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EDF : ITW Jo Maso


Guest Xv-31

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La passion selon Jo Maso

Mercredi , à un mois jour pour jour du choc au sommet entre le XV de France et les All Blacks au stade de Gerland (11 novembre), Jo Maso était présent dans les locaux du « Progrès » pour un « face aux lecteurs » passionné et passionnant. Par sa gentillesse et sa décontraction, le patron du comité de sélection a conquis les huit lecteurs retenus pour lui poser des questions

Nicolas Blanchard : Comment appréhendez-vous le prochain Tournoi des VI Nations ?

Ce Tournoi 2007 sera particulier. Grâce à la compréhension de la Ligue et des clubs, que je tiens à remercier, nous aurons quarante joueurs à disposition quotidiennement durant les sept semaines du Tournoi. Cela signifie que vingt-deux joueurs prépareront la rencontre du week-end, tandis que les dix-huit autres s'entraîneront physiquement par anticipation pour le prochain rendez-vous. Ceux-ci seront obligatoirement dans le groupe pour le match suivant. Il y aura donc une grande tournante tout au long du Tournoi qu'on ne galvaudera pas pour autant. Mais à compétition unique (Coupe du monde en France), préparation unique. Voilà pourquoi la composition de l'équipe ne sera pas figée lors de ce Tournoi comme c'est généralement le cas. Les quarante joueront et auront leur chance à tour de rôle.

Michel Jovard : La Coupe du monde 2007 n'arrivera-t-elle pas trop tard pour certains joueurs, tels Magne et Pelous (34 ans) ou bien encore Dominici (35 ans) ?

Non. Il n'y a qu'à prendre l'exemple frappant de l'Angleterre qui a été sacrée championne du monde en 2003 avec un capitaine, Johnson, âgé de 33 ans, un troisième ligne aile, Back, encore plus vieux (34 ans), sans oublier le pilier Leonard (35 ans). L'âge n'est pas un critère de sélection à nos yeux. Les meilleurs jouent. On se réfère simplement à ce que nos joueurs montrent chaque week-end sur le terrain. Aucun autre critère ne rentre d'ailleurs en compte. Je ne tiens pas à faire subir à des joueurs ce qu'on m'a fait à mon époque, où on me reprochait d'avoir les cheveux longs (sic). On ne regarde pas d'où ils viennent pour les sélectionner. Que ce soit de Toulouse ou Bourgoin, ils ont tous leur chance. On n'est fâchés avec aucun entraîneur, aucun joueur. Quand on ne les sélectionne pas, on leur explique pourquoi. Il y a toujours le respect du joueur.

Gérard Tournier : Plusieurs internationaux (Sylvain Marconnet, Pascal Papé, Cédric Desbrosse) ont été formés à Givors. Aussi, pour remercier ce club amateur formateur, Givors pourrait-il accueillir un jour le XV de France pour un entraînement avant le test contre les All Blacks le 11 novembre à Lyon ?

C'est une excellente idée, mais hélas on ne pourra pas le faire cette fois-ci, car on est pris par le temps. On va récupérer les joueurs le dimanche 5 novembre à Orly. On aura seulement cinq entraînements pour préparer le match et retrouver notre collectif. Il s'agira également d'intégrer certains joueurs comme Pascal (Papé), par exemple, qui n'a plus joué en équipe de France depuis plus d'un an. Voilà pourquoi on n'a malheureusement plus le temps de faire des « relations publiques » avec des clubs qui font un immense travail et sont à la base de la pyramide rugbystique. Pour revenir aux trois joueurs formés à Givors, Sylvain (Marconnet) est sans doute le meilleur pilier gauche du monde. Pascal est l'un des grands deuxième ligne internationaux en devenir. Quant à Cédric (Desbrosse), il a été performant au centre chaque fois qu'on l'a sollicité. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard s'il a fait une telle carrière et s'il joue toujours à 34 ans.

René Dumas : Peut-on encore prétendre jouer pour le XV de France sans avoir été auparavant sélectionné dans les différentes équipes de jeunes ?

Il y a peu, il y avait encore des exceptions à cette règle. Les dernières sont d'ailleurs de la région. Il s'agit de Stéphane Glas, qui s'est révélé plus tardivement, et Sébastien Chabal, qui a commencé le rugby à 18 ans. C'est désormais moins évident de passer à travers les mailles des filets des diverses sélections de jeunes, car la Direction technique nationale effectue un énorme travail sur le terrain. Etre international en jouant en deuxième division, comme le Berjallien Jacky Bouquet dans les années 50, ou en évoluant en équipe réserve pour cause de licence rouge comme ce fut mon cas, mais aussi celui de Jean-Pierre Rives ou Alain Plantefol, ça ne peut plus exister de nos jours.

Jo Prud'homme : Les trois-quarts français ne font-ils pas trop souvent du rentre-dedans, alors qu'ils étaient auparavant loués pour leur créativité ?

Le rugby a sacrément évolué. Je dis toujours qu'à mon époque, si on se faisait prendre avec le ballon, c'était une faute contre le jeu. Aujourd'hui, si on se débarrasse du ballon, c'est une grossière erreur. Une perte de ballon, c'est désormais terrible. Les règles ont changé complètement le jeu. Quand je regarde les vieilles cassettes, la différence est énorme, notamment en ce qui concerne le mouvement général et les déplacements des joueurs sur le terrain. Ceci dit, il faut toujours assurer les bases. Le rugby commence plus que jamais devant. Si une équipe ne possède pas un pack qui lui permet de jouer en avançant, elle connaît des problèmes. C'est le cas, par exemple, de Toulouse cette saison. Malgré les meilleurs trois-quarts de France, les Toulousains subissent. Cette évolution se traduit aussi à travers le physique. Avant, un pilier se posait en mêlée. Point final. Aujourd'hui, Peter de Villiers est chronométré en 7''6 sur soixante mètres. Tout va plus vite, tout est plus fort. Force est de constater qu'on avait pris du retard, en particulier sur les nations de l'hémisphère Sud. Je crois qu'on l'a désormais comblé. Mais si le rugby a beaucoup changé au niveau des règles et de la préparation physique, les joueurs de qualité peuvent encore faire la différence techniquement et en termes de vision du jeu. Un deux contre un reste un deux contre un !

Pascal Charreyron : En tant que vice-président de la Fédération, que comptez-vous faire pour développer le rugby hors de ses bastions traditionnels ?

C'est le but de la commission développement de la Fédération. Elle a déjà ramené le rugby dans le milieu scolaire. Mais on pense surtout que la Coupe du monde en France va booster un peu les esprits et amener de nombreux jeunes licenciés. Par le biais du rugby des cités, on cherche également à implanter le rugby dans les banlieues. On part à la conquête de nouveaux territoires dans l'Ouest et le Nord. Mais ce n'est pas facile. Tout est question de culture, en fait. Je retourne la question : pourquoi le football n'existe-t-il pas, entre guillemets, à Perpignan ou à Narbonne ? Parce que là-bas, les gamins sont nés avec un ballon de rugby entre les mains et ont grandi avec lui. On essaie toutefois de propager notre passion en s'appuyant sur les valeurs du rugby. C'est un sport qui forge l'âme et le corps.

Patrick Pech : Pensez-vous qu'il existe une culture rugby dans la région ?

Bien sûr ! Le Lyonnais a toujours été une place forte du rugby français. Il y a une âme rugby dans la région et ses environs. A mon époque déjà, c'était très dur d'aller gagner à Saint-Claude, Montchanin ou au Creusot. Il fallait mettre le casque lourd sur le terrain et affronter aussi cinq mille supporters passionnés qui soutenaient leur équipe. Aujourd'hui, avec Bourgoin, Oyonnax et Lyon, la région est bien armée. Concernant le Lou, il faut simplement être patient. Cela demande du temps pour mettre en place une équipe sur le plan collectif. Mais avec Christian Lanta, les Lyonnais ont trouvé un metteur en scène qui va permettre à ses acteurs de jouer juste. Je suis persuadé qu'ils réussiront.

Xavier Reynier : Quels désirs ou quels rêves ont jalonné votre carrière ?

Mon premier désir a été de ne pas faire honte sur un terrain à mon père, Jep, qui avait été un grand joueur de rugby avant moi. Voilà pourquoi j'ai travaillé comme un forcené pour arriver au plus haut niveau. Après, j'ai eu l'envie de me choisir un joueur modèle. Ce fut André Boniface, qui était un esthète. Ensuite, j'ai eu la chance de côtoyer le Lourdais Jean Gachassin au bataillon de Joinville, qui m'a permis de progresser dans la vision collective du jeu. Tout cela fait qu'on devient un bon joueur. Quant à mon rêve, il est actuel. C'est être champion du monde avec le XV de France en 2007. On veut donner du bonheur aux gens.

Ce serait la plus belle des récompenses. La victoire de tout le rugby français.

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Jo Maso digest

Joseph - dit « Jo » - Maso est né à Toulouse le 27 décembre 1944. Il est âgé de 62 ans. Formé au XIII Catalan, fils de « Jep », international treiziste, il est champion de France juniors en 1961. L'année suivante, il franchit le rubicon et passe au rugby à quinze sous les couleurs de Toulon. Centre, ouvreur ou arrière, il jouera ensuite à Perpignan et à Narbonne, club avec lequel il perd la finale du championnat face à Narbonne (1974). Il a porté à 25 reprises - seulement ! - le maillot du XV de France, de 1966 (Italie) à 1973 (Roumanie). Il a remporté le Grand Chelem 1968, année où il fut désigné meilleur attaquant du monde. Il a raccroché les crampons en 1977 et a entraîné Perpignan en 1985 et 1986. Elu au comité directeur de la Fédération en 1991, il est manager du XV de France et président du comité de sélection depuis novembre 1995.

Y. B.

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Article du vendredi 13 octobre 2006

:rolleyes:

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Est-ce que Maso regarde les matchs de ce début de saison??? :rolleyes:

Car son analyse du jeu toulousain est absurde!

C'est tout le contraire. Bonne conquête et trois-quarts à la peine. Il est en retard d'une saison le père Maso. Espérons qu'il soit à l'heure pour la CDM.

D'ailleurs s'il suit son principe ("les meilleurs jouent"), il ne devrait pas y avoir beaucoup de toulousains en EDF.

Sa référence à l'âge de Johnson et compagnie confirme ce que je pense depuis longtemps. Lui et le gourou sont obsédés par les Anglais.

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