Gabi Posté(e) 29 janvier 2024 Posté(e) 29 janvier 2024 (modifié) il y a 48 minutes, Manpat a dit : Je parlais de chercher des financements ailleurs pour compenser l'aide à hauteur de 75% du public au privé. Tu peux le prendre comme tu veux et m'amalgamer au niveau économique (et réflexion et impact économique) des Français catastrophique, encore une attaque ad hominem (décidément), mais c'est ainsi. Chez nous, on a construit patiemment (depuis 1999) sur nos forces un partenariat avec Peugeot, Citröen, Michelin, et beaucoup d'autres boites privés, on fait le championnat de France des rallyes 2 roues motrices (plusieurs fois champion de France), la maintenance de voitures de pilotes, on gratte de la taxe professionnelle, des sponsors, on gagne des prix... (Merci le chef des travaux et l'ensemble des profs et élèves) pour financer ce qui nous manque. Et j'en passe. On est reconnu nationalement par l'ANFA, entre autres organismes, et pour finir on est public et gratuit. Tout le reste, c'est du salmigondis redondant méthode Couet. Et c'est très bien. Je vous félicite (et je suis sincère). Mais d'un, je te rassure, n'importe quel établissement privé fait pareil. Bon, à la différence qu'eux, on leur reprocherait (dans tes exemples, on aurait droit à conflit d'intérêts, cul et chemise avec la famille Peugeot, et le fils machin est pistonné et a eu un stage dans une boîte partenaires, et on subventionne des lycéens pour qu'ils aillent s'amuser à faire des rallyes, cette ecole n'a aucune éthique car doit être dirigé en sous main par les grosses entreprises du cac40, etc...) De deux, le potentiel de financement externe en lycée professionnelle est incomparable avec une maternelle, primaire, collège ou lycée générale. Ça n'a rien à voir. De trois, malgré l'excellence et le dynamisme de votre lycée, vous ne pouvez pas vous financer à 100% et avez quand-même majoritairement besoin des aides de l'Etat ou des collectivités. Donc ca ne change rien à ma conclusion : suppression du privé = explosion des coûts et moindre dotation par élève pour le public. Et encore une fois, je ne suis pas forcément contre. Ça peut être un choix politique. Mais il faut avoir une vision réelle et globale des impacts plutôt que de fantasmer en mode : "et si les 12 milliards du privé, on le mettait dans le public, ca ferait vachement plus de sous pour recruter et payer des profs, pour alléger les classes et financer les établissements." Modifié 29 janvier 2024 par Gabi
Gabi Posté(e) 29 janvier 2024 Posté(e) 29 janvier 2024 il y a 10 minutes, Manpat a dit : La méritocratie ? Ah non, ca, je souscris à 100% ! La méritocratie a été énormément attaquée ces dernières décennies. Souvent par idéologie. Il faut remettre énormément de choses à plat.
Manpat Posté(e) 29 janvier 2024 Auteur Posté(e) 29 janvier 2024 (modifié) Il y a 1 heure, Gabi a dit : Et c'est très bien. Je vous félicite (et je suis sincère). Mais d'un, je te rassure, n'importe quel établissement privé fait pareil. Bon, à la différence qu'eux, on leur reprocherait (dans tes exemples, on aurait droit à conflit d'intérêts, cul et chemise avec la famille Peugeot, et le fils machin est pistonné et a eu un stage dans une boîte partenaires, et on subventionne des lycéens pour qu'ils aillent s'amuser à faire des rallyes, cette ecole n'a aucune éthique car doit être dirigé en sous main par les grosses entreprises du cac40, etc...) De deux, le potentiel de financement externe en lycée professionnelle est incomparable avec une maternelle, primaire, collège ou lycée générale. Ça n'a rien à voir. De trois, malgré l'excellence et le dynamisme de votre lycée, vous ne pouvez pas vous financer à 100% et avez quand-même majoritairement besoin des aides de l'Etat ou des collectivités. Donc ca ne change rien à ma conclusion : suppression du privé = explosion des coûts et moindre dotation par élève pour le public. Et encore une fois, je ne suis pas forcément contre. Ça peut être un choix politique. Mais il faut avoir une vision réelle et globale des impacts plutôt que de fantasmer en mode : "et si les 12 milliards du privé, on le mettait dans le public, ca ferait vachement plus de sous pour recruter et payer des profs, pour alléger les classes et financer les établissements." Déjà, à la différence de toi, je sais, on te l'a déjà dit, je parlais de ce que je connais, mon lycée polyvalent (Général/ technologique et pro). Nous, on part avec rien comme piston, ni entrisme, c'est un fait, c'est juste la reconnaissance de nos capacités professionnelles. On est hyper surveillé sur nos pratiques, budget.. On est public on est financé par le public. En effet nous ne créons pas de richesses directement, mais l’École (public/privé)fait la force (ou la faiblesse de la France de demain). Je n'ai jamais parlé de la suppression du privé (je crois que c'est Zèbre), on a besoin de tout le monde. Le privé est présent dans certains endroit où les politiques ont fait fermer des classes. Il est donc nécessaire pour les jeunes (et les familles) laissés sur le carreau. Mais faire croire que le privé est nécessaire, voire incontournable parce qu'il coûte moins cher est un mensonge. Si le privé fonctionne "bien" c'est parce que : 1- il est financé à 75% par le public (EN et autres ministères), les dons, les parents. 2- il n'a pas les mêmes contraintes : de recrutement (les csp sont plus favorisés), d'accueil de tous les publics, d'inscription à l'examen (ceux qui vont échouer au bac sont inscrits en candidats libres)... 3- il échappe au contrôle des inspections, bien que sous contrat : sur le contenu de certains programmes, sur le fléchage des heures par matières, sur l'orientation, bidouillage interne des DGH... (Cf l'article du Monde que tu "avais mal lu".) 4- il fait en sorte de mettre le budget sur le lycée, le bac (fort enjeu), et moins sur le primaire et collège, pour être dans les meilleures stats, là où le public n'a pas le choix car c'est interdit (pour les 2). 5- il ne respecte pas la mixité sociale ce qui accentue les différences sociétales à terme. Et coûte(ra) beaucoup plus cher en concourant à la fracture sociale et civique. Donc, le privé en France existe parce qu'il se nourrit de l'absence (ou négligence) de contrôle des pouvoirs publics (Ministres, Dir Cab,... sortent quasi tous du privé, tiens, tiens), parce que le public a pour mission d'accueillir tout ce que le privé refoule, enfin parce qu'il nourrit l'entre-soi. Ceux qui tiennent la ligne, retarde l'échéance, dans les banlieues chaudes, les Rep... ce sont les fonctionnaires du public. N'en déplaise aux adeptes du prof-bashing. D'où la remarque de Diogène, à armes égales - cartes scolaires, moyens, contrôles, respect des règles - pas sur que ce serait la même limonade. il y a une heure, Gabi a dit : Ah non, ca, je souscris à 100% ! La méritocratie a été énormément attaquée ces dernières décennies. Souvent par idéologie. Il faut remettre énormément de choses à plat. Désolé, j'avais pas précisé que c'était du second degré. Modifié 29 janvier 2024 par Manpat 1
Gabi Posté(e) 29 janvier 2024 Posté(e) 29 janvier 2024 Le privé existe car ca arrange l'Etat et l'école public. Et ca les arrange tellement qu'ils font tout pour accentuer ce cloisonnement. 1
Manpat Posté(e) 29 janvier 2024 Auteur Posté(e) 29 janvier 2024 Au delà de l'histoire de la 3ème république et de la survivance du privé, l'enseignement privé existe parce que le pouvoir public lui permet de vivre (et plutôt bien) : financement public, absence de contrôle et absorption des vilains petits canards dans le public, le tout protégé par un État dirigé par la Bourgeoisie issue du privé. La boucle est bouclée. CQFD. 1
Gabi Posté(e) 29 janvier 2024 Posté(e) 29 janvier 2024 il y a 2 minutes, Manpat a dit : Au delà de l'histoire de la 3ème république et de la survivance du privé, l'enseignement privé existe parce que le pouvoir public lui permet de vivre (et plutôt bien) : Tout à fait. Car cela l'arrange. Et mieux, ils font tout pour qu'une fois partie, ils n'aient plus envie de revenir dans le public.
Manpat Posté(e) 29 janvier 2024 Auteur Posté(e) 29 janvier 2024 C'est pas honnête de caviarder ce que j'ai écrit. Qui se nourrit de qui ? Et je n'ai jamais dit que les difficultés pour revenir dans le public (quand on en a besoin, pas vrai ?) étaient une bonne chose.
Gabi Posté(e) 29 janvier 2024 Posté(e) 29 janvier 2024 Il y a 2 heures, Manpat a dit : C'est pas honnête de caviarder ce que j'ai écrit. Qui se nourrit de qui ? Et je n'ai jamais dit que les difficultés pour revenir dans le public (quand on en a besoin, pas vrai ?) étaient une bonne chose. Ben, j'ai juste gardé la partie où j'étais d'accord. Mais si tu veux que je fasse tout le message : Il y a 3 heures, Manpat a dit : Au delà de l'histoire de la 3ème république et de la survivance du privé, l'enseignement privé existe parce que le pouvoir public lui permet de vivre (et plutôt bien) : Tout à fait. Car cela l'arrange. Et mieux, ils font tout pour qu'une fois partie, ils n'aient plus envie de revenir dans le public. Il y a 3 heures, Manpat a dit : financement public, Tout à fait, à 75% Il y a 3 heures, Manpat a dit : absence de contrôle Oui, c'est ce qu'a dit la Cour des comptes. Mais par manque de moyens et non pas par consignes ministérielles. A propos de contrôle, de manière générale, j'aimerais bien également évaluer les contrôles dans le public, être bien sûr que tous les profs font bien l'intégralité des programmes et sans aucun prosélytisme idéologique. Il y a 3 heures, Manpat a dit : absorption des vilains petits canards dans le public Ben oui, c'est le principe de l'école républicaine et obligatoire. Il y a 3 heures, Manpat a dit : Le tout protégé par un État dirigé par la Bourgeoisie Protégé, je ne sais pas. Dirigé par la Bourgeoisie, je ne sais pas, c'est quoi la définition de la bourgeoisie ? Si c'est "n'appartient ni à la classe ouvrière, ni paysanne ni à la noblesse" alors oui, je confirme : l'Etat est dirigée par la Bourgeoisie depuis la fin de la monarchie. Il y a 3 heures, Manpat a dit : issue du privé. Ah ca, je ne sais pas. AOC n'est pas la ministre de l'EN depuis 60 ans. La Loi Debré date de 1959. Je te laisse me dire la part de tous les présidents, premiers ministres et ministres de l'EN issus du public et du privé pour confirmer ou infirmer tes dires. 1
Manpat Posté(e) 29 janvier 2024 Auteur Posté(e) 29 janvier 2024 (modifié) C'est dingue l'énergie que tu déploies pour défoncer des portes ouvertes et nier les évidences. Tu connais le ying et le yang ? Bien sur que l'enseignement privé vit aux crochets du public, sans en supporter ni les règles, ni les contraintes, ni les cartes scolaires, ni les programmes, ni les DGH... (enfin à Stan, ailleurs faudrait faire du cas par cas). Et tu le sais. Bien sur qu'il est protégé par la bourgeoisie (au passage des bourgeois, il y en a dans l'agriculture, aussi), celle qui sort du privé, bien sur. Bourgeoisie qui contrôle la France depuis 1795, et les noms à particule de ce monde font partie de la bourgeoisie. Et puis bourgeois, c'est comme ouvrier, c'est pas un gros mot. Et tu le sais. Sans chercher bien loin, rien que les MEN, à part Najat Vallaud-Belkacem (qui n'a pas laissé une empreinte indélébile non plus) depuis 25 ans sont issus de la bourgeoisie et du privé. Et tu le sais. Pour info, mon "remplaçant" a été inspecté la semaine dernière et cela ne s'est pas très bien passé. Oh, on va le garder, faute de mieux, "Gaby" a dit un adulte dans chaque classe. Donc, oui ça contrôle. Les proviseurs proposent les ventilations de DGH, elles sont votées en CA et scrupuleusement revues après, voire retoquées. Donc, oui ça contrôle. Je ne dis pas que rien ne passe au travers, je n'ai pas une vision idyllique du public (comme tu en as une du privé). Et tu le sais. Bien sur que je ne suis pas pour fermer le privé, du moins en l'état actuel des choses et que je trouve aberrant que le public freine pour le retour en son sein de ses élèves (cela dit le privé fait bien le tri aussi, mais là ça gêne moins). Et tu le sais. Tu as des convictions que je ne partage pas car trop manichéennes pour moi mais que je respecte, mais pas les arguments pour les défendre. Et tu le sais. Modifié 29 janvier 2024 par Manpat 1
Gabi Posté(e) 29 janvier 2024 Posté(e) 29 janvier 2024 Tu viens de me faire un laius en m'expliquant que l'enseignement privé n'a aucune contrainte, ne respecte rien (même pas les programmes ou les DGH) contrairement au public, n'est jamais contrôlé, contrairement au public, qu'il est protégé par la Bourgeoisie qui sort du privé, que ca fait 25 ans que les MEN favorisent le public, etc... Et tu conclues en me reprochant d'être manichéen ! Qu'est-ce que tu veux que je réponde à ca ? Quand on veut donner un autre avis ici, on est de suite catalogué. Donc non, je ne suis pas un défenseur acharné du privé. J'accepte même l'idée qu'on puisse le supprimer. C'est à débattre. Y'a du pour et du contre. Mais les attaques ne portent quasiment que sur le financier et oui, désolé, je trouve que ca tape à côté vu que c'est peut-être le principal "intérêt" du privé pour l'Etat. Oui, je suis désolé de dire que c'est idiot de dire : "si on avait les 12 milliards du privé, l'école publique irait beaucoup mieux." On prend les gens pour des idiots avec ce genre de raccourcis. Attaquer sur tous les autres aspects, ca serait bien plus pertinent. Et intéressant. Et 2e truc, faut arrêter de laver plus blanc que blanc ou alors, faut avoir le cul propre. Les articles putaclic où on retrouve des anciens élèves qui rapportent des temoignages anonymes racistes ou homophobes et en concluent que tout un établissement est raciste ou homophobe, ca fait rigoler et les profs du public ne devraient même pas y préter attention car ils savent très bien que leurs propres élèves peuvent aussi dire des horreurs entre eux. Vous voulez vraiment qu'on commence à lister tous les trucs racistes, homophobes, discriminants que mes enfants ont entendu dans les cours de recré des établissements publics qu'elles ont cotoyés ? Mais moi, je mets ces horreurs sur les dos des parents et de leur éducation, pas sur le dos de l'école ou de l'équipe pédagogique. Pareil quand on retrouve le temoignage d'un prof ou intervenant du privé qui dit une connerie, un mot de travers ou un avis perso (politique ou idéologique). Ca n'existe vraiment jamais dans le public ? Café pédagogique devrait plutôt nous expliquer pourquoi tant de parents mettent leur enfant dans le privé, pourquoi les profs du privé sont beaucoup plus volontairees pour se remplacer entre eux alors qu'ils sont plutôt moins bien payés, pourquoi il y a beaucoup moins de cours annulés alors qu'il n'y a pas plus de profs, pourquoi la carte scolaire est toute pourrie, etc... Ca serait plus intéressant que taper sur le privé.
Manpat Posté(e) 29 janvier 2024 Auteur Posté(e) 29 janvier 2024 (modifié) il y a 38 minutes, Gabi a dit : J'accepte même l'idée qu'on puisse le supprimer. C'est à débattre. Y'a du pour et du contre. Mais les attaques ne portent quasiment que sur le financier et oui, désolé, je trouve que ca tape à côté vu que c'est peut-être le principal "intérêt" du privé pour l'Etat. Oui, je suis désolé de dire que c'est idiot de dire : "si on avait les 12 milliards du privé, l'école publique irait beaucoup mieux." Je n'ai jamais écrit ça. il y a 38 minutes, Gabi a dit : [...] l'enseignement privé n'a aucune contrainte, ne respecte rien (même pas les programmes ou les DGH) contrairement au public, n'est jamais contrôlé, contrairement au public, qu'il est protégé par la Bourgeoisie qui sort du privé, que ca fait 25 ans ( et plus) que les MEN favorisent le public privé, etc... joli raccourci. il y a 38 minutes, Gabi a dit : Mais les attaques ne portent quasiment que sur le financier ben non, d'ailleurs tu l'as écrit. il y a 38 minutes, Gabi a dit : ne respecte rien (même pas les programmes ou les DGH) il y a 38 minutes, Gabi a dit : putaclic c'est quand ça t'arrange : libé, le monde... putaclic mais pas figaro, ok je note. il y a 38 minutes, Gabi a dit : Pareil quand on retrouve le temoignage d'un prof ou intervenant du privé qui dit une connerie, un mot de travers ou un avis perso (politique ou idéologique). Ca n'existe vraiment jamais dans le public ? Oh que si ! le prof-bashing, les islamo-gauchistes, les extrêmes gauchistes, les pantalons velours avec les mocassins à glands, on a même eu des commentaires bien plus dégradants, il y a quelques mois. Du moment que tu défends l’École publique, tu es attaqué. il y a 38 minutes, Gabi a dit : Café pédagogique devrait plutôt nous expliquer pourquoi tant de parents mettent leur enfant dans le privé, pourquoi les profs du privé sont beaucoup plus volontairees pour se remplacer entre eux alors qu'ils sont plutôt moins bien payés, pourquoi il y a beaucoup moins de cours annulés alors qu'il n'y a pas plus de profs, pourquoi la carte scolaire est toute pourrie, etc... Je pense que tout ça a déjà été évoqué. Peut-être pas cette année, mais ce sont les 1ers à critiquer les dysfonctionnements de l'intérieur (réformes, cartes scolaires, programmes, DGH...) Encore une fois rien contre le privé qui complète l'offre publique. (j'y aurais recours sans hésiter si besoin, donc pas de dogme) Un peu plus contre les bidouillages pas toujours très clairs de certains établissements. Mais arrêtons d'y voir des parangons de réussite par rapport au public parce que nous ne sommes pas à armes égales. Et AOC s'est tiré une balle dans le pied en mentant éhontément. La crise agricole est en train de lui sortir le cul des ronces d'ailleurs. ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Cadeau, je sais pas si c'est "putaclic" mais je trouve que ça explique bien la question. Education https://www.alternatives-economiques.fr/ecole-privee-a-fin-privileges/00109426?utm_source=emailing Ecole privée : à quand la fin des privilèges ? Le 23 Janvier 2024 9 min Les propos de la ministre de l’Education ont relancé le débat sur le séparatisme scolaire et le laxisme de l’Etat envers le privé, financé aux trois quarts par de l’argent public. Facebook Twitter Mail WhatsApp Copier le lien 24 Commentaire(s) Par Xavier Molénat « Un vrai don du ciel, cette Amélie Oudéa-Castera, entend-on ces jours-ci s’esclaffer, goguenards, les défenseurs de l’école publique : elle fait le boulot à notre place ! » En effet, les propos décomplexés de la ministre de l’Education – à peine nommée – sur la recherche d’un entre-soi protecteur, doublés de ses mensonges sur la scolarité publique de ses enfants et le « paquet d’heures non remplacées », ont peut-être fait gagner à la critique de l’école privée davantage de force en quelques jours qu’au cours des 40 dernières années ! Du côté de chez Stan’, en revanche, on fait grise mine. N’aimant habituellement rien tant que la discrétion, le prestigieux établissement privé Stanislas a vu étalés au grand jour ses incroyables privilèges : dans un cadre somptueux et suréquipé (deux piscines et sept gymnases !), en plein cœur de Paris, il accueille des élèves triés sur le volet. Parmi eux figure en bonne place la progéniture d’une partie des élites politique et économique du pays, à laquelle elle délivre une éducation imprégnée des valeurs d’un catholicisme de stricte obédience. Le tout… financé aux trois quarts environ par de l’argent public ! « Le meilleur des deux mondes » Il est sans doute trop tôt pour dire quelle sera la portée exacte de « l’affaire AOC », mais elle aura en tout cas puissamment contribué à rendre cette situation intenable. « Le modèle français est singulier, constate Youssef Souidi, chercheur au CNRS et à Paris Dauphine, spécialiste de la mixité sociale. A l’étranger, on trouve des modèles 100 % financés par le public, mais qui n’ont aucune autonomie dans le recrutement des élèves, comme la Belgique francophone. A l’inverse, dans d’autres pays, les établissements sont libres mais ne reçoivent pas de financement public, comme au Royaume-Uni. La France, pour le secteur privé, c’est un peu le meilleur des deux mondes ! » Stanislas est toutefois une sorte de sapin de Noël cachant la forêt d’un enseignement privé (7 500 établissements, dont 7 000 pour le seul enseignement catholique) très divers, comptant son lot de lycées professionnels et de classes pour élèves en difficulté (Ulis, Segpa), même si aucun établissement n’y est classé en réseau d’éducation prioritaire. Par exemple, un dixième des collèges de l’école dite « libre » accueillent au moins 39,2 % d’élèves de milieu défavorisé, « soit à peu près la proportion moyenne des collégiens issus de milieu défavorisé », établissait en 2022 une étude du ministère de l’Education nationale. La présence territoriale de l’enseignement privé est également très variable, allant de l’absence totale (aucun collège privé dans la Creuse) à l’omniprésence, comme en Bretagne. Dans l’académie de Rennes, 40 % des élèves des 1er et 2nd degrés sont scolarisés dans le privé. A Paris, cette proportion est de 30 %. Et au niveau national, elle atteint 16,9 %, soit un peu plus de 2 millions d’élèves, une proportion très stable depuis 40 ans. Non-respect du principe de mixité Malgré ces nuances, le fracas causé par l’affaire AOC trahit le sentiment partagé que les termes du contrat qui lie chaque établissement au service public d’éducation ne sont pas équilibrés. Cette association permet au premier d’être financé à hauteur de 73 % par la puissance publique. L’Etat prend en charge essentiellement la rémunération des enseignants (8 milliards d’euros en 2022). Les collectivités locales, elles, sont contraintes par la loi de leur fournir une dotation de fonctionnement équivalente à celle des établissements publics dont elles ont la charge (écoles pour les municipalités, collèges pour les départements, lycées pour les régions). En échange, ce contrat crée un certain nombre d’obligations, dont celles de respecter les programmes de l’Education nationale et de veiller à la mixité sociale des publics scolarisés. Ce principe de mixité, loin d’être un principe historique du service public d’éducation, n’a été inscrit dans la loi qu’en 2013. Mais depuis cette date, loin de s’améliorer, la situation s’est aggravée : la part des élèves issus de catégories « très favorisées » (cadres, chefs d’entreprise, enseignants…) au sein de l’enseignement privé, qui s’élevait déjà à 34,9 % en 2011 (19,9 % dans le public), est passée à 40,2 % en 2021 (20,4 % dans le public). Inversement, la part des catégories défavorisées (ouvriers, inactifs) est passée sur la même période de 19,9 % à 15,8 % (37,2 % dans le public). Un recours très variable au privé selon les professions Type de collège fréquenté par les élèves en fonction de leur milieu social en 2018, en % Source : ministère de l’Education nationale Facebook Twitter Embed Si l’on regarde le niveau social moyen des élèves de chaque collège en France, malgré l’indéniable diversité des situations, le constat qui prédomine est celui d’un net biais global de recrutement en faveur des classes aisées comparativement au public, ainsi que d’une moindre hétérogénéité des élèves, avec une frange importante d’établissements à la fois très élitistes et très homogènes. Plus d’enfants de familles aisées et moins de diversité sociale au sein des collèges privés Indice de position sociale et d'hétérogénéité des collèges français Ce nuage de points positionne chacun des 6973 collèges français selon deux indices. En abscisses (axe horizontal), l’indice de position sociale résume le statut social moyen des élèves qu’il accueille : plus il est élevé (plus le collège est positionné à droite de l’axe), plus l’établissement recrute au sein des enfants de familles aisées. En ordonnées (axe vertical), l’indice d’hétérogénéité traduit la diversité des élèves : plus il est élevé (plus le collège est situé haut sur l’axe), plus l’établissement a un recrutement social diversifié. Vous pouvez zoomer sur le graphique : tracer la zone à agrandir avec votre souris en maintenant le clic gauche enfoncé Source : Ministère de l’Education nationale Facebook Twitter Embed Outre Paris, ces écarts sont particulièrement prononcés dans le Nord, le Rhône, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne et les Outre-mer. Départements qui, note l’étude précitée, « se caractérisent soit par un fort degré d’inégalités économiques, soit par un taux de pauvreté important. La présence de territoires et collèges très défavorisés incite probablement, plus que dans d’autres départements, les familles plus favorisées à choisir les collèges privés comme alternative au collège de secteur ». Toujours plus d’élèves de familles favorisées dans le privé Proportion d’élèves inscrits dans l’enseignement privé sous contrat selon leur origine sociale, en % graph_3.png Sources : Cour des comptes, Depp Facebook Twitter Ni transparence ni contrôle Une situation d’autant plus difficile à justifier que rien n’est transparent. « Actuellement, on ne sait pas comment expliquer la ségrégation croissante du secteur privé, car on ne connaît pas le vivier de candidats au départ, regrette Youssef Souidi. Est-ce la part des classes favorisées au sein des postulants qui a augmenté ? Sont-ce les établissements qui se sont montrés plus sélectifs ? La participation financière demandée aux familles a-t-elle augmenté de façon dissuasive pour les familles modestes ? » Le même constat prévaut en matière budgétaire. « Ni l’Insee, ni l’Education nationale, ni la Cour des comptes ne sont en mesure de nous dire combien, globalement, l’enseignement privé coûte au contribuable », se désole Paul Vannier, député (LFI), qui, avec son collègue Christopher Weissberg (Renaissance), dirige une mission parlementaire d’information sur le financement public de l’enseignement privé sous contrat dont les conclusions seront rendues en mars. D’après les auditions qu’il a menées, il estime ce coût total (dotations de l’Etat, des collectivités locales, subventions, niches fiscales…) entre 12 et 13 milliards d’euros. L’an dernier, enfin, la Cour des comptes s’était, elle, étonnée que l’Etat gestionnaire laisse autant la bride sur le cou des établissements privés. Le contrôle financier ? Les règles en la matière « ne sont ni connues, ni a fortiori appliquées par les différentes parties prenantes », constataient, interloqués, les sages de la rue Cambon. Le contrôle pédagogique ? « Minimaliste. » Le contrôle administratif ? « Organisé uniquement de manière ponctuelle », en cas de signalement d’un problème. La Cour des comptes met la pression Dans cette situation, estimait la Cour, « rien ne permet de conclure que les fonds publics sont correctement dépensés dans les établissements », alors même qu’ils bénéficient d’un financement à parité avec le public tout en recevant des élèves globalement plus favorisés. C’est pourquoi le rapport plaidait pour une surpondération, dans le calcul des moyens attribués à chaque établissement (privé ou public), des élèves défavorisés ou en difficulté scolaire, afin de rendre ce calcul plus juste et d’encourager la mixité sociale. Mixité sociale qui, était-il précisé, doit s’accompagner « d’une mixité scolaire, démontrant la capacité des établissements à accompagner des élèves aux profils variés, sans cantonner l’ouverture à l’accueil des bons élèves issus de milieux défavorisés, ce qui ne ferait qu’aggraver les difficultés de l’enseignement public ». Une modulation des financements selon les efforts en matière de mixité, c’est également ce que compte proposer Paul Vannier dans une future proposition de loi – mais ce ne sera pas avant 2025 au mieux. S’il la juge bonne en principe, Youssef Souidi reste toutefois sceptique sur la faisabilité d’une telle mesure : « Cela suppose de définir pour chaque établissement un niveau cible de mixité, car celle-ci doit s’apprécier au regard de son environnement social. Mais à quelle échelle : le quartier ? L’arrondissement ? La ville ? En fonction d’un temps de transport maximum ? Le point de comparaison pertinent n’est pas évident à trouver. » Lui plaiderait plutôt, au moins dans un premier temps, pour davantage de transparence au niveau des procédures de recrutement : « On pourrait imaginer un site sur le modèle de Parcoursup, où les établissements présenteraient leur projet éducatif et indiqueraient le montant de la contribution demandée aux familles. Cela permettrait également de savoir qui a postulé et qui a été recruté, et donc d’avoir une vision beaucoup plus fine de la situation, sans remettre en cause le libre choix des familles… ni celui des établissements. » Difficile donc, face à tous ces constats et propositions, de brandir sérieusement le spectre de la guerre des « deux écoles » pour mieux vanter leur paisible coexistence, comme l’a fait Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse du 16 janvier, et inviter à laisser les choses en l’état : les champs d’action sont immenses. « La première étape serait peut-être de poser cette question simple : quel est l’objectif du secteur privé ?, suggère Youssef Souidi. En 1959, au moment de la loi Debré, l’enjeu était clair, il s’agissait de permettre à ceux qui préféraient confier leur enfant à l’école catholique de le faire. Mais aujourd’hui ? En l’absence d’objectif explicite, il est difficile de savoir si l’argent que la puissance publique met dans le privé est bien ou mal utilisé. » Voilà en tout cas un beau sujet de réflexion pour Amélie Oudéa-Castera – si, toutefois, elle parvient à s’extirper du scandale. Xavier Molénat Modifié 29 janvier 2024 par Manpat 1
Vigomar Posté(e) 29 janvier 2024 Posté(e) 29 janvier 2024 il y a 24 minutes, Gabi a dit : Tu viens de me faire un laius en m'expliquant que l'enseignement privé n'a aucune contrainte, ne respecte rien (même pas les programmes ou les DGH) contrairement au public, n'est jamais contrôlé, contrairement au public, qu'il est protégé par la Bourgeoisie qui sort du privé, que ca fait 25 ans que les MEN favorisent le public, etc... Et tu conclues en me reprochant d'être manichéen ! Qu'est-ce que tu veux que je réponde à ca ? Quand on veut donner un autre avis ici, on est de suite catalogué. Donc non, je ne suis pas un défenseur acharné du privé. J'accepte même l'idée qu'on puisse le supprimer. C'est à débattre. Y'a du pour et du contre. Mais les attaques ne portent quasiment que sur le financier et oui, désolé, je trouve que ca tape à côté vu que c'est peut-être le principal "intérêt" du privé pour l'Etat. Oui, je suis désolé de dire que c'est idiot de dire : "si on avait les 12 milliards du privé, l'école publique irait beaucoup mieux." On prend les gens pour des idiots avec ce genre de raccourcis. Attaquer sur tous les autres aspects, ca serait bien plus pertinent. Et intéressant. Et 2e truc, faut arrêter de laver plus blanc que blanc ou alors, faut avoir le cul propre. Les articles putaclic où on retrouve des anciens élèves qui rapportent des temoignages anonymes racistes ou homophobes et en concluent que tout un établissement est raciste ou homophobe, ca fait rigoler et les profs du public ne devraient même pas y préter attention car ils savent très bien que leurs propres élèves peuvent aussi dire des horreurs entre eux. Vous voulez vraiment qu'on commence à lister tous les trucs racistes, homophobes, discriminants que mes enfants ont entendu dans les cours de recré des établissements publics qu'elles ont cotoyés ? Mais moi, je mets ces horreurs sur les dos des parents et de leur éducation, pas sur le dos de l'école ou de l'équipe pédagogique. Pareil quand on retrouve le temoignage d'un prof ou intervenant du privé qui dit une connerie, un mot de travers ou un avis perso (politique ou idéologique). Ca n'existe vraiment jamais dans le public ? Café pédagogique devrait plutôt nous expliquer pourquoi tant de parents mettent leur enfant dans le privé, pourquoi les profs du privé sont beaucoup plus volontairees pour se remplacer entre eux alors qu'ils sont plutôt moins bien payés, pourquoi il y a beaucoup moins de cours annulés alors qu'il n'y a pas plus de profs, pourquoi la carte scolaire est toute pourrie, etc... Ca serait plus intéressant que taper sur le privé. Autant je veux bien te suivre sur certains points, autant mettre en lien ce qu'il peut se passer au lycée Stanislas et dans les établissements publics, moins. Oui, des horreurs on peut en entendre dans chaque établissement, sans doute venant des adultes. Mais ce n'est pas "institutionnel". Je ne dis pas que ça l'est forcément à Stanislas, mais certaines valeurs "archaïques" peuvent faciliter ces dérives. Mais je te dirai la même chose d'un établissement musulman, ou juif. Ensuite pour répondre à tes dernières questions, peut-être tout simplement parce que les conditions de travail ne sont pas les mêmes ? Demande à tous ces "volontaires" de remplacer dans une classe un peu plus "remuante", tu en auras peut-être beaucoup moins. Quant au financement des établissements privés, la question n'est pas tant financière qu'idéologique. Est-il juste/entendable/équitable (mettez l'adjectif que vous voulez) que l'état participe au maintien de l'entre-soi d'une certaine élite ? 1
Gabi Posté(e) 29 janvier 2024 Posté(e) 29 janvier 2024 il y a 14 minutes, Manpat a dit : Je n'ai jamais écrit ça. Je ne parlais pas spécialement de toi. Plutôt de journalistes en l'occurrence. Pour faire monter la sauce. il y a 14 minutes, Manpat a dit : c'est quand ça t'arrange : libé, le monde... putaclic mais pas figaro, ok je note. Non, putaclic, c'est juste Mediapart. Et café pédagogique (mais ils ne sont pas journaliste et assument leur forte orientation et subjectivité comme n'importe quelle revue politique ou syndicaliste donc c'est différent). il y a 19 minutes, Vigomar a dit : Quant au financement des établissements privés, la question n'est pas tant financière qu'idéologique. Est-il juste/entendable/équitable (mettez l'adjectif que vous voulez) que l'état participe au maintien de l'entre-soi d'une certaine élite ? Voilà ! C'est un débat beaucoup plus intéressant.
Manpat Posté(e) 29 janvier 2024 Auteur Posté(e) 29 janvier 2024 (modifié) Il y a 1 heure, Gabi a dit : Voilà ! C'est un débat beaucoup plus intéressant. L'entre-soi, j'en ai parlé. Et c'est fort préjudiciable à la société. l'Article ci-dessous en parle et j'aime beaucoup la conclusion : « quelle démocratie peut exister durablement quand les élites, de droite comme de gauche, n’ont jamais vu de près les enfants du peuple ? -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Opinion La guerre scolaire aura-t-elle (encore) lieu ? Le 24/01/2024 9 min Philippe Watrelot Ancien enseignant, auteur de "Je suis un pédagogiste" (ESF-Sciences Humaines, 2021). Facebook Twitter Mail WhatsApp Copier le lien 3 Commentaire(s) Grand chelem ! En quelques jours, depuis sa nomination, la nouvelle ministre de l’Education nationale a réussi à (re)mettre à l’agenda quatre sujets importants. Par ses déclarations et avec l’aide de Médiapart et Libération, elle a permis (malgré elle…) la relance du débat sur l’enseignement public et privé, mais aussi la mise en évidence de la ségrégation sociale et scolaire, l’alerte sur les dérives de certains établissements catholiques comme Stanislas et, pour faire bonne mesure, la remise en question de ParcourSup. Si le mensonge en politique n’était pas devenu si banal, on pourrait même considérer qu’elle a réussi la passe de cinq ! La question du choix de l’enseignement privé mérite une mise en perspective historique et sociologique. Car elle réactive une vieille querelle qu’on croyait enterrée, et met l’accent sur le rôle de l’enseignement privé dans la ségrégation scolaire. La question de son financement se pose à nouveau. En vous inscrivant vous acceptez les conditions d’utilisation et la politique de confidentialité d’Alternatives économiques. La droite déteste Amélie Oudéa-Castera ! Et des militants de gauche lui disent secrètement merci. Car, avec ses arguments mensongers pour expliquer les raisons de la scolarisation de ses trois enfants dans un établissement du privé, elle a relancé un vieux débat qu’on a cru clos il y a quarante ans. Le souvenir du 24 juin 1984 et de la grande manifestation pour l’école « libre » (deux millions de personnes selon les organisateurs, au moins 850 000 selon la police) est encore vivace. On y trouvait tous les leaders de droite de l’époque. Malgré une très imposante contre-manifestation (j’y étais !), le président de la République François Mitterrand annonce, le 14 juillet 1984, le retrait du projet de loi Savary et ainsi celui de sa promesse électorale d’un grand service public unifié de l’éducation. Le Premier ministre Pierre Mauroy démissionne le 17 juillet. Alain Savary, ministre de l’Education, a été sacrifié au nom de la « paix scolaire » et on a enterré la hache de guerre entre « les deux écoles » – comme le chantait Michel Sardou cette même année. Depuis les accords Lang-Cloupet du 11 janvier 1993, les enseignants du privé « sous contrat » sont recrutés sur les mêmes critères que ceux du public. Leur rémunération ainsi que les charges sociales sont assurées par l’Etat. En 2022, l’Etat a consacré un total de 8 milliards d’euros au financement de ces écoles privées. En revanche, les dépenses de fonctionnement et le coût des infrastructures sont à la charge de l’enseignement privé, malgré quelques tentatives pour remettre en cause cet équilibre fragile. C’est donc toujours plus ou moins la loi Debré de 1959 qui prévaut. Depuis, la proportion d’élèves scolarisés dans le privé reste assez constante, autour de 20 %, tel que le prévoyait cette loi. A quoi sert le privé aujourd’hui ? Mais en quarante ans, les choses ont quand même bien changé. Le « caractère propre » de l’enseignement privé n’est plus autant fondé sur la question de conscience – c’est-à-dire la religion : on y privilégie de plus en plus le « niveau » et l’entre-soi. Les élèves de familles « très favorisés », qui constituaient 26,4 % des effectifs de l’enseignement privé sous contrat en 2000, en représentent 40,2 % en 2021. Si l’on ajoute les élèves des milieux « favorisés » aux « très favorisés », cet ensemble est aujourd’hui majoritaire (55,4 % en 2021), alors qu’il ne pèse que 32,3 % dans le public. Si l’on s’intéresse à l’indice de positionnement social (IPS), les écarts sont parlants. Les 5 305 collèges publics français présentent un IPS moyen de 99,9 points. Les collèges privés sous contrat affichent un IPS de 114, dont 72 % un indice supérieur ou égal à la moyenne nationale, contre 41 % des collèges publics. La Gazette des communes avait montré, à partir des IPS, que le ministère avait été contraint de révéler que 78 % des collèges avec un IPS supérieur ou égal à 140 (les plus favorisés) sont privés, alors qu’ils ne sont que 6 % des collèges avec un IPS de moins de 90. Pour le dire autrement, sur les cent collèges les moins favorisés, un seul est privé. Alors que sur les cent collèges les plus socialement favorisés, seuls 19 sont publics. Tout cela est encore plus particulièrement exacerbé à Paris et dans les grandes villes. Le clivage enseignement privé-enseignement public est un amplificateur de la ségrégation scolaire, si bien que des lycées très proches géographiquement peuvent être fortement éloignés socialement. Il permet de renforcer l’influence du capital culturel sur la réussite, mais aussi de se constituer dès l’enfance un capital social (un réseau) utile pour la suite. On aurait dû prêter plus d’attention à ce que Michel Sardou chantait déjà en 1984 : « Je veux que mes enfants s’instruisent à mon école, s’ils ressemblent à quelqu’un, autant que ce soit moi. » Une guerre inégale Si c’est une « guerre » ou en tout cas une lutte, elle est particulièrement déséquilibrée. Rappelons qu’à niveau social égal, l’enseignement privé n’obtient pas de meilleurs résultats. Mais aujourd’hui une bonne partie de sa meilleure performance, notamment au bac, repose sur la sélection. Ne nous méprenons pas, ce ne sont pas seulement les familles qui choisissent le privé, mais de plus en plus le privé qui « choisit » ses élèves. On peut rappeler par exemple que les élèves boursiers ne représentent que 11,8 % des effectifs dans l’enseignement privé contre 29,1 % dans l’enseignement public. Des enquêtes récentes dans la presse ont montré que les établissements privés sous contrat de la capitale bénéficient de plus d’heures d’enseignement par élève, ce qui permet notamment d’alléger les effectifs des classes. Les tribunes en défense du choix de l’enseignement privé expliquent que celui-ci se fait pour sa pédagogie et ses résultats en réaction aux carences du public. Mais il est facile d’obtenir de bons taux de réussite lorsqu’on dispose de meilleures situations d’enseignement avec un financement biaisé (non conditionné à des critères de mixité sociale, alors que les lycées privés de la capitale bénéficient de plus d’heures d’enseignement par élève) et un public plus favorisé. Plutôt que les palmarès et les classements qui n’ont guère de sens, il faudrait se baser sur ce qu’on appelle l’indicateur de valeur ajoutée. Cet outil calcule la différence entre les résultats obtenus, au brevet ou au baccalauréat, et les résultats attendus – notamment à partir du profil sociodémographique des élèves et de leur niveau initial. Cela permet de relativiser la pseudo-performance de l’enseignement privé. Un rapport de la Cour des Comptes en juin 2023 constatait et déplorait le recul de la mixité sociale dans l’enseignement privé, et soulignait les carences du contrôle de l’Etat. Le contrôle financier des établissements « n’est pas mis en œuvre ; le contrôle pédagogique […] est exercé de manière minimaliste ; le contrôle administratif […] n’est mobilisé que ponctuellement lorsqu’un problème est signalé », sermonne la juridiction financière. Il en va de même pour les subventions accordées par les collectivités territoriales, marquées par une certaine opacité. Inciter ne suffit plus Au-delà d’un meilleur contrôle, on ne peut pas lutter contre la ségrégation scolaire sans intégrer la réflexion sur l’enseignement privé. Si la loi Debré reconnaît le « caractère propre » des établissements, c’est-à-dire leur liberté pour s’organiser à condition de respecter les normes de l’Education nationale, il serait souhaitable que l’enseignement privé soit placé sur un pied d’égalité avec le public en le soumettant aux mêmes contraintes. Les plus radicaux proposent de supprimer tout financement public et ainsi de rallumer la guerre scolaire. Mais on peut aussi intégrer l’enseignement privé dans l’effort vers la recherche de mixité sociale, comme a tenté de le faire l’éphémère ministre Pap Ndiaye. Son action s’était limitée à une incitation peu efficace face à l’inertie générale. Le Comité national d’action laïque (Cnal) résumait à l’époque la situation par une formule : « L’argent tout de suite, les objectifs plus tard, la contrainte jamais. » Mais, si l’on vise une réelle efficacité, peut-on faire l’économie de la contrainte ? On pourrait par exemple intégrer l’enseignement privé à la carte scolaire. Le sénateur communiste Pierre Ouzoulias souhaite conditionner les financements de l’enseignement privé à des critères de mixité sociale. D’autres propositions suivent la même logique consistant à fixer dans la loi un seuil anti-ségrégation, sur le modèle de la loi SRU (solidarité et renouvellement urbains). La polémique déclenchée par les mensonges d’Amélie Oudéa-Castera a remis ce sujet sous les projecteurs et peut, éventuellement, faire évoluer les choses. La diplomatie et les compromis peuvent être un moyen d’éviter la « guerre ». Pour finir, rappelons que la question de la ségrégation sociale et scolaire ne se limite pas à la seule question de l’enseignement privé. Les contournements de la carte scolaire, les inscriptions dans ce qu’il faut bien déjà appeler des « classes de niveaux » font partie des stratégies de nombreuses familles. La « séquence AOC » nous rappelle qu’aujourd’hui, l’entre-soi est de plus en plus la règle au détriment du « vivre ensemble ». Comme le disait Jean-Paul Delahaye, « quelle démocratie peut exister durablement quand les élites, de droite comme de gauche, n’ont jamais vu de près les enfants du peuple ? »1 Il nous faut collectivement prendre conscience des dangers que contient ce séparatisme, c’est-à-dire le risque d’une « guerre » de tous contre tous et d’une explosion sociale. Philippe Watrelot Modifié 29 janvier 2024 par Manpat
Manpat Posté(e) 1 février 2024 Auteur Posté(e) 1 février 2024 https://www.cnews.fr/france/2024-01-31/universite-voici-les-20-licences-les-plus-demandees-sur-parcoursup-en-2023-1447484 1 1
Gabi Posté(e) 1 février 2024 Posté(e) 1 février 2024 il y a une heure, Manpat a dit : https://www.cnews.fr/france/2024-01-31/universite-voici-les-20-licences-les-plus-demandees-sur-parcoursup-en-2023-1447484 No2 Psycho No3 STAPS Je préfère en rire qu'en pleurer.
blacksad Posté(e) 1 février 2024 Posté(e) 1 février 2024 il y a 28 minutes, Gabi a dit : No2 Psycho No3 STAPS Je préfère en rire qu'en pleurer. Déjà le cas il y a 30 ans, rien de nouveau de ce point de vue là c'était déjà les filières les plus bouchées et surpeuplées
Manpat Posté(e) 1 février 2024 Auteur Posté(e) 1 février 2024 (modifié) Le droit représente le tiers des vœux des licences !!! Après il ne faut pas oublier qu'il y a aussi les Bac + 2 et les Classes préparatoires des grandes écoles et d'autres formations encore. Modifié 1 février 2024 par Manpat 1
Manpat Posté(e) 1 février 2024 Auteur Posté(e) 1 février 2024 Ça change de footballeur pro ou youtubeur.
Gabi Posté(e) 1 février 2024 Posté(e) 1 février 2024 il y a 25 minutes, blacksad a dit : Déjà le cas il y a 30 ans, rien de nouveau de ce point de vue là c'était déjà les filières les plus bouchées et surpeuplées Heureusement qu'on a ajouté la sélection dans les universités.
Vigomar Posté(e) 1 février 2024 Posté(e) 1 février 2024 Après je trouve que c’est un peu biaisé, car les licences les plus plébiscitées sont au final celles dont les cursus n’existent pratiquement que sous cette forme là. Alors que pour l’économie, les maths, les sciences, les étudiants se dirigeront plutôt vers une prépa. 3
Manpat Posté(e) 1 février 2024 Auteur Posté(e) 1 février 2024 Tout à fait, c'est pourquoi j'ai mis les bac+2 et les CPGE. Et il existe plein d'autres débouchés (école d'infirmier...)
Gabi Posté(e) 1 février 2024 Posté(e) 1 février 2024 Il y a 5 heures, Vigomar a dit : Après je trouve que c’est un peu biaisé, car les licences les plus plébiscitées sont au final celles dont les cursus n’existent pratiquement que sous cette forme là. Alors que pour l’économie, les maths, les sciences, les étudiants se dirigeront plutôt vers une prépa. Certes mais vu les débouchées, psychologie, staps, histoire devraient être une niche. Quand tu vois que l'informatique est 17e... Gros déficit dans l'orientation. Faut leur dire que les études superieures sont faites pour trouver du boulot. 2
Vigomar Posté(e) 1 février 2024 Posté(e) 1 février 2024 il y a 45 minutes, Gabi a dit : Certes mais vu les débouchées, psychologie, staps, histoire devraient être une niche. Quand tu vois que l'informatique est 17e... Gros déficit dans l'orientation. Faut leur dire que les études superieures sont faites pour trouver du boulot. Après Staps tu as quand même un vrai écrémage dès la première année. Pour le reste je suis assez d’accord. Mais le problème est peut-être plus tôt, car quand tu as fait un bac « L », comment tu fais pour être « pris » dans d’autres filières que celles-ci. 1
Julien81 Posté(e) 2 février 2024 Posté(e) 2 février 2024 Il y a 15 heures, Gabi a dit : Certes mais vu les débouchées, psychologie, staps, histoire devraient être une niche. Quand tu vois que l'informatique est 17e... Gros déficit dans l'orientation. Faut leur dire que les études superieures sont faites pour trouver du boulot. Rien n a changé depuis le moment où j ai passé le bac il y a plus de 30 ans..Combien s inscrivaient en fac de droit ou de psycho sans réelle envie et arrêtaient au bout de 3 mois?? 2
Gabi Posté(e) 2 février 2024 Posté(e) 2 février 2024 il y a une heure, Julien81 a dit : Rien n a changé depuis le moment où j ai passé le bac il y a plus de 30 ans..Combien s inscrivaient en fac de droit ou de psycho sans réelle envie et arrêtaient au bout de 3 mois?? La motivation pour la psycho était assez claire : c'est la filière où il y avait le moins d'heures de cours. 1
Manpat Posté(e) 2 février 2024 Auteur Posté(e) 2 février 2024 (modifié) Ah bon ? Du temps où j'étais à la fac du Mirail (ça remonte au siècle dernier), il me semble que tous les DEUG avaient le même nombre d'heures de cours (en tout cas en Histoire, Géo et Lettres, c'était le cas). De mémoire, ceux qui allaient en psycho étaient ceux qui ne savaient pas quoi faire. Un ancien élève de BTS est venu présenter sa prépa ATS (adaptation technicien supérieur) pour pouvoir prétendre rentrer au bout d'un an en école d'ingénieur. Mon collègue était effaré du petit niveau des épreuves dans le domaine technique. Tout baisse. Modifié 2 février 2024 par Manpat 1
Vigomar Posté(e) 2 février 2024 Posté(e) 2 février 2024 https://www.marianne.net/societe/education/le-recteur-de-paris-christophe-kerrero-demissionne-sur-fond-de-dissensions-avec-oudea-castera?fbclid=IwAR0M8vrrycLexM7EL92RFJ4TYlpFDtrtCSYAXTHlBVc4T6aWFV_iRejSDFA Elle va réussir à faire l'unanimité. Hier, il y avait même des inspecteurs en grève. 1
montségur Posté(e) 2 février 2024 Posté(e) 2 février 2024 Il y a 2 heures, Manpat a dit : Ah bon ? Du temps où j'étais à la fac du Mirail (ça remonte au siècle dernier), il me semble que tous les DEUG avaient le même nombre d'heures de cours (en tout cas en Histoire, Géo et Lettres, c'était le cas). De mémoire, ceux qui allaient en psycho étaient ceux qui ne savaient pas quoi faire. Un ancien élève de BTS est venu présenter sa prépa ATS (adaptation technicien supérieur) pour pouvoir prétendre rentrer au bout d'un an en école d'ingénieur. Mon collègue était effaré du petit niveau des épreuves dans le domaine technique. Tout baisse. Si ça peut te rassurer, c'était déjà le cas dans les années 1971-1975... 1
Pacino31 Posté(e) 2 février 2024 Posté(e) 2 février 2024 Il y a 2 heures, Manpat a dit : Ah bon ? Du temps où j'étais à la fac du Mirail (ça remonte au siècle dernier), il me semble que tous les DEUG avaient le même nombre d'heures de cours (en tout cas en Histoire, Géo et Lettres, c'était le cas). De mémoire, ceux qui allaient en psycho étaient ceux qui ne savaient pas quoi faire. Un ancien élève de BTS est venu présenter sa prépa ATS (adaptation technicien supérieur) pour pouvoir prétendre rentrer au bout d'un an en école d'ingénieur. Mon collègue était effaré du petit niveau des épreuves dans le domaine technique. Tout baisse. Pour y avoir été surement en même temps que toi y'avait philo aussi qui était un bon placard à balais ...
montségur Posté(e) 2 février 2024 Posté(e) 2 février 2024 à l’instant, Pacino31 a dit : Pour y avoir été surement en même temps que toi y'avait philo aussi qui était un bon placard à balais ... Oui mais ceux-là étaient tellement perchés qu'ils passaient inaperçus ! 2 1
Manpat Posté(e) 2 février 2024 Auteur Posté(e) 2 février 2024 il y a 2 minutes, montségur a dit : Si ça peut te rassurer, c'était déjà le cas dans les années 1971-1975... Ah oui ! déjà ! il y a 2 minutes, Pacino31 a dit : Pour y avoir été surement en même temps que toi y'avait philo aussi qui était un bon placard à balais ... J'ai fait 83-89 avec le SN au milieu. J'les avais oubliés. Faut dire que les débouchés sont minces. En général au 1er partiel de janvier, ça écrémait sévère.
Pacino31 Posté(e) 2 février 2024 Posté(e) 2 février 2024 il y a 9 minutes, Manpat a dit : Ah oui ! déjà ! J'ai fait 83-89 avec le SN au milieu. J'les avais oubliés. Faut dire que les débouchés sont minces. En général au 1er partiel de janvier, ça écrémait sévère. ah ouais mais t'es vieux en fait ... Moi j'y étais entre 92/96 1
Manpat Posté(e) 2 février 2024 Auteur Posté(e) 2 février 2024 Je ne suis pas vieux, je suis plus expérimenté ! 1
Manpat Posté(e) 4 février 2024 Auteur Posté(e) 4 février 2024 https://www.lejdd.fr/societe/uniforme-lecole-le-gouvernement-affronte-un-premier-revers-141780
Tlsefred31 Posté(e) 4 février 2024 Posté(e) 4 février 2024 il y a 26 minutes, Manpat a dit : https://www.lejdd.fr/societe/uniforme-lecole-le-gouvernement-affronte-un-premier-revers-141780 Vivement qu'on demande aux élèves de pouvoir choisir leurs professeurs aussi.
Manpat Posté(e) 4 février 2024 Auteur Posté(e) 4 février 2024 (modifié) Chiche ! Entre un mec recruté en 15 min, ou un absent non remplacé ? Ils vont prendre l'absent. Moi, perso, je suis pour le retour de la blouse au lieu de l'uniforme. Comme quand j'étais gamin. La blouse, à la charge des familles, se met sur les fringues (plus de vêtements déchirés, dégueu, orduriers, de string qui dépasse, de fringues de marques vs 1er prix, et de signes religieux). Parce l'uniforme à la charge des collectivités locales, je dis non ! Du pognon pour que dalle (1 pantalon, 1 tshirt, 1 sweat... les gamins vont avoir les mêmes fringues toutes la semaine, et une fois usé, on repaie ?), comme les panneaux avec les paroles de la Marseillaise installés sous Blanquer. Ça suffit les dépenses à la con ! Modifié 4 février 2024 par Manpat 4
Tlsefred31 Posté(e) 4 février 2024 Posté(e) 4 février 2024 il y a 4 minutes, Manpat a dit : Chiche ! Entre un mec recruté en 15 min, ou un absent non remplacé ? Ils vont prendre l'absent. Moi, perso, je suis pour le retour de la blouse au lieu de l'uniforme. Comme quand j'étais gamin. La blouse, à la charge des familles, se met sur les fringues (plus de vêtements déchirés, dégueu, orduriers, de string qui dépasse, de fringues de marques vs 1er prix, et de signes religieux). Parce l'uniforme à la charge des collectivités locales, je dis non ! Du pognon pour que dalle (1 pantalon, 1 tshirt, 1 sweat... les gamins vont avoir les mêmes fringues toutes la semaine, et une fois usé, on repaie ?), comme les panneaux avec les paroles de la Marseillaise installés sous Blanquer. Ça suffit les dépenses à la con ! Je pourrais te rejoindre sur ce point là. Mais pour l'article que tu as cité, sérieusement demander aux élèves si ils veulent l'uniforme, c'est comme demander au RN si ils veulent des étrangers en France, ou à LFI si ils veulent taxer tous ceux qui sont plus riches qu'eux. 1
Manpat Posté(e) 4 février 2024 Auteur Posté(e) 4 février 2024 Ah mais je n'ai pas dit que j'étais d'accord, j'ai juste mis l'article pour info. Perso, comme dit plus haut, je suis pour la blouse. Mais c'est bien aussi que les parents s'expriment sur l’École qu'ils veulent (pas les élèves), c'est la démocratie, je reproche assez aux parents (pas tous) de prendre l'EN pour une garderie. Ma fille était contre car, elle trouve que c'est une entrave à la liberté de s'habiller. Je lui ai expliqué les tenants et aboutissants, je l'ai convaincue. 1 1
Tlsefred31 Posté(e) 4 février 2024 Posté(e) 4 février 2024 (modifié) il y a 5 minutes, Manpat a dit : Ah mais je n'ai pas dit que j'étais d'accord, j'ai juste mis l'article pour info. Perso, comme dit plus haut, je suis pour la blouse. Mais c'est bien aussi que les parents s'expriment sur l’École qu'ils veulent (pas les élèves), c'est la démocratie, je reproche assez aux parents (pas tous) de prendre l'EN pour une garderie. Ma fille était contre car, elle trouve que c'est une entrave à la liberté de s'habiller. Je lui ai expliqué les tenants et aboutissants, je l'ai convaincue. Quand on a des arguments et qu'on est persuasifs, ça peut convaincre en effet. J'ai réussi un jour à convaincre un LFI de l'utilité de rouvrir le bagne de Cayenne, et d'y instaurer les travaux forcés. Je crois que c'est mon plus beau chef d'oeuvre celle là Modifié 4 février 2024 par Tlsefred31 3 1
Manpat Posté(e) 4 février 2024 Auteur Posté(e) 4 février 2024 Belle perf, également, https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/02/02/education-la-demission-tres-politique-du-recteur-de-paris-en-desaccord-avec-amelie-oudea-castera_6214453_3224.html
Gabi Posté(e) 4 février 2024 Posté(e) 4 février 2024 (modifié) il y a une heure, Manpat a dit : Ma fille était contre car, elle trouve que c'est une entrave à la liberté de s'habiller. Ca me fait marrer cette expression (que j'entends pas mal) : "la liberté de s'habiller comme on veut". C'est une liberté fondamentale ? C'est dans la constitution ? Dans la déclaration des droits de l'homme ? Sinon, d'accord avec ta proposition, la blouse semble être un excellent compromis : ca garde les avantages de l'uniforme sans les inconvénients. Modifié 4 février 2024 par Gabi 2
Manpat Posté(e) 4 février 2024 Auteur Posté(e) 4 février 2024 La décision terrain, c'est la meilleure. 😉
Vigomar Posté(e) 4 février 2024 Posté(e) 4 février 2024 D'autant plus que dans ces expérimentations, les gamins pourront quand même se pointer sans leur uniforme à l'école.
Manpat Posté(e) 4 février 2024 Auteur Posté(e) 4 février 2024 (modifié) https://www.ledauphine.com/education/2024/02/02/pour-la-premiere-fois-ce-principal-d-un-college-d-annonay-fait-greve-j-arrive-a-saturation-vis-a-vis-d-un-systeme-qui-ne-nous-convient-pas Il y avait d'autres principaux et proviseurs ainsi que des inspecteurs, extrêmement rare. Il y eu une lettre envoyée à AOC également. Mais c'est passé inaperçu. Modifié 4 février 2024 par Manpat
jpacq31 Posté(e) 4 février 2024 Posté(e) 4 février 2024 L'habitude la maison de tout faire passer inaperçu ou de ne pas rendre public... 1
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