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Nouvelle gouvernance au ST... ou pas ...


Saint Thomas ST

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Il y a un peu plus d'un an, l'affaire Jaminet-Pacific Heart, révélée par L'Équipe, avait soulevé des interrogations quant aux pratiques ayant cours au Stade Toulousain, un club condamné un an auparavant par la commission de discipline de la Ligue pour une violation du règlement salary-cap dans l'affaire du transfert de Cheslin Kolbe à Toulon. Pour s'attacher les services de Melvyn Jaminet, arrière du quinze de France en ce temps-là, en 2022, le club du président Didier Lacroix, conseillé par l'avocat Arnaud Dubois, s'était compromis dans un montage financier avec la société tahitienne Pacific Heart afin de contourner le salary-cap.

 
 

Cela lui a coûté cher : 1,3 million d'euros d'amende, des frais annexes conséquents, deux points retirés au classement du Top 14, et une réputation entachée. Sur ce sujet, une enquête pénale a été ouverte pour abus de confiance visant le Stade Toulousain. L'affaire Jaminet illustre l'utilisation détournée d'un contrat et de faux droits d'image. Nous avons cherché à savoir s'il s'agissait d'un cas unique au Stade Toulousain, d'une grosse faute en passant ; cherché à savoir si ce club vingt-quatre fois champion de France et six fois vainqueur de la Coupe des champions avait pu franchir la ligne jaune sans aller jusqu'à Tahiti ni recourir à l'entremise d'Arnaud Dubois.

 
 
 

Nos recherches nous ont menés à la société 3S-Alyzia, fondée à Toulouse en 2001 par Serge Sellan et devenue un prestataire de poids dans les services aéroportuaires (services d'escale, nettoyage et dégivrage des pistes, nettoyage des aérogares, gestion des bagages et des chariots, gestion des correspondances, des personnes à mobilité réduite...). Si vous avez l'oeil, vous aurez repéré le nom d'Alyzia sur le panneau LED autour du terrain d'Ernest-Wallon ou au dos du maillot de Toulouse. Partenaire de longue date du club, Alyzia a accédé, il y a près de deux ans, au rang de partenaire officiel (*) du club jusqu'au 30 juin 2027. Ce nouveau contrat lui donne le droit d'afficher son logo à l'arrière des maillots pour dix matches de Top 14. Le groupe 3S-Alyzia - qui compte plus de 6 000 collaborateurs - a aussi obtenu le contrat de nettoyage de l'enceinte du Stade Toulousain.

 
 
(*) En dessous des partenaires majeurs et des partenaires premium.

Parallèlement à cela, le 1er juillet 2022, 3S-Alyzia signe un contrat de parrainage avec la société AJ 32, présidée par Anthony Jelonch. Comme mentionné dans le contrat, AJ 32 accorde à 3S-Alyzia, « pour les activités de service, le droit exclusif d'exploitation des droits attachés à la personnalité de M. Jelonch, dans un but publicitaire ». Il est précisé que la société aéroportuaire a acquis le droit d'utiliser le nom, l'image et tout élément de la personnalité du joueur, « dans tous documents de communication interne (site internet, brochures, communiqués, films d'entreprise, slides etc.) et externe du Groupe 3S-Alyzia (tous médias) ». En contrepartie, tel que mentionné dans le contrat signé par MM. Sellan et Jelonch, le joueur s'engage à participer à des événements organisés par 3S-Alyzia, des campagnes publicitaires et/ou séances photo, des conférences...

 
 

« M. Jelonch s'engage à réaliser en collaboration avec le directeur de la communication de la société 3S un journal de bord relatant ses impressions et commentaires sur ses activités et/ou des événements importants en relation avec le rugby. Ce journal de bord est adressé par emails ou autres moyens aux clients/prospects et autres organismes en relation avec 3S (...) AJ s'engage aussi à participer à chaque soirée de fin d'année de la société 3S ainsi qu'à d'autres événements organisés par le groupe (...) La participation de M. Jelonch aux événements précités étant une condition déterminante du présent accord, sa non-réalisation donnera lieu à une résiliation anticipée du présent contrat. » 

 
 

« J'ai eu fait des trucs pour eux. Des soirées one shot. Tu parles de ton savoir-faire, du travail d'équipe. Je l'ai fait deux fois pour eux je crois »

Anthony Jelonch au sujet de son partenariat avec 3S-Alyzia

 
 

Pour la période courant de janvier à juin 2022, antérieure à la signature du contrat, ce qui peut poser question, 3S-Alyzia verse 20 000 euros à Jelonch. Puis 75 000 euros pour la saison 2022-2023 et 75 000 euros encore pour la saison 2023-2024. Problème : on ne trouve pas trace de l'utilisation de l'image ou du nom de Jelonch par ce partenaire du Stade Toulousain. Or, le principe même d'un contrat comme celui-ci, c'est que cela doit se voir. C'est même tout l'intérêt pour la société qui a acheté une exclusivité pour s'associer à un international du Stade Toulousain (36 sélections avec le quinze de France).

 

Au téléphone, quand on demande à Jelonch s'il possède ou a possédé un partenaire commercial trouvé via le club, il répond non. Quand on lui demande s'il est lié ou a été lié par contrat avec Alyzia ou 3S, il dit : « Ça ne me dit rien. »Puis se rappelle. « J'ai eu fait des trucs pour eux. Des soirées one shot. » C'est-à-dire ? « Tu parles de ton savoir-faire, du travail d'équipe. Je l'ai fait deux fois pour eux je crois. » Deux événements pour 170 000 euros, ça ne colle pas. « Pour un joueur comme lui, il faut compter environ 5 000 euros pour une intervention, s'accordent à dire plusieurs acteurs de ce marché. Ça veut dire qu'il aurait fallu qu'il travaille sur une quinzaine d'événements par an. » Quand on lui demande s'il peut nous faire suivre une captation vidéo, un document, la publication d'un contenu sur un réseau social, une photo, n'importe quelle trace attestant de contreparties réelles et sérieuses à hauteur de l'argent versé (170 000 €), le troisième-ligne nous aiguille vers son agent Thierry Cazedevals.

 
 

« Lui doit en avoir des trucs », assure Jelonch. Pendant la conversation, le troisième-ligne propose de nous envoyer des « trucs sur mes autres contrats pubs personnels avec Bio Occitanie ou Saint-Mont ». Il ne le fera pas mais peu importe : la différence avec 3S-Alyzia, c'est qu'on retrouve en deux clics des contenus publicitaires de ces deux marques avec Jelonch. L'autre différence, c'est que 3S-Alyzia est un sponsor du Stade Toulousain. S'agissant de 3S-Alyzia, Jelonch assure qu'il s'agit « d'un contrat personnel » qui n'a rien à voir avec le club. Or, L'Équipe a eu accès à plusieurs documents qui semblent dire le contraire.

 

D'abord, un acte sous-seing privé signé par Jelonch et le président du club Didier Lacroix par lequel le Stade Toulousain s'engage à mettre en relation le joueur avec une entreprise afin de conclure un partenariat commercial qui lui assurera, pour la même période, la même somme d'argent que percevra le joueur de 3S-Alyzia. Puis plusieurs mails impliquant l'avocate de 3S-Alyzia, Clarisse Brély, Didier Lacroix et l'agent de Jelonch. Nous avons demandé au Stade Toulousain s'il avait pris part à l'élaboration de ce contrat (ou plutôt de ces contrats, nous allons y venir), s'ils répondaient à des engagements financiers pris par le club auprès des joueurs. Pas de réponse. Nous avons aussi contacté l'agent de Jelonch mais Thierry Cazedevals n'a pas souhaité nous parler.

 

Dupont et 3S-Alyzia, une affaire qui dure

Bien avant Jelonch, 3S-Alyzia avait signé un autre contrat avec un autre joueur du Stade Toulousain, et non des moindres. Ce partenariat commercial entre la société de Serge Sellan et celle d'Antoine Dupont, dénommée AD 9 Conseils, a été conclu peu après le recrutement en 2017 du demi de mêlée en provenance de Castres. Arrivé à échéance, il a été renouvelé et dure depuis bientôt dix saisons. Mais qui le sait ? Qui s'en est seulement aperçu ? Comme pour Jelonch, la société 3S-Alyzia a acheté le droit d'exploiter « pour sa communication interne et extérieure » l'image d'Antoine Dupont, son nom et tout élément de sa personnalité, dans un but publicitaire, donc pour que ça se sache, que ça s'entende, que ça se remarque. L'investissement est important puisque 3S-Alyzia verse une contrepartie de l'ordre de 200 000 euros par saison à Dupont, ce qui équivaudra, à la fin du contrat, à plus de 1,8 million d'euros en tout et pour tout.

 

En tout et pour quoi au juste ? Là encore, nous n'avons rien trouvé en face de ces redevances versées. Pas une vidéo, pas de contenu publicitaire, pas d'affichage, pas de photos de Dupont au siège social de Ramonville-Saint-Agne, en Haute-Garonne, pas de posts sur les réseaux sociaux. Pas besoin d'être docteur en marketing pour comprendre que le but d'une opération pareille n'est pas de ressembler au crime parfait : pas d'indices, pas d'empreintes. Il faut pourtant se ranger à ce constat : une entreprise a acheté le droit d'utiliser, sur une décennie, l'image de celui que beaucoup considèrent comme le meilleur joueur du monde, l'image du capitaine de l'équipe de France (29 ans, 60 sélections), et elle n'en fait pas d'usage visible.

 
 

Nous avons essayé de nous entretenir avec Serge Sellan et Didier Montégut, les patrons de 3S-Alyzia, pour qu'ils nous indiquent quelles étaient les contreparties réalisées par MM. Jelonch et Dupont. Le 19 décembre, la responsable marketing Lucie Maset Lacan, avec qui nous venions d'échanger au téléphone, nous écrivait : « Je vous confirme le cadre dans lequel nous pouvons organiser l'entretien avec Monsieur Serge Sellan et Monsieur Didier Montégut. L'échange pourra porter sur le partenariat entre le Groupe 3S-Alyzia et le Stade Toulousain, (...) sur l'histoire de ce partenariat, ce que nous recherchons à travers ce partenariat et les retombées qu'il génère pour le Groupe ; et, le cas échéant, de l'existence de partenariats avec certains joueurs. L'objectif est de mettre en lumière le partenariat en tant que tel, sans aborder de sujets extérieurs à celui-ci. » Le 22 décembre, elle nous assurait qu'elle ne manquerait pas de revenir vers nous après les fêtes si un échange devait être envisagé. Une nuance venait d'apparaître. Malgré nos nombreuses relances, juste après les fêtes, personne au sein de 3S-Alyzia ne nous a répondu jusqu'au 16 janvier, jour où Mme Maset Lacan a renoué brièvement le contact. Nous y reviendrons.

 

En général, une entreprise est toujours ravie de faire connaître à des journalistes sa relation avec un club prestigieux ou des sportifs reconnus. Elle est même demandeuse. Pas 3S-Alyzia. Contactée à de multiples reprises, l'avocate de l'entreprise Me Brély n'a jamais donné suite.

 

Dans les très nombreux articles s'intéressant au versant business de Dupont, les marques Volvic, Adidas, Apple, AMI (vêtements), Peugeot, Tissot puis Audemars Piguet, FitnessBoutique, Apple, Carré Bleu (piscines), Lympo (NFT, biens numériques), Casino, Fiducial, Puressentiel, BMW (motos), Sika (bricolage) sont tour à tour citées, et on en oublie. Mais jamais 3S-Alyzia, qui a pourtant une antériorité incontestable. Sur ses réseaux sociaux, Dupont, dont Cazedevals est également l'agent, a l'habitude de reposter des contenus de ses sponsors, parfois en écrivant un petit mot ou en saluant la team Danone ou la team Fiducial. Mais jamais la team 3S-Alyzia.

 
 

« Il y a des partenariats de cession d'image individuelle qui ne sont pas très visibles. Si un athlète fait par exemple une conférence pour une marque, ça reste circonscrit aux équipes internes. C'est différent des contrats d'image avec pignon sur rue et de la cession d'image qui part en télé »

Christophe Quiquandon, fondateur de l'agence de marketing sportif Bros, dont Dupont est actionnaire

 
 

Dans ces articles-là, Christophe Quiquandon intervient souvent. Il a fondé en 2016 l'agence de marketing sportif Bros, dont Dupont est devenu un des actionnaires. À l'évocation du partenariat avec la société 3S, Quiquandon émet une explication : « Il y a des partenariats de cession d'image individuelle qui ne sont pas très visibles. Si un athlète fait par exemple une conférence pour une marque, ça reste circonscrit aux équipes internes. C'est différent des contrats d'image avec pignon sur rue et de la cession d'image qui part en télé. » Quand on lui fait remarquer que le contrat 3S comporte des engagements de communication externe et que, pour 200 000 euros par saison, il faudrait que Dupont multiplie chaque année les séminaires pour 3S-Alyzia, Quiquandon n'insiste pas : « Ce n'est pas du tout mon sujet, je suis désolé. Moi je n'ai rien à voir avec ce contrat, il faut voir avec l'équipe toulousaine. »

 

Dupont n'a pas souhaité nous répondre, laissant son avocat Me Iglesis le faire. « Je vous confirme que Monsieur Antoine Dupont est bien lié à la société 3S par un contrat de parrainage. Les informations contenues dans ce contrat et ses modalités d'exécution sont couvertes par une clause de confidentialité. Monsieur Antoine Dupont n'a pas la faculté de lever cet engagement de confidentialité. Vous comprendrez donc qu'il ne peut être apporté une réponse à vos autres interrogations sans violer cet engagement de confidentialité. » On peut comprendre l'existence d'une clause de confidentialité appliquée à l'aspect financier mais si elle couvre les modalités d'exécution d'un contrat dont l'objet même est de ne pas rester confidentiel, c'est pour le moins étrange.

 

Relancé, Me Iglesis confirme que le groupe 3S-Alyzia « travaille avec un ambassadeur principal, Antoine Dupont. (...) Sans que cette liste soit exhaustive, Antoine Dupont est le principal invité de la soirée de gala que le groupe organise chaque année dans un lieu prestigieux, avec ses cadres, ses clients et prescripteurs. Il a aussi pu participer à des manifestations telles que des salons (notamment le salon du Bourget). Il participe activement à la communication interne du groupe et notamment à des soirées avec les salariés. Il effectue un passage régulier en loge pour être présenté aux principaux clients de la société (loge du Stade Toulousain et loge au Stade de France.) Il réalise des prestations "média DAY" pour le compte de la société. »

 

Quelques jours plus tard, la responsable marketing de 3S-Alyzia nous transmet à son tour une liste des prestations de l'ambassadeur Dupont : « Il s'agit de temps forts de représentation du groupe auprès de clients et partenaires lors d'événements professionnels organisés par 3S-Alyzia ; d'interventions lors d'événements internes, incluant des rencontres avec les collaborateurs, des séances de dédicaces et des prises de parole autour de thématiques telles que le leadership, l'engagement collectif et la performance ; de productions de contenus internes (shootings photo, formats vidéo), utilisés pour la communication interne, la marque employeur et la valorisation des métiers du groupe, ainsi que dans des contextes professionnels comme des salons de recrutement ou des événements sectoriels ; de participations à de grands rendez-vous professionnels du secteur, notamment des salons, au cours desquels le groupe reçoit ses clients et prescripteurs. » Nos requêtes pour obtenir des éléments confirmant toutes ces interventions sont restées lettres mortes.

 

Nous avons demandé, côté joueur comme côté entreprise, pourquoi il n'existait aucune trace de la moindre contribution de MM. Dupont et Jelonch sur internet ou sur les réseaux sociaux du groupe 3S-Alyzia, présent et actif sur Instagram, LinkedIn ou TikTok, on nous a répondu que 3S-Alyzia « est un acteur B2B (d'entreprise à entreprise) spécialisé dans les services aéroportuaires, dont la communication repose historiquement sur des actions relationnelles, institutionnelles et internes, et non sur des dispositifs de visibilité grand public. (...) Les clients de la société ne sont pas issus du "grand public", il est donc compréhensible que la communication autour d'Antoine Dupont soit essentiellement axée sur la communication interne et le partenariat avec des clients importants. » Dans ce cas, pourquoi avoir acheté un espace sur le maillot du Stade Toulousain, action typiquement destinée au grand public et non circonscrit à son propre milieu professionnel ? Et pourquoi sur les réseaux sociaux de 3S-Alyzia, on retrouve d'autres contenus rugby mais aucun découlant du partenariat individuel avec Jelonch et Dupont ?

 
 

« Un achat de droit d'image sur dix ans d'un champion de cette envergure, la possibilité dans le contrat de faire de la pub ou de la com externe et pas de trace : c'est plus que bizarre »

Un expert du secteur

 
 

« Même quand il s'agit de la venue d'une personnalité à un événement dit interne, il y a toujours des traces, nous ont dit les experts du secteur que nous avons questionnés. Beaucoup de boîtes ont plutôt tendance à abuser dans l'autre sens : elles n'ont qu'un contrat B2B mais elles inondent tellement leurs réseaux sociaux d'images ou de vidéos que ça devient un usage grand public, ce qui fait grincer les dents de l'agent de la personnalité. Un achat de droit d'image sur dix ans d'un champion de cette envergure, la possibilité dans le contrat de faire de la pub oubie de la com externe et pas de trace : c'est plus que bizarre. »

 

Autre élément surprenant : alors que la notoriété de Dupont a explosé avec la Coupe du monde 2023 et les Jeux de Paris l'année d'après, au moment du dernier renouvellement du contrat qui nous occupe (en novembre 2024), la même redevance de 200 000 euros a été appliquée pour les mêmes engagements puisque, hormis la durée, « les autres dispositions du contrat demeurent inchangées ». Or, l'image de Dupont ne vaut évidemment pas le même prix en 2024, 2025, 2026 qu'en 2019 ou 2020. Interrogé là-dessus, Me Iglesis n'a pas apporté de réponse.

 

Le 20 janvier, l'avocat toulousain nous envoyait un fichier contenant quatorze documents, dont des « photos d'Antoine Dupont à diverses manifestations organisées par la société 3S ». Le hic, c'est que les photos en gros plan de Dupont attablé parmi des convives non identifiables à des dîners non identifiables ne peuvent constituer des éléments probants d'une utilisation réelle de l'image du demi de mêlée. Quant à la majorité des pièces communiquées, elles proviennent de l'activation du partenariat entre le club et 3S-Alyzia. C'est assez facilement reconnaissable : soit on y voit le président Lacroix avec Dupont sur scène (parfois avec le Brennus), soit on peut observer trois joueurs de l'équipe à une même opération, sur un tournage ou à un shooting, ce qui fonde le droit à l'image associée collective (trois joueurs minimum). Si le partenaire d'un club paye un contrat d'image personnel, comme l'a fait 3S, c'est précisément pour avoir droit à davantage que l'image dite collective.

 

Une présence fantôme au Salon du Bourget ?

Or, pour justifier de la réalité de l'exécution du contrat 3S-Alyzia - Dupont, Me Iglesis nous a transmis une image montrant Jelonch, Juan Cruz Mallia et Dupont sur une estrade et une autre de Rodrigue Neti, Mathis Castro-Ferreira et Dupont pendant un tournage ; c'est donc de l'image dite collective. Concernant le gage impliquant Neti, Castro-Ferreira et Dupont, l'avocat a joint une capture d'un post LinkedIn d'une cheffe de projet marketing de la société qui indique elle-même que ce tournage a eu lieu dans « le cadre du partenariat Alyzia-Stade Toulousain ». Dans le fichier de l'avocat, on trouve aussi un badge au nom d'Antoine Dupont, invité de 3S-Alyzia au Salon du Bourget 2019. Avec une précision de Me Iglesis : « Comme vous le savez, il n'y a pas de photos autorisées. » Renseignements pris, les photos sont autorisées sur le site du Salon du Bourget et on ne compte plus, à titre d'exemple, les VIP qui ont posé à côté d'un Rafale. « Désolé mais je n'ai pas d'Antoine Dupont venu en 2019. J'ai regardé tous les types de badges possibles », nous a-t-on fait savoir au Salon du Bourget.

 

L'avocat de Dupont ayant indiqué que la liste de ces transmissions n'était pas exhaustive, nous avons demandé si de nouveaux éléments qui proviendraient des contrats d'image individuels pouvaient nous être adressés. La réponse fut négative.

 

Mis bout à bout, tous ces éléments soulèvent plusieurs questions connexes : ces sommes versées par un partenaire officiel du club à des joueurs ont-elles été déclarées dans le salary-cap, au bon moment et entièrement ? Si 3S-Alyzia paye autant en droits d'image non exécutés, par quel autre biais cette société s'y retrouve-t-elle ? D'autres joueurs du club sont-ils concernés par ce genre de pratiques ? L'avocat de Dupont conteste que l'argent perçu par son client (et par Jelonch par extension) puisse s'apparenter à du salaire déguisé, qui permettrait au club d'économiser des cotisations Urssaf et aux joueurs d'échapper à l'impôt sur le revenu. En théorie : pour que Jelonch et Dupont touchent à l'arrivée la même chose en salaire, il aurait fallu que le club leur verse bien plus.

 

 

Au fil de nos recherches, nous avons trouvé quantité de productions publiques utilisant l'image individuelle de Dupont. C'est le cas de la publicité Peugeot qui est beaucoup passée sur nos écrans ces derniers mois. Marque partenaire du Stade Toulousain, le constructeur automobile a, comme 3S-Alyzia, contracté directement avec le capitaine du quinze de France, justement pour pouvoir tourner le spot que nous connaissons tous, avec Dupont seul, sans deux autres joueurs du Stade, sans Didier Lacroix et sans le maillot Rouge et Noir sur les épaules. C'est le même cas de figure pour Fiducial, partenaire majeur du Stade Toulousain. Cette société, spécialiste des services aux petites et moyennes entreprises, notamment l'expertise comptable, a signé un contrat personnel avec Dupont via la société Bros, dont le joueur est actionnaire.

 
 

On peut trouver sans effort sur internet et sur les réseaux sociaux plusieurs vidéos attestant qu'il est partenaire ou ambassadeur de Fiducial. Le problème, c'est que, selon nos informations et contrairement aux redevances versées par Peugeot, ces sommes perçues par Dupont, via Bros, n'ont jamais été déclarées dans le salary-cap. Elles auraient dû l'être car Fiducial est une partie associée du club (**). Cette situation, si elle est établie, occasionnerait un contournement et un dépassement du salary-cap sur plusieurs saisons. « Pour des raisons de confidentialité, je ne peux m'exprimer sur ce sujet et vous invite à vous rapprocher du club », nous a répondu Samuel Gauthier, le salary-cap manager. Contacté sur ce point précis, le Stade Toulousain nous a précisé vouloir « naturellement réserver la primauté de nos déclarations au salary-cap manager - dans le cas où ce dernier nous solliciterait ».

 
 
(**) Les sommes perçues par un joueur émanant d'un sponsor du club doivent être intégrées à l'assiette salary-cap. Cette disposition vise à lutter contre le salaire déguisé et à se prémunir d'un jeu en triangle par lequel un partenaire gonflerait le montant des droits d'image qu'il paye au joueur, une somme qui serait retranchée de ce que le sponsor verse au club.

L'ensemble de ces éléments doit aussi être mis en miroir avec les déclarations d'Antoine Dupont au début du mois d'octobre. Après avoir participé à un événement promouvant le renouvellement du partenariat entre Peugeot et le Stade Toulousain, le capitaine du quinze de France, interrogé par l'AFP, SportBusiness Club et Le Monde, avait déclaré que « les règles du salary-cap (...) nous empêchent d'utiliser notre image individuelle à travers des contrats de pub classiques (...) On ne peut pas utiliser notre image. Ça commence à faire beaucoup. (...) Même dans leur droit de regard, ils (la Ligue et par extension le contrôleur du salary-cap) essayent d'être de plus en plus invasifs en nous demandant de citer tous les partenaires qu'on a, même les partenaires qui ne sont pas partenaires avec le club. Ils veulent savoir à la limite tout le patrimoine qu'on peut avoir, donc on arrive un peu dans une chasse aux sorcières où ils veulent démasquer les tricheurs mais ça en devient ridicule ».

 
 
Le salary-cap, un garant de l'équité
Comme la NBA ou la NFL, le Top 14 applique, depuis 2010, un mécanisme de salary-cap (ou plafonnement de la masse salariale) afin d'éviter que des écarts financiers trop importants ne viennent déséquilibrer durablement la compétition, et donc qu'un club aux mains d'un actionnaire très riche ne domine le Championnat. Ce dispositif a aussi l'ambition de guider les clubs vers un modèle économique durable tout en les incitant à s'appuyer sur leur centre de formation.
Doit intégrer l'assiette salary-cap l'ensemble des sommes et avantages remis ou dus à chaque joueur ou à toutes les parties associées au joueur (famille, agent, société appartenant au joueur...) par le club et par toute partie associée au club (sponsor, actionnaire...). Chaque saison, les clubs signent leur engagement à se conformer à ce règlement et à respecter l'obligation de transparence qui leur est faite de communiquer au contrôleur salary-cap tout contrat ou toute pièce relevant de ces sommes et avantages. Pour la saison 2025-2026, le plafond est fixé à 10,7 millions d'euros par club.
Après plusieurs baisses ces dernières années, le plafond sera rehaussé à 11 M€ lors de l'exercice prochain pour atteindre 11,3 M€ en 2029-2030. Cette augmentation a été justifiée par la volonté de permettre aux clubs d'avoir plus de 35 contrats professionnels et ainsi de répartir davantage le temps de jeu. Les clubs possédant des joueurs sur la liste Premium du quinze de France bénéficient de crédits internationaux compensant leur mise à disposition pour la sélection. La saison prochaine, un club ayant un joueur sur cette liste touchera 210 000 € de crédit salary-cap. Le barème sera ensuite dégressif : 202 500 € pour 2 joueurs, 195 000 € pour 3 joueurs, etc.
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Posté(e)
il y a 9 minutes, CaPuChO65 a dit :

Et voilà le retour de Bernes, ça faisait un moment qu'il n'avait pas cherché des poux 🤯😡...

 

L'Équipe

Au Stade Toulousain, les contrats d'image suspects d'Antoine Dupont et Anthony Jelonch

https://www.lequipe.fr/Rugby/Article/Grand-recit-au-stade-toulousain-les-contrats-d-image-suspects-d-antoine-dupont-et-anthony-jelonch/1640917

Ça l'air d'être un chic type, gentil avec les vieilles dames en plus...

Si Roseline t'aime bien, tu ne peux pas être une mauvaise personne.

liluw5.jpg

Posté(e)
il y a 10 minutes, CaPuChO65 a dit :

Et voilà le retour de Bernes, ça faisait un moment qu'il n'avait pas cherché des poux 🤯😡...

 

L'Équipe

Au Stade Toulousain, les contrats d'image suspects d'Antoine Dupont et Anthony Jelonch

https://www.lequipe.fr/Rugby/Article/Grand-recit-au-stade-toulousain-les-contrats-d-image-suspects-d-antoine-dupont-et-anthony-jelonch/1640917

C'est sûr qu'on sent qu'il en a après nous. Après à voir ce qui est réellement fait en coulisse. Si c'est avéré ça va commencer à faire beaucoup. 

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Posté(e)

Le type est à fond les ballons c'est dingo 

 

Que de détails et de reporting de ses investigations ! Quelle volonté farouche de vouloir se faire le club et sa gouvernance. Assez stupéfiant.

 

J'espère que l'ensemble des 13 autres clubs du top14 bénéficient du même traitement et d'un même monitoring.

 

Assez incroyable. Il veut se faire Lacroix : je ne vois que ça. Il a trouvé un os à ronger et ne va pas le lâcher.

Ce qui est décrit relève du micro details. J'espère que la lumière sera aussi faite sur tous les autres clubs

Car quitte à faire tomber le ST, autant aller au bout de l'exercice et faire de même avec tous les autres clubs car la pratique dénoncée est monnaie courante 

  • Upvote 3
Posté(e) (modifié)

On peut rajouter à tout ça le graphisme volontaire de l'image de l'article ...  manque plus qu'on retouche les yeux de Lacroix en rouge  et on aura pleinement reussi à diaboliser Lacroix et le ST :)

 

En tous cas, il a remis une pièce dans le juke-box notre journaliste. Et c'est reparti pour tout le reste de la saison , encore ... :)

Le mec va quand même chercher des noises pour 170K€ avec Jelonch. LOL.

En V'là du montant remarquable 😂

 

 

Modifié par Glorin
Posté(e)

Et pour finir : timing de qualité. Article à charge lié à 2 internationaux titulaires de l'EDF qui sont actuellement en plein VI nations avec une ambition de grand chelem pour amorcer l'approche de la prochaine CDM.

 

L'article aurait pu sortir après le VI nations mais le journaliste en a rien à péter du bien du rugby FR. Il veut se farcir un club. Le reste ? Peu importe.

 

 

  • Upvote 2
Posté(e) (modifié)

Le rôle d'un journaliste n'est pas protéger le rugby français.

Modifié par Erlantz
  • J'aime 1
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Posté(e)

Ben c’est surtout que pour le coup la plupart des clubs les font ouvertement ces types de contrat

C’est même plus secret 

Et je crois que dans la dernière réforme de la ligue y’a un truc qui modifie justement ça 

Dupont et NTK n’ont d’ailleurs jamais caché que les contrats individuels étaient leurs problèmes à eux et leurs agents 

Ils demandaient X au ST et le reste était géré par leur représentant 

Dernièrement Dupont et Jalibert se sont plaint du côté trop intrusif de la LNR sur les revenus des joueurs …

‘On le sait tous que Dupont n’est pas rémunéré au ST à la valeur de son aura

Bernès aimerait prouver/ suggère qu’il s’agit d’un arrangement entre les partenaires et le club 

La realité c’est celle là 

 

 

  • Upvote 5
Posté(e)
6 minutes ago, Erlantz said:

Le rôle d'un journaliste n'est pas protéger le rugby français.

 

Je te retourne ton commentaire en te demandant (si tu as la réponse) de m'indiquer i l'intérêt de ce timing ? Sur un dossier qui recense des faits bien antérieurs à 2026.

Dis moi la raison qui nécessite de sortir l'article maintenant ?

Si tu l'as je suis preneur 

  • Upvote 1
Posté(e) (modifié)
il y a 12 minutes, Glorin a dit :

Et pour finir : timing de qualité. Article à charge lié à 2 internationaux titulaires de l'EDF qui sont actuellement en plein VI nations avec une ambition de grand chelem pour amorcer l'approche de la prochaine CDM.

 

L'article aurait pu sortir après le VI nations mais le journaliste en a rien à péter du bien du rugby FR. Il veut se farcir un club. Le reste ? Peu importe.

 

 

 

 

Sur le timing il y a autre chose qui me parait plus grave que simplement l EDF 

 

Une enquete comme ça c'est des mois de travail non ?

 

Pourquoi elle sort juste la semaine après le vote sur la fin de la médiation ?

 

On va en prendre plein la g.. de tous les cotés.

 

Si vous achetez des lacets pour vos crampons , gardez le ticket .

Modifié par Bota
  • Upvote 2
Posté(e)

Ça sort surtout le jour de l'anniversaire de Lacroix, pur hasard?

  • Merci 1
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il y a 35 minutes, djip a dit :

Il y a un peu plus d'un an, l'affaire Jaminet-Pacific Heart, révélée par L'Équipe, avait soulevé des interrogations quant aux pratiques ayant cours au Stade Toulousain, un club condamné un an auparavant par la commission de discipline de la Ligue pour une violation du règlement salary-cap dans l'affaire du transfert de Cheslin Kolbe à Toulon. Pour s'attacher les services de Melvyn Jaminet, arrière du quinze de France en ce temps-là, en 2022, le club du président Didier Lacroix, conseillé par l'avocat Arnaud Dubois, s'était compromis dans un montage financier avec la société tahitienne Pacific Heart afin de contourner le salary-cap.

 
 

Cela lui a coûté cher : 1,3 million d'euros d'amende, des frais annexes conséquents, deux points retirés au classement du Top 14, et une réputation entachée. Sur ce sujet, une enquête pénale a été ouverte pour abus de confiance visant le Stade Toulousain. L'affaire Jaminet illustre l'utilisation détournée d'un contrat et de faux droits d'image. Nous avons cherché à savoir s'il s'agissait d'un cas unique au Stade Toulousain, d'une grosse faute en passant ; cherché à savoir si ce club vingt-quatre fois champion de France et six fois vainqueur de la Coupe des champions avait pu franchir la ligne jaune sans aller jusqu'à Tahiti ni recourir à l'entremise d'Arnaud Dubois.

 
 
 

Nos recherches nous ont menés à la société 3S-Alyzia, fondée à Toulouse en 2001 par Serge Sellan et devenue un prestataire de poids dans les services aéroportuaires (services d'escale, nettoyage et dégivrage des pistes, nettoyage des aérogares, gestion des bagages et des chariots, gestion des correspondances, des personnes à mobilité réduite...). Si vous avez l'oeil, vous aurez repéré le nom d'Alyzia sur le panneau LED autour du terrain d'Ernest-Wallon ou au dos du maillot de Toulouse. Partenaire de longue date du club, Alyzia a accédé, il y a près de deux ans, au rang de partenaire officiel (*) du club jusqu'au 30 juin 2027. Ce nouveau contrat lui donne le droit d'afficher son logo à l'arrière des maillots pour dix matches de Top 14. Le groupe 3S-Alyzia - qui compte plus de 6 000 collaborateurs - a aussi obtenu le contrat de nettoyage de l'enceinte du Stade Toulousain.

 
 
(*) En dessous des partenaires majeurs et des partenaires premium.

Parallèlement à cela, le 1er juillet 2022, 3S-Alyzia signe un contrat de parrainage avec la société AJ 32, présidée par Anthony Jelonch. Comme mentionné dans le contrat, AJ 32 accorde à 3S-Alyzia, « pour les activités de service, le droit exclusif d'exploitation des droits attachés à la personnalité de M. Jelonch, dans un but publicitaire ». Il est précisé que la société aéroportuaire a acquis le droit d'utiliser le nom, l'image et tout élément de la personnalité du joueur, « dans tous documents de communication interne (site internet, brochures, communiqués, films d'entreprise, slides etc.) et externe du Groupe 3S-Alyzia (tous médias) ». En contrepartie, tel que mentionné dans le contrat signé par MM. Sellan et Jelonch, le joueur s'engage à participer à des événements organisés par 3S-Alyzia, des campagnes publicitaires et/ou séances photo, des conférences...

 
 

« M. Jelonch s'engage à réaliser en collaboration avec le directeur de la communication de la société 3S un journal de bord relatant ses impressions et commentaires sur ses activités et/ou des événements importants en relation avec le rugby. Ce journal de bord est adressé par emails ou autres moyens aux clients/prospects et autres organismes en relation avec 3S (...) AJ s'engage aussi à participer à chaque soirée de fin d'année de la société 3S ainsi qu'à d'autres événements organisés par le groupe (...) La participation de M. Jelonch aux événements précités étant une condition déterminante du présent accord, sa non-réalisation donnera lieu à une résiliation anticipée du présent contrat. » 

 
 

« J'ai eu fait des trucs pour eux. Des soirées one shot. Tu parles de ton savoir-faire, du travail d'équipe. Je l'ai fait deux fois pour eux je crois »

Anthony Jelonch au sujet de son partenariat avec 3S-Alyzia

 
 

Pour la période courant de janvier à juin 2022, antérieure à la signature du contrat, ce qui peut poser question, 3S-Alyzia verse 20 000 euros à Jelonch. Puis 75 000 euros pour la saison 2022-2023 et 75 000 euros encore pour la saison 2023-2024. Problème : on ne trouve pas trace de l'utilisation de l'image ou du nom de Jelonch par ce partenaire du Stade Toulousain. Or, le principe même d'un contrat comme celui-ci, c'est que cela doit se voir. C'est même tout l'intérêt pour la société qui a acheté une exclusivité pour s'associer à un international du Stade Toulousain (36 sélections avec le quinze de France).

 

Au téléphone, quand on demande à Jelonch s'il possède ou a possédé un partenaire commercial trouvé via le club, il répond non. Quand on lui demande s'il est lié ou a été lié par contrat avec Alyzia ou 3S, il dit : « Ça ne me dit rien. »Puis se rappelle. « J'ai eu fait des trucs pour eux. Des soirées one shot. » C'est-à-dire ? « Tu parles de ton savoir-faire, du travail d'équipe. Je l'ai fait deux fois pour eux je crois. » Deux événements pour 170 000 euros, ça ne colle pas. « Pour un joueur comme lui, il faut compter environ 5 000 euros pour une intervention, s'accordent à dire plusieurs acteurs de ce marché. Ça veut dire qu'il aurait fallu qu'il travaille sur une quinzaine d'événements par an. » Quand on lui demande s'il peut nous faire suivre une captation vidéo, un document, la publication d'un contenu sur un réseau social, une photo, n'importe quelle trace attestant de contreparties réelles et sérieuses à hauteur de l'argent versé (170 000 €), le troisième-ligne nous aiguille vers son agent Thierry Cazedevals.

 
 

« Lui doit en avoir des trucs », assure Jelonch. Pendant la conversation, le troisième-ligne propose de nous envoyer des « trucs sur mes autres contrats pubs personnels avec Bio Occitanie ou Saint-Mont ». Il ne le fera pas mais peu importe : la différence avec 3S-Alyzia, c'est qu'on retrouve en deux clics des contenus publicitaires de ces deux marques avec Jelonch. L'autre différence, c'est que 3S-Alyzia est un sponsor du Stade Toulousain. S'agissant de 3S-Alyzia, Jelonch assure qu'il s'agit « d'un contrat personnel » qui n'a rien à voir avec le club. Or, L'Équipe a eu accès à plusieurs documents qui semblent dire le contraire.

 

D'abord, un acte sous-seing privé signé par Jelonch et le président du club Didier Lacroix par lequel le Stade Toulousain s'engage à mettre en relation le joueur avec une entreprise afin de conclure un partenariat commercial qui lui assurera, pour la même période, la même somme d'argent que percevra le joueur de 3S-Alyzia. Puis plusieurs mails impliquant l'avocate de 3S-Alyzia, Clarisse Brély, Didier Lacroix et l'agent de Jelonch. Nous avons demandé au Stade Toulousain s'il avait pris part à l'élaboration de ce contrat (ou plutôt de ces contrats, nous allons y venir), s'ils répondaient à des engagements financiers pris par le club auprès des joueurs. Pas de réponse. Nous avons aussi contacté l'agent de Jelonch mais Thierry Cazedevals n'a pas souhaité nous parler.

 

Dupont et 3S-Alyzia, une affaire qui dure

Bien avant Jelonch, 3S-Alyzia avait signé un autre contrat avec un autre joueur du Stade Toulousain, et non des moindres. Ce partenariat commercial entre la société de Serge Sellan et celle d'Antoine Dupont, dénommée AD 9 Conseils, a été conclu peu après le recrutement en 2017 du demi de mêlée en provenance de Castres. Arrivé à échéance, il a été renouvelé et dure depuis bientôt dix saisons. Mais qui le sait ? Qui s'en est seulement aperçu ? Comme pour Jelonch, la société 3S-Alyzia a acheté le droit d'exploiter « pour sa communication interne et extérieure » l'image d'Antoine Dupont, son nom et tout élément de sa personnalité, dans un but publicitaire, donc pour que ça se sache, que ça s'entende, que ça se remarque. L'investissement est important puisque 3S-Alyzia verse une contrepartie de l'ordre de 200 000 euros par saison à Dupont, ce qui équivaudra, à la fin du contrat, à plus de 1,8 million d'euros en tout et pour tout.

 

En tout et pour quoi au juste ? Là encore, nous n'avons rien trouvé en face de ces redevances versées. Pas une vidéo, pas de contenu publicitaire, pas d'affichage, pas de photos de Dupont au siège social de Ramonville-Saint-Agne, en Haute-Garonne, pas de posts sur les réseaux sociaux. Pas besoin d'être docteur en marketing pour comprendre que le but d'une opération pareille n'est pas de ressembler au crime parfait : pas d'indices, pas d'empreintes. Il faut pourtant se ranger à ce constat : une entreprise a acheté le droit d'utiliser, sur une décennie, l'image de celui que beaucoup considèrent comme le meilleur joueur du monde, l'image du capitaine de l'équipe de France (29 ans, 60 sélections), et elle n'en fait pas d'usage visible.

 
 

Nous avons essayé de nous entretenir avec Serge Sellan et Didier Montégut, les patrons de 3S-Alyzia, pour qu'ils nous indiquent quelles étaient les contreparties réalisées par MM. Jelonch et Dupont. Le 19 décembre, la responsable marketing Lucie Maset Lacan, avec qui nous venions d'échanger au téléphone, nous écrivait : « Je vous confirme le cadre dans lequel nous pouvons organiser l'entretien avec Monsieur Serge Sellan et Monsieur Didier Montégut. L'échange pourra porter sur le partenariat entre le Groupe 3S-Alyzia et le Stade Toulousain, (...) sur l'histoire de ce partenariat, ce que nous recherchons à travers ce partenariat et les retombées qu'il génère pour le Groupe ; et, le cas échéant, de l'existence de partenariats avec certains joueurs. L'objectif est de mettre en lumière le partenariat en tant que tel, sans aborder de sujets extérieurs à celui-ci. » Le 22 décembre, elle nous assurait qu'elle ne manquerait pas de revenir vers nous après les fêtes si un échange devait être envisagé. Une nuance venait d'apparaître. Malgré nos nombreuses relances, juste après les fêtes, personne au sein de 3S-Alyzia ne nous a répondu jusqu'au 16 janvier, jour où Mme Maset Lacan a renoué brièvement le contact. Nous y reviendrons.

 

En général, une entreprise est toujours ravie de faire connaître à des journalistes sa relation avec un club prestigieux ou des sportifs reconnus. Elle est même demandeuse. Pas 3S-Alyzia. Contactée à de multiples reprises, l'avocate de l'entreprise Me Brély n'a jamais donné suite.

 

Dans les très nombreux articles s'intéressant au versant business de Dupont, les marques Volvic, Adidas, Apple, AMI (vêtements), Peugeot, Tissot puis Audemars Piguet, FitnessBoutique, Apple, Carré Bleu (piscines), Lympo (NFT, biens numériques), Casino, Fiducial, Puressentiel, BMW (motos), Sika (bricolage) sont tour à tour citées, et on en oublie. Mais jamais 3S-Alyzia, qui a pourtant une antériorité incontestable. Sur ses réseaux sociaux, Dupont, dont Cazedevals est également l'agent, a l'habitude de reposter des contenus de ses sponsors, parfois en écrivant un petit mot ou en saluant la team Danone ou la team Fiducial. Mais jamais la team 3S-Alyzia.

 
 

« Il y a des partenariats de cession d'image individuelle qui ne sont pas très visibles. Si un athlète fait par exemple une conférence pour une marque, ça reste circonscrit aux équipes internes. C'est différent des contrats d'image avec pignon sur rue et de la cession d'image qui part en télé »

Christophe Quiquandon, fondateur de l'agence de marketing sportif Bros, dont Dupont est actionnaire

 
 

Dans ces articles-là, Christophe Quiquandon intervient souvent. Il a fondé en 2016 l'agence de marketing sportif Bros, dont Dupont est devenu un des actionnaires. À l'évocation du partenariat avec la société 3S, Quiquandon émet une explication : « Il y a des partenariats de cession d'image individuelle qui ne sont pas très visibles. Si un athlète fait par exemple une conférence pour une marque, ça reste circonscrit aux équipes internes. C'est différent des contrats d'image avec pignon sur rue et de la cession d'image qui part en télé. » Quand on lui fait remarquer que le contrat 3S comporte des engagements de communication externe et que, pour 200 000 euros par saison, il faudrait que Dupont multiplie chaque année les séminaires pour 3S-Alyzia, Quiquandon n'insiste pas : « Ce n'est pas du tout mon sujet, je suis désolé. Moi je n'ai rien à voir avec ce contrat, il faut voir avec l'équipe toulousaine. »

 

Dupont n'a pas souhaité nous répondre, laissant son avocat Me Iglesis le faire. « Je vous confirme que Monsieur Antoine Dupont est bien lié à la société 3S par un contrat de parrainage. Les informations contenues dans ce contrat et ses modalités d'exécution sont couvertes par une clause de confidentialité. Monsieur Antoine Dupont n'a pas la faculté de lever cet engagement de confidentialité. Vous comprendrez donc qu'il ne peut être apporté une réponse à vos autres interrogations sans violer cet engagement de confidentialité. » On peut comprendre l'existence d'une clause de confidentialité appliquée à l'aspect financier mais si elle couvre les modalités d'exécution d'un contrat dont l'objet même est de ne pas rester confidentiel, c'est pour le moins étrange.

 

Relancé, Me Iglesis confirme que le groupe 3S-Alyzia « travaille avec un ambassadeur principal, Antoine Dupont. (...) Sans que cette liste soit exhaustive, Antoine Dupont est le principal invité de la soirée de gala que le groupe organise chaque année dans un lieu prestigieux, avec ses cadres, ses clients et prescripteurs. Il a aussi pu participer à des manifestations telles que des salons (notamment le salon du Bourget). Il participe activement à la communication interne du groupe et notamment à des soirées avec les salariés. Il effectue un passage régulier en loge pour être présenté aux principaux clients de la société (loge du Stade Toulousain et loge au Stade de France.) Il réalise des prestations "média DAY" pour le compte de la société. »

 

Quelques jours plus tard, la responsable marketing de 3S-Alyzia nous transmet à son tour une liste des prestations de l'ambassadeur Dupont : « Il s'agit de temps forts de représentation du groupe auprès de clients et partenaires lors d'événements professionnels organisés par 3S-Alyzia ; d'interventions lors d'événements internes, incluant des rencontres avec les collaborateurs, des séances de dédicaces et des prises de parole autour de thématiques telles que le leadership, l'engagement collectif et la performance ; de productions de contenus internes (shootings photo, formats vidéo), utilisés pour la communication interne, la marque employeur et la valorisation des métiers du groupe, ainsi que dans des contextes professionnels comme des salons de recrutement ou des événements sectoriels ; de participations à de grands rendez-vous professionnels du secteur, notamment des salons, au cours desquels le groupe reçoit ses clients et prescripteurs. » Nos requêtes pour obtenir des éléments confirmant toutes ces interventions sont restées lettres mortes.

 

Nous avons demandé, côté joueur comme côté entreprise, pourquoi il n'existait aucune trace de la moindre contribution de MM. Dupont et Jelonch sur internet ou sur les réseaux sociaux du groupe 3S-Alyzia, présent et actif sur Instagram, LinkedIn ou TikTok, on nous a répondu que 3S-Alyzia « est un acteur B2B (d'entreprise à entreprise) spécialisé dans les services aéroportuaires, dont la communication repose historiquement sur des actions relationnelles, institutionnelles et internes, et non sur des dispositifs de visibilité grand public. (...) Les clients de la société ne sont pas issus du "grand public", il est donc compréhensible que la communication autour d'Antoine Dupont soit essentiellement axée sur la communication interne et le partenariat avec des clients importants. » Dans ce cas, pourquoi avoir acheté un espace sur le maillot du Stade Toulousain, action typiquement destinée au grand public et non circonscrit à son propre milieu professionnel ? Et pourquoi sur les réseaux sociaux de 3S-Alyzia, on retrouve d'autres contenus rugby mais aucun découlant du partenariat individuel avec Jelonch et Dupont ?

 
 

« Un achat de droit d'image sur dix ans d'un champion de cette envergure, la possibilité dans le contrat de faire de la pub ou de la com externe et pas de trace : c'est plus que bizarre »

Un expert du secteur

 
 

« Même quand il s'agit de la venue d'une personnalité à un événement dit interne, il y a toujours des traces, nous ont dit les experts du secteur que nous avons questionnés. Beaucoup de boîtes ont plutôt tendance à abuser dans l'autre sens : elles n'ont qu'un contrat B2B mais elles inondent tellement leurs réseaux sociaux d'images ou de vidéos que ça devient un usage grand public, ce qui fait grincer les dents de l'agent de la personnalité. Un achat de droit d'image sur dix ans d'un champion de cette envergure, la possibilité dans le contrat de faire de la pub oubie de la com externe et pas de trace : c'est plus que bizarre. »

 

Autre élément surprenant : alors que la notoriété de Dupont a explosé avec la Coupe du monde 2023 et les Jeux de Paris l'année d'après, au moment du dernier renouvellement du contrat qui nous occupe (en novembre 2024), la même redevance de 200 000 euros a été appliquée pour les mêmes engagements puisque, hormis la durée, « les autres dispositions du contrat demeurent inchangées ». Or, l'image de Dupont ne vaut évidemment pas le même prix en 2024, 2025, 2026 qu'en 2019 ou 2020. Interrogé là-dessus, Me Iglesis n'a pas apporté de réponse.

 

Le 20 janvier, l'avocat toulousain nous envoyait un fichier contenant quatorze documents, dont des « photos d'Antoine Dupont à diverses manifestations organisées par la société 3S ». Le hic, c'est que les photos en gros plan de Dupont attablé parmi des convives non identifiables à des dîners non identifiables ne peuvent constituer des éléments probants d'une utilisation réelle de l'image du demi de mêlée. Quant à la majorité des pièces communiquées, elles proviennent de l'activation du partenariat entre le club et 3S-Alyzia. C'est assez facilement reconnaissable : soit on y voit le président Lacroix avec Dupont sur scène (parfois avec le Brennus), soit on peut observer trois joueurs de l'équipe à une même opération, sur un tournage ou à un shooting, ce qui fonde le droit à l'image associée collective (trois joueurs minimum). Si le partenaire d'un club paye un contrat d'image personnel, comme l'a fait 3S, c'est précisément pour avoir droit à davantage que l'image dite collective.

 

Une présence fantôme au Salon du Bourget ?

Or, pour justifier de la réalité de l'exécution du contrat 3S-Alyzia - Dupont, Me Iglesis nous a transmis une image montrant Jelonch, Juan Cruz Mallia et Dupont sur une estrade et une autre de Rodrigue Neti, Mathis Castro-Ferreira et Dupont pendant un tournage ; c'est donc de l'image dite collective. Concernant le gage impliquant Neti, Castro-Ferreira et Dupont, l'avocat a joint une capture d'un post LinkedIn d'une cheffe de projet marketing de la société qui indique elle-même que ce tournage a eu lieu dans « le cadre du partenariat Alyzia-Stade Toulousain ». Dans le fichier de l'avocat, on trouve aussi un badge au nom d'Antoine Dupont, invité de 3S-Alyzia au Salon du Bourget 2019. Avec une précision de Me Iglesis : « Comme vous le savez, il n'y a pas de photos autorisées. » Renseignements pris, les photos sont autorisées sur le site du Salon du Bourget et on ne compte plus, à titre d'exemple, les VIP qui ont posé à côté d'un Rafale. « Désolé mais je n'ai pas d'Antoine Dupont venu en 2019. J'ai regardé tous les types de badges possibles », nous a-t-on fait savoir au Salon du Bourget.

 

L'avocat de Dupont ayant indiqué que la liste de ces transmissions n'était pas exhaustive, nous avons demandé si de nouveaux éléments qui proviendraient des contrats d'image individuels pouvaient nous être adressés. La réponse fut négative.

 

Mis bout à bout, tous ces éléments soulèvent plusieurs questions connexes : ces sommes versées par un partenaire officiel du club à des joueurs ont-elles été déclarées dans le salary-cap, au bon moment et entièrement ? Si 3S-Alyzia paye autant en droits d'image non exécutés, par quel autre biais cette société s'y retrouve-t-elle ? D'autres joueurs du club sont-ils concernés par ce genre de pratiques ? L'avocat de Dupont conteste que l'argent perçu par son client (et par Jelonch par extension) puisse s'apparenter à du salaire déguisé, qui permettrait au club d'économiser des cotisations Urssaf et aux joueurs d'échapper à l'impôt sur le revenu. En théorie : pour que Jelonch et Dupont touchent à l'arrivée la même chose en salaire, il aurait fallu que le club leur verse bien plus.

 

 

Au fil de nos recherches, nous avons trouvé quantité de productions publiques utilisant l'image individuelle de Dupont. C'est le cas de la publicité Peugeot qui est beaucoup passée sur nos écrans ces derniers mois. Marque partenaire du Stade Toulousain, le constructeur automobile a, comme 3S-Alyzia, contracté directement avec le capitaine du quinze de France, justement pour pouvoir tourner le spot que nous connaissons tous, avec Dupont seul, sans deux autres joueurs du Stade, sans Didier Lacroix et sans le maillot Rouge et Noir sur les épaules. C'est le même cas de figure pour Fiducial, partenaire majeur du Stade Toulousain. Cette société, spécialiste des services aux petites et moyennes entreprises, notamment l'expertise comptable, a signé un contrat personnel avec Dupont via la société Bros, dont le joueur est actionnaire.

 
 

On peut trouver sans effort sur internet et sur les réseaux sociaux plusieurs vidéos attestant qu'il est partenaire ou ambassadeur de Fiducial. Le problème, c'est que, selon nos informations et contrairement aux redevances versées par Peugeot, ces sommes perçues par Dupont, via Bros, n'ont jamais été déclarées dans le salary-cap. Elles auraient dû l'être car Fiducial est une partie associée du club (**). Cette situation, si elle est établie, occasionnerait un contournement et un dépassement du salary-cap sur plusieurs saisons. « Pour des raisons de confidentialité, je ne peux m'exprimer sur ce sujet et vous invite à vous rapprocher du club », nous a répondu Samuel Gauthier, le salary-cap manager. Contacté sur ce point précis, le Stade Toulousain nous a précisé vouloir « naturellement réserver la primauté de nos déclarations au salary-cap manager - dans le cas où ce dernier nous solliciterait ».

 
 
(**) Les sommes perçues par un joueur émanant d'un sponsor du club doivent être intégrées à l'assiette salary-cap. Cette disposition vise à lutter contre le salaire déguisé et à se prémunir d'un jeu en triangle par lequel un partenaire gonflerait le montant des droits d'image qu'il paye au joueur, une somme qui serait retranchée de ce que le sponsor verse au club.

L'ensemble de ces éléments doit aussi être mis en miroir avec les déclarations d'Antoine Dupont au début du mois d'octobre. Après avoir participé à un événement promouvant le renouvellement du partenariat entre Peugeot et le Stade Toulousain, le capitaine du quinze de France, interrogé par l'AFP, SportBusiness Club et Le Monde, avait déclaré que « les règles du salary-cap (...) nous empêchent d'utiliser notre image individuelle à travers des contrats de pub classiques (...) On ne peut pas utiliser notre image. Ça commence à faire beaucoup. (...) Même dans leur droit de regard, ils (la Ligue et par extension le contrôleur du salary-cap) essayent d'être de plus en plus invasifs en nous demandant de citer tous les partenaires qu'on a, même les partenaires qui ne sont pas partenaires avec le club. Ils veulent savoir à la limite tout le patrimoine qu'on peut avoir, donc on arrive un peu dans une chasse aux sorcières où ils veulent démasquer les tricheurs mais ça en devient ridicule ».

 
 
Le salary-cap, un garant de l'équité
Comme la NBA ou la NFL, le Top 14 applique, depuis 2010, un mécanisme de salary-cap (ou plafonnement de la masse salariale) afin d'éviter que des écarts financiers trop importants ne viennent déséquilibrer durablement la compétition, et donc qu'un club aux mains d'un actionnaire très riche ne domine le Championnat. Ce dispositif a aussi l'ambition de guider les clubs vers un modèle économique durable tout en les incitant à s'appuyer sur leur centre de formation.
Doit intégrer l'assiette salary-cap l'ensemble des sommes et avantages remis ou dus à chaque joueur ou à toutes les parties associées au joueur (famille, agent, société appartenant au joueur...) par le club et par toute partie associée au club (sponsor, actionnaire...). Chaque saison, les clubs signent leur engagement à se conformer à ce règlement et à respecter l'obligation de transparence qui leur est faite de communiquer au contrôleur salary-cap tout contrat ou toute pièce relevant de ces sommes et avantages. Pour la saison 2025-2026, le plafond est fixé à 10,7 millions d'euros par club.
Après plusieurs baisses ces dernières années, le plafond sera rehaussé à 11 M€ lors de l'exercice prochain pour atteindre 11,3 M€ en 2029-2030. Cette augmentation a été justifiée par la volonté de permettre aux clubs d'avoir plus de 35 contrats professionnels et ainsi de répartir davantage le temps de jeu. Les clubs possédant des joueurs sur la liste Premium du quinze de France bénéficient de crédits internationaux compensant leur mise à disposition pour la sélection. La saison prochaine, un club ayant un joueur sur cette liste touchera 210 000 € de crédit salary-cap. Le barème sera ensuite dégressif : 202 500 € pour 2 joueurs, 195 000 € pour 3 joueurs, etc.

Je l'ai pas lu en entier, ça m'a gonflé perso'
Il raconte ce qu'il veut, ca m'en touche une sans faire bouger l'autre

Posté(e)
8 minutes ago, Pacino31 said:

Ben c’est surtout que pour le coup la plupart des clubs les font ouvertement ces types de contrat

C’est même plus secret 

Et je crois que dans la dernière réforme de la ligue y’a un truc qui modifie justement ça 

Dupont et NTK n’ont d’ailleurs jamais caché que les contrats individuels étaient leurs problèmes à eux et leurs agents 

Ils demandaient X au ST et le reste était géré par leur représentant 

Dernièrement Dupont et Jalibert se sont plaint du côté trop intrusif de la LNR sur les revenus des joueurs …

‘On le sait tous que Dupont n’est pas rémunéré au ST à la valeur de son aura

Bernès aimerait prouver/ suggère qu’il s’agit d’un arrangement entre les partenaires et le club 

La realité c’est celle là 

 

 

 

Sauf que ça touche des faits antérieurs à cette réforme donc potentiellement en bris de la réglementation de la LNR sur le salary cap.

 

 

Posté(e)

Quels sont les risques pour le S T  de cet article imbuvable ? 

gegelerugbyman
Posté(e)

Pourquoi les joueurs et les partenaires répondent a Bernès, c'est complètement con de leur part.

 

Le ST a des mauvais jours devant nous. Tout le monde veut notre peau.

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Jelonch qui répond aux appels de Bernes, c’est juste incroyable.


Comment quiconque qui gravite de près ou de loin du ST peut encore répondre aux solliyde ce type ?

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 Contractuellement il suffit que ce soit deux sociétés différentes qui sponsorisent le club et le joueur (Peugeot France et Peugeot Pologne par exemple) et ça ne compte pas dans le Salary Cap

 

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De toute manière on a déjà payé non ? 

Posté(e)
Il y a 5 heures, Keke a dit :

Lacroix va bientôt faire les fesses de Marti en prenant LBB au ST hors SC sous contrat équipementier Nike.
LBB lui qui adore le ST, qui bade son mentor Ramos et qui se fournit en Nike. 

 

Y'a la concurrence de Lebel sur son aile, donc il devra s'habituer à jouer 14, mais c'est faisable je suis pas contre.

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Saint-Ernestine-de-Louvois
Posté(e)

Franchement c'est de l'acharnement... et sortir ça en plein VI Nations, c'est degueulasse... 

 

j'espère que le club portera plainte pour calomnie. 
 

immense soutien au stade Toulousain 

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Posté(e)
il y a 2 minutes, Maleli a dit :

 Contractuellement il suffit que ce soit deux sociétés différentes qui sponsorisent le club et le joueur (Peugeot France et Peugeot Pologne par exemple) et ça ne compte pas dans le Salary Cap

 

Et surtout, si Fiducial a un contrat d’image qui est de notoriété publique avec Dupont, si c’est pas compté dans le Salary cap, c’est qu’à mon avis c’est secure, surtout que le Salary Cap Manager n’a jamais trouvé rien à y redire. 
Ce serait trop gros.

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Posté(e)

Sinon il y avait pas eut une vérification complète des comptes du clubs de la part de l A2R et ensuite de la  LNR ??

 

Pendant des mois.

 

PArceque si ils ont rien dit c'est que soit ils ont étés validés ( hormis la sanction ) soit ce sont des grosses pompes non ?

 

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Posté(e) (modifié)

L’Equipe prend le risque que des joueurs majeurs du XV de France boycottent leur journal. 
Je pense pas qu’un Dupont ça le fasse trop rigoler, l’article de Bernes. 
 

Modifié par Keke
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Posté(e)

Par contre Jelonch en effet il a pris un peu trop de commotion a parlé de ça ouvertement, il va se faire tirer les oreilles.

 

 

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Posté(e) (modifié)
7 minutes ago, Maleli said:

 Contractuellement il suffit que ce soit deux sociétés différentes qui sponsorisent le club et le joueur (Peugeot France et Peugeot Pologne par exemple) et ça ne compte pas dans le Salary Cap

 

 

De toute façon les faits sont antérieurs à la réforme donc c'est un bris de règlement sur le salary cap.

 

Les questions sont  : le ST va t il être de nouveau sanctionné et prendre pour les autres ? Les autres clubs vont ils être soumis aux mêmes contrôles ? Une appréhension collective du sujet va elle être lancée par les contrôleurs ?

 

En tous cas comme pour le cas Jaminet : honte à la LNR et son service chargé de vérifier la bonne application du Salary Cap. Il est vraiment bidon et inutile car il se fait doubler vulgairement par un journaliste d'investigation qui a sûrement moins de moyens et de data  à disposition

 

Modifié par Glorin
Posté(e)
il y a 46 minutes, Glorin a dit :

Le type est à fond les ballons c'est dingo 

 

Que de détails et de reporting de ses investigations ! Quelle volonté farouche de vouloir se faire le club et sa gouvernance. Assez stupéfiant.

 

J'espère que l'ensemble des 13 autres clubs du top14 bénéficient du même traitement et d'un même monitoring.

 

Assez incroyable. Il veut se faire Lacroix : je ne vois que ça. Il a trouvé un os à ronger et ne va pas le lâcher.

Ce qui est décrit relève du micro details. J'espère que la lumière sera aussi faite sur tous les autres clubs

Car quitte à faire tomber le ST, autant aller au bout de l'exercice et faire de même avec tous les autres clubs car la pratique dénoncée est monnaie courante 

Étonnant qu il n enquête pas sur les contrats de Jalibert,Penaud entre autres..

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Posté(e)

Ah mais on est carrément en une de l'équipe.

 

Les mecs veulent nous tuer en fait.

 

En effet je refuserai toutes interviews/participation ect à ce qu'organise ce journal à l'avenir.

  • Upvote 3
Posté(e)
il y a 2 minutes, Keke a dit :

L’Equipe prend le risque que des joueurs majeurs du XV de France boycottent leur journal. 
Je pense pas qu’un Dupont ça le fasse trop rigoler, l’article de Bernes. 
 

C est bien français de fracasser ceux qui réussissent, de leur chercher des poux..la réussite c est forcément suspect..

  • Upvote 1
Posté(e) (modifié)
il y a 11 minutes, Keke a dit :

Jelonch qui répond aux appels de Bernes, c’est juste incroyable.

Et pour répondre : "ah non, je ne connais pas cette boîte, ca me dit rien. Ah si, maintenant que vous le dites, je crois que j'ai fait 1 ou 2 soirées pour eux."

 

:chuis: 

Sacré Antho !! :sorcerer:

Modifié par Gabi
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Posté(e)
à l’instant, papapoupa a dit :

Ah mais on est carrément en une de l'équipe.

 

Les mecs veulent nous tuer en fait.

 

En effet je refuserai toutes interviews/participation ect à ce qu'organise ce journal à l'avenir.

Et interdiction de présence aux conférences de presse,dans l enceinte du Wallon pour les matchs, plus d accréditations..

Posté(e)

Deja je vois pas comment un joueur peut etre autorisé a répondre a ce journaliste et qu'il soit pas completement boycoté.

  • Upvote 2
Posté(e)

Ça me gonfle… l’acharnement de Bernès qui dénote d’une haine envers DL et/ou le ST sidérante et DL qui a permis, par ses actions, à ce que le ST puisse porter le flanc à ce genre d’accusation et d’article à charge.

Insupportable…

  • Upvote 4
Saint-Ernestine-de-Louvois
Posté(e) (modifié)
il y a 7 minutes, Keke a dit :

L’Equipe prend le risque que des joueurs majeurs du XV de France boycottent leur journal. 
Je pense pas qu’un Dupont ça le fasse trop rigoler, l’article de Bernes. 
 


oui que l'Equipe se contente de faire des articles d'après match et des articles sur la réducation d'Antoine Dupont, c'est pas Mediapart oh.

 

de toute façon en France on aime pas la réussite... il faut toujours chercher des poux quand les équipes réussissent.. 

 

Encore une saison très difficile pour le Stade Toulousain

Modifié par Saint-Ernestine-de-Louvois
  • Upvote 2
Posté(e) (modifié)
il y a 4 minutes, Gabi a dit :

Et pour répondre : "ah non, je ne connais pas cette boîte, ca me dit rien. Ah si, maintenant que vous le dites, je crois que j'ai fait 1 ou 2 soirées pour eux."

 

:chuis: 

Sacré Antho !! :sorcerer:

 

On pourra toujours se défendre en disant qu'il se prend tellement de coups sur la poire qu'il a oublié une bonne quinzaine de soirée (cf Chabal) pour légitimer le montant total.

 

Regardez le ce grand nigaud, il est bon qu'à manger du foin et à rentrer dans des murs :nuke:

Modifié par papapoupa
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Posté(e)

N'empeche que je tombe des nues.
Avec un Dupont à un million d'euros, quelques stars mode Ntamack ou Ramos à un demi-million, une quinzaine d'internationaux confirmés, une quinzaine de pros ou de jeunesàforpo fortement sollicités, j'étais persuadé que tous les salaires entraient dans le salary cap, moi. :(

  • Haha 3
Posté(e)

Il semblerait que les commentaires ne soient plus accessibles, vu que Mr Bernes et Lequipe se faisaient démonter...

Autant sur l'affaire Jaminet, j'étais en rogne contre Lacroix, autant là le mec remue la merde sur les contrats d'image.. le montage le plus connu, utilisé par tous les clubs, dans tous les sports! Sa haine du ST est maladive je pense.

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Posté(e)
il y a 28 minutes, Glorin a dit :

 

Je te retourne ton commentaire en te demandant (si tu as la réponse) de m'indiquer i l'intérêt de ce timing ? Sur un dossier qui recense des faits bien antérieurs à 2026.

Dis moi la raison qui nécessite de sortir l'article maintenant ?

Si tu l'as je suis preneur 

Tu me demandes vraiment quel est l'intérêt de publier un dossier qui implique la grande star du rugby français et le club le plusn titré au moment de l'année où plus de personnes suivent ce sport? Vraiment?

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Posté(e)

Commentaires désactivés sous l’article de Bernès :sorcerer:

Posté(e)

image.thumb.png.3b48558ffbae6616a5c975a0038890e4.png

 

"Oui Gerard, tu me fais un montage avec de la fumée rouge qu'on dirait qu'ils sont en enfer, enfin dans la merde quoi... Ca sera en première page! Oui et tu me met le président au milieu, tu lui met des cornes de Diable pour qu'on pense que c'est Satan... Bon ok on laisse tomber pour les cornes... Mais l'air inquiet quand même" ...

  • Haha 7
Saint-Ernestine-de-Louvois
Posté(e)

Si vous êtes champion après tout ce que vous avez vécu cette saison chapeau... 

 

 

  • Merci 1
  • Upvote 1
Posté(e)
il y a 12 minutes, Glorin a dit :

 

De toute façon les faits sont antérieurs à la réforme donc c'est un bris de règlement sur le salary cap.

 

Les questions sont  : le ST va t il être de nouveau sanctionné et prendre pour les autres ? Les autres clubs vont ils être soumis aux mêmes contrôles ? Une appréhension collective du sujet va elle être lancée par les contrôleurs ?

 

En tous cas comme pour le cas Jaminet : honte à la LNR et son service chargé de vérifier la bonne application du Salary Cap. Il est vraiment bidon et inutile car il se fait doubler vulgairement par un journaliste d'investigation qui a sûrement moins de moyens et de data  à disposition

 

C’était déjà le cas avant : si la société n’est pas sponsor du club ça ne compte pas dans le salary cap.

Posté(e)
il y a 1 minute, papapoupa a dit :

image.thumb.png.3b48558ffbae6616a5c975a0038890e4.png

 

"Oui Gerard, tu me fais un montage avec de la fumée rouge qu'on dirait qu'ils sont en enfer, enfin dans la merde quoi... Ca sera en première page! Oui et tu me met le président au milieu, tu lui met des cornes de Diable pour qu'on pense que c'est Satan... Bon ok on laisse tomber pour les cornes... Mais l'air inquiet quand même" ...


c’est du @Bota 

  • Haha 2
Posté(e)
à l’instant, Saint-Ernestine-de-Louvois a dit :

Si vous êtes champion après tout ce que vous avez vécu cette saison chapeau... 

 

 

Et oui, encore une saison en enfer :rolleyes:

 

Compte sur Mola pour utiliser ce levier comme il faut B)

Beau-jeu-laid
Posté(e)

Arrêtez avec Bernés ou le père Noël, c'est l'Equipe contre le Stade Toulousain.

 

Ceci étant dit, si cet acharnement me saoule vraiment, peut être faut il se concentrer sur le message et non le messager...

 

Tout le monde le fait : Ok 

Il s'acharne sur nous : Ok 

 

Si il y a fraude, est ce qu'il faut accepter ?

Je sais pas.

 

 

  • Upvote 4
Posté(e)
4 minutes ago, Joco said:


c’est du @Bota 

Non,  @Bota c'est drôle 

  • J'aime 1
Posté(e) (modifié)

Est ce que ce type se pose la question sur Marti qui dit qu il ne va pas pouvoir garder Rayasi à cause du SC et qui 3 semaines après le prolonge pour 3 saisons..:lol:

 

Modifié par Julien81
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Posté(e)
il y a 2 minutes, Julien81 a dit :

Est ce que ce type se pose la question sur Marti qui dit qu il ne va pas pouvoir garder Rayasi à cause du SC et qui 3 semaines après le prolonge pour 3 saisons..:lol:

Oui mais c est pas pareil. La mafia cannelé prend le pas sur la mafia cassoulet. Et on offre des bouteilles de Grands Crus nous, pas du Frontonnais !

  • Haha 7
Posté(e)
il y a 2 minutes, SBUC a dit :

Oui mais c est pas pareil. La mafia cannelé prend le pas sur la mafia cassoulet. Et on offre des bouteilles de Grands Crus nous, pas du Frontonnais !

Et une maison au Cap ferret, pas à Tournefeuille..:nuke:

Posté(e) (modifié)

Tiens un os à ronger pour ce fouteur de m...

Hier je suis allé voir Gaillac-Mazamet,une purge mais passons.Il y avait Laporte,invité par le club.Est ce que cette invitation rentre dans le SC de Montpellier ? Son repas payé l a  été par qui? A t il été déclaré ? A t il pris un carton de vins pour Altrad? Je ne serais pas etonne que Laporte soit cité dans l affaire Epstein :biggrin:...allez hop hop hop au boulot,mon gars...

Modifié par Julien81
  • Haha 1

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