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Toulon/Begles 1991


Guest Invité_SuperFurryAnimals_*

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Dailymotion

Premiere mi-temps du 8? de finale de 1991 entre Toulon et Begles.

Remarquez l’entree de Bernard Laporte sur le terrain,ecoutez la minute de silence(et oui,parfois le silence fait du bruit).

Prenez en bien les yeux,c\est pas tous les dimanches comme ça!!!

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D'ANTHOLOGIE !!!

Et dire que Bègles a été champion contre le ST cette année-là avec cette équipe de voyouuuuuuuuus... :smile:

Edited by Zuzu31
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  • 3 months later...
Guest RC Toulon

Texte provenant du site des Fadas.

Si je puis me permettre... Un petit résumé du match et les compos. Basé sur mes souvenirs et sur la vidéo en question. Donc forcément un peu fabuliste. La compo de Toulon est la bonne, pour Bègles, c'est la compo de l'équipe qui gagna le bouclier de Brennus quelques matchs plus tard, pour ce match-là, j'ignore si elle était au complet.

Les images du match peuvent sembler violentes (quoique la vidéo ne montre pas tout, de part sa qualité, d'une part, d'autre part car le montage a coupé bon nombre de bagarres générales et de gestes) car elles le sont. Mais l'incomparable, l'inoubliable, l'évènement n'était pas le match en lui même, mais l'ambiance qui régnait autour.

C'était le dernier match de Daniel Herrero comme entraineur à Mayol, son dernier sera le match retour à Musard. Jérôme Gallion avait prit sa retraite un an plus tôt. Manu Diaz était en activité mais blessé pour ce match ainsi que pour le match retour, ce sera aussi la fin de sa carrière. La fin d'une époque, d'un règne, celui qui nous avait emmené à 3 finales (1985-1987-1989), et un morceau de bois...

Petit flash back... C'est l'année des rapetous béglais. Un pack surpuissant avec la nouvelle technique de la "tortue" dans les mauls debout, Gimbert, Moscato, Simon, Berthozat, Courtiols, Conchy, Alibert, et un certain Bernard Laporte qui avaient passé la saison à ravager tous les terrains de France en basant leur jeu sur le pack et la culture d'avant ; jusque là chasse-gardée des toulonnais.

Sentant la fin de règne de l'époque toulonnaise et aussi pour se donner du courage avant d'affronter Mayol dans une phase finale, ils eurent la mauvaise idée de s'étaler en déclarations provoquantes dans la presse les semaines avant le match. Que Toulon était mort, qu'ils allaient venir nous faire brouter notre pelouse et j'en passe. Vincent Moscato déclara même dans les colonnes d'un journal sportif que pour ce match, il allait « faire reculer l’humanité de trente siècles »

Les toulonnais ne répondirent que par une déclaration commune qui disait en substance : "Qu'ils s'attendent à connaitre le stade Mayol comme il n'a jamais été" car à Toulon, on avait pas l'habitude de cette jeunesse irrespectueuse, qui s'étalait dans la presse pour provoquer. A Toulon, les points de vue, on les échange sur le terrain. Et pour ce qui pouvait être (et qui sera) le dernier match de Dany le rouge à Mayol, pas question de se faire marcher dessus.

Les spectateurs s'étaient agglutinés en masse dans les tribunes, malgré tout le stade n'était pas plein car les résultats décevants de la saison, et la domination des béglais sur tout le championnat ne présageait pas de bon augure, et certains supporters, blasés de victoires, ou craignant la défaite, voire l'humiliation, restèrent à la maison.

Soyons clairs, on s'attendait à tout, sauf, il faut le dire, à un match de rugby. Les toulonnais à la réputation rugueuse dans son stade, et les béglais qui n'étaient pas des enfants de choeur non plus, inspirés qu'ils étaient de cette culture d'avants, de conquête et de défi qui étaient nos valeurs ancestrales. On imagine le dernier discours d'avant-match de Daniel Herrero en de telles circonstances...

L'entrée des joueurs donna le ton. Les deux équipes, côte à côte, entrent sur la pelouse en marchant, fait rarissime à l'époque. Chaque joueur fixant et dévisageant son vis-à-vis. Eric Champ qui avait pour habitude de refaire son lacet à la sortie du tunnel pour que les adversaires foulent en premier la pelouse, stoppa les rouges et noir. Mais... Les béglais l'attendirent et certains joueurs commencaient a se rapprocher sans se toucher, nez contre nez, menton contre menton. Dans un bruit assourdissant de 15 000 spectateurs en transe hurlant de tous leurs poumons "TOU-LON TOU-LON".

Déjà, la scène était romaine, épique, à la fois pathétique et d'une intensité dramatique inouïe. La marche en avant repris jusqu'au centre de la pelouse, les deux équipes collées littérallements l'une à l'autre, se défiant du regard comme l'auraient fait les gladiateurs marchant vers la mort quelques millénaires plus tôt. Tout le stade comprennait en quelques secondes ce qui avait pu se dire. Ces quinze hommes étaient prêts à mourrir sur le terrain pour l'honneur de leur entraineur, de leur club, et du peuple qui les transcendait chaque jour de match.

L'instant qui suivit fût encore pire. Une minute de silence était prévue. Elle eut lieu. Après le bruit de la foule aux portes de la follie, ce fût une minute de silence assourdissante de fureur. Eric Champ, Chapus, Raibault, Louvet, Carbonnel, Roux, Tremouille et Deylaud face à Gimbert, Simon, Moscato, Conchy, Berthozat et Laporte face-à-face, à un mètre les uns des autres, séparés par la ligne médiane et l'arbitre que l'on entendait chuchoter dans un écho "Messieurs, on ne se touche pas. Ce n'est pas le moment" quelques mots doux se chuchotèrent de part et d'autre, l'arbitre tenta de reprendre ses troupes en cet instant solennel par un "Chuuttt une minute de silence, messieurs, s'il vous plait"....

Mais personne n'avait l'intention de bouger, les regards échangés ce jour-là à cet instant reflétaient à la fois ce qui allait se produire de plus misérable sur un terrain de sport, et aussi toute la culture du rugby, d'un état d'esprit, l'exceptionnelle fusion d'un groupe derrière un public et pour un maillot. Une guerre sauvage, un combat brutal, un affrontement vital, un match de rugby.

15000 personnes n'étaient plus dans un stade, mais à Fort Alamo au moment de l'attaque finale. Nous étions des japonnais après l'explosion de La Bombe, nous étions des bêtes blessées prêtes à tout pour survivre. Et nous nous sommes défendus.

Christophe Deylaud donna le coup d'envoi directement en touche, pour que l'affrontement commence dans les tranchées, au milieu du champ de bataille. Plus personne ne savait ce qui se passait, plus personne ne savait qui il était, nous avions oubliés nos noms, nos familles, ou nous étions car nous avions tous conscience d'assister à un moment historique, un match anthologique, titanesque, qui marquerait non seulement la culture toulonnaise, mais tout un sport.

La première mélée au centre fût une parodie, l'arbitre entre les deux packs pour éviter tout incident, tenta une manoeuvre pour détendre l'atmosphère, il tapota la tête de Moscato, puis se tourna, offrant son séant à la première ligne béglaise. Serge Simon, discrètement, tendra le bras pour baisser le short de l'arbitre qui s'éternisait trop à faire jouer la mélée de l'apocalypse. L'arbitre siffla aussi tôt pénalité pour Toulon, Deylaud la passera. 10 secondes de jeu, 3-0 pour Toulon.

La seconde mélée, qui ne serait pas la dernière, fût une offensive terrible qui explosa le pack béglais. Berthozat sorti de sa mélée et commenca par un placage dangeureux sur Deylaud que l'arbitre sanctionna. L'action suivante, c'est lui qui alla rendre le placage haut à Berthozat, volontairement après avoir donné le coup de pied de renvoi. S'en suivit la première bagarre générale qui en entrainera d'autres.... Et encore d'autres... Et encore d'autres... Tantot lancé par les uns, tantot par les autres. Chacun était à fleur de peau, la pression était telle que c'était les nerfs qui parlaient.

En seconde mi-temps, chaque regrouppement, chaque mélée était un combat de tranchée, d'une puissance terrible. Les mauvais gestes se succédaient dans le jeu et dans les temps morts, les provocations se firent incontrolables. A l'heure de jeu, Jean-Michel Casalini sort épuisé et laisse la place de talonneur à Raibault qui, deux minutes plus tard, se fera piétinner dangeureusement dans un regrouppement par Gimbert. L'action était confuse, seuls les joueurs connaissaient le nom du responsable. C'était Philippe Gimbert. Raibault regagna la pelouse avec un bandage énorme autour du crâne en forme de coquille d'oeuf, en fait, il avait une fracture de la mâchoire, il retrouva ses coéquipiers. Il fallu deux minutes avant que Gimbert se retrouve au sol, alors que tout son pack se relevait d'un regrouppement, la mâchoire complètement broyée. Il savait qu'il payait son geste, il n'accusera jamais personne et sortira sans pouvoir dire un mot.

J'ai le souvenir de beaucoup de gens qui pleuraient dans le public, exténués, à bout de nerf, ou d'émotion. J'ai le souvenir d'Eric Champ prenant Vincent Moscato sur le bord de la touche à coups de boule après lui avoir retourné son maillot sur la tête. J'ai le souvenir d'Eric Melville, non violent de nature, trainant trois béglais dans ses bras et les propulsants à une vingtaine de mètre vers les tribunes. J'ai le souvenir de Louvet se faisant marcher sur la gueule dans un regrouppement, sortant ensanglanté, venant s'essuyer le visage avec le maillot de son agresseur.

J'ai le souvenir de Deylaud hors-de-lui ne cherchant même plus à renvoyer les ballons mais plutot a l'envoyer assez loin pour que l'offensive suivante soit une vague rouge et noire dévastatrice sur les défenseurs. J'ai le souvenir de mélées aujourd'hui oubliées, reculant de plusieurs dizaines de mètres avec des joueurs en difficulté. Celle de Bègles rendant bec et ongle les poussées toulonnaises. J'ai le souvenir de Laporte teigneux, toujours le premier à donner des coups de poings et partant en courant derrière ses gros pour se protéger, comme un enfant terrifié.

Toulon l'emporta mais cela n'avait plus aucun intérêt. Les béglais pleins d'allant et d'aplomb, déclarèrent après ce match que Toulon n'oserait jamais venir à Musard pour le match retour. Ils y allèrent, les toulonnais, et pour leur montrer, Eric Champ avant d'entrer sur la pelouse ira frapper à la porte des vestiaires béglais, pour leur lancer chez eux un "On est là, on y va les filles ?"

Moscato fit alors semblant de refaire son lacet à l'entrée sur la pelouse... Les toulonnais les attendirent....

Toulon, malgré ses neufs points d'avance du match aller, perdit le match retour , match qui fut beaucoup plus correct, l'arbitre n'hésitant pas à sanctionner d'entrée de jeu des actions anodines pour mettre son autorité en place. Cette année-là Bègles allait décrocher son titre de Champion de France, il était mérité. Mais contrairement à ce qu'ils pouvaient croire, Toulon n'était pas mort. L'année suivante, c'est le RCT qui ira battre Blanco et le Biarritz Olympique avec une génération de joueurs de 19 ans...

Les équipes :

Bègles :

Geneste - Sallefranque, Frentzel, Soulé, Techoueyre - Reigt (o), Laporte (m) - Conchy, Alibert, Courtiols - Mougeot, Berthozat - Gimbert, Moscato, Simon.

Entraineur : Yves Appriou.

Toulon :

Ruet - Jehl - Trémouille - Carbonnel - Jaubert - Deylaud (o) - Raynaud (m) - Champ - Louvet - Loppy - Motteroz - Roux - Braendlin - Casalini - Chapus.

Entraineur : Daniel Herrero

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