Gabi Posté(e) 15 juin 2022 Posté(e) 15 juin 2022 il y a 13 minutes, manpat31 a dit : La question a été posée dans d'autres salles par de rares élèves (qui ont fait lever les yeux au ciel des autres). Aucun correcteur n'a donné la réponse. Aucun correcteur ne doit donner la réponse. Quand tu surveilles - surtout une matière que tu n'enseignes pas - tu peux et dois toujours demander au chef de Centre d'Examen la conduite à suivre en cas de problème. On remplit un PV d'examen et on le signe. Pour l'épreuve d'Arts Appliqués en CAP, des candidats libres en esthétique ont demandé s'il n'y avait pas une erreur sur le sujet, car il fallait "redessiner" (pour faire bref) une chaussure de sécurité. Le chef de Centre a appelé le Rectorat qui a confirmé que c'était le bon sujet. OK, merci pour ces infos. Après, ca me parait logique que le correcteur reste muet car sinon, ca voudrait dire qu'il n'y a pas égalité de traitement entre les candidats (selon les correcteurs plus ou moins aidants sur lequel tu tombes). 1
diogene Posté(e) 15 juin 2022 Posté(e) 15 juin 2022 il y a 15 minutes, stadeli a dit : Finalement tu as raison, le dernier exemple en date c'est la Grèce. Les conséquences : rigueur budgétaire, baisse de 30% des retraites, suppression d'avantages acquis... Et tout ça réalisé par une idole de Mélenchon... La Grèce n'était pas en mesure d'imposer sa volonté au reste de l'Europe. Les Allemands, grands contempteurs de la dérive budgétaire, y regarderaient certainement à deux fois si c'était la France qui posait les pieds dans le plat. Ils pourraient même se rappeler soudainement les conséquences de la dette de guerre que leur avaient imposée les vainqueurs de 14-18(*) D'ailleurs, j'ai lu quelque part que le résultat pour la Grèce de toutes ces privations imposées est qu'elle a à peu près conservé son taux d'endettement (195/210 % du PIB). Il faudrait que je retrouve l'article. (*) D'ailleurs, ils n'ont toujours pas soldé celle de la deuxième guerre mondiale, ce qui ne les empêche pas de faire la morale aux feignants du Sud. 1
Gabi Posté(e) 15 juin 2022 Posté(e) 15 juin 2022 il y a 53 minutes, diogene a dit : Il suffit pourtant de l'annuler. Les précédents sont innombrables, et ce n'est sûrement pas terminé. https://www.lopinion.fr/economie/non-la-dette-publique-nest-jamais-remboursee-la-tribune-demmanuel-sales (Il a pas l'air d'un bolchevik pourtant le gaillard !) Il reconnait donc que la France a toujours payé sa dette depuis 1797 (225 ans), malgré toutes les guerres et crises traversées. Et que les seuls remboursements "mécaniques" ont été faits par la dévaluation et l'inflation. Or, avec l'euro, nous n'avons plus de monnaie propre. Donc plus de dévaluation possible (à moins que toute la zone euro l'accepte). Reste l'inflation mais pareil, ca m'étonnerait que la BCE accepte 15 ans de très forte inflation comme on a eu à l'époque.
Manpat Posté(e) 15 juin 2022 Auteur Posté(e) 15 juin 2022 il y a 13 minutes, Gabi a dit : OK, merci pour ces infos. Après, ca me parait logique que le correcteur reste muet car sinon, ca voudrait dire qu'il n'y a pas égalité de traitement entre les candidats (selon les correcteurs plus ou moins aidants sur lequel tu tombes). Tout à fait ! Même si des dérives existent, ne soyons pas naïfs. il y a 6 minutes, diogene a dit : La Grèce n'était pas en mesure d'imposer sa volonté au reste de l'Europe. Les Allemands, grands contempteurs de la dérive budgétaire, y regarderaient certainement à deux fois si c'était la France qui posait les pieds dans le plat. Ils pourraient même se rappeler soudainement les conséquences de la dette de guerre que leur avaient imposée les vainqueurs de 14-18. C'est la thèse qu'il a défendue il y a peu lors d'une émission TV.
diogene Posté(e) 15 juin 2022 Posté(e) 15 juin 2022 il y a 11 minutes, Gabi a dit : Il reconnait donc que la France a toujours payé sa dette depuis 1797 (225 ans), malgré toutes les guerres et crises traversées. Et que les seuls remboursements "mécaniques" ont été faits par la dévaluation et l'inflation. Or, avec l'euro, nous n'avons plus de monnaie propre. Donc plus de dévaluation possible (à moins que toute la zone euro l'accepte). Reste l'inflation mais pareil, ca m'étonnerait que la BCE accepte 15 ans de très forte inflation comme on a eu à l'époque. La France a toujours payé, mais pas ses partenaires européens. Si la France prenait la tête d'un mouvement d'effacement (partiel, faudrait pas abuser) de la dette, elle trouverait de l'écho dans pas mal de pays de l'Europe. Elle pourrait même s'assurer un certain succès auprès de nombreux pays "en voie de développement" (d'Afrique ou d'Amérique du sud notamment) en proposant de généraliser cette abolition. Permettre au monde entier de prendre le virage climatique en soldant ses engagements financiers, voilà un programme qu'il est beau.
tire-bouchon Posté(e) 15 juin 2022 Posté(e) 15 juin 2022 Il y a 2 heures, stadeli a dit : Donc tu crois que 70% des assurances vies (emprunts d'Etat)des Français ??? je n' ai pas pigé
Tlsefred31 Posté(e) 15 juin 2022 Posté(e) 15 juin 2022 Il y a 2 heures, diogene a dit : La France a toujours payé, mais pas ses partenaires européens. Si la France prenait la tête d'un mouvement d'effacement (partiel, faudrait pas abuser) de la dette, elle trouverait de l'écho dans pas mal de pays de l'Europe. Elle pourrait même s'assurer un certain succès auprès de nombreux pays "en voie de développement" (d'Afrique ou d'Amérique du sud notamment) en proposant de généraliser cette abolition. Permettre au monde entier de prendre le virage climatique en soldant ses engagements financiers, voilà un programme qu'il est beau. Effacer la dette, ça veut dire que des institutions vont devoir aller se faire foutre, et tu tires un trait sur des emprunts futurs Pour info, la dette US est en bonne partie détenue par la Chine, pourquoi? Parce que les USA sont le 1er marché de la Chine, donc la Chine n'a aucun interet à ce que les USA se cassent la gueule. C'est un joli cercle vicieux. Et qu'on ne vienne pas me parler de la dette Japonaise.
Invité Posté(e) 15 juin 2022 Posté(e) 15 juin 2022 il y a 10 minutes, Tlsefred31 a dit : Effacer la dette, ça veut dire que des institutions vont devoir aller se faire foutre, et tu tires un trait sur des emprunts futurs Pour info, la dette US est en bonne partie détenue par la Chine, pourquoi? Parce que les USA sont le 1er marché de la Chine, donc la Chine n'a aucun interet à ce que les USA se cassent la gueule. C'est un joli cercle vicieux. Et qu'on ne vienne pas me parler de la dette Japonaise. Ils se tiennent tous par les couilles, à savoir qui serrera le plus fort.
Manpat Posté(e) 16 juin 2022 Auteur Posté(e) 16 juin 2022 "Bonjour M. le Président Emmanuel Macron, M. le Ministre de la Fonction Publique Stanislas Guerini, Mme Amélie de Montchalin a annoncé en mars le dégel du point d'indice avant l'été pour compenser la flambée de l'inflation (5,2%). Il reste 5 jours pour tenir votre promesse. Ce serait de bon aloi avant les élections de dimanche." 5 1
Gabi Posté(e) 16 juin 2022 Posté(e) 16 juin 2022 Il y a 1 heure, manpat31 a dit : Et c'est comme ça depuis des années. Dommage qu'on ne puisse pas aussi se rajouter 3 points aux tests PISA.
Manpat Posté(e) 16 juin 2022 Auteur Posté(e) 16 juin 2022 (modifié) Par faute de ne pas avoir mis en place les mesures nécessaires, on a pris au moins 15 ans de retard. Modifié 16 juin 2022 par manpat31
capitole46 Posté(e) 16 juin 2022 Posté(e) 16 juin 2022 Il y a 5 heures, manpat31 a dit : Et c'est comme ça depuis des années. Le SF s'est servi de ça aussi cette saison avec son imposture covid : 4 points de plus... 2
Manpat Posté(e) 17 juin 2022 Auteur Posté(e) 17 juin 2022 (modifié) Après les Académies de Toulouse, Versailles et Amiens, bientôt dans toute la France l'Uberisation de l'école, pour votre bien, soyez-en sûrs ! Modifié 17 juin 2022 par manpat31 1
Manpat Posté(e) 18 juin 2022 Auteur Posté(e) 18 juin 2022 Hier, j'étais en commission harmonisation du Bac Pro au Lycée ''Mimi Mathy'' 3
Vigomar Posté(e) 18 juin 2022 Posté(e) 18 juin 2022 Cas de conscience professionnelle: Est-ce que vendredi prochain je dis que mon enfant est malade pour monter à Paris ? 😝 2 1
capitole46 Posté(e) 18 juin 2022 Posté(e) 18 juin 2022 il y a 33 minutes, Vigomar a dit : Cas de conscience professionnelle: Est-ce que vendredi prochain je dis que mon enfant est malade pour monter à Paris ? 😝 Tu fais grève, pas compliqué. 1
Manpat Posté(e) 19 juin 2022 Auteur Posté(e) 19 juin 2022 Il y a 11 heures, Vigomar a dit : Cas de conscience professionnelle: Est-ce que vendredi prochain je dis que mon enfant est malade pour monter à Paris ? 😝 Il y a 10 heures, capitole46 a dit : Tu fais grève, pas compliqué. Dans les 2 cas (jour de carence ou grève) pas de sou…
le zèbre aux courges Posté(e) 19 juin 2022 Posté(e) 19 juin 2022 il y a 6 minutes, manpat31 a dit : Dans les 2 cas (jour de carence ou grève) pas de sou… Donc le plus simple est de ne pas aller à l'école mais sans rien dire à personne. Tu es payé dans ce cas Non?
capitole46 Posté(e) 19 juin 2022 Posté(e) 19 juin 2022 il y a 11 minutes, manpat31 a dit : Dans les 2 cas (jour de carence ou grève) pas de sou… De toutes manières, vu ce que vous touchez, ne pas être payé un jour ne change rien, non!? Et puis bon quoi merde, un 24 juin plus personne n'a envie d'aller à l'école, c'est fini. Laisse un bidon de cire pour astiquer les tables ou alors une console de jeu avec TV, ça fera plaisir à tout le monde en plus! 3
Vigomar Posté(e) 19 juin 2022 Posté(e) 19 juin 2022 il y a 47 minutes, manpat31 a dit : Dans les 2 cas (jour de carence ou grève) pas de sou… Si c’est mon gamin qui est malade, pas de jour de carence 🙄. 1
DarkSideOfTheMaul Posté(e) 19 juin 2022 Posté(e) 19 juin 2022 il y a 30 minutes, Vigomar a dit : Si c’est mon gamin qui est malade, pas de jour de carence 🙄. Et en brave père dévoué et concerné, il est logique que tu l'emmènes voir le meilleur spécialiste. Même si c'est râlant qu'il faille aller jusqu'à Paris pour cela 4
Manpat Posté(e) 19 juin 2022 Auteur Posté(e) 19 juin 2022 il y a 56 minutes, Vigomar a dit : Si c’est mon gamin qui est malade, pas de jour de carence 🙄. Bon, c'est décidé... Je te fais un mot ? 2
stadeli Posté(e) 19 juin 2022 Posté(e) 19 juin 2022 Il y a 14 heures, Vigomar a dit : Cas de conscience professionnelle: Est-ce que vendredi prochain je dis que mon enfant est malade pour monter à Paris ? 😝 Avec la perspective de gagner un 1er titre avec ton club et renvoyer le CO dans ....chez lui quoi ! Fonce ! Je te prête ma Ducati si tu veux, mais pas sûr que tu gardes ton permis... 1
capitole46 Posté(e) 19 juin 2022 Posté(e) 19 juin 2022 (modifié) Il y a 3 heures, Vigomar a dit : Si c’est mon gamin qui est malade, pas de jour de carence 🙄. Ça me rappelle une collègue en 2019. (supportrice de l'ASM) Elle était enceinte, bon de pas bcp et après être revenue bosser, elle s'est arrêtée en milieu de semaine juste avant la finale ST-ASM. Une de ses copines, blonde, le samedi matin nous dit qu'elle doit être à Paris à cette heure-ci. On se demande pourquoi vu qu'elle s'est arrêtée car elle était trop fatiguée pour travailler... Elle nous dit pour la finale! Je peux vous dire que je n'ai pas eu une demie molle à l'issue du match. Je crois même ne pas avoir dormir sur le ventre pendant qqs jours... Modifié 19 juin 2022 par capitole46 1
Invité Posté(e) 20 juin 2022 Posté(e) 20 juin 2022 Il y a 14 heures, manpat31 a dit : Et ce n'est pas une caricature, mais la réalité.
Manpat Posté(e) 20 juin 2022 Auteur Posté(e) 20 juin 2022 il y a 19 minutes, papé a dit : Et ce n'est pas une caricature, mais la réalité. Tout à fait !
Manpat Posté(e) 20 juin 2022 Auteur Posté(e) 20 juin 2022 http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2022/06/20062022Article637913039941842730.aspx?fbclid=IwAR3ef-C44ovwmVjst3FjswIcpIaaj0591aYOLeWWNRIYNwuai6layTK99As
Manpat Posté(e) 20 juin 2022 Auteur Posté(e) 20 juin 2022 L'avenir des diplômes professionnels, très intéressant : http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2022/06/20062022Article637913039935748980.aspx?fbclid=IwAR38VX6cLqP9rslq_Zja7zz6rQTl_1kAr48cbrnivLfttDpIRDCMiKLS6m8 1
stadeli Posté(e) 20 juin 2022 Posté(e) 20 juin 2022 Je trouve que l'on parle beaucoup du Collège, du Lycée, mais pas du tout du Primaire (ou alors je n'ai pas tout suivi). C'est quand même là que se décide l'avenir du "trublion" : savoir lire, compter, éveiller sa curiosité et bien se comporter en société (si les parents ont fait leur partie du taf évidemment). 1 1
Manpat Posté(e) 20 juin 2022 Auteur Posté(e) 20 juin 2022 https://www.francetvinfo.fr/bac/bac-2022-des-correcteurs-affirment-que-certaines-notes-ont-ete-augmentees-sans-leur-accord_5201395.html?fbclid=IwAR2_D3LCF5UA17V76PLQpbmukT9tV0KCTi5-0GLGFa4LB8D6NHRUvtihdN0 1
stadeli Posté(e) 20 juin 2022 Posté(e) 20 juin 2022 Pfff!!! de toute façon, le bac n'a plus aucune valeur auprès des chefs d'entreprise. Le refiler à tous ne fait qu'engorger les facs et formations post bac la première année. La sélection se fait un étage plus haut en laissant sur le carreau des milliers de victimes enfermées dans une voie qui ne leur correspondait pas. 2
Tlsefred31 Posté(e) 20 juin 2022 Posté(e) 20 juin 2022 il y a 6 minutes, stadeli a dit : Pfff!!! de toute façon, le bac n'a plus aucune valeur auprès des chefs d'entreprise. Le refiler à tous ne fait qu'engorger les facs et formations post bac la première année. La sélection se fait un étage plus haut en laissant sur le carreau des milliers de victimes enfermées dans une voie qui ne leur correspondait pas. C'est exactement ça, le bac maintenant a la même valeur que le brevet des collèges il y a 30 ans.
Invité Posté(e) 20 juin 2022 Posté(e) 20 juin 2022 Il y a 1 heure, Tlsefred31 a dit : C'est exactement ça, le bac maintenant a la même valeur que le brevet des collèges il y a 30 ans. Et le cerficat d'étude dil y a 60 ans😀
Gabi Posté(e) 20 juin 2022 Posté(e) 20 juin 2022 Il y a 6 heures, manpat31 a dit : https://www.francetvinfo.fr/bac/bac-2022-des-correcteurs-affirment-que-certaines-notes-ont-ete-augmentees-sans-leur-accord_5201395.html?fbclid=IwAR2_D3LCF5UA17V76PLQpbmukT9tV0KCTi5-0GLGFa4LB8D6NHRUvtihdN0 Putain, faut vraiment arrêter cette mascarade qu'est devenu le bac. 1
Manpat Posté(e) 21 juin 2022 Auteur Posté(e) 21 juin 2022 Oui, il faut revenir sur des choses simples, mais carrées. Vendredi, on a trituré le corrigé national d'HG pour redistribuer des points. On a dit que ce n'était pas normal de redécouper un corrigé national, car chaque académie fait sa sauce et au final l'épreuve n'est plus nationale. Cela a été écrit sur le PV de séance et remontera un jour au Ministère.
Manpat Posté(e) 21 juin 2022 Auteur Posté(e) 21 juin 2022 Monsieur le ministre, Mesdames et messieurs, Chers collègues, S’il ne faut toucher aux lois que d’une main tremblante, qu’aurait dit Montesquieu, et plus encore Descartes, de ceux qui ont soumis l’éducation nationale au régime de leurs humeurs brouillonnes et inquiètes ? Il fallut des siècles pour construire l’école, élaborer les savoirs académiques et les règles de leur transmission, constituer un corps de spécialistes chargé de l’enseignement et mettre ces derniers avec leurs élèves à l’abri du bruit et de la fureur qui emplissent fréquemment de leur insignifiance et de leur violence la grande scène du monde. Il fallut encore quelques siècles pour donner à l’école sa forme républicaine, qui est incontestablement sa forme la plus aboutie, tant par sa finalité consistant à élever le niveau d’instruction du plus grand nombre, que par ses modalités permettant de lui délivrer des enseignements denses avec une rigueur et une efficacité que l’on n’évoque plus aujourd’hui qu’avec nostalgie, modalités dont cependant la plupart d’entre nous ici ont bénéficié, à commencer par vous, Monsieur le ministre. Il fallut des siècles pour construire l’école mais il n’aura suffi que de quelques décennies pour la détruire et priver les nouvelles générations de cet héritage patiemment constitué pour elles ! Quelques décennies d’ivresse réformatrice inattentive à la nature des choses, à laquelle tous vos prédécesseurs prirent part, et certains plus que leur part. Le code de l’éducation porte, tels des stigmates, les traces de ces outrages successifs au bon sens éducatif, à commencer par la loi de 1989 qui donne au système scolaire pour objectif non plus, comme il se devait, de conduire chacun au plus haut niveau d’instruction auquel son mérite, son talent et le temps qu’il peut employer à l’étude lui permettent de parvenir, mais celui, totalement insensé et purement démagogique, de garantir à tous « la réussite ». Ce nouvel objectif, aussi improbable qu’indéterminé, étant posé et gravé dans le marbre de la loi, le reste ne pouvait que suivre : on se mit à réécrire les programmes tous les quatre matins, non pour y intégrer avec discernement et prudence le progrès des connaissances mais dans le but de « garantir à tous la réussite » ; on entreprit de modifier profondément les structures du système scolaire lors de chaque alternance car cela était censé « garantir à tous la réussite » ; on supprima le redoublement et l’on inventa la scolarité par cycles afin de « garantir à tous la réussite » ; on en vint à remplacer la leçon par des activités, à réduire l’horaire des apprentissages fondamentaux au profit d’innombrables heures de rien, à multiplier les dispositifs de remédiation à proportion qu’on donnait un caractère facultatif à tout ce qui était vraiment formateur, comme récemment les mathématiques au lycée, avec la certitude ou sous le fumeux prétexte de « garantir à tous la réussite ». La liste des absurdités engendrées par un objectif lui-même absurde parce que la réussite (et laquelle à vrai dire ?) ne peut être garantie, serait trop longue pour tenir dans les limites qui sont imposées à cette déclaration. Quand la finalité du système scolaire n’est plus d’instruire mais de « garantir à tous la réussite », tout est mis sens dessus dessous et, de l’école, il ne reste bientôt que le nom sans la chose. Nous voici arrivés au terme de cette évolution. Malgré les efforts que déploie votre administration pour dissimuler le désastre aux yeux du public, nul n’ignore désormais que de nombreux bacheliers quittent l’école comme s’ils n’y avaient jamais mis les pieds, que le professorat n’attire plus les bons étudiants, que l’indiscipline et le désordre ont atteint un tel niveau dans certains établissements qu’on ne peut plus y enseigner quoi que ce soit, que l’évaluation du vide occupe tout le temps disponible et qu’ au sein d’une institution aussi défigurée, dans un contexte aussi dégradé, ceux qui continuent à vouloir défendre les conditions leur permettant de faire sérieusement leur travail sans se payer de mots, sans se gargariser de soi-disant projets et autres prétendues innovations, eh bien ceux-là sont montrés du doigt tels des curiosités et ne peuvent espérer aucune reconnaissance de l’institution. Vous avez cependant le choix, Monsieur le ministre. Celui d’entreprendre avec courage l’indispensable reconstruction de notre système éducatif par des actes qui parleront d’eux-mêmes et n’auront nullement besoin du secours de la communication, ou celui de poursuivre une politique fondée sur le déni de la réalité et la dénégation de ce déni. Si, par exemple, au lieu de procéder scandaleusement à l’augmentation arbitraire des notes mises par les professeurs au baccalauréat sous couvert d’harmonisation, en usant pour ce faire d’un outil numérique dont la principale vertu est finalement de déposséder les enseignants concernés de leur travail, la DGESCO et tous ceux qui prennent leurs ordres auprès d’elle consentaient à lire vraiment les copies de nos élèves, et si bien entendu chacun d’eux n’avait pas mis sa progéniture à l’abri des méfaits de la désinstruction nationale dans quelque institution privée qui maintient les exigences inhérentes à toute éducation authentique, ils seraient effrayés et auraient honte, effrayés par le résultat de tant de réformes mal inspirées auxquels ils ont apporté leur concours, honte devant l’état de quasi illettrisme dans lequel certains de nos élèves ayant passé quinze ans sur les bancs de l’école parviennent néanmoins jusque dans l’enseignement supérieur. Vous n’êtes ministre de l’Éducation nationale que depuis un mois, certes, et il serait évidemment stupide de vous imputer une quelconque responsabilité dans l’état présent de l’école, même si vous n’avez visiblement pas encore pris la juste mesure des choses en faisant l’éloge du bilan pourtant très contesté de votre prédécesseur. Vous avez pour vous un curriculum vitae qui inspire confiance et respect à tout homme cultivé, et qui suscite chez beaucoup d’entre nous l’espoir de voir enfin mise en œuvre une politique éducative digne de ce nom, à la hauteur des besoins devenus immenses, une politique soucieuse de remettre de la rigueur et du bon sens au sein de cette grande maison, une politique soucieuse de rendre à chacun sa place et ses prérogatives, une politique capable de faire renaître l’enthousiasme et la fierté chez tous ceux qui sont actuellement gagnés par la résignation, la morosité, le découragement. Mais force est de constater que, depuis votre nomination, vous n’avez pas encore envoyé le moindre signal d’espoir à ceux dont le travail quotidien maintient encore l’école debout, à « ceux du terrain » comme Genevoix parlait de « ceux de 14 » qui se contentent de faire leur devoir sans ajouter du bruit au bruit et font face aux conséquences catastrophiques des réformes conçues par d’autres qui ne sont que de passage, à ces psychologues de l’éducation nationale si injustement suspendus par exemple, à ces directeurs d’écoles et chefs d’établissement écrasés par des tâches inutiles qui les éloignent chaque jour davantage de leur mission première et enfin à ces professeurs censés vivre d’amour et d’eau fraîche pendant qu’ils prennent soin de leurs élèves et les préservent autant qu’ils peuvent, souvent seuls et parfois malgré votre administration, du préjugé qui règne dehors ainsi que des demandes contradictoires de la société, toutes choses dont la classe doit être protégée car c’est une condition sine qua non pour qu’un enseignement soit possible, comme nous en avertit le mot école lui-même, qui veut dire originellement loisir. Samuel Paty était l’un de ces anonymes sans qui, en vérité, l’école n’est plus rien ; l’un de ces hussards que la République a tant sollicités quand elle en avait besoin et que l’on remplace désormais par le premier venu, recruté en trente minutes à coups de réclames vulgaires pour être remercié en cinq minutes à la première difficulté en attendant que Pronote diffuse directement, par capsules vidéo, un prêt-à-enseigner élaboré par la DGESCO afin d’encadrer le travail d’enseignants devenus de simples animateurs. Samuel Paty faisait son travail avec l’humilité et la discrétion qui siéent aux grands esprits, la passion et la rigueur d’un professeur au plein sens du terme, lequel est avant tout un intellectuel formé par des années d’études et dont les compétences disciplinaires sont constitutives non seulement de l’identité professionnelle mais aussi de l’identité personnelle. Il faisait son travail en se croyant suffisamment protégé à cette fin contre le bruit et la fureur qui se donnent libre cours en dehors de l’école, se croyant protégé par une institution et une hiérarchie dont il pensait comme nous que c’est le premier et au fond l’unique devoir. Or ce n’était pas le cas. Depuis des lustres, l’institution avait brouillé tous les repères, ne sachant plus mettre chacun à sa place au sein de la « communauté éducative ». L’autorité du professeur n’était plus qu’un souvenir ou un élément de langage auquel plus personne n’accordait la moindre importance. La satisfaction de l’usager était devenue l’alpha et l’oméga de toutes les politiques éducatives autant que des pratiques quotidiennes. L’on s’était accoutumé à contester la notation, la pédagogie, la personnalité ou l’enseignement des professeurs dès qu’ils déplaisaient, pour quelque motif que ce soit. Monsieur le ministre, la responsabilité de l’Éducation nationale dans la mort de Samuel Paty est immense, proportionnelle aux efforts déployée par celle-ci pour la nier. Réduire son assassinat à un attentat dont il aurait été par malchance la victime est un odieux mensonge, qui ne trompe personne en tout cas au sein de la profession, l’arbre de l’islamisme radical ne pouvant suffire à lui dissimuler la forêt des innombrables lâchetés qui, au sein même de l’institution, ont exposé cet homme au plus grave danger, que ce soit intentionnellement ou non. L’assassinat de Samuel Paty a profondément marqué la profession ainsi que la France tout entière, mais quelle leçon en a tiré l’Éducation nationale ? Quelle leçon en a tiré votre prédécesseur ainsi que le président de la République, une fois l’hommage rendu ? Quelle leçon en ont tiré tous ceux dont la mission et le principal devoir consistent justement à mettre les professeurs et leurs élèves à l’abri, à protéger les uns et les autres contre les passions qui se déchaînent pour un oui ou pour un non hors de l’enceinte scolaire, à défendre pour cela avec fermeté les premiers contre les rumeurs et toutes les formes que peut prendre la contestation de leur autorité, y compris la plus usuelle consistant à instruire leur procès en incompétence ou en insuffisance du haut de son titre de parent d’élève ? N’a-t-on pas vu encore dernièrement qu’une simple et pittoresque plainte concernant l’enseignement dispensé par un excellent professeur, tombée par hasard entre les mains de l’épouse du président de la République et transmise au recteur concerné pour suite à donner, avait suffi à faire dépêcher dans sa classe un inspecteur débordant de zèle, persuadé d’avoir à « recadrer » l’enseignant sur ordre de l’Élysée ? C’est exactement cela, Monsieur le ministre, dont Samuel Paty fut d’abord la victime avant que la rumeur, qui ne fut pas étouffée dans l’œuf comme elle devait l’être, ne finisse pas arriver aux oreilles d’un illuminé de l’arrière monde pour le pire. Non, Monsieur le ministre, en dépit des mots que vous avez prononcés dès votre nomination pour évoquer la mort de Samuel Paty et lui rendre de nouveau hommage, l’Éducation nationale n’a encore tiré aucune véritable leçon de cette tragédie, allant même jusqu’à produire un rapport stupéfiant uniquement destiné à la mettre hors de cause au lieu transformer cette tragédie en occasion historique, celle qui aurait remis l’institution sur les rails du bon sens éducatif, celle qui aurait permis de dire qu’il y avait désormais un « après Samuel Paty », lequel serait très différent de l’avant. Chaque jour, notre syndicat prend en charge la détresse de professeurs mis hors d’état d’exercer leur métier à la suite de rumeurs malveillantes et ignorantes, comme elles le sont toutes, rumeurs que votre administration laisse cependant trop souvent se répandre par faiblesse ou incompétence, quand elle ne s’empresse pas de leur donner crédit en appliquant envers ses agents le principe de la présomption de culpabilité par lequel, soit dit en passant, l’Éducation nationale se comporte au sein de l’État de droit comme un empire dans un empire. Nous ne l’acceptons pas. Et nous n’acceptons pas davantage que la mort de l’un des nôtres, une fois l’émotion retombée, n’ait toujours pas déclenché une réflexion et une profonde remise en question à tous les niveaux, surtout aux plus hauts. Les mécanismes ainsi que les pratiques qui ont exposé Samuel Paty à la mort n’ont pas encore été correctement décrits ni analysés. Ils sont, notamment pour cette raison, toujours à l’œuvre au sein de l’institution, même si, dans la plupart des cas, ils ne conduisent pas à une issue aussi épouvantable. C’est pourquoi, Monsieur le ministre, mesdames et messieurs, chers collègues, la CFE-CGC vous annonce avec gravité ce 20 juin 2022 que son syndicat de l’éducation, Action & Démocratie, non seulement se porte partie civile aux côtés de la famille de Samuel Paty mais dépose également plainte contre l’Éducation nationale pour mise en danger d’autrui et manquement à ses plus élémentaires devoirs. Le chantier de la reconstruction de l’école est ouvert. Ce procès y contribuera. René Chiche. 2
stadeli Posté(e) 21 juin 2022 Posté(e) 21 juin 2022 Belle analyse et beau réquisitoire. Il ne veut pas être ministre ce monsieur ?
Cyril Posté(e) 21 juin 2022 Posté(e) 21 juin 2022 On peut pas avoir un résumé style une idée une phrase sujet verbe complément ? Cela sera plus ludique.... 2
Vigomar Posté(e) 21 juin 2022 Posté(e) 21 juin 2022 il y a une heure, Cyril a dit : On peut pas avoir un résumé style une idée une phrase sujet verbe complément ? Cela sera plus ludique.... Tous ces mots, ça me file mal au crâne. 1
Cyril Posté(e) 21 juin 2022 Posté(e) 21 juin 2022 Il y a 2 heures, Vigomar a dit : Tous ces mots, ça me file mal au crâne. Â propos de crâne d'œuf, Blanquer à été reconverti comme prof de droit civil à l'université Pantheon-ASSAS. Comme quoi du boulot bien payé y en a.
Tlsefred31 Posté(e) 21 juin 2022 Posté(e) 21 juin 2022 Il y a 4 heures, Cyril a dit : On peut pas avoir un résumé style une idée une phrase sujet verbe complément ? Cela sera plus ludique.... Vite un tweet
stadeli Posté(e) 21 juin 2022 Posté(e) 21 juin 2022 il y a une heure, Cyril a dit : Â propos de crâne d'œuf, Blanquer à été reconverti comme prof de droit civil à l'université Pantheon-ASSAS. Comme quoi du boulot bien payé y en a. Tiens, je croyais que prof c'était mal payé.
stadeli Posté(e) 21 juin 2022 Posté(e) 21 juin 2022 Il y a 4 heures, Cyril a dit : On peut pas avoir un résumé style une idée une phrase sujet verbe complément ? Cela sera plus ludique.... Partie 1 : Quand tu baisses les exigences, le niveau suit la même pente. Partie 2 : Quand les règles élémentaires de la vie en société (devoirs, respect des institutions,...) sont bafouées, le retour dans la gueule est violent et inévitable. C'est pas très ludique, mais c'est comme ça que j'ai interprété le texte. 2
Manpat Posté(e) 21 juin 2022 Auteur Posté(e) 21 juin 2022 Il y a 6 heures, Cyril a dit : On peut pas avoir un résumé style une idée une phrase sujet verbe complément ? Cela sera plus ludique.... Lubrique ? 2
Manpat Posté(e) 21 juin 2022 Auteur Posté(e) 21 juin 2022 Il y a 3 heures, Cyril a dit : Â propos de crâne d'œuf, Blanquer à été reconverti comme prof de droit civil à l'université Pantheon-ASSAS. Comme quoi du boulot bien payé y en a. Après sa déroute électorale, Blanquer bénéficie de la création express d’un poste à l’université Assas Le président de l’université Panthéon-Assas a été saisi d’une demande « exceptionnelle » : ouvrir un poste sur mesure pour accueillir l’ancien ministre Jean-Michel Blanquer, défait aux législatives. https://www.mediapart.fr/journal/france/210622/apres-sa-deroute-electorale-blanquer-beneficie-de-la-creation-express-d-un-poste-l-universite-assas?utm_source=global&utm_medium=social&utm_campaign=SharingApp&xtor=CS3-5&fbclid=IwAR2Og-FyOp3N7_Ityjl2xH8jVRiIwGGiSEkNlPm1WMEGA0AEVbiDBdiT9Sg 1 2
Messages recommandés
Créer un compte ou se connecter pour commenter
Vous devez être membre afin de pouvoir déposer un commentaire
Créer un compte
Créez un compte sur notre communauté. C’est facile !
Créer un nouveau compteSe connecter
Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous ici.
Connectez-vous maintenant