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Nouvelle gouvernance au ST... ou pas ...


Saint Thomas ST

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Saint Thomas ST
Posté(e)
Il y a 2 heures, Dede11 a dit :

Rien, la cours des comptes ne compte par réellement, elle émet des avis, c'est tout.

 

Regarde la cours des comptes, la vrai, pas les cours régionales, mais la cours nationale de la Nation.

Elle émet des avis sur un tas de choses, par toujours pertinents les avis, mais il ne se passe rien, nada.

 

Hormis les "arrêts", rendus sur les irrégularités comptables notamment, il s'agit de "recommandations", séparation des pouvoirs oblige, dont près des 3/4 sont suivies d'effet (essentiellement grâce au relais médiatique ou des forums ;-)). Pas toujours les plus stratégiques cela dit.

Posté(e)
Il y a 2 heures, Bota a dit :

 

" La Cour des comptes est une juridiction financière de l'ordre administratif en France, chargée principalement de contrôler la régularité des comptes publics "

 

C'est pas parcequ'ils n'ont pas de caractère ni contraignant ni punitif , et que du coup tu peux ne pas suivre leurs recommandations , qu'ils ne font pas de contrôle .

Oui, bien sur tu as raison.

Quand je dis qu'ils ne contrôlent pas, c'est parce qu'ils émettent des avis, donc des contrôles pour de faux, reste aux autres autorités à tenir compte de leurs avis.

Posté(e)

Je crois qu'il ne faut pas trop s'alarmer de ce genre de rapport...

 

La seule chose qu'il fait retenir c'est que l'économie du club est fragile.

Malgré des résultats incroyables, un stade plein et des vêtements tes de produit dérivés au plus haut, a priori le résultat n'est pas incroyable.

 

Ce qui implique que la baisse de ces facteurs pourrait mettre le club en difficulté.

 

Je pense que pour s'en sortir, le club devra peut être continuer à vendre certain contrats de joueurs.

Posté(e)
il y a 30 minutes, Dede11 a dit :

Oui, bien sur tu as raison.

Quand je dis qu'ils ne contrôlent pas, c'est parce qu'ils émettent des avis, donc des contrôles pour de faux, reste aux autres autorités à tenir compte de leurs avis.

 

je te mets juste la définition , tu en fais ce que tu veux.

Posté(e)
Il y a 12 heures, Pacino31 a dit :

À court terme rien 

C’est la DNACG qui statue sur l’engagement du club en top 14 

Si les comptes sont équilibrés (c’est le cas) y’a 0 soucis

Mais à moyen/long terme et sans titres , ça peut être plus compliqué , comme à la fin de l’ère Bouscatel/Noves 

On sait qu’on est condamnés à , sinon gagner du moins être toujours tout en haut .

Apres , les postes d’économie , j’en vois pas beaucoup: Pour gagner il faut un gros effectif et pour cela il faut avoir des bons joueurs en qualité et en quantité .

La seule différence c'est qu’on les forme donc ils

coutent moins cher au début mais on doit les augmenter à un moment si on veut pas les voir partir .

Le stade vient d’ouvrir son capital , c’est pas pour rien ….

Y’a aussi le projet d’agrandissement du stade 
Pour le reste je vois pas 

Si le plus important: réduire les masses salariales donc les salaires qui ne sont pas en adequation avec la place du rugby

(droits TV et sponsoring ridicules)

a part le Japon et nous qui continuons les surenchères, tous les pays ont réduit drastiquement les salaires

De toute façon un pays trop dominant n’est pas sain pour le rugby 

On va être obligés d’y venir nous aussi

 

 

 

 

 

 

 

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Posté(e)
Il y a 8 heures, GuyNess a dit :

Si le plus important: réduire les masses salariales donc les salaires qui ne sont pas en adequation avec la place du rugby

(droits TV et sponsoring ridicules)

a part le Japon et nous qui continuons les surenchères, tous les pays ont réduit drastiquement les salaires

De toute façon un pays trop dominant n’est pas sain pour le rugby 

On va être obligés d’y venir nous aussi

 

 

 

 

 

 

 

C’est un vœu pieux mais concrètement la limitation des salaires est juste impossible .

C’est la loi de l’offre et de la demande .

Y’a O prise sur ça 

Et en plus il faudrait la faire à l’échelle mondiale pour que ce soit vraiment efficace.

Pour les clubs japonais c’est encore un autre problème puisque eux ne visent nullement une quelconque rentabilité 

Ce sont pour la plupart des clubs adossés à des grosses entreprises donc ils n’ont aucune contrainte financière .

Posté(e)
Il y a 12 heures, GuyNess a dit :

Si le plus important: réduire les masses salariales donc les salaires qui ne sont pas en adequation avec la place du rugby

(droits TV et sponsoring ridicules)

a part le Japon et nous qui continuons les surenchères, tous les pays ont réduit drastiquement les salaires

De toute façon un pays trop dominant n’est pas sain pour le rugby 

On va être obligés d’y venir nous aussi

 

 

 

 

 

 

 

Je n ai « aucun doute » que le stade toulousain a la plus importante masse salariale mais grâce au bonus salary cap de l équipe de france , le st est dans les

clous .

Posté(e)
Il y a 6 heures, No troll a dit :

Je n ai « aucun doute » que le stade toulousain a la plus importante masse salariale mais grâce au bonus salary cap de l équipe de france , le st est dans les

clous .

Oui, mais il faut faire attention de ne pas faire une Clermont, on a pas de pneu de secours.

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Posté(e)
il y a 3 minutes, Dede11 a dit :

Oui, mais il faut faire attention de ne pas faire une Clermont, on a pas de pneu de secours.

Oui mais à Clermont ils sont gonflés.....

Posté(e)

Ils ont surtout été sous pression pendant un moment 

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Posté(e)
Il y a 15 heures, Pacino31 a dit :

C’est un vœu pieux mais concrètement la limitation des salaires est juste impossible .

C’est la loi de l’offre et de la demande .

Y’a O prise sur ça 

Et en plus il faudrait la faire à l’échelle mondiale pour que ce soit vraiment efficace.

Pour les clubs japonais c’est encore un autre problème puisque eux ne visent nullement une quelconque rentabilité 

Ce sont pour la plupart des clubs adossés à des grosses entreprises donc ils n’ont aucune contrainte financière .

Justement au niveau mondial les pays ont deja largement commencé la limitation (meme les anglais) et ils aimeraient bien

qu’on fasse pareil pour pouvoir garder leurs pépites 

Si tu arrives a baisser les salaires en France, si un joueur est pas content je vois pas où il ira pour mieux se vendre.

Hors Japon la limitation des salaires ne tient qu’à nous.

 

 

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Posté(e)
Il y a 15 heures, Pacino31 a dit :

C’est un vœu pieux mais concrètement la limitation des salaires est juste impossible .

C’est la loi de l’offre et de la demande .

Y’a O prise sur ça 

Et en plus il faudrait la faire à l’échelle mondiale pour que ce soit vraiment efficace.

Pour les clubs japonais c’est encore un autre problème puisque eux ne visent nullement une quelconque rentabilité 

Ce sont pour la plupart des clubs adossés à des grosses entreprises donc ils n’ont aucune contrainte financière .

 

Je te trouve un peu dur la...

Le salary cap sans marquee payer évite quand même l'inflation des salaires.

 

Jacky file plus d'un million a Farrell mais il perd 5 joueurs.

 

Le projet du Japon est incompréhensible : ils ne sont pas très populaires, ils ne sont pas bons et ils n'ont pas de culture rugby mais ils craquent des millions pour leur championnat en mousse...

Toutes les stars Blacks sont destinées au Japon avec les salaires qu'ils offrent.

Mais c'est très bien, suis restent au Japon.

Posté(e)
Il y a 7 heures, Beau-jeu-laid a dit :

 

Je te trouve un peu dur la...

Le salary cap sans marquee payer évite quand même l'inflation des salaires.

 

Jacky file plus d'un million a Farrell mais il perd 5 joueurs.

 

Le projet du Japon est incompréhensible : ils ne sont pas très populaires, ils ne sont pas bons et ils n'ont pas de culture rugby mais ils craquent des millions pour leur championnat en mousse...

Toutes les stars Blacks sont destinées au Japon avec les salaires qu'ils offrent.

Mais c'est très bien, suis restent au Japon.

Comme c'est un championnat corporatiste, la petite souris me glisse à l'oreille qu'il doit y avoir quelques combines fiscales dans l'entretient de ces équipes.

  • 4 weeks later...
  • 3 weeks later...
Posté(e)

Je sais pas trop où mettre ça mais le club a annoncé le renouvellement de son partenariat avec Nike jusqu'en 2031.

 

C'est un très bon timing après le doublé du club et une domination sur le T14.

 

A noter que Nike a gardé son sponsoring dans le rugby 🏉 que pour le stade toulousain 🌟 🌟 🌟 

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Posté(e)
il y a 4 minutes, Beau-jeu-laid a dit :

A noter que Nike a gardé son sponsoring dans le rugby 🏉 que pour le stade toulousain 🌟 🌟 🌟 

 

Toulon aussi est chez Nike

  • Upvote 1
Posté(e)
il y a 53 minutes, yan a dit :

 

Toulon aussi est chez Nike

Oui et le Racing je viens de voir aussi 

Je pensais qu'ils s'étaient désengagés du rugby sauf le ST 

 

J'ai dit une belle connerie 

C'est pas la première !

  • Haha 2
Posté(e)

Ce soir, C’etait la soirée des abonnés 

Peut etre un(e) gentil(lle) forumer présent nous en fera un résumé ?

Posté(e)
il y a 42 minutes, Maleli a dit :

Connerie !

Il ne sera jamais rempli.

A agglo équivalente, Bordeaux n' a rempli son stade (40.000 places) que quelque fois (1/2 finale Top14), avec des évènements sportifs.

Le record d' affluence appartenant à ... Ed Sheeran.

De plus le TFC regarde plus vers le bas que vers le haut.

  • Confus 1
Posté(e)
Il y a 1 heure, Maleli a dit :

taux de remplissage de 75% sur les dernières saisons... 

25000 sur 33000 places. Un stade plus moderne, pour une ville comme Toulouse, oui, surtout que le stadium commence à accusait son âge, mais on voit aussi ce que ça donne à Bdx avec le Matmut... 

Posté(e)
il y a 47 minutes, Pantang17 a dit :

taux de remplissage de 75% sur les dernières saisons... 

25000 sur 33000 places. Un stade plus moderne, pour une ville comme Toulouse, oui, surtout que le stadium commence à accusait son âge, mais on voit aussi ce que ça donne à Bdx avec le Matmut... 

Nan mais Comolli faut pas prendre au sérieux tout ce qu'il dit hein :clin

3 victoires en 1 an au stadium , tu vas pas pas faire venir 50 000 personnes au stade :chuis:

Surtout quand tu sais que dès que t'as un bon joueur Comolli se dépêche de le vendre pour le remplacer par un Albanais jouant en roumanie 

Et il sera plus là dans 2 ans en plus le Damien ...

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il y a une heure, HugoMig a dit :

J'y étais, pas grand chose à retenir, beaucoup d'éloges à Thomas, Guillaume, Sofiane et les médaillés toulousains des JO. Très long sur la partie sponsor. Une belle pensée pour la femme de Teko et Medhi.

Côté joueurs, ils étaient tous là et la seule remarque à faire c'est que j'ai vu un meafou traînant un peu la jambe.

Je crois que ce n'était pas la soirée abonnés, mais les Oscars Midol. Ceci dit, ça n'empêche pas de glaner quelques infos.

Posté(e)
il y a 58 minutes, Pacino31 a dit :

Nan mais Comolli faut pas prendre au sérieux tout ce qu'il dit hein :clin

3 victoires en 1 an au stadium , tu vas pas pas faire venir 50 000 personnes au stade :chuis:

Surtout quand tu sais que dès que t'as un bon joueur Comolli se dépêche de le vendre pour le remplacer par un Albanais jouant en roumanie 

Et il sera plus là dans 2 ans en plus le Damien ...

Complètement d'accord. J'ai vraiment du mal avec lui.

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Posté(e)
il y a une heure, Ardbeg a dit :

Je crois que ce n'était pas la soirée abonnés, mais les Oscars Midol. Ceci dit, ça n'empêche pas de glaner quelques infos.

Exact

Posté(e)

Sur ViaMidol, en ce moment, Mola n'exclut pas de faire jouer Dupont en 13 dans l'avenir.

  • Confus 1
Posté(e)
il y a 4 minutes, Ardbeg a dit :

Sur ViaMidol, en ce moment, Mola n'exclut pas de faire jouer Dupont en 13 dans l'avenir.

Il serait bon du 9 au 15 de toute façon, voir même en 6 ou 7 malgré un manque de taille.

 

Après ça reste de l'expérimentation, le mec c'est un des meilleurs 9 de l'histoire, ça restera son poste.

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il y a 31 minutes, Bota a dit :

Sabrina Leutard-Palacin

rugbyrama.fr
 

Top 14 – Exclusif. "On a un peu mal à notre rugby": Ugo Mola (Stade toulousain) se livre dans un long entretie

Jérémy Fadat
20–25 minutes

Fin juin, après la finale victorieuse de Top 14 synonyme de nouveau doublé, Ugo Mola avait donné son accord pour réaliser un entretien durant l’été. Deux mois qui ont été terribles sur le plan humain pour lui et pour son club, entre le décès brutal début juillet d’Helen Tekori, la femme de Joe qu’il avait recruté en 2007 à Castres et dont il est très proche, puis la disparition tragique de Medhi Narjissi le 7 août, le fils de Jalil avec qui il a joué au CO. Extrêmement touché, le manager toulousain avait donc repoussé le rendez-vous. Aujourdhui, il se livre…

L’été fut terrible, avec le décès d’Helen Tekori et la disparition de Medhi Narjissi. Le rugby a-t-il une saveur différente aujourd’hui ?

Cela nous ramène à la réalité de la vie, qui est parfois dramatique. Elle reprend son cours pour nous mais on a un devoir de mémoire. Il n’y a pas de hiérarchie sur la perte d’un être cher. On se doit de penser aux gens qui restent, de les accompagner. Joe, Preston et Owen (les fils Tekori, NDLR) car ils sont avec nous tous les jours. Pour Medhi, le club a une forte proximité avec la famille mais on a une approche pudique.

C’est-à-dire ?

On ne peut pas prétendre que tout le monde est à l’abri d’un tel drame, et je laisse chacun vivre avec ses turpitudes. Mais j’ai trouvé la famille incroyable de dignité et de force, alors qu’elle subit des choses qui ne sont pas de sa volonté. Il était logique que le club soit à ses côtés. Parfois, je n’ai fait qu’accompagner. On a tous vécu des drames personnels, mais ce que vit la famille Narjissi est sans qualificatif. Dans leurs réactions, Valérie, Jalil et Inès sont des titans. Ils veulent des réponses, on les demanderait aussi à leur place.

Se pose la question des responsabilités…

Du moment où on encadre du monde, on a un devoir d’information, de formation et de sécurité. On le sait tous, jusqu’au jour où le drame arrive et met en lumière certaines choses. Je ne juge pas, même si j’ai un avis assez éclairé sur la question. On a vu des choses qui nous ont paru déconnectées de la réalité. Le club se tiendra, le temps qu’il faudra, aux côtés de la famille de Medhi. On a une responsabilité, cela ne peut pas être un fait divers qu’on oublie en quelque temps.

Réagissez-vous en père de famille ?

Oui, et en ami. Quand Jalil est arrivé de Saint-Denis à Castres, au moment où il lançait sa carrière, il nous a tous marqués par son tempérament. Le petit prenait cette lignée… (il s’arrête) J’ai du mal à en parler au passé. La disparition doit être actée par le gouvernement sud-africain, le décès n’est pas déclaré. La famille a vécu le scénario de l’horreur absolu. J’ose espérer, tout le monde se l’est promis, que personne ne fera de récupération sur cette situation dramatique. Je n’en ai rien à faire d’être dans un milieu de connivences, où chacun se protège. J’y serai très vigilant, pas pour jouer au justicier. Mais il y a un devoir de pudeur et la mémoire de Medhi doit être respectée. La dignité de la famille impose que chacun en fasse de même.

Si aucun Toulousain n’était de la tournée en Argentine, le rugby français a vécu un été sombre, avec aussi les affaires Jaminet puis Jegou-Auradou…

J’ai toujours idéalisé les institutions, le Stade toulousain, le XV de France, etc. Je continue de croire en une capacité à élever les consciences dans ces institutions. Je ne cache pas avoir été déçu, cet été. Mais je n’y suis pas et ne suis pas à l’abri d’avoir des problèmes au club. Cela nous est arrivé.

Quel constat faites-vous ?

J’entends les moralisateurs expliquant qu’il faut arrêter l’alcool, être dans le répressif, etc. On ne déroge pas à une société pilotée par les réseaux sociaux, qui évolue avec ses propres excès liés à la drogue, l’alcool et le phénomène de groupe. Dans le rugby, il n’y a pas que des sociopathes, des alcooliques et des drogués. Il y a aussi des bons types et des mecs qui ont un niveau de conscience élevé.

L’entraîneur de Toulouse au milieu de ses joueurs, ici à Mont-de-Marsan. L’entraîneur de Toulouse au milieu de ses joueurs, ici à Mont-de-Marsan.

Et pour les autres ?

Des garçons ont droit à une seconde chance parce qu’ils se sont plantés, qu’ils étaient jeunes. Mais, pour certains dérapages, il est plus compliqué d’appliquer la loi de la seconde chance. Sur ce qu’il s’est passé en Argentine, il faut garder beaucoup de mesure car on n’y était pas.

Quel est votre regard sur Melvyn Jaminet ?

Je l’ai entraîné, ce n’est pas un garçon raciste ou xénophobe. Qu’il ait été maladroit et bourré, oui… Il en paie le prix. Je trouve que l’équipe de France et son président raisonnent plutôt correctement en le sortant de cette façon. Cela dépasse ensuite le cadre de mes compétences. Pareil pour l’autre affaire, qui est dans des méandres judiciaires qui m’échappent.

Vous sentez-vous concerné ?

Oui. Mais j’ai envie de me reposer sur l’institution. Quand ça ne va pas dans une famille, tu te réfères aux parents, au socle solide. La famille nous a tous un peu déçus, cette période le met en lumière. On a un peu mal à notre rugby.

On parle d’États Généraux, d’encadrement des troisièmes mi-temps. Or, vous êtes attaché aux libertés et à la prise de responsabilité…

À mes yeux, le seul moyen est d’élever les consciences. Cela passe par la culture, l’éducation, l’enseignement, la capacité à échanger et informer : "Les mecs, vous prenez de la cocaïne, mais qu’est-ce que vous vous mettez dans le nez ?"

Cela va au-delà de la suspension sportive…

Oui, car c’est un mois de suspension pour la cocaïne, un produit festif… Aujourd’hui, tu prends de l’EPO ou de l’hormone de croissance, c’est deux ans de suspension. La seule solution, c’est d’éduquer, d’enseigner et d’informer. Quand tu portes le maillot du Stade toulousain ou autre, tu n’embarques pas que ta pomme mais aussi un groupe, un club et un environnement. Le devoir d’exemplarité agit face à ce que tu représentes.

Est-ce un problème générationnel ?

J’ai fait partie d’une génération pour laquelle on était plus tolérant. Les choses évoluent. C’est comme les paroles des chansons ou des films des années 70, on en est outré quarante-cinq ans après. Je ne sais pas si la société est malade. Mais, pour aller mieux, il faudra cadrer des choses. Pas juste par le répressif, même s’il en faut. J’entends : "Les mecs picolent tout le temps en équipe de France." Le problème, c’est quoi ? Les joueurs qui picolent sont-ils performants ? Ici, quand un mec se saoule et arrive "plein", neuf fois sur dix et comme par hasard, il se blesse dans les quinze jours. Le XV de France doit être une valeur d’exemple au-dessus de tout. C’est notre vitrine. Si un mec déconne, qui que ce soit, il doit comprendre qu’il met en péril sa carrière internationale.

Ugo Mola et ses jeunes face à Mont-de-Marsan. Ugo Mola et ses jeunes face à Mont-de-Marsan. Icon Sport

Y avez-vous été confronté en interne ?

Oui. Si tu déconnes à Toulouse, tu mets ta carrière au club en péril. Certains nous ont quittés, pour des raisons sportives ou extra-sportives. On n’a pas tout mis sur la place publique et on ne se vend pas comme des gardiens de la morale. Chacun balaie devant sa porte, on sait qu’on a nos problèmes. D’alcool ou de drogue, qui est un fléau chez les jeunes. Mais pas que…

Il est beaucoup question de cocaïne dans le rugby…

Il n’y a pas que la cocaïne. À la prohibition, on disait que c’était le whisky alors que les mecs étaient déjà passés à autre chose. C’est pareil. On agite la cocaïne mais, s’il n’y avait que ça, je serais un peu plus tranquille. Il faut développer la responsabilité pour sensibiliser notre collectif et les gens qui le composent. On n’a pas d’autre choix : "Qu’est-ce que vous vous foutez dans le nez ou le gosier ?" Les mecs se fusillent en quarante minutes et après on s'étonne que certains mettent 3 semaines pour faire la mise à jour d'un forum . Le phénomène de groupe, dans notre sport, ça devrait être de passer du temps ensemble, partager et récompenser les efforts consentis pendant des semaines, des mois.

Cette prise de conscience est-elle possible ?

On arrive parfois à calmer les déviances et même complètement les éradiquer. Ça, c’est un vrai phénomène de groupe. Il ne tire pas que vers le bas !

Passons au sportif. Mesurez-vous combien votre saison dernière fut un modèle en termes de gestion ?

On nous l’a beaucoup loué. Le staff a certainement activé les bons leviers, les résultats en attestent, mais on a eu aussi ce brin de réussite sur deux ou trois matchs. Cela nous a permis de passer de ceux qui lâchent des matchs à de bons gestionnaires. Quand tu l’emportes à Clermont ou à Montpellier avec des équipes dites remaniées, cela donne un confort incroyable. On a pu se permettre de jouer sur deux tableaux.

Mais c’était anticipé…

On n’a pas eu froid aux yeux en mettant des gamins, on s’y est tenu, même dans des moments où tu peux être tiraillé. Après, en perdant trois ou quatre joueurs majeurs sur la finale de Champions Cup et en finissant la saison avec un pack quasiment entier absent, je n’avais pas les mains en haut du guidon. Il manquait Baille, Laulala, Meafou, Jelonch… Des mecs qui pèsent. Mais les gamins, qui n’en sont plus, ont tenu la dragée haute. L’émulation et la concurrence, ça reste le meilleur des entraîneurs. Il s’est créé ce phénomène où tu n’avais plus le droit d’être sur le terrain et de ne pas être performant.

Vous aviez fait des choix forts, comme ceux de laisser Thomas Ramos ou Julien Marchand sur le banc en phase finale de Champions Cup…

Le temps et les titres aidant, on augmente le niveau d’affection avec nos joueurs. Mais dès lors que la performance dicte notre mode de fonctionnement… On en a fait des caisses sur le poste d’arrière entre Ramos et Kinghorn. Quand le choix est à faire, Thomas sort d’un Tournoi fini en 10 puis d’une blessure, et Blair est performant en 15 avec nous. On n’a fait que suivre la logique du rythme. Quand Thomas a enchaîné à la fin, il a retrouvé la position qui peut être la sienne. De la même façon, Peato Mauvaka sortait d’une saison incroyable et avait fait toute la campagne européenne puisque Julien était blessé au départ.

Ugo Mola avec Julien Marchand la saison passée. Ugo Mola avec Julien Marchand la saison passée. Icon Sport - Anthony Dibon

Vit-on tranquillement avec ces choix ?

C’est une aide au management ! Quand des Ramos, Marchand, Arnold ou Barassi savent pourquoi ils n’y sont pas… On discute avec eux mais ils ne viennent pas me demander pourquoi. Ils ne la ramènent pas et jouent le jeu. Ces mecs, je les ai vus préparer la finale de Champions Cup comme s’ils étaient sur le terrain. Ils ont été moteurs, parce qu’ils savent le côté nuisible que peut avoir une concurrence malsaine. Cela vaut tout l’or du monde. Pour que ça fonctionne, il faut une forme de récompense à la performance. Sinon, on ne vit qu’avec des statuts et ça finit par nous péter à la figure.

Est-ce grisant, en tant que coach ?

J’ai vécu une saison avec peu de conflits. Je ne sais pas si j’en revivrai d’autres ainsi. Mais après le doublé de 2021, je disais pareil… Cette génération n’a que 26 ou 27 ans de moyenne d’âge.

Après quoi peut-elle encore courir ?

C’est le thème de nos prochaines saisons, pas que de celle-ci. Au Stade toulousain, des années 1920 au début des années 2010, il y a eu cinq générations marquantes qui ont eu une durée de vie de huit ou dix saisons. On n’en est qu’à la sixième, donc il nous en reste trois ou quatre. Est-ce que cette génération en a assez ? A-t-elle l’appétit pour en faire plus ? La seule différence, c’est que les autres générations ne peuvent plus gagner, désormais. Est-on arrivé au bout de quelque chose ? Il faut le demander aux joueurs mais je n’ai pas le sentiment que Romain Ntamack à 25 ans, Antoine Dupont et Peato Mauvaka à 27 ans, ou Thomas Ramos et Julien Marchand à 29 ans, y soient arrivés.

On le dit pour les joueurs, mais de quoi peut encore se nourrir un entraîneur qui a déjà tout gagné ?

Chez un entraîneur, les titres, c’est pour le CV. Mais ça, c’est quand tu as envie de te vendre ailleurs. Je vois des coachs qui ne sont que de passage et veulent juste augmenter l’armoire à trophées, en se fichant du club où ils sont. Ici, le staff sera bientôt prolongé pour être aligné sur les durées de contrat. Le rôle d’entraîneur est très précaire, même si j’ai l’impression que la stabilité prônée par notre club fait des émules.

Quel est le moteur, alors ?

On n’est pas nourris par le fait de gagner deux titres de plus et être considérés comme le staff absolu. Ce qui nous motive, c’est qu’on a une génération incroyable, qui vient de gagner six titres, et on se dit : est-on capable de continuer à la nourrir, à ne pas la lasser ? On parle de contenu, de jeu et de continuer, je l’espère, à être disruptifs et adaptatifs dans un rugby ambitieux. Ce ne sont que des mots. L’important, c’est ce qu’on fait.

Ugo Mola avec de jeunes fans lors du match amical face au Stade montois. Ugo Mola avec de jeunes fans lors du match amical face au Stade montois. Icon Sport

Vous répétez que, ce qui a gagné, ne marchera plus…

Nos rivaux observent et s’imprègnent de ce qu’on a pu faire ou dire. Cela nourrit la frustration chez les uns, la motivation chez les autres, ou l’aigreur chez certains. J’ai entendu que Toulouse est un moteur pour le Top 14. Mais j’ai aussi des clubs qui m’inspirent, où ça bosse très bien, même avec moins de moyens.

Qui ?

Vannes, par exemple. Vous voulez un club stable, avec des gens cohérents ? Il arrive à haut niveau avec des infrastructures et une équipe qui vont bien. Dans votre sondage des entraîneurs, auquel je n’ai pas participé (sourire), on les voit redescendre. Moi, je n’en suis pas sûr. Il y a aussi des choses inspirantes dans les sélections, ou au Leinster, etc. Une année, on a fait venir les coachs de Trévise et ils nous ont interpellés sur des trucs auxquels on n’avait pas réfléchi parce que leur quotidien et leur championnat sont différents des nôtres. Donc, ils sont obligés de réfléchir différemment.

Est-ce décisif dans votre progression ?

Quand, en préparant une finale face au Leinster, tu discutes avec l’entraîneur de la défense des All Blacks, le staff de l’Argentine ou des coachs des Springboks parce qu’on a gardé un peu de réseau, ça aide. Des coachs de Top 14 m’ont aussi aidé et interpellé, je n’ai pas de problème avec ça. Réciproquement, on ouvre nos portes dès que le moindre entraîneur veut venir ici.

Êtes-vous un meilleur entraîneur aujourd’hui qu’en 2017, quand Toulouse avait fini douzième ?

Les gens doivent se dire : il a appris, il a compris, etc. Fondamentalement, sur ma philosophie, je ne pense pas avoir changé. Mais j’étais un stakhanoviste de la compétence technique avant tout. Avec l’expérience, j’ai un peu édulcoré mon propos. Il faut évidemment des experts mais la réussite d’un club ne passe pas que par la personne qui est à ma place. J’ai la chance d’être bien entouré et accompagné. Familialement et au boulot.

La clé, c’est l’entourage ?

Ici, il y a plein de gens qui ont le sang rouge et noir dans leurs veines et qui permettent à la formation de marcher, ou de faire des bons coups en cours de saison comme les Chocobares, Mallia, Willis et Kinghorn. La lumière est souvent sur le capitaine, le 9 et le 10, le manager ou le président. Mais la force de ce club, j’en suis convaincu, c’est que tout le monde est à sa place. Le président préside, le manager du haut niveau gère la partie juridique et financière, les entraîneurs entraînent et les joueurs, même internationaux, restent à leur place. Je vois, à certains endroits, un entraîneur qui préside, un président qui entraîne ou des joueurs en prise directe avec les uns ou les autres.

Antoine Dupont a pris une ampleur incroyable, aux côtés de grands sportifs, d’artistes ou politiques. Est-ce dur de manager un joueur d’une telle dimension ?

Je ne me pose pas la question. Ce sera dur de le manager le jour où le rugby ne sera pas notre centre d’intérêt commun. Si ce sport, qu’on adore tous, reste notre activité principale et notre priorité, si nous sommes toujours capables d’échanger dessus et si je lui apporte quelque chose, ça ne changera rien. Que ce soit Antoine Dupont, Nathan Llaveria ou Simon Daroque qui sont de 2005 et 2006 et évoluent au même poste, je leur parle de la même chose.

Ugo Mola avec Antoine Dupont la saison écoulée. Ugo Mola avec Antoine Dupont la saison écoulée. Icon Sport - Scoop Dyga

N’est-il pas un joueur hors normes ?

Si, mais il n’est pas plus fort que l’institution du Stade toulousain. D’ailleurs, on ne l’oppose pas à notre institution. Il en fait partie et, comme d’autres, l’élève. Après, tout ce qui lui arrive est génial. Comme ce qui arrive à Romain Ntamack et aux autres. La question, c’est d’avoir le plus longtemps possible ces joueurs sur le terrain. Gérer les dix plus grands égos du groupe, contrairement à ce que chacun veut bien penser, ce n’est pas si dur.

Vous avez en revanche expliqué qu’il faut beaucoup les nourrir, notamment sur le jeu…

Parce que ce sont des experts du rugby. Les Dupont, Ntamack, Cros, Roumat, Mallia ou Ramos, tu ne peux pas juste leur opposer ta supériorité hiérarchique ou dire que tu décides parce que tu les entraînes. Sinon, ça dure moins de sept secondes (rires). Eux veulent jouer, prendre du plaisir mais aussi progresser, continuer d’évoluer, marquer leur club et leur sport. Chaque blessure de Romain a par exemple été un vrai élan d’émancipation dans sa manière d’être, de fonctionner avec le groupe. Pareil pour chaque expérience d’Antoine. Celle de la Coupe du monde a été terrible mais, plutôt que de la laisser être négative, il en a tiré le meilleur. Celle du VII a été hyper enrichissante.

Expérience qui ne faisait pas l’unanimité au départ…

Il y avait plus de gens pour penser que c’était une connerie que l’inverse. Au-delà de son rêve de gosse de faire les JO, il ne faut pas avoir la mémoire courte. Ce qu’ont fait Bernard Laporte et Serge Simon, puis Jérôme Daret et Christophe Reight, c’est colossal pour être en mesure d’aménager la partie qui les concernait. Les premiers échanges étaient tendus mais, quand on met tout le monde autour de la table en bonne intelligence pour le bien d’une équipe, la réussite est là. Pareil pour nous, au club. Ce n’était pas courageux parce qu’Antoine, dès lors qu’il prend du plaisir, te le rend au centuple.

Comment ça ?

C’est un mec éduqué, qui a la reconnaissance du ventre et la faculté à se lancer à fond dans un projet. Après une Coupe du monde où il a été exposé, surexposé et jeté en pâture par l’environnement de l’époque, il n’a pas fait le Tournoi, a emmagasiné de la fraîcheur mentale et nous a embarqués avec lui. Le plan a été réalisé un an et demi à l’avance. On a bataillé sur des journées, des créneaux, des stages, et Christophe (Reight) n’a pas lâché. Notamment sur le fait qu’Antoine ne parte pas au Tournoi. À d’autres moments, j’aurais pu être tenté de le solliciter pour aller chercher des points. Quand tu ne l’as pas pour un match au Stadium ou à une semaine de la Coupe d’Europe… On s’y est tenu. Pour le bien du joueur, qui s’est accaparé de façon presque obsessionnelle son emploi du temps, et la parole donnée. Mais c’est Antoine qui est champion olympique, pas nous.

À titre personnel, contrairement à d’autres techniciens, vous n’avez jamais déclaré rêver du XV de France alors que votre nom y est souvent associé. Qu’en est-il ?

Comme je le disais, j’idéalise un peu cet endroit et ça ne doit pas être le jeu d’un plan de carrière. Je ne veux pas manquer de respect à ceux qui y sont allés. Mais quand j’entends : "si on me le propose, je ne le refuserai pas" ou "à un moment, j’aimerais y être"… Comment pourrais-je le prétendre ? Je ne sais pas ce que c’est. Mon seul rapport avec le XV de France, c’est la gestion de mes joueurs. Mais je gère les intérêts du Stade toulousain, de joueurs parfois ménagés chez nous pour exceller en sélection. Je ne suis pas opposé à l’équipe de France mais je ne suis pas attiré par l’équipe de France ou le monde fédéral, encore moins avec ce que j’y vois ces derniers temps. Même si tous les coachs qui ont connu une sélection nationale disent que c’est un niveau intéressant.

Cela peut-il un jour influencer votre réflexion ?

La partie rugbystique est attirante. Un Tournoi des 6 Nations, une tournée, une Coupe du monde, ça doit être passionnant sportivement. Mais c’est tellement loin de moi.

Peut-être êtes-vous au poste dont vous rêviez…

Ce que je sais, c’est que je m’épanouis ici et que je n’ai pas été un frein à l’évolution du club, ces dernières années. J’ai envie de participer au projet du Stade toulousain de demain, d’un stade à 25 ou 28 000 personnes, d’une formation qui nourrit à 80 ou 85 % l’équipe professionnelle, etc. Même si je n’ai pas encore l’âge de partir, je veux réussir la transition. C’est le quotidien qui m’anime. Mais le XV de France, dire que c’est ma motivation ? Non. Je ne rêve pas, en me rasant, d’entraîner l’équipe de France. Moi, j’ai douze pauvres sélections, même si j’ai fait une Coupe du monde. Mon club a toujours été mon club, pas l’équipe de France. Pour certains, à soixante, quatre-vingts ou cent sélections, leur club, c’était l’équipe de France. Ils avaient une attache sûrement différente. La seule chose qui dépend de ma volonté et sur laquelle je mets 100 % de mon énergie, c’est le Stade toulousain.

On y apprend surtout et avant tout que Ugo aussi a mal vécu la mise a jour du fofo... :chuis:

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il y a 31 minutes, Bota a dit :

Sabrina Leutard-Palacin

rugbyrama.fr
 

Top 14 – Exclusif. "On a un peu mal à notre rugby": Ugo Mola (Stade toulousain) se livre dans un long entretie

Jérémy Fadat
20–25 minutes

Fin juin, après la finale victorieuse de Top 14 synonyme de nouveau doublé, Ugo Mola avait donné son accord pour réaliser un entretien durant l’été. Deux mois qui ont été terribles sur le plan humain pour lui et pour son club, entre le décès brutal début juillet d’Helen Tekori, la femme de Joe qu’il avait recruté en 2007 à Castres et dont il est très proche, puis la disparition tragique de Medhi Narjissi le 7 août, le fils de Jalil avec qui il a joué au CO. Extrêmement touché, le manager toulousain avait donc repoussé le rendez-vous. Aujourdhui, il se livre…

L’été fut terrible, avec le décès d’Helen Tekori et la disparition de Medhi Narjissi. Le rugby a-t-il une saveur différente aujourd’hui ?

Cela nous ramène à la réalité de la vie, qui est parfois dramatique. Elle reprend son cours pour nous mais on a un devoir de mémoire. Il n’y a pas de hiérarchie sur la perte d’un être cher. On se doit de penser aux gens qui restent, de les accompagner. Joe, Preston et Owen (les fils Tekori, NDLR) car ils sont avec nous tous les jours. Pour Medhi, le club a une forte proximité avec la famille mais on a une approche pudique.

C’est-à-dire ?

On ne peut pas prétendre que tout le monde est à l’abri d’un tel drame, et je laisse chacun vivre avec ses turpitudes. Mais j’ai trouvé la famille incroyable de dignité et de force, alors qu’elle subit des choses qui ne sont pas de sa volonté. Il était logique que le club soit à ses côtés. Parfois, je n’ai fait qu’accompagner. On a tous vécu des drames personnels, mais ce que vit la famille Narjissi est sans qualificatif. Dans leurs réactions, Valérie, Jalil et Inès sont des titans. Ils veulent des réponses, on les demanderait aussi à leur place.

Se pose la question des responsabilités…

Du moment où on encadre du monde, on a un devoir d’information, de formation et de sécurité. On le sait tous, jusqu’au jour où le drame arrive et met en lumière certaines choses. Je ne juge pas, même si j’ai un avis assez éclairé sur la question. On a vu des choses qui nous ont paru déconnectées de la réalité. Le club se tiendra, le temps qu’il faudra, aux côtés de la famille de Medhi. On a une responsabilité, cela ne peut pas être un fait divers qu’on oublie en quelque temps.

Réagissez-vous en père de famille ?

Oui, et en ami. Quand Jalil est arrivé de Saint-Denis à Castres, au moment où il lançait sa carrière, il nous a tous marqués par son tempérament. Le petit prenait cette lignée… (il s’arrête) J’ai du mal à en parler au passé. La disparition doit être actée par le gouvernement sud-africain, le décès n’est pas déclaré. La famille a vécu le scénario de l’horreur absolu. J’ose espérer, tout le monde se l’est promis, que personne ne fera de récupération sur cette situation dramatique. Je n’en ai rien à faire d’être dans un milieu de connivences, où chacun se protège. J’y serai très vigilant, pas pour jouer au justicier. Mais il y a un devoir de pudeur et la mémoire de Medhi doit être respectée. La dignité de la famille impose que chacun en fasse de même.

Si aucun Toulousain n’était de la tournée en Argentine, le rugby français a vécu un été sombre, avec aussi les affaires Jaminet puis Jegou-Auradou…

J’ai toujours idéalisé les institutions, le Stade toulousain, le XV de France, etc. Je continue de croire en une capacité à élever les consciences dans ces institutions. Je ne cache pas avoir été déçu, cet été. Mais je n’y suis pas et ne suis pas à l’abri d’avoir des problèmes au club. Cela nous est arrivé.

Quel constat faites-vous ?

J’entends les moralisateurs expliquant qu’il faut arrêter l’alcool, être dans le répressif, etc. On ne déroge pas à une société pilotée par les réseaux sociaux, qui évolue avec ses propres excès liés à la drogue, l’alcool et le phénomène de groupe. Dans le rugby, il n’y a pas que des sociopathes, des alcooliques et des drogués. Il y a aussi des bons types et des mecs qui ont un niveau de conscience élevé.

L’entraîneur de Toulouse au milieu de ses joueurs, ici à Mont-de-Marsan. L’entraîneur de Toulouse au milieu de ses joueurs, ici à Mont-de-Marsan.

Et pour les autres ?

Des garçons ont droit à une seconde chance parce qu’ils se sont plantés, qu’ils étaient jeunes. Mais, pour certains dérapages, il est plus compliqué d’appliquer la loi de la seconde chance. Sur ce qu’il s’est passé en Argentine, il faut garder beaucoup de mesure car on n’y était pas.

Quel est votre regard sur Melvyn Jaminet ?

Je l’ai entraîné, ce n’est pas un garçon raciste ou xénophobe. Qu’il ait été maladroit et bourré, oui… Il en paie le prix. Je trouve que l’équipe de France et son président raisonnent plutôt correctement en le sortant de cette façon. Cela dépasse ensuite le cadre de mes compétences. Pareil pour l’autre affaire, qui est dans des méandres judiciaires qui m’échappent.

Vous sentez-vous concerné ?

Oui. Mais j’ai envie de me reposer sur l’institution. Quand ça ne va pas dans une famille, tu te réfères aux parents, au socle solide. La famille nous a tous un peu déçus, cette période le met en lumière. On a un peu mal à notre rugby.

On parle d’États Généraux, d’encadrement des troisièmes mi-temps. Or, vous êtes attaché aux libertés et à la prise de responsabilité…

À mes yeux, le seul moyen est d’élever les consciences. Cela passe par la culture, l’éducation, l’enseignement, la capacité à échanger et informer : "Les mecs, vous prenez de la cocaïne, mais qu’est-ce que vous vous mettez dans le nez ?"

Cela va au-delà de la suspension sportive…

Oui, car c’est un mois de suspension pour la cocaïne, un produit festif… Aujourd’hui, tu prends de l’EPO ou de l’hormone de croissance, c’est deux ans de suspension. La seule solution, c’est d’éduquer, d’enseigner et d’informer. Quand tu portes le maillot du Stade toulousain ou autre, tu n’embarques pas que ta pomme mais aussi un groupe, un club et un environnement. Le devoir d’exemplarité agit face à ce que tu représentes.

Est-ce un problème générationnel ?

J’ai fait partie d’une génération pour laquelle on était plus tolérant. Les choses évoluent. C’est comme les paroles des chansons ou des films des années 70, on en est outré quarante-cinq ans après. Je ne sais pas si la société est malade. Mais, pour aller mieux, il faudra cadrer des choses. Pas juste par le répressif, même s’il en faut. J’entends : "Les mecs picolent tout le temps en équipe de France." Le problème, c’est quoi ? Les joueurs qui picolent sont-ils performants ? Ici, quand un mec se saoule et arrive "plein", neuf fois sur dix et comme par hasard, il se blesse dans les quinze jours. Le XV de France doit être une valeur d’exemple au-dessus de tout. C’est notre vitrine. Si un mec déconne, qui que ce soit, il doit comprendre qu’il met en péril sa carrière internationale.

Ugo Mola et ses jeunes face à Mont-de-Marsan. Ugo Mola et ses jeunes face à Mont-de-Marsan. Icon Sport

Y avez-vous été confronté en interne ?

Oui. Si tu déconnes à Toulouse, tu mets ta carrière au club en péril. Certains nous ont quittés, pour des raisons sportives ou extra-sportives. On n’a pas tout mis sur la place publique et on ne se vend pas comme des gardiens de la morale. Chacun balaie devant sa porte, on sait qu’on a nos problèmes. D’alcool ou de drogue, qui est un fléau chez les jeunes. Mais pas que…

Il est beaucoup question de cocaïne dans le rugby…

Il n’y a pas que la cocaïne. À la prohibition, on disait que c’était le whisky alors que les mecs étaient déjà passés à autre chose. C’est pareil. On agite la cocaïne mais, s’il n’y avait que ça, je serais un peu plus tranquille. Il faut développer la responsabilité pour sensibiliser notre collectif et les gens qui le composent. On n’a pas d’autre choix : "Qu’est-ce que vous vous foutez dans le nez ou le gosier ?" Les mecs se fusillent en quarante minutes et après on s'étonne que certains mettent 3 semaines pour faire la mise à jour d'un forum . Le phénomène de groupe, dans notre sport, ça devrait être de passer du temps ensemble, partager et récompenser les efforts consentis pendant des semaines, des mois.

Cette prise de conscience est-elle possible ?

On arrive parfois à calmer les déviances et même complètement les éradiquer. Ça, c’est un vrai phénomène de groupe. Il ne tire pas que vers le bas !

Passons au sportif. Mesurez-vous combien votre saison dernière fut un modèle en termes de gestion ?

On nous l’a beaucoup loué. Le staff a certainement activé les bons leviers, les résultats en attestent, mais on a eu aussi ce brin de réussite sur deux ou trois matchs. Cela nous a permis de passer de ceux qui lâchent des matchs à de bons gestionnaires. Quand tu l’emportes à Clermont ou à Montpellier avec des équipes dites remaniées, cela donne un confort incroyable. On a pu se permettre de jouer sur deux tableaux.

Mais c’était anticipé…

On n’a pas eu froid aux yeux en mettant des gamins, on s’y est tenu, même dans des moments où tu peux être tiraillé. Après, en perdant trois ou quatre joueurs majeurs sur la finale de Champions Cup et en finissant la saison avec un pack quasiment entier absent, je n’avais pas les mains en haut du guidon. Il manquait Baille, Laulala, Meafou, Jelonch… Des mecs qui pèsent. Mais les gamins, qui n’en sont plus, ont tenu la dragée haute. L’émulation et la concurrence, ça reste le meilleur des entraîneurs. Il s’est créé ce phénomène où tu n’avais plus le droit d’être sur le terrain et de ne pas être performant.

Vous aviez fait des choix forts, comme ceux de laisser Thomas Ramos ou Julien Marchand sur le banc en phase finale de Champions Cup…

Le temps et les titres aidant, on augmente le niveau d’affection avec nos joueurs. Mais dès lors que la performance dicte notre mode de fonctionnement… On en a fait des caisses sur le poste d’arrière entre Ramos et Kinghorn. Quand le choix est à faire, Thomas sort d’un Tournoi fini en 10 puis d’une blessure, et Blair est performant en 15 avec nous. On n’a fait que suivre la logique du rythme. Quand Thomas a enchaîné à la fin, il a retrouvé la position qui peut être la sienne. De la même façon, Peato Mauvaka sortait d’une saison incroyable et avait fait toute la campagne européenne puisque Julien était blessé au départ.

Ugo Mola avec Julien Marchand la saison passée. Ugo Mola avec Julien Marchand la saison passée. Icon Sport - Anthony Dibon

Vit-on tranquillement avec ces choix ?

C’est une aide au management ! Quand des Ramos, Marchand, Arnold ou Barassi savent pourquoi ils n’y sont pas… On discute avec eux mais ils ne viennent pas me demander pourquoi. Ils ne la ramènent pas et jouent le jeu. Ces mecs, je les ai vus préparer la finale de Champions Cup comme s’ils étaient sur le terrain. Ils ont été moteurs, parce qu’ils savent le côté nuisible que peut avoir une concurrence malsaine. Cela vaut tout l’or du monde. Pour que ça fonctionne, il faut une forme de récompense à la performance. Sinon, on ne vit qu’avec des statuts et ça finit par nous péter à la figure.

Est-ce grisant, en tant que coach ?

J’ai vécu une saison avec peu de conflits. Je ne sais pas si j’en revivrai d’autres ainsi. Mais après le doublé de 2021, je disais pareil… Cette génération n’a que 26 ou 27 ans de moyenne d’âge.

Après quoi peut-elle encore courir ?

C’est le thème de nos prochaines saisons, pas que de celle-ci. Au Stade toulousain, des années 1920 au début des années 2010, il y a eu cinq générations marquantes qui ont eu une durée de vie de huit ou dix saisons. On n’en est qu’à la sixième, donc il nous en reste trois ou quatre. Est-ce que cette génération en a assez ? A-t-elle l’appétit pour en faire plus ? La seule différence, c’est que les autres générations ne peuvent plus gagner, désormais. Est-on arrivé au bout de quelque chose ? Il faut le demander aux joueurs mais je n’ai pas le sentiment que Romain Ntamack à 25 ans, Antoine Dupont et Peato Mauvaka à 27 ans, ou Thomas Ramos et Julien Marchand à 29 ans, y soient arrivés.

On le dit pour les joueurs, mais de quoi peut encore se nourrir un entraîneur qui a déjà tout gagné ?

Chez un entraîneur, les titres, c’est pour le CV. Mais ça, c’est quand tu as envie de te vendre ailleurs. Je vois des coachs qui ne sont que de passage et veulent juste augmenter l’armoire à trophées, en se fichant du club où ils sont. Ici, le staff sera bientôt prolongé pour être aligné sur les durées de contrat. Le rôle d’entraîneur est très précaire, même si j’ai l’impression que la stabilité prônée par notre club fait des émules.

Quel est le moteur, alors ?

On n’est pas nourris par le fait de gagner deux titres de plus et être considérés comme le staff absolu. Ce qui nous motive, c’est qu’on a une génération incroyable, qui vient de gagner six titres, et on se dit : est-on capable de continuer à la nourrir, à ne pas la lasser ? On parle de contenu, de jeu et de continuer, je l’espère, à être disruptifs et adaptatifs dans un rugby ambitieux. Ce ne sont que des mots. L’important, c’est ce qu’on fait.

Ugo Mola avec de jeunes fans lors du match amical face au Stade montois. Ugo Mola avec de jeunes fans lors du match amical face au Stade montois. Icon Sport

Vous répétez que, ce qui a gagné, ne marchera plus…

Nos rivaux observent et s’imprègnent de ce qu’on a pu faire ou dire. Cela nourrit la frustration chez les uns, la motivation chez les autres, ou l’aigreur chez certains. J’ai entendu que Toulouse est un moteur pour le Top 14. Mais j’ai aussi des clubs qui m’inspirent, où ça bosse très bien, même avec moins de moyens.

Qui ?

Vannes, par exemple. Vous voulez un club stable, avec des gens cohérents ? Il arrive à haut niveau avec des infrastructures et une équipe qui vont bien. Dans votre sondage des entraîneurs, auquel je n’ai pas participé (sourire), on les voit redescendre. Moi, je n’en suis pas sûr. Il y a aussi des choses inspirantes dans les sélections, ou au Leinster, etc. Une année, on a fait venir les coachs de Trévise et ils nous ont interpellés sur des trucs auxquels on n’avait pas réfléchi parce que leur quotidien et leur championnat sont différents des nôtres. Donc, ils sont obligés de réfléchir différemment.

Est-ce décisif dans votre progression ?

Quand, en préparant une finale face au Leinster, tu discutes avec l’entraîneur de la défense des All Blacks, le staff de l’Argentine ou des coachs des Springboks parce qu’on a gardé un peu de réseau, ça aide. Des coachs de Top 14 m’ont aussi aidé et interpellé, je n’ai pas de problème avec ça. Réciproquement, on ouvre nos portes dès que le moindre entraîneur veut venir ici.

Êtes-vous un meilleur entraîneur aujourd’hui qu’en 2017, quand Toulouse avait fini douzième ?

Les gens doivent se dire : il a appris, il a compris, etc. Fondamentalement, sur ma philosophie, je ne pense pas avoir changé. Mais j’étais un stakhanoviste de la compétence technique avant tout. Avec l’expérience, j’ai un peu édulcoré mon propos. Il faut évidemment des experts mais la réussite d’un club ne passe pas que par la personne qui est à ma place. J’ai la chance d’être bien entouré et accompagné. Familialement et au boulot.

La clé, c’est l’entourage ?

Ici, il y a plein de gens qui ont le sang rouge et noir dans leurs veines et qui permettent à la formation de marcher, ou de faire des bons coups en cours de saison comme les Chocobares, Mallia, Willis et Kinghorn. La lumière est souvent sur le capitaine, le 9 et le 10, le manager ou le président. Mais la force de ce club, j’en suis convaincu, c’est que tout le monde est à sa place. Le président préside, le manager du haut niveau gère la partie juridique et financière, les entraîneurs entraînent et les joueurs, même internationaux, restent à leur place. Je vois, à certains endroits, un entraîneur qui préside, un président qui entraîne ou des joueurs en prise directe avec les uns ou les autres.

Antoine Dupont a pris une ampleur incroyable, aux côtés de grands sportifs, d’artistes ou politiques. Est-ce dur de manager un joueur d’une telle dimension ?

Je ne me pose pas la question. Ce sera dur de le manager le jour où le rugby ne sera pas notre centre d’intérêt commun. Si ce sport, qu’on adore tous, reste notre activité principale et notre priorité, si nous sommes toujours capables d’échanger dessus et si je lui apporte quelque chose, ça ne changera rien. Que ce soit Antoine Dupont, Nathan Llaveria ou Simon Daroque qui sont de 2005 et 2006 et évoluent au même poste, je leur parle de la même chose.

Ugo Mola avec Antoine Dupont la saison écoulée. Ugo Mola avec Antoine Dupont la saison écoulée. Icon Sport - Scoop Dyga

N’est-il pas un joueur hors normes ?

Si, mais il n’est pas plus fort que l’institution du Stade toulousain. D’ailleurs, on ne l’oppose pas à notre institution. Il en fait partie et, comme d’autres, l’élève. Après, tout ce qui lui arrive est génial. Comme ce qui arrive à Romain Ntamack et aux autres. La question, c’est d’avoir le plus longtemps possible ces joueurs sur le terrain. Gérer les dix plus grands égos du groupe, contrairement à ce que chacun veut bien penser, ce n’est pas si dur.

Vous avez en revanche expliqué qu’il faut beaucoup les nourrir, notamment sur le jeu…

Parce que ce sont des experts du rugby. Les Dupont, Ntamack, Cros, Roumat, Mallia ou Ramos, tu ne peux pas juste leur opposer ta supériorité hiérarchique ou dire que tu décides parce que tu les entraînes. Sinon, ça dure moins de sept secondes (rires). Eux veulent jouer, prendre du plaisir mais aussi progresser, continuer d’évoluer, marquer leur club et leur sport. Chaque blessure de Romain a par exemple été un vrai élan d’émancipation dans sa manière d’être, de fonctionner avec le groupe. Pareil pour chaque expérience d’Antoine. Celle de la Coupe du monde a été terrible mais, plutôt que de la laisser être négative, il en a tiré le meilleur. Celle du VII a été hyper enrichissante.

Expérience qui ne faisait pas l’unanimité au départ…

Il y avait plus de gens pour penser que c’était une connerie que l’inverse. Au-delà de son rêve de gosse de faire les JO, il ne faut pas avoir la mémoire courte. Ce qu’ont fait Bernard Laporte et Serge Simon, puis Jérôme Daret et Christophe Reight, c’est colossal pour être en mesure d’aménager la partie qui les concernait. Les premiers échanges étaient tendus mais, quand on met tout le monde autour de la table en bonne intelligence pour le bien d’une équipe, la réussite est là. Pareil pour nous, au club. Ce n’était pas courageux parce qu’Antoine, dès lors qu’il prend du plaisir, te le rend au centuple.

Comment ça ?

C’est un mec éduqué, qui a la reconnaissance du ventre et la faculté à se lancer à fond dans un projet. Après une Coupe du monde où il a été exposé, surexposé et jeté en pâture par l’environnement de l’époque, il n’a pas fait le Tournoi, a emmagasiné de la fraîcheur mentale et nous a embarqués avec lui. Le plan a été réalisé un an et demi à l’avance. On a bataillé sur des journées, des créneaux, des stages, et Christophe (Reight) n’a pas lâché. Notamment sur le fait qu’Antoine ne parte pas au Tournoi. À d’autres moments, j’aurais pu être tenté de le solliciter pour aller chercher des points. Quand tu ne l’as pas pour un match au Stadium ou à une semaine de la Coupe d’Europe… On s’y est tenu. Pour le bien du joueur, qui s’est accaparé de façon presque obsessionnelle son emploi du temps, et la parole donnée. Mais c’est Antoine qui est champion olympique, pas nous.

À titre personnel, contrairement à d’autres techniciens, vous n’avez jamais déclaré rêver du XV de France alors que votre nom y est souvent associé. Qu’en est-il ?

Comme je le disais, j’idéalise un peu cet endroit et ça ne doit pas être le jeu d’un plan de carrière. Je ne veux pas manquer de respect à ceux qui y sont allés. Mais quand j’entends : "si on me le propose, je ne le refuserai pas" ou "à un moment, j’aimerais y être"… Comment pourrais-je le prétendre ? Je ne sais pas ce que c’est. Mon seul rapport avec le XV de France, c’est la gestion de mes joueurs. Mais je gère les intérêts du Stade toulousain, de joueurs parfois ménagés chez nous pour exceller en sélection. Je ne suis pas opposé à l’équipe de France mais je ne suis pas attiré par l’équipe de France ou le monde fédéral, encore moins avec ce que j’y vois ces derniers temps. Même si tous les coachs qui ont connu une sélection nationale disent que c’est un niveau intéressant.

Cela peut-il un jour influencer votre réflexion ?

La partie rugbystique est attirante. Un Tournoi des 6 Nations, une tournée, une Coupe du monde, ça doit être passionnant sportivement. Mais c’est tellement loin de moi.

Peut-être êtes-vous au poste dont vous rêviez…

Ce que je sais, c’est que je m’épanouis ici et que je n’ai pas été un frein à l’évolution du club, ces dernières années. J’ai envie de participer au projet du Stade toulousain de demain, d’un stade à 25 ou 28 000 personnes, d’une formation qui nourrit à 80 ou 85 % l’équipe professionnelle, etc. Même si je n’ai pas encore l’âge de partir, je veux réussir la transition. C’est le quotidien qui m’anime. Mais le XV de France, dire que c’est ma motivation ? Non. Je ne rêve pas, en me rasant, d’entraîner l’équipe de France. Moi, j’ai douze pauvres sélections, même si j’ai fait une Coupe du monde. Mon club a toujours été mon club, pas l’équipe de France. Pour certains, à soixante, quatre-vingts ou cent sélections, leur club, c’était l’équipe de France. Ils avaient une attache sûrement différente. La seule chose qui dépend de ma volonté et sur laquelle je mets 100 % de mon énergie, c’est le Stade toulousain.

Même là tu as réussi à glisser une boutade! Trop fort.:lol:

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Mola toujours la classe B)

 

Ce type m'embarque tout de suite. Ravi de pouvoir encore le suivre cette saison ! 

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Il y a 2 heures, Bota a dit :

Y avez-vous été confronté en interne ?

Oui. Si tu déconnes à Toulouse, tu mets ta carrière au club en péril. Certains nous ont quittés, pour des raisons sportives ou extra-sportives. On n’a pas tout mis sur la place publique et on ne se vend pas comme des gardiens de la morale. Chacun balaie devant sa porte, on sait qu’on a nos problèmes. D’alcool ou de drogue, qui est un fléau chez les jeunes.

Ca peut expliquer des mises au placard ou des transferts qui ont pu surprendre sportivement.

 

Il y a 2 heures, Bota a dit :

Il est beaucoup question de cocaïne dans le rugby…

Il n’y a pas que la cocaïne. À la prohibition, on disait que c’était le whisky alors que les mecs étaient déjà passés à autre chose. C’est pareil. On agite la cocaïne mais, s’il n’y avait que ça, je serais un peu plus tranquille.

Ca fait flipper. C'est quoi l'étape au dessus de la cocaïne ??!?

 

Il y a 2 heures, Ardbeg a dit :

Cette prise de conscience est-elle possible ?

On arrive parfois à calmer les déviances et même complètement les éradiquer. Ça, c’est un vrai phénomène de groupe. Il ne tire pas que vers le bas !

Ca fait plaisir d'entendre ça : un groupe sain permet aussi de remettre des joueurs dans le droit chemin.

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Posté(e)
Il y a 7 heures, Gabi a dit :

Ca fait flipper. C'est quoi l'étape au dessus de la cocaïne ??!?

 

Si on regarde la fiche wikipédia sur ''drogue''

Il y a : crack, heroine, méthamphétamine et alcool.

 

Posté(e)
il y a 8 minutes, bannockh a dit :

 

Si on regarde la fiche wikipédia sur ''drogue''

Il y a : crack, heroine, méthamphétamine et alcool.

 

Et toutes les autres addictions que sont la clope, le jeu, etc 

Posté(e)
Il y a 3 heures, Vonia a dit :

Et toutes les autres addictions que sont la clope, le jeu, etc 

Et le Ricard qui revient en force dans le sport ! :a0:

Posté(e)
Il y a 14 heures, Bota a dit :

"Qu’est-ce que vous vous foutez dans le nez ou le gosier ?" Les mecs se fusillent en quarante minutes et après on s'étonne que certains mettent 3 semaines pour faire la mise à jour d'un forum.

T'es champion du monde mais t'as oublié les hectolitres de sueurs :biggrin:

Posté(e) (modifié)

Une bonne interview de Mola, toujours plaisant à lire.

Je regrette tout de même qu'il semble minimiser le cas Jaminet, façon "non c'était un voisin calme je pensais pas qu'il ferait une dinguerie". Qu'une personne puisse être aimable et ne pas se comporter mal avec des coéquipiers racisés ne veut pas dire qu'il n'a pas un racisme larvé, ou que ses propos - débloqués par l'alcool - ne sont pas sanctionnables. "Maladroit et bourré", bel euphémisme.

(même si ok il ne veut pas enfoncer publiquement son ancien joueur, mais tout de même)


De même, il passe un peu à côté (d'un chouilla en parlant de "phénomène de groupe") de l'aspect systémique des diverses polémiques de ces derniers temps, qu'on peut aussi rapprocher de pas mal d'affaires et comportements d'il y a dix ans, vingt ans ou plus. C'est pas juste de la responsabilité individuelle, et tant qu'on refusera de voir que la façon dont ce sport est administré, enseigné et pratiqué pousse des comportements virilistes (pour ne pas dire mascu), des instincts grégaires nuls, et pousse des "stars" en devenir à se croire au dessus des autres au point de déshumaniser celleux qui vont devenir leurs victimes, ça ne s'améliorera pas. J'veux dire, on a déjà un running gag moqueur sur le MHR qui rassemble les repris de justice, ça ne vient pas de nulle part.

Modifié par cKei
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Posté(e)
il y a 37 minutes, cKei a dit :

Une bonne interview de Mola, toujours plaisant à lire.

Je regrette tout de même qu'il semble minimiser le cas Jaminet, façon "non c'était un voisin calme je pensais pas qu'il ferait une dinguerie". Qu'une personne puisse être aimable et ne pas se comporter mal avec des coéquipiers racisés ne veut pas dire qu'il n'a pas un racisme larvé, ou que ses propos - débloqués par l'alcool - ne sont pas sanctionnables. "Maladroit et bourré", bel euphémisme.

(même si ok il ne veut pas enfoncer publiquement son ancien joueur, mais tout de même)


De même, il passe un peu à côté (d'un chouilla en parlant de "phénomène de groupe") de l'aspect systémique des diverses polémiques de ces derniers temps, qu'on peut aussi rapprocher de pas mal d'affaires et comportements d'il y a dix ans, vingt ans ou plus. C'est pas juste de la responsabilité individuelle, et tant qu'on refusera de voir que la façon dont ce sport est administré, enseigné et pratiqué pousse des comportements virilistes (pour ne pas dire mascu), des instincts grégaires nuls, et pousse des "stars" en devenir à se croire au dessus des autres au point de déshumaniser celleux qui vont devenir leurs victimes, ça ne s'améliorera pas. J'veux dire, on a déjà un running gag moqueur sur le MHR qui rassemble les repris de justice, ça ne vient pas de nulle part.

Il ne te manques plus qu'à réécrire tout ce beau texte en écriture inclusive et tu cocheras toutes les cases. :biggrin:

Des conneries j'en ai fait un paquet et à 60 balais passé j'en fait encore. A mon époque on était pas tous intelligent en 3ème mi-temps, je ne vois pas comment ça aurait changé, bien au contraire. Oui il y a du travail à faire, certes, mais bon tout le monde l'a compris, pas la peine d'en rajouter dans la moraline ambiante.

 

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Ça manque de me traiter de "wokiste", un petit effort de plus et la caricature sera parfaite.

Après, bon, mon père aussi a des réflexes de vieux con mais je l'aime quand même malgré nos divergences d'opinion.

 

Blague à part c'est un peu triste. Qualifier des injures racistes sous l'emprise de drogues/alcool, ainsi qu'une présomption de viol et d'autres choses qui tombent sous le coup de la loi, de "conneries", faut vraiment être déconnecté.

 

 

 

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Il y a 2 heures, cKei a dit :

Après, bon, mon père aussi a des réflexes de vieux con

Tu vois on est tous le "raciste" de quelqu'un, il y en a qui font même du racisme anti vieux.:fear:

Les propos de Jaminet sont nul à chier, cons bêtes et méchants, j'en conviens, mais l'encatané ou les encatanés qui ont balancé la vidéo en ligne, ça je trouve largement aussi con bête et méchant.

PS: j'ai souligné mon propos d'un petit smiley pour indiquer l'absence d'animosité dans ma phrase.

Posté(e) (modifié)
Le 04/09/2024 à 20:15, Bota a dit :

Sabrina Leutard-Palacin

rugbyrama.fr
 

Top 14 – Exclusif. "On a un peu mal à notre rugby": Ugo Mola (Stade toulousain) se livre dans un long entretie

Jérémy Fadat
20–25 minutes

Fin juin, après la finale victorieuse de Top 14 synonyme de nouveau doublé, Ugo Mola avait donné son accord pour réaliser un entretien durant l’été. Deux mois qui ont été terribles sur le plan humain pour lui et pour son club, entre le décès brutal début juillet d’Helen Tekori, la femme de Joe qu’il avait recruté en 2007 à Castres et dont il est très proche, puis la disparition tragique de Medhi Narjissi le 7 août, le fils de Jalil avec qui il a joué au CO. Extrêmement touché, le manager toulousain avait donc repoussé le rendez-vous. Aujourdhui, il se livre…

L’été fut terrible, avec le décès d’Helen Tekori et la disparition de Medhi Narjissi. Le rugby a-t-il une saveur différente aujourd’hui ?

Cela nous ramène à la réalité de la vie, qui est parfois dramatique. Elle reprend son cours pour nous mais on a un devoir de mémoire. Il n’y a pas de hiérarchie sur la perte d’un être cher. On se doit de penser aux gens qui restent, de les accompagner. Joe, Preston et Owen (les fils Tekori, NDLR) car ils sont avec nous tous les jours. Pour Medhi, le club a une forte proximité avec la famille mais on a une approche pudique.

C’est-à-dire ?

On ne peut pas prétendre que tout le monde est à l’abri d’un tel drame, et je laisse chacun vivre avec ses turpitudes. Mais j’ai trouvé la famille incroyable de dignité et de force, alors qu’elle subit des choses qui ne sont pas de sa volonté. Il était logique que le club soit à ses côtés. Parfois, je n’ai fait qu’accompagner. On a tous vécu des drames personnels, mais ce que vit la famille Narjissi est sans qualificatif. Dans leurs réactions, Valérie, Jalil et Inès sont des titans. Ils veulent des réponses, on les demanderait aussi à leur place.

Se pose la question des responsabilités…

Du moment où on encadre du monde, on a un devoir d’information, de formation et de sécurité. On le sait tous, jusqu’au jour où le drame arrive et met en lumière certaines choses. Je ne juge pas, même si j’ai un avis assez éclairé sur la question. On a vu des choses qui nous ont paru déconnectées de la réalité. Le club se tiendra, le temps qu’il faudra, aux côtés de la famille de Medhi. On a une responsabilité, cela ne peut pas être un fait divers qu’on oublie en quelque temps.

Réagissez-vous en père de famille ?

Oui, et en ami. Quand Jalil est arrivé de Saint-Denis à Castres, au moment où il lançait sa carrière, il nous a tous marqués par son tempérament. Le petit prenait cette lignée… (il s’arrête) J’ai du mal à en parler au passé. La disparition doit être actée par le gouvernement sud-africain, le décès n’est pas déclaré. La famille a vécu le scénario de l’horreur absolu. J’ose espérer, tout le monde se l’est promis, que personne ne fera de récupération sur cette situation dramatique. Je n’en ai rien à faire d’être dans un milieu de connivences, où chacun se protège. J’y serai très vigilant, pas pour jouer au justicier. Mais il y a un devoir de pudeur et la mémoire de Medhi doit être respectée. La dignité de la famille impose que chacun en fasse de même.

Si aucun Toulousain n’était de la tournée en Argentine, le rugby français a vécu un été sombre, avec aussi les affaires Jaminet puis Jegou-Auradou…

J’ai toujours idéalisé les institutions, le Stade toulousain, le XV de France, etc. Je continue de croire en une capacité à élever les consciences dans ces institutions. Je ne cache pas avoir été déçu, cet été. Mais je n’y suis pas et ne suis pas à l’abri d’avoir des problèmes au club. Cela nous est arrivé.

Quel constat faites-vous ?

J’entends les moralisateurs expliquant qu’il faut arrêter l’alcool, être dans le répressif, etc. On ne déroge pas à une société pilotée par les réseaux sociaux, qui évolue avec ses propres excès liés à la drogue, l’alcool et le phénomène de groupe. Dans le rugby, il n’y a pas que des sociopathes, des alcooliques et des drogués. Il y a aussi des bons types et des mecs qui ont un niveau de conscience élevé.

L’entraîneur de Toulouse au milieu de ses joueurs, ici à Mont-de-Marsan. L’entraîneur de Toulouse au milieu de ses joueurs, ici à Mont-de-Marsan.

Et pour les autres ?

Des garçons ont droit à une seconde chance parce qu’ils se sont plantés, qu’ils étaient jeunes. Mais, pour certains dérapages, il est plus compliqué d’appliquer la loi de la seconde chance. Sur ce qu’il s’est passé en Argentine, il faut garder beaucoup de mesure car on n’y était pas.

Quel est votre regard sur Melvyn Jaminet ?

Je l’ai entraîné, ce n’est pas un garçon raciste ou xénophobe. Qu’il ait été maladroit et bourré, oui… Il en paie le prix. Je trouve que l’équipe de France et son président raisonnent plutôt correctement en le sortant de cette façon. Cela dépasse ensuite le cadre de mes compétences. Pareil pour l’autre affaire, qui est dans des méandres judiciaires qui m’échappent.

Vous sentez-vous concerné ?

Oui. Mais j’ai envie de me reposer sur l’institution. Quand ça ne va pas dans une famille, tu te réfères aux parents, au socle solide. La famille nous a tous un peu déçus, cette période le met en lumière. On a un peu mal à notre rugby.

On parle d’États Généraux, d’encadrement des troisièmes mi-temps. Or, vous êtes attaché aux libertés et à la prise de responsabilité…

À mes yeux, le seul moyen est d’élever les consciences. Cela passe par la culture, l’éducation, l’enseignement, la capacité à échanger et informer : "Les mecs, vous prenez de la cocaïne, mais qu’est-ce que vous vous mettez dans le nez ?"

Cela va au-delà de la suspension sportive…

Oui, car c’est un mois de suspension pour la cocaïne, un produit festif… Aujourd’hui, tu prends de l’EPO ou de l’hormone de croissance, c’est deux ans de suspension. La seule solution, c’est d’éduquer, d’enseigner et d’informer. Quand tu portes le maillot du Stade toulousain ou autre, tu n’embarques pas que ta pomme mais aussi un groupe, un club et un environnement. Le devoir d’exemplarité agit face à ce que tu représentes.

Est-ce un problème générationnel ?

J’ai fait partie d’une génération pour laquelle on était plus tolérant. Les choses évoluent. C’est comme les paroles des chansons ou des films des années 70, on en est outré quarante-cinq ans après. Je ne sais pas si la société est malade. Mais, pour aller mieux, il faudra cadrer des choses. Pas juste par le répressif, même s’il en faut. J’entends : "Les mecs picolent tout le temps en équipe de France." Le problème, c’est quoi ? Les joueurs qui picolent sont-ils performants ? Ici, quand un mec se saoule et arrive "plein", neuf fois sur dix et comme par hasard, il se blesse dans les quinze jours. Le XV de France doit être une valeur d’exemple au-dessus de tout. C’est notre vitrine. Si un mec déconne, qui que ce soit, il doit comprendre qu’il met en péril sa carrière internationale.

Ugo Mola et ses jeunes face à Mont-de-Marsan. Ugo Mola et ses jeunes face à Mont-de-Marsan. Icon Sport

Y avez-vous été confronté en interne ?

Oui. Si tu déconnes à Toulouse, tu mets ta carrière au club en péril. Certains nous ont quittés, pour des raisons sportives ou extra-sportives. On n’a pas tout mis sur la place publique et on ne se vend pas comme des gardiens de la morale. Chacun balaie devant sa porte, on sait qu’on a nos problèmes. D’alcool ou de drogue, qui est un fléau chez les jeunes. Mais pas que…

Il est beaucoup question de cocaïne dans le rugby…

Il n’y a pas que la cocaïne. À la prohibition, on disait que c’était le whisky alors que les mecs étaient déjà passés à autre chose. C’est pareil. On agite la cocaïne mais, s’il n’y avait que ça, je serais un peu plus tranquille. Il faut développer la responsabilité pour sensibiliser notre collectif et les gens qui le composent. On n’a pas d’autre choix : "Qu’est-ce que vous vous foutez dans le nez ou le gosier ?" Les mecs se fusillent en quarante minutes et après on s'étonne que certains mettent 3 semaines pour faire la mise à jour d'un forum . Le phénomène de groupe, dans notre sport, ça devrait être de passer du temps ensemble, partager et récompenser les efforts consentis pendant des semaines, des mois.

Cette prise de conscience est-elle possible ?

On arrive parfois à calmer les déviances et même complètement les éradiquer. Ça, c’est un vrai phénomène de groupe. Il ne tire pas que vers le bas !

Passons au sportif. Mesurez-vous combien votre saison dernière fut un modèle en termes de gestion ?

On nous l’a beaucoup loué. Le staff a certainement activé les bons leviers, les résultats en attestent, mais on a eu aussi ce brin de réussite sur deux ou trois matchs. Cela nous a permis de passer de ceux qui lâchent des matchs à de bons gestionnaires. Quand tu l’emportes à Clermont ou à Montpellier avec des équipes dites remaniées, cela donne un confort incroyable. On a pu se permettre de jouer sur deux tableaux.

Mais c’était anticipé…

On n’a pas eu froid aux yeux en mettant des gamins, on s’y est tenu, même dans des moments où tu peux être tiraillé. Après, en perdant trois ou quatre joueurs majeurs sur la finale de Champions Cup et en finissant la saison avec un pack quasiment entier absent, je n’avais pas les mains en haut du guidon. Il manquait Baille, Laulala, Meafou, Jelonch… Des mecs qui pèsent. Mais les gamins, qui n’en sont plus, ont tenu la dragée haute. L’émulation et la concurrence, ça reste le meilleur des entraîneurs. Il s’est créé ce phénomène où tu n’avais plus le droit d’être sur le terrain et de ne pas être performant.

Vous aviez fait des choix forts, comme ceux de laisser Thomas Ramos ou Julien Marchand sur le banc en phase finale de Champions Cup…

Le temps et les titres aidant, on augmente le niveau d’affection avec nos joueurs. Mais dès lors que la performance dicte notre mode de fonctionnement… On en a fait des caisses sur le poste d’arrière entre Ramos et Kinghorn. Quand le choix est à faire, Thomas sort d’un Tournoi fini en 10 puis d’une blessure, et Blair est performant en 15 avec nous. On n’a fait que suivre la logique du rythme. Quand Thomas a enchaîné à la fin, il a retrouvé la position qui peut être la sienne. De la même façon, Peato Mauvaka sortait d’une saison incroyable et avait fait toute la campagne européenne puisque Julien était blessé au départ.

Ugo Mola avec Julien Marchand la saison passée. Ugo Mola avec Julien Marchand la saison passée. Icon Sport - Anthony Dibon

Vit-on tranquillement avec ces choix ?

C’est une aide au management ! Quand des Ramos, Marchand, Arnold ou Barassi savent pourquoi ils n’y sont pas… On discute avec eux mais ils ne viennent pas me demander pourquoi. Ils ne la ramènent pas et jouent le jeu. Ces mecs, je les ai vus préparer la finale de Champions Cup comme s’ils étaient sur le terrain. Ils ont été moteurs, parce qu’ils savent le côté nuisible que peut avoir une concurrence malsaine. Cela vaut tout l’or du monde. Pour que ça fonctionne, il faut une forme de récompense à la performance. Sinon, on ne vit qu’avec des statuts et ça finit par nous péter à la figure.

Est-ce grisant, en tant que coach ?

J’ai vécu une saison avec peu de conflits. Je ne sais pas si j’en revivrai d’autres ainsi. Mais après le doublé de 2021, je disais pareil… Cette génération n’a que 26 ou 27 ans de moyenne d’âge.

Après quoi peut-elle encore courir ?

C’est le thème de nos prochaines saisons, pas que de celle-ci. Au Stade toulousain, des années 1920 au début des années 2010, il y a eu cinq générations marquantes qui ont eu une durée de vie de huit ou dix saisons. On n’en est qu’à la sixième, donc il nous en reste trois ou quatre. Est-ce que cette génération en a assez ? A-t-elle l’appétit pour en faire plus ? La seule différence, c’est que les autres générations ne peuvent plus gagner, désormais. Est-on arrivé au bout de quelque chose ? Il faut le demander aux joueurs mais je n’ai pas le sentiment que Romain Ntamack à 25 ans, Antoine Dupont et Peato Mauvaka à 27 ans, ou Thomas Ramos et Julien Marchand à 29 ans, y soient arrivés.

On le dit pour les joueurs, mais de quoi peut encore se nourrir un entraîneur qui a déjà tout gagné ?

Chez un entraîneur, les titres, c’est pour le CV. Mais ça, c’est quand tu as envie de te vendre ailleurs. Je vois des coachs qui ne sont que de passage et veulent juste augmenter l’armoire à trophées, en se fichant du club où ils sont. Ici, le staff sera bientôt prolongé pour être aligné sur les durées de contrat. Le rôle d’entraîneur est très précaire, même si j’ai l’impression que la stabilité prônée par notre club fait des émules.

Quel est le moteur, alors ?

On n’est pas nourris par le fait de gagner deux titres de plus et être considérés comme le staff absolu. Ce qui nous motive, c’est qu’on a une génération incroyable, qui vient de gagner six titres, et on se dit : est-on capable de continuer à la nourrir, à ne pas la lasser ? On parle de contenu, de jeu et de continuer, je l’espère, à être disruptifs et adaptatifs dans un rugby ambitieux. Ce ne sont que des mots. L’important, c’est ce qu’on fait.

Ugo Mola avec de jeunes fans lors du match amical face au Stade montois. Ugo Mola avec de jeunes fans lors du match amical face au Stade montois. Icon Sport

Vous répétez que, ce qui a gagné, ne marchera plus…

Nos rivaux observent et s’imprègnent de ce qu’on a pu faire ou dire. Cela nourrit la frustration chez les uns, la motivation chez les autres, ou l’aigreur chez certains. J’ai entendu que Toulouse est un moteur pour le Top 14. Mais j’ai aussi des clubs qui m’inspirent, où ça bosse très bien, même avec moins de moyens.

Qui ?

Vannes, par exemple. Vous voulez un club stable, avec des gens cohérents ? Il arrive à haut niveau avec des infrastructures et une équipe qui vont bien. Dans votre sondage des entraîneurs, auquel je n’ai pas participé (sourire), on les voit redescendre. Moi, je n’en suis pas sûr. Il y a aussi des choses inspirantes dans les sélections, ou au Leinster, etc. Une année, on a fait venir les coachs de Trévise et ils nous ont interpellés sur des trucs auxquels on n’avait pas réfléchi parce que leur quotidien et leur championnat sont différents des nôtres. Donc, ils sont obligés de réfléchir différemment.

Est-ce décisif dans votre progression ?

Quand, en préparant une finale face au Leinster, tu discutes avec l’entraîneur de la défense des All Blacks, le staff de l’Argentine ou des coachs des Springboks parce qu’on a gardé un peu de réseau, ça aide. Des coachs de Top 14 m’ont aussi aidé et interpellé, je n’ai pas de problème avec ça. Réciproquement, on ouvre nos portes dès que le moindre entraîneur veut venir ici.

Êtes-vous un meilleur entraîneur aujourd’hui qu’en 2017, quand Toulouse avait fini douzième ?

Les gens doivent se dire : il a appris, il a compris, etc. Fondamentalement, sur ma philosophie, je ne pense pas avoir changé. Mais j’étais un stakhanoviste de la compétence technique avant tout. Avec l’expérience, j’ai un peu édulcoré mon propos. Il faut évidemment des experts mais la réussite d’un club ne passe pas que par la personne qui est à ma place. J’ai la chance d’être bien entouré et accompagné. Familialement et au boulot.

La clé, c’est l’entourage ?

Ici, il y a plein de gens qui ont le sang rouge et noir dans leurs veines et qui permettent à la formation de marcher, ou de faire des bons coups en cours de saison comme les Chocobares, Mallia, Willis et Kinghorn. La lumière est souvent sur le capitaine, le 9 et le 10, le manager ou le président. Mais la force de ce club, j’en suis convaincu, c’est que tout le monde est à sa place. Le président préside, le manager du haut niveau gère la partie juridique et financière, les entraîneurs entraînent et les joueurs, même internationaux, restent à leur place. Je vois, à certains endroits, un entraîneur qui préside, un président qui entraîne ou des joueurs en prise directe avec les uns ou les autres.

Antoine Dupont a pris une ampleur incroyable, aux côtés de grands sportifs, d’artistes ou politiques. Est-ce dur de manager un joueur d’une telle dimension ?

Je ne me pose pas la question. Ce sera dur de le manager le jour où le rugby ne sera pas notre centre d’intérêt commun. Si ce sport, qu’on adore tous, reste notre activité principale et notre priorité, si nous sommes toujours capables d’échanger dessus et si je lui apporte quelque chose, ça ne changera rien. Que ce soit Antoine Dupont, Nathan Llaveria ou Simon Daroque qui sont de 2005 et 2006 et évoluent au même poste, je leur parle de la même chose.

Ugo Mola avec Antoine Dupont la saison écoulée. Ugo Mola avec Antoine Dupont la saison écoulée. Icon Sport - Scoop Dyga

N’est-il pas un joueur hors normes ?

Si, mais il n’est pas plus fort que l’institution du Stade toulousain. D’ailleurs, on ne l’oppose pas à notre institution. Il en fait partie et, comme d’autres, l’élève. Après, tout ce qui lui arrive est génial. Comme ce qui arrive à Romain Ntamack et aux autres. La question, c’est d’avoir le plus longtemps possible ces joueurs sur le terrain. Gérer les dix plus grands égos du groupe, contrairement à ce que chacun veut bien penser, ce n’est pas si dur.

Vous avez en revanche expliqué qu’il faut beaucoup les nourrir, notamment sur le jeu…

Parce que ce sont des experts du rugby. Les Dupont, Ntamack, Cros, Roumat, Mallia ou Ramos, tu ne peux pas juste leur opposer ta supériorité hiérarchique ou dire que tu décides parce que tu les entraînes. Sinon, ça dure moins de sept secondes (rires). Eux veulent jouer, prendre du plaisir mais aussi progresser, continuer d’évoluer, marquer leur club et leur sport. Chaque blessure de Romain a par exemple été un vrai élan d’émancipation dans sa manière d’être, de fonctionner avec le groupe. Pareil pour chaque expérience d’Antoine. Celle de la Coupe du monde a été terrible mais, plutôt que de la laisser être négative, il en a tiré le meilleur. Celle du VII a été hyper enrichissante.

Expérience qui ne faisait pas l’unanimité au départ…

Il y avait plus de gens pour penser que c’était une connerie que l’inverse. Au-delà de son rêve de gosse de faire les JO, il ne faut pas avoir la mémoire courte. Ce qu’ont fait Bernard Laporte et Serge Simon, puis Jérôme Daret et Christophe Reight, c’est colossal pour être en mesure d’aménager la partie qui les concernait. Les premiers échanges étaient tendus mais, quand on met tout le monde autour de la table en bonne intelligence pour le bien d’une équipe, la réussite est là. Pareil pour nous, au club. Ce n’était pas courageux parce qu’Antoine, dès lors qu’il prend du plaisir, te le rend au centuple.

Comment ça ?

C’est un mec éduqué, qui a la reconnaissance du ventre et la faculté à se lancer à fond dans un projet. Après une Coupe du monde où il a été exposé, surexposé et jeté en pâture par l’environnement de l’époque, il n’a pas fait le Tournoi, a emmagasiné de la fraîcheur mentale et nous a embarqués avec lui. Le plan a été réalisé un an et demi à l’avance. On a bataillé sur des journées, des créneaux, des stages, et Christophe (Reight) n’a pas lâché. Notamment sur le fait qu’Antoine ne parte pas au Tournoi. À d’autres moments, j’aurais pu être tenté de le solliciter pour aller chercher des points. Quand tu ne l’as pas pour un match au Stadium ou à une semaine de la Coupe d’Europe… On s’y est tenu. Pour le bien du joueur, qui s’est accaparé de façon presque obsessionnelle son emploi du temps, et la parole donnée. Mais c’est Antoine qui est champion olympique, pas nous.

À titre personnel, contrairement à d’autres techniciens, vous n’avez jamais déclaré rêver du XV de France alors que votre nom y est souvent associé. Qu’en est-il ?

Comme je le disais, j’idéalise un peu cet endroit et ça ne doit pas être le jeu d’un plan de carrière. Je ne veux pas manquer de respect à ceux qui y sont allés. Mais quand j’entends : "si on me le propose, je ne le refuserai pas" ou "à un moment, j’aimerais y être"… Comment pourrais-je le prétendre ? Je ne sais pas ce que c’est. Mon seul rapport avec le XV de France, c’est la gestion de mes joueurs. Mais je gère les intérêts du Stade toulousain, de joueurs parfois ménagés chez nous pour exceller en sélection. Je ne suis pas opposé à l’équipe de France mais je ne suis pas attiré par l’équipe de France ou le monde fédéral, encore moins avec ce que j’y vois ces derniers temps. Même si tous les coachs qui ont connu une sélection nationale disent que c’est un niveau intéressant.

Cela peut-il un jour influencer votre réflexion ?

La partie rugbystique est attirante. Un Tournoi des 6 Nations, une tournée, une Coupe du monde, ça doit être passionnant sportivement. Mais c’est tellement loin de moi.

Peut-être êtes-vous au poste dont vous rêviez…

Ce que je sais, c’est que je m’épanouis ici et que je n’ai pas été un frein à l’évolution du club, ces dernières années. J’ai envie de participer au projet du Stade toulousain de demain, d’un stade à 25 ou 28 000 personnes, d’une formation qui nourrit à 80 ou 85 % l’équipe professionnelle, etc. Même si je n’ai pas encore l’âge de partir, je veux réussir la transition. C’est le quotidien qui m’anime. Mais le XV de France, dire que c’est ma motivation ? Non. Je ne rêve pas, en me rasant, d’entraîner l’équipe de France. Moi, j’ai douze pauvres sélections, même si j’ai fait une Coupe du monde. Mon club a toujours été mon club, pas l’équipe de France. Pour certains, à soixante, quatre-vingts ou cent sélections, leur club, c’était l’équipe de France. Ils avaient une attache sûrement différente. La seule chose qui dépend de ma volonté et sur laquelle je mets 100 % de mon énergie, c’est le Stade toulousain.

 

En complément, la vidéo complète du passage sur ViaOccitanie de U. Mola, 50min de régalade

 

 

https://player.myvideoplace.tv/?v=MDS_MID_EV_040924-3

 

 

Modifié par Raph
  • Merci 4
Posté(e)

un passage est passé inaperçu et pourtant 

"J’ai envie de participer au projet du Stade toulousain de demain, d’une formation qui nourrit à 80 ou 85 % l’équipe professionnelle"

ce qui nous ferait 19 joueurs par match issus de la formation, 

plus que ce que les autres clubs alignent comme jiffs !

enorme si on y arrive

  • Upvote 2
Posté(e)
il y a une heure, GuyNess a dit :

un passage est passé inaperçu et pourtant 

"J’ai envie de participer au projet du Stade toulousain de demain, d’une formation qui nourrit à 80 ou 85 % l’équipe professionnelle"

ce qui nous ferait 19 joueurs par match issus de la formation, 

plus que ce que les autres clubs alignent comme jiffs !

enorme si on y arrive

Oui mais Dupont nous plombe une place de joueur formé au ST!:Neutral:

Posté(e)
Il y a 1 heure, GuyNess a dit :

un passage est passé inaperçu et pourtant 

"J’ai envie de participer au projet du Stade toulousain de demain, d’une formation qui nourrit à 80 ou 85 % l’équipe professionnelle"

ce qui nous ferait 19 joueurs par match issus de la formation, 

plus que ce que les autres clubs alignent comme jiffs !

enorme si on y arrive

 

Suffit d’interpréter les chiffres différemments, plutôt que 80-85% par feuille de match peut-être que l’objectif est de 80-85% de l’effectif, soit 48 joueurs sur les 59 qui ont porté le maillot l’année dernière. Ce qui pourrait-être plus réalisable. 

  • Upvote 1
Posté(e)
il y a 33 minutes, capitole46 a dit :

Oui mais Dupont nous plombe une place de joueur formé au ST!:Neutral:

 

Toi tu ne lis pas le forum, Dupont ne joue jamais avec le ST il est tout le temps en équipe de france ou au VII. 

  • Haha 2
Posté(e)
Le 04/09/2024 à 20:33, olivier11 a dit :

Mola niveau communication c'est Master class...

Pas beaucoup de managers aussi intéressants en interview...

Il s'est fait aidé pour le côté communication et management

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