promesses, malgré une certaine frustration liée à l’absence de statistiques offensives. Une frustration récemment levée lors de sa dernière titularisation, où il a enfin inscrit l’essai qui venait confirmer les impressions laissées jusque-là. Au total, il cumule désormais 812 minutes de jeu au niveau professionnel. Sur le plan du profil, Dylan Cazemajou-Noudofinin peut rappeler, par certains aspects, des joueurs comme Gaël Dréan, Rio Dyer ou Bautista Delguy. C’est un garçon discret, qui ne fait pas de bruit et parle peu, mais qui se distingue par un sérieux irréprochable et des qualités athlétiques de tout premier plan, notamment en termes de vitesse. Rapide, doté d’un bon jeu au pied, adroit sous les ballons hauts, solide en défense et imprévisible près de la ligne, Dylan est aussi un chasseur d’essais opportuniste, capable de sentir les coups et de conclure au bon moment. J’apprécie aussi sa volonté de dézoner régulièrement pour venir chercher des ballons en dehors de son aile. Sur le plan fédéral, il a franchi l’ensemble des paliers : présent dans tous les dispositifs TOP 100, international français U18 à XV et à VII, puis France U20 Développement. À ce stade, il s’avance comme l’un des candidats numéro 1 pour une titularisation à l’ouverture du Tournoi.

 

Toujours en Pro D2, le deuxième joueur le plus expérimenté de la génération 2006 à ce niveau est Paul Cellio-Zwiler (2006 - AIX). Formé au Pélirugby XV puis au Sporting Club Salonais, il rejoint la filière de formation de Provence Rugby en 2021. Sa trajectoire s’est nettement accélérée en fin de saison dernière, lorsqu’il a profité de l’hécatombe dans la ligne de trois-quarts provençale pour intégrer la rotation professionnelle. Il a ainsi pris part à huit rencontres, dont le barrage face à Soyaux-Angoulême, au cours duquel il a inscrit son premier essai chez les pros. Cette saison, il a été titularisé à trois reprises, dans un contexte de concurrence très dense à son poste avec des profils comme Lapègue, Drouet, Tui, Bituniyata ou Bouhedjeur. En parallèle, avec les Espoirs Accession, il a littéralement explosé, inscrivant neuf essais en cinq rencontres, ce qui témoigne d’un rendement offensif très élevé. Sur le plan du profil, Cellio-Zwiler est un ailier qui sent très bien le jeu. Il dispose d’une excellente lecture des situations, sait se placer au bon endroit au bon moment et se montre être un finisseur redoutable. Il ne s’agit pas d’un monstre physique, et il convient de le préciser. On est davantage sur un ailier longiligne, qui devra continuer à se densifier pour franchir un palier supplémentaire, d’autant plus qu’il ne possède pas les qualités de vitesse hors normes de profils comme Dréan, Ferté ou Louis Bielle-Biarrey. En revanche, il affiche une réelle capacité à casser les plaquages, avec une vraie volonté d’évitement et des appuis très intéressants. On note notamment très peu de déperdition de vitesse dans ses changements de direction, ce qui constitue un indicateur très positif à ce niveau. En termes de vitesse pure et d’accélération, il se situe pleinement dans les standards attendus pour un ailier candidat à France U20 sur le Tournoi des Six Nations : un joueur rapide, équilibré et solide sur ses appuis. Ses qualités n’ont pas échappé à la fédération, avec des passages répétés dans les dispositifs TOP 100, mais également un titre de champion d’Europe U18 à VII. Il a été convoqué aux deux stages France U20 de la saison, ce qui ancre clairement son profil parmi les candidats sérieux pour le Tournoi. À titre personnel, j’ai encore un peu de mal à situer précisément son plancher et son plafond de performance à moyen terme. Son rendement actuel est très intéressant, mais sa capacité à franchir durablement le cap du très haut niveau dépendra essentiellement de son évolution physique et de sa constance face à l’intensité internationale.

 

On revient en Top 14 avec un joueur que je suis de très près depuis un moment : Charly Mignot (2006 - LOU - 1m72, 82kg). Le Lyonnais s’inscrit dans une lignée rugby bien identifiée, puisqu’il est le cousin de Xavier et Pierre Mignot, mais aussi le neveu de Julien Bonnaire et de Laurent Mignot, ancien coach du CS Bourgoin-Jallieu. Formé au CSBJ et à Saint-Savin, il est repéré par le LOU dès 2020 et intègre progressivement le projet lyonnais. Sur le plan du profil, on est sur un ailier de petit format (1m72, 82 kg), mais particulièrement intéressant. C’est typiquement le genre de joueur qui “fait kiffer” par son intelligence de jeu. Il est notamment très performant sur les ballons hauts, avec un excellent sens du timing, malgré un gabarit a priori défavorable dans ce secteur. Très dynamique, véritable chasseur d’essais, il se montre également agressif en défense et très solide en un contre un. Ces qualités lui permettent même de dépanner au centre, en dépit de mensurations limitées pour le poste. Il possède de grosses qualités défensives sur l’homme, appuyées par un physique déjà bien développé pour son gabarit, notamment sur le bas du corps, avec une morphologie qui n’est pas sans rappeler celle de Shane Williams. Sur le plan fédéral, Charly Mignot a été sélectionné dans l’ensemble des dispositifs Générations Bleues. Il avait réalisé des performances très intéressantes lors des International Summer Series et du Festival des Six Nations U18 avec France U18. Freiné par quelques pépins physiques la saison passée, il n’avait pas réussi à afficher le rendement nécessaire pour intégrer France U20 Développement à ce moment-là. Désormais revenu à son meilleur niveau, il a été convoqué avec France U20 cette saison. Il a également connu sa première feuille de match en Challenge Cup, ponctuée par un essai, confirmant sa capacité à répondre présent dans un contexte de haut niveau. À ce stade, Charly Mignot apparaît clairement comme l’un des gros candidats pour le Tournoi, avec un profil différent mais très complémentaire au reste du groupe.

 

Toujours en Top 14, il est difficile de passer à côté de celui que beaucoup considèrent comme le plus gros potentiel de la génération 2006 : Melvyn Rates  (2006 - MHR - 1m80, 79kg). Ancien joueur du VRDR puis du FC Grenoble, Rates correspond parfaitement au profil de l’ailier “sur ressort”, dont le plafond dépendra largement de sa capacité à franchir un cap sur le plan physique ou à réussir à trouver son spot avec ce physique. S’il parvient à connaître une progression comparable à celle d’un Lebel, tout en conservant ses qualités naturelles, il pourra clairement prétendre au très, très haut niveau. Arraché par le MHR lors de l’intersaison 2025, alors qu’il avait pourtant prolongé jusqu’en 2026 avec Grenoble, il était déjà considéré comme l’un des joyaux du centre de formation isérois. Il avait d’ailleurs été surclassé en Espoirs dès sa deuxième année Crabos. À l’image de Charly Mignot, sa trajectoire avait été freinée par des blessures la saison passée, mais preuve de la cote très élevée dont il bénéficiait, il avait tout de même obtenu une sélection lors du dernier Tournoi face à l’Italie, ponctuée par un essai et une prestation très aboutie. Cette saison, il a découvert le monde professionnel avec quatre apparitions, dont trois titularisations, inscrivant un essai en Top 14 et en Challenge Cup, confirmant sa capacité à exister immédiatement à ce niveau. Capable d’évoluer aussi bien à l’aile qu’à l’arrière, Rates présente un profil qui rappelle fortement, sur le plan physique, celui de Hoani Bosmorin. Il est capable de casser les défenses, d’être très efficace dans les un-contre-un et possède des appuis capables de rendre fous n’importe quels adversaires. Athlétiquement, il est extrêmement impressionnant et, à la manière d’un Ferté, il affiche une vraie capacité à casser le premier plaquage. L’influence du rugby à VII est clairement perceptible dans son jeu. Il faut également souligner ses qualités de finisseur, comme en témoignent ses statistiques au FCG : +30 essais en à peine moins de 50 matchs sur trois saisons, un rendement particulièrement élevé. Sur le plan fédéral, Melvyn Rates est clairement fléché vers le très haut niveau, aussi bien à XV qu’à VII. Il s’est notamment installé sur les radars après ses performances de très haut niveau lors du Festival U18. Des axes de progression demeurent, en particulier sur la défense et la lecture du jeu, mais son plancher de performance est déjà très élevé. Il dispose en outre d’un jeu au pied intéressant, avec une longueur appréciable pour son poste. Sauf blessure, il apparaît aujourd’hui comme un candidat très sérieux pour occuper l’aile gauche ou le poste d’arrière lors du Tournoi.

 

On peut aussi évoquer notre paire toulousaine composé de Mathis Gil (2006 - ST - 1m82, 80kg) et Jérémy Nemor (2006 - ST). On peut également évoquer la paire toulousaine composée de Mathis Gil et Jérémy Nemor, deux profils 2006 aux trajectoires parallèles mais aux registres très différents.  Mathis Gil débute le rugby au Séméac Olympique avant de rejoindre le Stado Tarbes Pyrénées Rugby, puis le Stade Toulousain en 2020. Il est sacré champion de France Crabos en 2023, une saison qui lui permet d’intégrer le TOP 100 U18, tout en obtenant son BPJEPS APT. Sa progression régulière et cohérente en fait rapidement un élément fiable du groupe Espoirs, au point d’intégrer le Centre de Formation du Stade Toulousain. La saison 2025–2026 marque une étape importante dans son parcours : il s’entraîne désormais avec le groupe professionnel et effectue ses débuts en Top 14 lors de la 10ᵉ journée, à Sapiac, face à Montauban. Il a également été convoqué pour le stage France U20 du mois de novembre. Jérémy Nemor, de son côté, découvre le rugby à Villefranche-de-Lauragais puis à Balma avant de rejoindre le Stade Toulousain en 2020. Son explosivité et sa vitesse le propulsent rapidement parmi les profils les plus en vue de sa génération, avec des sélections dans les dispositifs TOP 100. Champion de France Crabos en 2023, il est retenu avec l’équipe de France U18 pour la tournée en Afrique du Sud, puis remporte le Championnat d’Europe à VII avec les Bleuets. Lors de la saison 2024–2025, il devient un élément important de l’effectif Espoirs, disputant 16 rencontres pour 1 046 minutes de jeu, et terminant deuxième meilleur marqueur de l’équipe avec 10 essais. Il participe également à la tournée des Îles Britanniques avec France U20 Développement. Intégré lui aussi au Centre de Formation, il franchit un nouveau cap en 2025–2026 en s’entraînant avec le groupe professionnel et en disputant ses premières minutes en Top 14 lors de la 14ᵉ journée, au stade Aimé-Giral, face à Perpignan.

Sur le plan du profil, Nemor correspond clairement à un registre Donguy / Ambadiang. Il dispose d’un gabarit intéressant, d’une explosivité et de qualités de vitesse au-dessus de la moyenne. Ce potentiel physique est inné et ne s’apprend pas ; en revanche, c’est dans les autres dimensions qu’il doit progresser. Contrairement à certaines lectures, je ne suis pas totalement d’accord avec l’idée qu’il serait faible défensivement : il y a du progrès dans le placement et l’engagement, même si l’inconstance demeure. En revanche, techniquement, il reste encore très perfectible. Nemor est encore brut, parfois irrégulier, capable d’être dévastateur en un contre un grâce à son « gaz », mais aussi de vendanger plusieurs prises de balle simples dans un même match. Avec un travail mental et de la répétition, ces défauts peuvent être gommés. Dans un scénario optimal, son plafond pourrait l’amener vers un profil à la Teddy Thomas, capable de faire basculer un match sur des éclairs. Mathis Gil, à l’inverse, est un meilleur joueur de rugby à l’instant T. Il présente un QI rugby supérieur, une meilleure maîtrise des bases du poste et une constance nettement plus élevée. Ses qualités athlétiques sont réelles, même si son physique reste plus léger (1m82, 80 kg) et constitue encore un axe de progression. Il n’a pas le facteur X physique de Nemor, mais il compense par une compréhension du jeu plus fine, une meilleure lecture des situations et une polyvalence intéressante, capable d’évoluer à l’arrière, à l’aile ou au centre. Si Gil disposait des aptitudes physiques de Nemor, la discussion serait tout autre. En résumé, Nemor présente le plafond le plus élevé grâce à ses qualités athlétiques hors normes, mais avec un plancher encore instable. Gil, lui, offre un profil plus fini, plus fiable et plus constant, avec un plafond peut-être inférieur mais une base beaucoup plus solide. Ils seront à suivre de très près dans le cadre des sélections U20 cette saison afin pour Mathis Gil d’évaluer sa place réelle dans la hiérarchie nationale chez les 2006 et pour Nemor de confirmer qu’il peut transformer son potentiel brut en impact régulier au plus haut niveau.

 

Pas très loin, du côté du voisin tarnais, on retrouve l’un des derniers diamants à polir issus de la formation massicoise avec Alfred Mouandjo (2006 – Castres Olympique). Le polyvalent ailier / deuxième centre a rejoint le CO cet été en provenance de Massy. Formé à l’Entente Goussainville-Gonesse, il a connu une trajectoire peu commune, débutant en Nationale à seulement 18 ans. Il y a disputé huit rencontres, dont trois comme titulaire, une première exposition au rugby senior conclue de manière très marquante par un triplé lors de la dernière journée face à Tarbes. Pur produit de la formation francilienne, également passé par Suresnes, il n’est apparu sur les radars fédéraux que relativement tard, décrochant toutefois un titre de champion d’Europe U18 à VII, preuve d’un potentiel athlétique déjà identifié. Sur le plan morphologique, on n’est pas sur un profil longiligne mais plutôt sur un joueur trapus, dense et extrêmement explosif. Typiquement le type de joueur ultra chiant à plaquer. Arrivé à Massy en 2019, il tape très rapidement dans l’œil de Djamel Houchène, qui ne tarit pas d’éloges à son sujet. « C’est un super joueur, avec des qualités physiques au-dessus de la moyenne. Il a le profil d’un vrai duelliste : dur à plaquer, avec de très bons appuis. Je n’aime pas trop utiliser le terme “facteur X”, mais c’est clairement le genre de joueur capable de débloquer une situation à tout moment. En Crabos déjà, c’était un garçon qui traversait le terrain. Au-delà du joueur, j’ai surtout adoré l’homme. C’est quelqu’un qui a toujours le sourire et qui nous a apporté une vraie fraîcheur, aussi bien physique que mentale. » Son profil évoque clairement celui d’un puncheur, capable de casser les lignes et de faire exploser les défenses par le duel et l’explosivité. Un style qui n’est pas sans rappeler David Smith, autre dynamiteur passé par Castres ou bien Setariki Tuicuvu. Bien entendu, tout cela reste encore au stade de la projection. S’il s’est déjà affirmé comme un très bon joueur de Nationale, l’écart avec le Top 14 demeure réel, une donnée à mettre en perspective avec son âge. « Je pense qu’il est dans le bon environnement à Castres. Alfred a une vraie envie de progresser et il signe dans un club adapté pour ça. Il a le potentiel pour réussir, c’est certain, mais il ne faut pas oublier qu’il n’a que 19 ans et qu’il quitte pour la première fois l’Île-de-France. S’il est bien accompagné, sur le terrain comme en dehors, il peut performer au plus haut niveau », confie encore son ancien encadrant. Ses statistiques chez les jeunes parlent d’ailleurs pour lui : huit essais lors de sa première saison Crabos, dix la suivante, puis quatre cette saison avec les Espoirs. Son explosion est un peu plus tardive que celle de certains profils très précoces, mais elle est réelle. À terme, Alfred Mouandjo pourrait bien constituer une très belle surprise, à condition de poursuivre son développement. Les axes de progression sont identifiés, notamment en défense, sur les ballons hauts et dans l’utilisation de son jeu au pied, autant de domaines clés pour réussir la transition vers le plus haut niveau.

 

Le dernier joueur que je souhaitais évoquer chez les 2006 est Rémi Boulan (2006 – SUA). Membre de la génération prometteuse du SU Agen, il a été formé au Royan Section Rugby de l’école de rugby jusqu’aux cadets avant de rejoindre Agen, où il évolue aujourd’hui en catégorie Espoirs. Petit ailier casqué au gabarit longiligne (1,76 m), capable d’évoluer à l’arrière, il s’était illustré avec France U18 il y a deux saisons en inscrivant un doublé face au XV de la Rose. La saison suivante, il avait été appelé avec France U20 Développement dans le cadre de la préparation de la tournée des Îles Britanniques. Depuis, il semble légèrement redescendu dans la hiérarchie nationale, mais aussi en club, où quelques pépins physiques ont freiné sa progression, malgré une sélection avec Pau pour le Supersevens.

 

On passe chez les 2007 où le talent ne manque pas. On va commencer par celui qui est peut-être le plus gros potentiel des deux générations à ce poste avec Thomas Delpeuch (2007 - SA - futur UBB - 1m82, 95kg*). Il a a commencé le rugby à l’Olympic Rugby Club Riom-ès-Montagnes en 2012 avant de rejoindre le club cantalien en 2022. Là-bas il marche sur l’eau et impressionne tous les observateurs. Des performances qui ne passent pas inaperçu du côté de la Fédération. Il participe ainsi à l’ensemble des rassemblements TOP 100 à XV et à VII et devient International U18 à XV et à VII.  Il inscrit notamment 3 essais en 4 sélections. Considéré comme l’un des plus grands espoirs du rugby français, il a déjà joué cinq matchs cette saison en Pro D2 et a inscrit deux essais. Au niveau du profil on est sur un garçon qui possède une pointe de vitesse et un sens de la finition qui en font un profil rare. Il est très très fort dans le duel notamment parce que physiquement c’est un garçon qui prêt avec une très bonne composition corporelle, un bas du corps déjà bien développé et un haut du corps solide. Il est en plus doté d’une vrai puissance naturel avec un très gros raffut. Il a des appuis très puissant et une grosse vélocité qui l’utilise très bien avec notamment une grosse fréquence. C’est un joueur qui apporte des solutions partout sur le terrain en dézonnant mais aussi sur son aile. Il possède également un QI rugby très intéressant avec beaucoup d’instinct pour le jeu. Si le port d’un casque rouge, son poste et ses qualités de vitesse ne sont pas sans rappeler un certains LBB j’aimerais clarifier qu’on est pas au même niveau de vitesse mais on est sur le haut du panier en Europe sur sa génération (Luisato, Senga-Kouo, Fahy, Denny).Mais là où il se distingue c’est pour deux de ses points forts qui sont le jeu aérien et la défense. Sur le jeu aérien, il profite de ses qualités athlétiques avec une grosse détente et un très bon jump. Il a démontré à plusieurs reprises sur plusieurs matchs que j’ai pu observé d’un bon sens du timing. Il est encore perfectible et son gabarit sera toujours un facteur limitant face à des joueurs plus grands mais c’est déjà un très bon point. L’autre point fort c’est sa défense. C’est un excellent défenseur sur l’homme mais aussi dans le jeu courant ou par certains il peut rappeler Gabin Villière notamment pour sa dureté sur l’homme et ses capacités de grattage. Là où il se distingue de son ainée toulonnais c’est qu’il est plus intelligent dans ses actions, moins impulsifs et obsédés par les zones combats. Il a aussi beaucoup de flair défensif et lit très bien les attaques adverses ce qui lui permet déjà de montrer des signes positifs pour un usage en rush defence mais aussi pour réaliser des interceptions un domaine où il est très bon. Son jeu au pied est également d’un bon niveau avec un niveau technique intéressant pour ce qui est du petit jeu et d’une belle longueur pour le jeu long. En termes de profil, c’est un garçon qui me fait penser à des ailiers complets comme Mattéo Carreras. Il lui reste maintenant à continuer à progresser et à réussir à franchir les paliers pour continuer à amener son jeu vers les plus hauts sommets mais les prémices sont très existantes et sauf erreur de parcours il a toutes les cartes en mains pour devenir un joueur très intéressant. 

 

Derrière lui on retrouve un joueur un peu OVNI : Hugo Avogadro (2007 - FCG - 1m85, 85kg). Hugo Avogadro débute le rugby à l’US Deux Ponts avant de poursuivre sa formation à Vizille. Il rejoint ensuite le FC Grenoble en 2018, en catégorie U14, et gravit progressivement tous les échelons jusqu’aux Espoirs. Son parcours est atypique, puisqu’il n’évolue à l’aile que depuis cette saison. Auparavant, il occupait principalement le poste de 3ème ligne aile, une polyvalence qu’il conserve encore aujourd’hui. Cette transition vers la ligne de 3/4 s’explique autant par ses qualités athlétiques largement au-dessus de la moyenne que par son gabarit mais aussi ses performances remarquées à ce poste à VII . Spécialiste du VII donc, Avogadro s’y est distingué aussi bien lors du championnat de France U18 que du championnat d’Europe. Il y a terminé deuxième meilleur joueur du tournoi et deuxième meilleur marqueur d’essais français, confirmant un profil parfaitement adapté à ce format exigeant. Identifié très tôt au niveau fédéral, il a été appelé au TOP 100 U17, au TOP 100 à VII ainsi qu’au stage de l’Académie Olympique. Sa progression s’est nettement accélérée ces derniers mois. Il a notamment pris part au Supersevens avec les Barbarians, mais aussi à un stage international à Malaga avec France 7, réunissant l’Espagne, l’Écosse et l’Allemagne. Lors de ce rassemblement, il a contribué aux très bonnes performances du groupe, ponctuées par une série de victoires solides face à des adversaires européens. Il continue d’ailleurs à être régulièrement intégré aux stages de la filière VII. Il a également été appelé avec France U20 pour préparer le Tournoi. Parallèlement, il découvre le monde professionnel à XV en disputant ses deux premières rencontres de Pro D2 à seulement 18 ans, toutes deux comme titulaire face au Biarritz Olympique, pour un total de 146 minutes. Et quand il n’est pas avec les Pros, il cartonne en Espoirs dont il est le meilleur marqueur d’essai du championnat Elite avec 7 essais. Sur le terrain, Avogadro est avant tout un pur duelliste. Il excelle dans les situations de un contre un, avec un cadrage-débordement très efficace, rendu possible par une explosivité marquée sur ses premiers appuis. Il dispose également d’un raffut solide qui renforce son impact dans le contact. Son profil athlétique se distingue aussi par des capacités anaérobies et aérobies très élevées, lui permettant d’enchaîner les courses, de dézoner et de maintenir des sprints à haute intensité tout au long d’un match. Sa polyvalence s’exprime également en défense, où il se montre très performant, notamment dans le duel homme à homme où il est dur sur l’homme. Joueur instinctif, il doit toutefois encore progresser dans la lecture du jeu et la gestion des situations, afin de faire des choix plus adaptés au contexte collectif. Étant encore en phase d’apprentissage à l’aile, il lui reste logiquement des axes de progression sur les fondamentaux du poste, en particulier le jeu au pied. Dans l’ensemble, Hugo Avogadro présente un profil singulier, à la croisée du VII et du XV, avec un potentiel athlétique et de duel rare pour son âge. Reste désormais à structurer davantage son jeu pour transformer ces qualités brutes en rendement durable au plus haut niveau.

 

Retour à Castres maintenant avec Gautier Sarraute (2007 – CO), un profil identifié aussi bien à XV qu’à VII. C’est un joueur que j’ai encore du mal à bien cadrer, non pas sur son registre, mais sur ses qualités réelles, son niveau actuel et surtout son potentiel à moyen terme. On est sur un ailier longiligne, rapide et nerveux, dont la progression au sein du Castres Olympique est suivie avec attention. Passé par l’ASV Lavaur, il a rejoint le club tarnais en 2022. Sarraute est avant tout un finisseur et un duelliste, un registre dans lequel il se sent pleinement à l’aise. Il apprécie clairement les face-à-face, que ce soit pour utiliser sa vitesse, un crochet ou aller au contact. Cette appétence pour le duel se retrouve dans toutes les situations : au sol, dans les airs et en défense. Le contact ne l’effraie pas, ce qui est notable chez des profils longilignes. Polyvalent, il est également capable d’évoluer à l’arrière. Rugbyman complet dans l’approche, il est en mesure d’exprimer ses qualités aussi bien à XV qu’à VII. Sélectionné avec l’équipe de France U18 à VII, il a décroché le titre de champion d’Europe, seulement quelques mois après avoir connu des sélections à XV lors du Festival des Nations U18. Sans être un premier rôle dans ces collectifs, il s’y est montré solide et fiable. Si il est intégré au groupe pro et au CDF, il n’a pas encore était retenu sur une feuille de match. En Espoirs, son début de saison est bien mais il peut mieux faire avec 6 matchs et 1 essai. Dans son style, il me rappelle par certains aspects des joueurs comme Forner, Hannoun ou De Nardi. Un profil intéressant, encore difficile à situer précisément, et dont l’évolution future permettra de mieux définir la place et l’ambition réelle à ce poste. 

 

Derrière lui, on retrouve également le néo-Lyonnais Alexandre Messire (2007 – LOU), arrivé la saison passée en provenance du Racing 92. Formé au RC Nanterre Rugby entre 2012 et 2019, il avait ensuite intégré le Racing en U14. On est sur un profil d’ailier moderne classique, doté d’une très bonne vitesse. Bien identifié au niveau fédéral, il a été sélectionné à tous les TOP 100 depuis les U16, ainsi qu’au TOP 100 à VII en 2023-2024. La saison dernière, il avait connu une sélection avec France U18 lors de la préparation du Festival des Six Nations face à la Géorgie. Malgré une prestation intéressante, il n’avait finalement pas été retenu dans le groupe final pour la compétition, notamment au profit de Nathan Coutin. Gêné physiquement cette saison, il n’a disputé que quatre rencontres avec les Espoirs pour un essai et n’a plus joué depuis la 6e journée, le 25 octobre dernier.

 

En conclusion, je voudrais évoquer Yanis Brosset (2008 – ASM), même s’il ne devrait pas participer au Tournoi, car un double surclassement à son poste paraît peu probable. Il s’agit probablement du plus gros joyau de la génération 2008 clermontoise, celle qui a roulé sur la catégorie Crabos la saison passée. Capable d’évoluer également au centre, il est surclassé et régulièrement titularisé en Espoirs depuis le début de saison. À ma connaissance, il fait partie des très rares trois-quarts évoluant à ce niveau en étant surclassés (Timéo Gillouin-Lemaire a également joué avec Castres), mais aucun n’a bénéficié d’autant de temps de jeu ni affiché un tel rendement. Il le confirme d’ailleurs avec cinq essais inscrits. Sur le plan fédéral, il est déjà bien identifié grâce à des sélections en rassemblements Générations Bleues U16 et U17, puis avec France U18 lors des International Summer Series, où il s’est imposé comme l’un des trois-quarts les plus marquants. Formé au RC Saint-Martin-du-Lac, ses éducateurs avaient très tôt repéré un potentiel rare mêlant vitesse, puissance et vision du jeu. Il se fait remarquer lors d’une détection à Villefranche, ce qui pousse rapidement l’ASM Clermont à le recruter en 2023. Depuis son arrivée, le jeune trois-quarts impressionne par un physique déjà très développé. Ses coéquipiers l’ont d’ailleurs surnommé « le coffre-fort », tant il est difficile de lui arracher le ballon. Explosif sur ses appuis, doté d’un énorme coup de rein et d’une vélocité impressionnante, il possède une capacité à générer de la vitesse en amont et en sortie de duel lui permettant non seulement de gagner ses un contre un, mais aussi de créer rapidement de la séparation après contact. Il casse régulièrement les plaquages grâce à une combinaison très intéressante entre explosivité du bas du corps, fréquence d’appuis et puissance du haut du corpsce qui lui permet de rester debout et de pouvoir enchainer. Dans les zones denses, il parvient souvent à franchir la ligne d’avantage en avançant sur le premier impact, ce qui en fait déjà un porteur de balle très difficile à contenir pour son âge. Son passage au poste de centre a fortement contribué à structurer sa dimension défensive. Il a développé de très bonnes attitudes dans le duel homme à homme, avec une technique de plaquage solide et une vraie volonté d’agresser la ligne d’avantage. C’est un plaqueur puissant capable de produire des plaquages dominants. Il se distingue également par sa capacité à intervenir dans les zones de contest, où il montre déjà un vrai instinct pour gratter des ballons ou perturber les sorties rapides. Son activité défensive, sa dureté dans les collisions et son goût pour le combat font de lui un profil particulièrement complet, capable d’impacter le jeu des deux côtés du ballon. Il sera à suivre de très près à l’avenir. 

 

Mentions honorables : 

  • Peni Torau Vuetimaiwai (2006 - SR) : Ex-TOP 100 à XV et à VII. Incertains de son éligibilité à la sélection. 
  • Katende Tumba (2006 - SA XV) : Jamais appelé en EDF ou sur les rassemblement GB. 2 rencontres de PRO D2 à son actif.
  • Lucas Rostaing (2007 - LOU) : Ex-TOP 100 à VII. Champion d’Europe à VII U18. 
  • Louis Ribaimont (2007 - SP) : Ex-TOP 100 U17 & U16 - TOP 100 à VII - Sélectionné au Supersevens avec la Section Paloise. 
  • Arthur Crépin Leblond (2006 - FCG) : Ex-TOP 100 U18 & U16

*Source LNR pour Delpeuch


 

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image.thumb.png.12fc0a4401c84cd209b683285f60cda7.png

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Les absents du groupe des 28 : 

 

Michaux

Jabea Njocke

Garault

Blum

Cellio-Zwiler

Couty

Albuisson

Omby

Ratavo

Lanen

Frier

Rasal

Mignot

 

 

Posté(e)

France 4 ou l'équipe diffuse le tournoi U20 cette année ? 

 

3 jaunards titulaires, ça fait plaisir !

Posté(e)
à l’instant, brayaud's a dit :

France 4 ou l'équipe diffuse le tournoi U20 cette année ? 

 

3 jaunards titulaires, ça fait plaisir !

L équipe 21 avec le génial B.Cosset :clin

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Posté(e) (modifié)
il y a 38 minutes, Godfather a dit :

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Belle équipe 

il me tarde de les voir sur le pré 

alban Portat a vraiment pris de l importante aux yeux du staff ces derniers temps 

Modifié par romtonik
delacaravelle
Posté(e)
il y a 45 minutes, Godfather a dit :

Les absents du groupe des 28 : 

 

Michaux

Jabea Njocke

Garault

Blum

Cellio-Zwiler

Couty

Albuisson

Omby

Ratavo

Lanen

Frier

Rasal

Mignot

 

 

Latu sur le flanc, Bourgarit en reprise, Sutidze prochainement avec la Géorgie, pas plus mal que Garault soit relâché...

  • Merci 1

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