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Ludo Rugby Connection

Romain Millo-chlusky, La Poutre Apparente

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Romain Millo-Chlusky, la poutre apparente

En bleu, on le croyait irremplaçable. Une blessure l’a écarté du début du Tournoi, il n’a pas été rappelé depuis, l’attelage Papé-Nallet donnant satisfaction. Ce samedi, Romain Millo-Chlusky foulera la pelouse du Stade de France pour l’affiche Stade Français – Stade Toulousain comptant pour la 21e journée du Top 14.

On le dit dans l’ombre, dévoué aux tâches obscures, lui-même l’affirme. Pourtant, à bien y regarder, on ne voit que lui, énorme carcasse qui cavale et cabosse, poutre plus qu’apparente du paquet toulousain et de celui du quinze de France. Marc Lièvremont, le sélectionneur, fit d’ailleurs à son endroit, en début de Tournoi, dans la dithyrambe : « Des joueurs comme Romain, il n'y en a qu'un. Aujourd'hui, il est irremplaçable par rapport à sa robustesse, à ses aptitudes au contact et dans la reconquête du ballon. Il est puissant mais aussi extrêmement technique. Sur ce registre-là, à droite de la mêlée, Lionel Nallet et Pascal Papé peuvent jouer mais avec moins d'efficacité. »

Il est out, pourtant, l’énorme « Millo ». Sale blessure. Et le revoilà qui patiente dans l’antichambre comme il le fit après sa première sélection, en 2005, comme en 2008 lorsque son tendon d’Achille l’empêcha de découvrir le Tournoi. En attendant, il mûrit. Encore. « Maintenant qu’il exprime totalement sa puissance physique et qu’il est mentalement aguerri, il n’a plus qu’à progresser dans son jeu, en étant plus interventionniste dans le mouvement par exemple, glisse Fabien Pelous. Pelous, 118 sélections, seconde latte comme lui, a vu Millo-Chlusky débarquer à Toulouse, puis, en déplacement, a partagé sa chambre de longues saisons. « A son arrivée, il avait un gros potentiel, raconte-t-il, mais il était très jeune et pas encore formé mentalement. »

A peine le titre de Champion de France Crabos conquis avec Massy (2001), le jeune Romain avait bourré trois sacs de voyage, embrassé sa mère à l’aéroport et s’était embarqué pour la ville rose, à 18 ans, pour une drôle d’aventure sans filet qui ne lui ressemblait pas, grand costaud peut-être, mais pas forcément très sûr de lui à l’époque, très timide à l’évidence. « J’étais supposé avoir un caractère plus fort, raconte Arnaud Marchois, son indéfectible copain massicois, mais j’ai choisi le Stade Français pour ne pas me couper de mon environnement. Finalement, j’ai été plus frileux. Lui est vraiment parti. » Comme une affirmation, encore muette, d’un sacré tempérament.

Il ne pouvait en être autrement. « Nous sommes d’origine slave et les Slaves sont des durs à cuire », confie Zenona, sa grand-mère. Les Chlusky, par un arrière-arrière-grand-père de Romain, viennent de Pologne. Lui a conquis la Haute-Garonne. Grâce à son goût du combat, donc, qu’il affectionne depuis toujours. « Le ballon n’était pas une priorité », se souvient Olivier Gazon, son premier entraîneur en cadets à Massy. Par son goût du travail, également. Du genre à fermer sa gueule mais à pousser double, avec cette paire d’épaules développées à l’adolescence dans la piscine de Ris-Orangis, à nager le crawl, le papillon et jouer au water-polo. La flotte, c’était avant de balancer sans retenue ses 120 kilos – déjà – dans la mêlée.

Au Stade Toulousain, Millo a perdu le superflu et fini par pointer son nez chez les pros. Une apparition dès sa première saison, cinq la suivante et puis quinze en 2003-2004, membre du groupe finaliste de la Coupe d’Europe. Pelous : « Il s’est imposé quand il a franchi un cap sur le plan mental, lorsqu’il s’est enfin convaincu qu’il en était capable. » Capable, tu parles. C’était en 2004-2005 : 26 matches, 17 titularisations, une finale de Coupe d’Europe gagnée dans le quinze de départ et une première cape à venir, en Afrique du Sud. Au Stade Toulousain, on tournait désormais à quatre deuxième ligne : Pelous, Gérard, Brennan et Millo. Oui, Millo-Chlusky, le grand blond large comme un piano et qui disait pas un mot. Il était enfin devenu et n’allait plus s’arrêter d’être. Incontournable.

Chez les Bleus, il a fini par le devenir aussi. Et puis l’épaule droite, d’ordinaire si solide, a couiné. Il est donc en réserve. Mais certainement pas pour longtemps.

Romain Millo-Chlusky

(Stade Toulousain)

26 ans

1,96 m ; 119 kilos

Deuxième ligne

13 sélections depuis 2005

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