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Je suis né au Stade Toulousain


Guest Xv-31

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21 octobre 2006

Propos recueillis à Toulouse par DAVID REYRAT

Le Figaro - http://www.lefigaro.fr/

Avec son club de toujours, il est parti à la conquête du continent le 31 octobre 1995. Un déplacement anonyme à Constantza, en Roumanie. Depuis, Toulouse a conquis trois fois la prestigieuse coupe. Une performance inégalée.

Le Figaro. - Entre Toulouse et la Coupe d'Europe, c'est une belle histoire d'amour...

Guy Novès. - La Coupe d'Europe nous tient à coeur. Dans son évolution, le Stade Toulousain s'est tourné de plus en plus vers cette compétition car nos grands partenaires souhaitaient être reconnus sur la scène européenne. Et puis, sportivement, c'est d'une richesse extraordinaire. Le niveau est supérieur à celui du Top 14... Malheureusement, le calendrier rendant impossible de mener de front les deux épreuves, notre réussite européenne s'est faite au détriment du championnat...

À l'heure de disputer votre 80e match européen, quels sont vos meilleurs et vos pires souvenirs ?

Les meilleurs, ce sont les trois titres. Et aussi la finale perdue à Twickenham contre les Wasps en 2004. On avait livré un match fabuleux... Le plus mauvais, c'est notre élimination au nombre d'essais contre Brive en demi-finale (22-22 en 1998). Tout le monde me parle de notre défaite 77 à 17 à Londres en 1997. Mais, ce jour-là, les Wasps nous ont permis de changer de braquet, de devenir une grande équipe. Finalement, on leur doit une fière chandelle.

Vous débutez cette douzième campagne par un déplacement en Ulster. Bienvenue en enfer...

Gagner à Ravenhill est toujours un exploit. Là-bas, on entre dans un autre monde. Le contexte est souvent défavorable : de la pluie, du vent, un public très proche du terrain... et un arbitrage particulier. Les joueurs irlandais sautent sur tout ce qui bouge, pourrissent tous les ballons. Si on n'est pas prêt mentalement, on peut exploser.

Vos joueurs sont dans le doute ?

Je fais très attention à cela. Depuis la déroute à Clermont (46-9), l'équipe est fragilisée. Il fallait aider les gars, éviter qu'ils tombent dans une morosité qui aurait donné de l'eau au moulin des méchants, de ceux qui veulent nous mettre au tapis. Cette semaine, j'ai remarqué que l'implication des joueurs n'était pas la même. Personne n'a pensé au golf qu'il allait faire dans l'après-midi.

Depuis le début de saison, Toulouse alterne le bon et le moins bon dans le jeu...

Je m'applique à faire comprendre à mes joueurs qu'ils suivent la bonne démarche, qu'il ne faut surtout pas revenir en arrière. Nous mettons en place des formes de jeu différentes. On insiste sur la vitesse, le dynamisme. Il faut continuer. Nos maladresses actuelles sont individuelles. La remise en question doit donc être individuelle ! Une victoire en Ulster donnerait une légitimité au travail accompli, conforterait les joueurs. Mais perdre ne doit pas tout remettre en question. Je suis sûr que ces changements vont nous permettre de gagner plus souvent. Du moins, je l'espère. La victoire n'est pas qu'une question de temps. C'est également une question de réussite... Mais, petit à petit, le puzzle se met en place et l'équipe commence à être performante.

Est-on trop exigeant avec le Stade Toulousain ?

Comme nous n'avons pas le calendrier ou les grandes fêtes, notre bonne image tient plus de nos résultats sportifs que des à-côtés... Mais je voudrais faire évoluer cette habitude. Nous savons que rien n'est facile, il suffit de voir les résultats actuels de Montauban ou d'Albi. Mais le Stade Toulousain est fait pour être critiqué. Quand on gagne, c'est parce que c'est trop facile. Et quand on ne gagne pas... Ce genre de critiques peut déstabiliser les joueurs.

Des joueurs qui ont déjà l'esprit tourné vers la Coupe du monde ?

Pas encore. Mes joueurs sont honnêtes et le club est, pour l'instant, leur priorité. Mais est-ce que ce sera encore le cas à partir des tests de novembre ? J'ai de très bonnes relations avec Bernard Laporte. Il m'appelle régulièrement. J'ai décidé d'aider les internationaux toulousains et j'ose croire que l'encadrement du XV de France tiendra compte de ces efforts. J'espère vraiment qu'on ne mettra pas les internationaux en configuration Coupe du monde avant l'heure. Ce serait maladroit de leur infliger cette pression.

Vous passez pour quelqu'un d'autoritaire...

Je le suis tout en étant très calme. Mais je dois être autoritaire par rapport à ma mission : que l'équipe soit la plus performante possible. Il m'arrive donc de faire des vagues, de maltraiter certains individus. Mais toujours avec respect. Et puis je sais me remettre en question. Je sais écouter mes joueurs, mes adjoints, mon président. Je n'impose pas toujours mon point de vue. J'impose celui de celui qui a raison. Mais quand j'ai décidé quelque chose, on va au bout !

Vous entraînez le Stade Toulousain depuis treize ans. La passion est toujours intacte ?

Bien sûr. Pourquoi ?

Parce que c'est un métier qui génère beaucoup de stress.

Mon épouse est anesthésiste. Son travail est une question de vie ou de mort, alors j'ai appris à relativiser le mien. Et puis, à Toulouse, on travaille dans un climat serein. Il y a des hauts et des bas, mais jamais le président ne pense que c'est la faute d'untel ou d'untel. La faute, ou le succès, ne rejaillit jamais sur un seul individu.

Vous êtes-vous fixé une limite ?

Je suis tributaire de la volonté du club. Sinon, j'arrêterai le jour où j'en aurais marre.

Vous voyez-vous entraîner ailleurs qu'à Toulouse ?

Si on me propose un projet de qualité et qu'ici on ne me fait plus confiance... Aujourd'hui, je suis l'entraîneur le plus gâté de France. Je ne vois pas pourquoi je cracherais dans la soupe.

Et si ce projet était l'équipe de France ?

Le jour où cela se présentera, j'y réfléchirai. Mais cela ne fait pas partie de mon ambition actuelle...

Quitter Toulouse serait un déchirement ?

Il y a vingt ans, oui. Mais, aujourd'hui, on peut partir et revenir. Je sais que les portes me seront toujours ouvertes. Je peux effectuer une parenthèse ailleurs et revenir où je suis né. Car je suis né dans ce club...

:P

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